io8 GUERRE DE CÉSAR
II ne paroît cependant pas, que cette formalité soit la même, que le mos militaris t dont César parle en cette occasion. L’expression de conclamare yasa, crier aUXbagages-prouve assez, que ce n’étoit qu à leur sujet, qu’on jettoit ce cri; aussi Tordrequi le regarde, lie se donnoit - il qu’au temps qu’on faiíbit sonner les trompettes pour lssignal du départ; comme cela eut lieu ici: Quo cognito , Jîgnum dari jubet , & yáfrmilitari more conclamari. Selon Polybe & Josephe, on détendoit les tentes au pre-mier signal, & au second, on plioit 6c on chargeoit les bagages. Pour lors tous lessoldats, étant occupés dans le camp, à lier & à arranger leurs nardes, leurs vivres &leurs ustenciles; il falloit nécessairement différer le troisième signal, jusqu’au momentque tout etoit fait. C ess pourquoi, on avoir introduit la coutume de faire deman-der à haute voix aux soldats, si tout e'toit prêt pour le départ, & pour lors s’élevoitdans tout le camp un cri général, pour témoigner, qu’on l’étoit.
Voici ce qu’on appelloit, yaja conclamare , dont la coutume étoit si bien établie,qu’on ne s’en écarta que dans les occasions, où les circonstances exigeoient que Ton dé-campât à Pinsu de l’ennemi. Scipion, après le malheureux combat de cavalerie près dulìb'xxi Tessin, quitta ainsi son camp, pendant la nuit, & défendit à ses soldats, de jetter le47 . cri ordinaire, en pliant leurs bagages, jujsis militibus vasa Jïlentio colligere ; de mêmeLib XXVII qu’Asdrubal, avant la bataille de Metaurum dont l’armée, selon Tite Live observant le47. même ulàge, décampa également la nuit & dans le plus grand silence.
Sans citer d’autres exemples j’observerai encore que le Général, qui négligeoitcette formalité, faisoit soupçonner qu’il craignoit Tennemi, comme Scipion le beau-pcre de Pompée, qui s’étoit présenté avec beaucoup d’assurance devant le camp de Do-minus dans la Macédoine, se retira ensuite a là grande honte: II décampa même, ditBel. Cìv. César, fans avoir fait crier aux bagages, Q noclu ne conclamatis quidem vajìs , flumen-
Iib. III. franjììt. César lui meme ayant bien plus d’íntérêt que Scipion, après Téchec de Du-
^ razzo, de se soustraire a la présence de 1 ennemi, débuta par faire partir d’avance les
équipages de farinée, & les fit suivre a certaine distance par ses légions. II n’en gar-
da auprès de íà personne, que deux avec lesquelles il se mit le dernier en marche.Mais au moment de son départ, il leur fit encore jetter le cri accoutumé pour les ba-gages autant, à ce qu’il dit, pour ne pas paroître avoir négligé cet ancien usage mi-litaire, que pour cacher aussi longtemps qu’il étoit possible son décampement à Pompée:ut & mì lit are insiitutum fervaretur , é quam serijsime eius profeclio cognosceretur, con -De Bel. Ci», clamari iujjlu L’ennemi, en entendant ce cri, crût bonnement que c’e'toit dans ce mo-Lib. III. ment, qu’il se mettoit en marche, tandis que la plus grande partie de son armée étoitCh ' 75 ‘ déja bien loin.
Ce stratagème lui réussit pour lors, de même qu’ici ; Afranius fut induit par la àcontremander le départ de ses légions, de crainte d’avoir incessamment celles de Céfà-rLîb. I- fur les bras. Frontin prétend, que pour mieux en imposer a Tennemi, César avoir en-et. ». 9 - core fait partir tous les mulets de l’armée, & qu’il leur avoit ordonné, de marcher pen-dant la nuit, avec beaucoup de bruit & de fracas, à portée du camp d’Afranius, asin d?
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