Sec t. VI.
LOI
EN ESPAGNE.
Petreius avoir bien eû fart de rappeller les troupes à leur devoir, maisil n’euc pas celui de changer la triste situation à laquelle elles étoient réduites.
A peine s’étoit on procuré la liberté d’aller à l’eau & de se rafraîchir, qu'onsentit aussi le besoin d’avoir du fourage pour les chevaux. Comme il n’yen avoit que peu, ou point du tout aux environs du camp, il auroit falluen faire venir de loin: mais la cavalerie de César qui saisoit ses courses dansla plaine & de l’autre côté des montagnes, & qui se répandoit même der-rière le camp, donnoit la chasse a tout ce qui osoit en sortir. Le légionairene manquoit pas encore de vivres, par œ qu'en partant du camp de Lerida, ilavoit eu ordre de s’en pourvoir pour vingt & deux jours (XV); mais les Ct 78troupes Espagnoles en étoient absolument dépourvues, n’ayant pas eu l’ar-gsnt nécessaire pour acheter tout a la fois de grandes provisions de bouche:bailleurs elles n’étoient, ni assez robustes pour porter d’auffi pesants fardeaux,ni dans l’habitude de le faire. Ainsi la faim les força, bientôt à abandonnerleurs alliés, ôc il ne se passa pas un jour qu’il n’en vint un grand nombre aucamp de César pour y chercher du service ôç du pain.
PREUVES et OBSERVATIONS.
(I.) pag. 180.
O n voit par la maniéré dont Dion Caílìus raconte ces faits, qu’il a consulte' d’au-tres mémoires que les Commentaires de César. Il ne fait pas du tout mentionà travail des fossés, entrepris pour dériver les eaux de la Segre. Selon lui, César neP a ssa pas d’abord la riviere la même nuit, faute de connoître les chemins, & de crainteâs s’égarer dans les ténèbres. Voici ses paroles: k«ì &*a« fUv , u iiími >-«ì ívssç
q y£g K uTcxç tlvcnj cxorp ttoA spLÍotç t/x-rrrfo X&Çkç pLtrti à'jreîçuv Ìirecxo?,is$iíffJti.
Quoique le départ d Asranius ne lui fut pas inconnu, César ne se mit pourtant pas^abord à ses troujses , parcequil ne croyoit pas être ajse\ sûr, de poursuivre dans
1 ‘remebmtur Ajranìani fabulations j aqua- In his crat angajliis res: Jed ex propo-bantur a gre ; frumaiti copiant legionarii non - fftis confins duobus explicitius videbatur , Iler-nitllam habebant, quod diermn XXII. ab Ilerdti damrevcrti , quod ibi pauhilum frumenti re-ft lunentum j u jji cran t effare; cctrati , auxi- liqiierant. Ibi se reliquum consilium explica-lìaresque null atn 5 quorum crant , £T sacultates turos , cotifidebant. Tarraco aberat longius:ad parandum cxi gUA cor p 0r a ìnfueta ud 011e - quo fpatio plures rem poffe cafas recipere in-Ul portanda: itaq Ue m aguus eorum quotìdie telligebant.
Uni:u ‘rus ad Gœsarcm perfugiebat,
2'omclí. ■