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GUERRE DE CÉSAR
les ténèbres avec des troupes qui ignoroient le chemin , un ennemi qui le connoijsoti-On voit par cet exemple, comment sauteur Grec paíTe quelque fois légèrement futles événemens les plus inte'ressans de son histoire.
(II.) pag. 180.
Il importe de remarquer que les deux légions étoient déja établies depuis quelquesjours de Pautre côté de la riviere, avant que toute l’armée d’Àfranius décampât.Lorsque César rapporte que l’armée, âpres avoir passé le pont de pierre sous Lerida,alloit se joindre à ces deux légions, il dit expressément: quas superioribus diebustransduxerant , qu'ils avoient déjà fait traverser la riviere ces jours passés. Onvoit donc clairement que les Généraux de Pompée auroient eu toute la liberté d’exé-cuter leur plan, s’ils avoient d’abord suivi les deux légions avec toute leur armée.
(III.) pag. igi.
Le texte dit : Tantum fuit in militibus studii, ut, millium VI. ad iter addito cif -cuitu , magnaque ad vadum fluminis mora interpofita , eos qui de tertia vigilia exif-fent , ante horam diei nonarn confequerentur. Et quoiqu!il eut été obligé de pren -dre un détour de fix milles, quoiqu!il eut perdu beaucoup de temps au passage de lariviere , /’ardeur des soldats fut telle , qu!avant qu'il fut neuf heures dujour, ils at-teignirent Vennemi, qui étoit parti dès la troìfieme veille. Pour s’apperçevoir de lacause du détour que César fit faire à íès légions, après avoir traversé le gué, il fautjetter l’ceil sur la carte, & on y verra que s’il eût d’abord monté la hauteur qui étoità fa droite, pour se mettre aux trousses de l’ennemi, il auroit enfilé de mauvais che-mins, qui, malgré toute la célérité de ses troupes, ne l’auroient méné qu’à son arrie-regarde; au lieu, qu’en marchant environ quatre mille pas, jusqu’à l’endroit où onvoit aujourd hui le village deBelloc, il tourna la hauteur, & regagna dans la fuite parle bon chemin de la plaine, le temps employé a faire le détour, outre le grand avan-tage de pouvoir se presenter fur le flanc de 1 ennemi, & même de le devancer dans lamarche, qu’il fit alors en le cottoyant. Si César parle d’un détour de fix mille pas, ilfaut observer, qu’il y avoit pour le moins deux mille pas de distance de son camp, aubord de la Segre, qui avec les quatre mille jusqu’à Belloc, en font fix mille.
Pour prouver qu’Afranius s’arrêta, lorsqu il vit arriver l’armée de César sur la hau-teur, au pied de laquelle est le village de Sarroca, A que dans ce moment, iln’avoitV.P1. VIII. fait que huit mille pas de chemin, un peu plus que deux & demi petites lieues de Fran-ce, & pour ôter à cette aííèrtion tout Pair d’une conjecture; il faut calculer le cheminque selon les paroles de César l’armée d’Afranius avoit encore à faire de cet endroit jus-qu’aux bords de 1 fibre, qui ne font éloignés que de vingt mille pas Romains du pont deCh, í j. pierre fous Lerida, d’où leur marche avoit commence. II est donc dit, qu’Afranius, vo-yant l’armée de César s’arrêter auííì dans la plaine, reprit íà marche, & qu’il gagna lamontagne la plus voisine, qui comme l’on voit par la carte, est précisément celle, fur la-quelle est le village de Carusamada : £[ os i ntra montes fe recipiebant. La distance de lahauteur qu’il quitta, à celle-ci, ou il fut contraint de se camper, est très petite. On