EN ESPAGNE. Sect. VI
2.II
J’ai dit, que le nouveau camp, qu’ils prirent, e'toit au pied de la montagne, &je fonde cette circonstance, fur ce que les deux Généraux furent obligés pour avoir lacommunication avec la riviere, de tirer une ligne de leur camp, jusqu’à son bord. L’esopace entre le pied de la montagne & la Segre, est d’environ deux mille pas, commeon voit dans la carte; s’iîs s’étoient éloignés de la hauteur, pour Rapprocher avec lecamp de la riviere, cette ligne de communication auroit donc été inutile. Mais, onvoit bien qu’il étoit de leur intérêt, de ne pas laiíîer cette montagne, qu ils venoientste quitter, au pouvoir de César, vû que c’étoit par elle qu ils restoient maîtres da.chemin qui va par les montagnes du côté de Lerida, en meme temps qu ils coníer-voient encore moyennant ce poste la communication avec l’intérieur du pays.
(XI.) pag. 198.
Des cohortes Alaires, des gardes de cavalerie & d’autrespostes établis hors de l’enceinte des camps.
Le texte dit : qua re cognita , crebrasstationes difponunt equitum & cohortiumalarìarum. Legionariasque interjiciunt cohortes. Sur ces avis, ils vont poser plu-fieurs corps de garde de cavalerie & d’infanterie légère , & les entremêlent de cohor-tes légionaires. Il n’est pas expliqué, de quelle maniéré ces troupes étoient disposéesfur le terrain. Vraisemblablement les cohortes légionaires, étoient postées à certai-ne distance en arriéré, pour servir de soutien aux troupes légéres, & pour leur don-ner les moyens de se replier sur elles.
Cohortes alariœ ou les cohortes des ailes font ici celles des Espagnols. Ce nomest resté encore aux troupes auxiliaires, du temps de Pancienne milice, quoique la rai-son, qui les fit appester ainsi, ne subsistât plus. On fait que dans une armée consulai-re de quatre légions, il y en avoit deux des alliés, qui pour lors formoient les deux ailesâans Pordre de bataille. Dans les derniers temps de la République, lorsque tous lespeupsos d’Italie obtinrent le droit de bourgeoisie, la différence entre les légions desa Hiés & des Romains n’exista plus, &, s’il y eut alors des troupes auxiliaires à l’armée,ell es ne furent plus rangées en ligne que très rarement. On les traitoit ordinairement furPied de troupes légéres, comme le furent ici les Espagnols. César & d’autres auteursdisti n g Ue nt toujours des cohortes légionaires.
Dans un autre sens, les mots alce & alares étoient affectés à la cavalerie, qui
formoit les ailes, dans Pordre de bataille, relativement à toute Parmée. On appelloit
au sti Al œ> des corps ou des régimens de cavalerie, composés d’un certain nombre d’esocadrons. ~
De Bel.Gai. I.Ch. 51.
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Ch. 1.
Le corps de 300 cavaliers que Scipion forma en Sicile, avant de paílèr en Títe Liree st nommé par Tite Live, Ala equitum, & on trouve des exemples de cet- XXIX -te dénomination en cent autres endroits. Du temps que les Chevaliers Romains compo-oient encore la cavalerie légionaire, ces corps n’excédoient pas le nombre de 30©.chevaux ; mais depuis qu’on les forma dans les Provinces, ils étoient plus nombreux, &
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