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Vol. I.
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EN ESPAGNE.

Se ct. VJ.

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ler les soldats à leurs différentes fonctions, & pour leur annoncer le moment, où il fal-loit s’y porter. Toute cette matière des signaux qui n’est qu’efïleurée par Juste Lipse,

Par Schelius & par quelques autres, attend encore le travail du savant Mr. le Beau, pourêtre traitée avec la même précision & la même solidité qu’il a montrée dans la discussiondes autres parties des antiquités militaires.

J’alleguerai encore ici un passage de Josephe qui sert beaucoup à l'éclaircissement DeHel.Juí.à cette matière: Quand il faut décamper, le premier son de trompette lésait connoí- * 11,tr e, & aujjìtôt ils plient les tentes , & se préparent à partir. Quand la trompette sonne^ne seconde sois, ils chargent tous leurs bagages, attendent pour partir un troifiemefgnal, comme on le seroit dans une course de chevaux, & mettent le feu à leur camp,ta nt parcequ’il leur ejl facile d.'en refaire un autre, que pour empêcher les ennemisde s’en servir. Quand la trompette sonne pour la derniere sois, tout marche; ùa fin que chacun aille dans son rang, on ne permet à personne de rester derrière.

Alors un Héraut, qui est au côté droit du Général, leur demande par trois fois,s ils font prêts à combattre : à quoi ils répondent autant de fois à haute voix, &d'Un ton qui témoigne leur joye , qu’ ils font tous prêts. Souvent même ils pré-viennent le Héraut, en faisant connoltre par leurs cris, & en élevant les mains, qu’ilsne respirent que la guerre. Ils marchent ensuite dans le même ordre, que s'ils avoientl'ennemi en tête, fans jamais rompre leurs rangs.

Cet exposé de Josephe, qu’il fait à 1 occasion de la marche de l’Empereur Titusdans la Galilée, diffère très peu de celui dePolybe, & nous fait voir, avec quel soin,l es Romains ont conservé les coutumes & formalités qui leur avoient été transmises par^ u rs ancêtres. On fait cependant ici mention d’un usage, dont Polybe ne parle pas,d e celui de brûler les camps, en les quittant. Ainsi Ilirtius dit expressément : que César Bel- Afr.^uand il abandonna le camp qu’il avoir fortifié avec grand soin près d’Uzita, y mit le feu á7 ‘en décampant. II faut cependant que cet usage n’ait pas été général, par ce que nousv °yons, que ce même Général après son départ de Durazzo, retrouva son ancien campP r es d’Aíparagum, & qu’il s’y établit de nouveau. Au reste, comme pour rendre unÇamp Romain inutile, il falloir plutôt le raser & en combler les foliés, que le brûler;

11 Paroit que souvent le temps a du manquer pour faire cette besogne, & qu’on étoit°k%é d’en charger les habitans, lorsqu’on jugeoit la chose absolument nécessaire.

L’usage, dont Josephe parle ici de faire demander aux soldats par un Héraut, à Schel -^^ r °is diffe'rentes reprises, s’ils étoient prêts à combattre, est constaté par quelques paf-a ges de César & par Lucain. Lorsque les autres légions donnerent quelques signes deC°f ' avant la bataille contre Arioviste, ce fut la dixieme légion, qui témoigna à- etre très prête à faire la guerre, feque esse ad bellum gerendum paratissimam con -rmavitj & a u commencement de la guerre civile, les soldats de la treizième légion,nerent e même, cpu’ils étoient bien déterminés à combattre pour fà cause : concla-XIII- milites, fese paratosejse, Imperatoris, Tribunorumque plebis

Ch.XI.