ÌIO
GUERRE DE CESAR
Les légions d’Afranius, ayant été aux prises, avec la cavalerie pendant toute l £urmarche, & voyant alors inopinément, toute P infanterie de CeTar rangée en bataiH edevant leurs yeux, la frayeur s’en empara; &, comme les Généraux, pour se dérobesà P ennemi, ordonnèrent de monter la hauteur voisine, l’envie de s’y mettre en sûreté,fit doubler le pas aux cohortes, & occasionna bientôt la confusion, fuite ordinaire des sus"prises ; les soldats de CeTar ne laiíferent pas de s’en apperçevoir.
(ÍX.) pag. 195.
Le texte porte: Erat occasio bene gerendœ rei. Neque veto id Cœsarem fugrt'bat, tanto sub oculis accepto detrimento, perterritum exercitum fubstinere non poffbprcesertim circumdatum undique equitatu y quum in loco œquo atque aperto confligert'tur. Le traducteur François a rendu ce passage de la maniéré suivante : Voccafioflétoit bien favorable : & César lui même ne doutoit point, qu’après avoir reçu fous fe syeux un fi grand echec, Vannée ennemie effrayée, ne fut hors d’’état de résister, fu ftout étant enveloppée de tous côtés par la cavalerie dans un pays plat £? découvert-Suivant le sens de ces paroles, l’armée d’Afranius se seroit trouvée dans une plaine, oUla cavalerie auroit été en état de lui faire beaucoup de mal ; tandis que César a dit ci-deísiis, qu’elle avoit occupé une hauteur, & qu’on lit dans la fuite, que ses officiers lu 1représenterent, comme une marque de la frayeur d’Afranius, qu’il n’osoit pas descen-dre de la hauteur, & que malgré le désavantage apparent de l’attaquer à présent danSson poste, on ne manqueroic gueres d’occaíìon, de le combattre, lorsque faute d’eaUil seroit obligé de le quitter. Pour sauver cette contradiction, il faut nécessairementexposer ainsi le texte : César n’ignoroit pas, que Pennemi ne seroit pas en état de résistesaprès avoir reçu un echec si considérable, jurtout s'il fe voyoit obligé de combattstdans la plaine, ou la cavalerie Ventourerait de tous côtés. César supposoit déjà,qu’Afranius seroit bientôt dans la nécessité, de quitter son poste, pour s’approcher dela riviere.
(X.) pag. 1 96.
César avoit dit, que pour rassurer les Généraux ennemis^ siir le danger de descen'dre la montagne, & de s’approcher de la riviere en fa présence, il rammena lui mêmeson armée en- arriéré, & ajoute: Petreius atque Afranius in castra fefie referunt: P?treìus & Afranius, profitant de Voccasion, qu’on leur offrit, retournèrent au camp•On volt bien, qu’il n’est pas question ici, de la liberté que les deux Généraux a voientobtenue -p^r la retraite de César, de se rendre au camp pour leurs personnes, commeles paroles du texte l’indiquent. II est clair par toutes les circonstances, qu’ils firentdescendre l’armée de la hauteur, & qu’ils se campèrent dans la plaine: il est de mêm®certain, que les paroles alléguées n’y sont que pour nous en informer. Mais il fan*qu’il y ait eu dans i e texrej au lieu d’so castra, les mots in campestria, In campestrt 11fefe referunt : d s so rendent avec l’armée dans la plaine, °ù ils avoient été avant d’o®'
' cuper la montagne. Cette correction aussi naturelle que nécessaire rend toute la cla steau récit- - >