Band 
Vol. I.
Seite
203
JPEG-Download
 

EN ESPAGNE. Sect. VI. isz

lit eníùite, qu’il falloit franchir ces montagnes, pour gagner le bon chemin, qui méneaOctogeía. Le chemin par deílùs ces montagnes, est d’environ trois mille pas. Cé-sar détermine lui même la longueur de la route, qui conduit dans ce terrain uni & dé-couvert au défilé de l’Ebre à cinq mille pas, & depuis le débouché de ce défilé jusqu’auxbords de l’Ebre, il y en a environ quatre mille. En prenant toutes ces distances ensem-ble, les quatre mille pas, depuis le bord de l’Ebre jusqu’au débouché du défilé, les cinq^ille depuis cet endroit jusqu’à la montagne de Carasumada, & les trois mille de là jus-S u ’à celle de Sarroca, ou il s’arrêta ; on trouvera qu’Afranins avoir précisément enco-r e douze mille pas à faire, avant de gagner son pont íur l’Ebre; qu’il n’avoit fait parConséquent qu’un chemin de huit mille pas, au moment où il s’apperçut des légions deCésar, & que la hauteur fur laquelle il se trouva alors, ne peut - être que celle, quia a íes piés le village de Sarroca. Toutes les circonstances des marches & des cam-pemens des deux armées répondent fi exactement au local, & aux distances indiquées icid’un endroit à l’autre, qu’on ne sautoir douter de l’exacte vérité de mon exposé. Ce-pendant, je l’appuyerai encore dans la fuite fur les paroles même du texte à mesure queles matières fe présenteront.

Quelques éclairciflemens fur les heures du jourindiquées dans le texte.

César dit au sujet du temps employé de part & d’autre à ces marches, que mal-gré un détour de six milles, & malgré le retard du passage par le gué, ses soldats avoientpourtant atteint, avant la neuvieme heure du jour, ceux qui étoient partis dès la troisièmev eille. Ut milliwn VI- aditer addito circuitu , magnaque ad vadum fluminis morawterpofìta, eos , qui de tertio, yigilia exijsent, ante horam diei IX- consequerentur.On sait que les Romains, ainsi que les autres peuples de l’antiquité, régloient leursJours & leurs nuits, par le lever & le coucher du soleil; que les jours étant plus longscnété qu’en hyver, & leurs heures étant toujours la douzième partie du jour, dévoientP a r conséquent augmenter & diminuer dans leur durée, selon le temps que le soleil ref-ait sur l’horizon; & que ce n’étoit qu’au temps des équinoxes, où le jour artificiel este gal à la nuit, que les heures du jour & de la nuit étoient égales entr’elles. On fait ea-c °re que les Romains partageoient le jour & la nuit, en quatre parties égales, chacuneà trois heures; què les quatre parties de la'nuit étoient appellées les quatre veilles; quecommencement de la troisième veille, étoit minuit pour toutes les saisons de même quek fin de la sixième ou le commencement de la septième heure du jour, étoit midi.

Comme cette marche s’exécuta le i er de Juin, & que le soleil se leve ce jour làans la Catalogne vers quatre heures & demi & se couche vers sept heures & demi duoir; le jour étoit par conséquent d’environ quinze de nos heures. Mais ces quinze heu-res n en faisant qu’onze selon la maniéré Romaine de compter le temps ; chaque heuree toit donc dans ce jour, d’un quart à peu près plus longue que nos heures. Si César dit,<î u e ses légions atteignirent celles d’Afranius avant la neuvieme heure du jour, le temps

C c i