EN ESPAGNE Sect . VI.
avoit du pouvoir, en qualité de pere de famille, Domitius, en allant à Marseilles,équippa sept vaisseaux de ses esclaves, de ses affranchis, & des gens qui cultivoient sesterres. César exprime ici ces mêmes gens fous le nom général de famille. On faitquel nombreux domestique les particuliers de Rome entretenoient souvent; mais ilu’est pas moins étonnant, qu’un Général comme Petreius se soit chargé de la nourri-ture de tant de bouches inutiles dans un temps, où il étoit si difficile de pourvoir àsubsistance désarmée. César assez indulgent pour les autres, se refusa à lui mêmefes commodités les plus ordinaires, A l’armée, dit Plutarque, il ne se fit suivre, qued’un seul soldat, qui portoit son épée, & ne nourrit ordinairement qu’un petit nom-bre de domestiques. La facilité que Petreius avoir d’armer fur le champ les siens, prou-Ve au reste comme je Fai déja dit, qu’il y eut toujours dans les camps, des provisionsd’armes de réserve qui suivoient les armées.
On fait auslì mention ici d’une cohorte Prétorienne, de ces Espagnols, qu’on nom-tuoit Cetrati à cause d’une espece de boucliers, dont ils étoient armés. Ce sujet mé-nte quelques éclaircissemens. Auguste leva le premier à Rome des cohortes Prétorien-nes, & les entretint fur le pied de gardes, pour lui & pour ses successeurs. Avant cetemps, la République n’en avoir pas ordinairement à íà solde, &, s’il y en eut qui por-tèrent ce nom, ce furent des troupes choisies, que l’un ou l’autre Préteur tiroir desvolontaires ou de ceux qui l’ayant suivi dans la Province, se disoient être in con-tubernio Praetoris, il s’en servoit pendant le cours d’une guerre au bout de laquelle ces corps étoient congédiés. Selon Festus, ces cohortes Prétoriennes, ne quit-tent jamais les Préteurs, & recevoient des gages plus forts que les autres. II ajourte que Scipion l’Africain en avoit introduit l’uíage. Mais comme Polybe n’en dit rien,êc qu'Appien rapporte, que l’autre Scipion de Numance, s’étoit fait suivre de Rome par Appîen >ncinq cens volontaires, qui lui étoient particulièrement dévoués, & qu’il en avoit com- Ibcr *posé une cohorte, appellée la cohorte des amis; il est vraisemblable que le Grammai-rie n a confondu ici les noms de ces deux Généraux. Tite Live parle cependant déja d’u-ne cohorte choisie du Dictateur Postume, qui avoit été présente à la bataille du Lac Re- LiI >' H.gille peu de temps après l’expulsion des Rois. î0-
Cicéron dans l’excellente Lettre qu’il adreflè à íbn frere fur les devoirs d’un Gou-verneur de Province, l’exhorte à veiller fur la conduite des gens qui étoient à son service,
& iui dit, qu’il en leroit reiponsable, comme de sa cohorte Prétorienne; Cicéron, nom-encore dans fa harangue contre Verres, les Satellites de ce Préteur, & les instrumensà ses extorsions, fa cohorte Prétorienne. Comme ni l’un ni l’autre ne commandoientdes troupes dans leurs provinces, on voit bien, que l’orateur donne ironiquement aucortège de C es Préteurs un nom militaire, qui ne lui convenoit pas. Vu que ce ne futqu en temps de guerre, que les Préteurs eurent des cohortes Prétoriennes, composées Sigon- <f«de volontaires, & de gens attachés à leurs fortunes & à leurs personnes, & qu’on leur àiq. Jurea ffigna uu ireior public les sommes nécessaires pour leur entretien. Le même Petreiusdécida autrefois avec fa cohorte Prétorienne la bataille contre Catilina, Cb s-