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Vol. I.
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GUERRE DE CÉSAR

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qu’il indique, seroit donc chez nous environ trois heures & demi de l’après-midi. Cet-te différence dans la maniéré de compter le temps, est trop connue, & la théorie s’entrouve fi souvent répétée soit dans les écrits de plusieurs auteurs, soit dans des Alma-nacs, & nouvellement dans les recherches des antiquités militaires du Chevalier Lo-looz, qu’il est superflu que j’y insiste d’avantage.

De la conduite de l’infanterie Romaine dans ses marchesen présence d une cavalerie supérieure.

Les troupes d’Afranius, ayant commencé leur marche dès minuit, avoient doncLté près de seize heures en route, lorsqu’à quatre heures après midi, celles de Céíàrse trouvèrent en leur présence; & il paroit d’abord singulier, qu’elles n’ayent fait quehuit milles, ou un peu plus de deux lieues & demi de chemin pendant tout ce temps.Selon ce que dit César, ce furent les attaques hardies & réitérées de fa cavalerie, quiretardèrent si extraordinairement la marche des légions d’Afranius.

Pour sentir la force de cette raison, on observera qu’austi longtemps que l’infanterieRomaine restoit de pié ferme, elle n’avoit rien à craindre de la cavalerie; vu que sonordonnance fur une assez grande profondeur, & ses armes tant offensives que défensives,la mettoient suffisamment à l’abri, d’être percée & renversée. Mais quelque grandque fut cet avantage, dès qu’elîe n’avoit pas de la cavalerie à opposer à celle de l’ennemi,la nature de ses armes & ía maniéré de combattre, ne lui laifloient pas la reílource quenous trouvons dans nos armes à feu & dans notre artillerie, de la tenir éloignée à cer-taine distance, & de s en débarraíîer aílèz, pour conserver quelque liberté dans les mou-vement. On fait qu avec le Pilon, elle natteignoit l’ennemi qu’á la distance de huitOu dix pas, & qu’il falloit néceflairement le joindre, pour lui faire du mal. II s’ensui-voit donc, lorsqu’elle avoir une nombreuse cavalerie íur les bras, que faute de moyensde l’ecarter, elle ne pouvoir se mettre en marche qu’avec beaucoup de difficulté &ayant tout à craindre pour son arrieregarde & pour íès flancs.

Dans ces occasions, qui ne laissoient pas d’être assez fréquentes, les légions mar-choient ordinairement, si le terrain le permettoit, fur trois colonnes ; & on destinoitune bonne partie de la meilleure infanterie légionaire pour faire savant & l'arrieregarde-

5 il arrivoit pour lors, que la cavalerie ennemie serrât de trop près l’armée & qu’elîe1 empêchât surtout, de se mettre en mouvement, la partie des troupes, qui savoir enface & qui étoit le plus à découvert, (comme l’étoit la plupart du temps celle de l’ar-rieregarde,) se jettoit brusquement en avant, pour faire une décharge générale, contrela cavalerie, qui isolant pas résister, prenoit ordinairement la fuite. Pendant ce temp«le gros de farinée tachoit de faire chemin; mais isolant trop «'éloigner des cohortes,qui s’étoient souvent portées fort en avant, de peur que sennemi ne íè recueillit,

6 qu’il ne les prit pendant leur retraite à dos & en flanc, fl ne pouvoit pas faire difi"gence; & fe voyoit m une dans la nécessité d’avoir encore d autres corps en avant, pourgarantir la retraite dé celui qui avoit chargé.