Band 
Vol. I.
Seite
226
JPEG-Download
 

. GUERRE DE CÉSAR

2.2.6

ment qu’à en juger par la colonne Trajane, par celle d’Antonin, par l’Arc de Severe& par d’autres monumens, non seulement il y avoir de l’uniformité, dans rhabille -ment & l’armure des légions qui étoient pour lors fur pied; mais aussi, que depuisPolybe, il ne s’y est fait à cet égard aucun changement considérable & essentiel. L Svêtement des soldats, le port des tuniques & du sagum, de même que la chaussurene différent en aucune façon de l’uíàge des temps de la République. Le grand bou-clier, en forme d une tuile ou d un demi cilindre, que les légionaires de Trajanavoient, est précisément le même que Polybe dépeint, ainsi que le casque & la courteépée espagnole qu ils portoient au cote droit. La différence qu’on croit encore re-marquer entre la cuirasse de Polybe & celle des soldats de Trajan n’est qu’apparente.L’auteur Grec ne s’est attaché qu’à décrire la piece principale de cette armure, celle quicouvroit la poitrine du soldat. Tout cet assemblage de bandes de cuir du soldat de lacolonne Trajane, n’est qu’un accessoire, qui appartient en partie à l’habillement dontPolybe ne s’étoit pas proposé de traiter dans cette occasion. J’ai déja observé, que l’ar-mure qu’il donne aux riches, & qui étoit la cuiraflè entiere, ou la côte de mailles, estcelle de l’Empereur, des officiers & de certain corps de troupes qu’on volt encore furla colonne, & dont il me reste à parler.

Pi. XII. J’ai ajouté la figure de quelques uns de ces soldats, pour montrer la différence

qu’il y a entre eux & les légionaires par rapport à leur ajustement. On en a fait desvelites, qui n’existoient plus, & dont l’armure telle que Polybe & Tite Live la décrivent,ne ressemble point du tout à celle qu’on voir ici à ces soldats. D’autres prétendent quece font des soldats des cohortes Prétoriennes. Mais comme ils font en fonction, devantles magazins, tandis que ceux qui font la garde du Prétoire, ont l’habit des autres lé-gionaires, & que Donius produit une pierre sépulcrale, qui nous représente un soldatPrétorien, vêtu comme le íont ici les légionaires, & avec un bouclier très différent deV. Fabrettî celui que présente la figure PI• XII., je ne saurois souscrire à ce sentiment. Je crois plu-Ch^vu*' t ° t » e û égard à cette cuirasse entiere plus ornée que ne l’est celle des autres, & à la lon-p»g. aoo, gueur de leurs manteaux, que ce font en partie les centurions, & en partie les vétéransqui avoient presque le même rang qu’eux, que le sculpteur a voulu représenter. Cesderniers nommés aussi Evocati & Beneficiariì parce qu’après avoir achevé le temps deleur service, ils s’étoient laiffe enrôler de nouveau dans les armées, fur l’invitation desGénéraux auxquels ils s’étoient particulièrement dévoués, furent toujours fort distingués,& jouirent de grandes prérogatives. Aussi les voit-on ici dans les allocutions, con-stamment en avant des légionaires, & dans la plus grande proximité de PEmpereur; &on ne remarque pas qu’ils ay en t été employés comme les autres aux travaux pénibles, &aux corvées.

Mais ce qui paroit le plus remarquable dans ces soldats, c’est qu’ils ont la tuniq l,edécoupée, là ou elle sort ordinairement de dessous de la cuirasse, & qu’au lieu d’en avo îrles. cuisses couvertes comme les autres, ils portent des haut-de-chauffes. II est connuque les anciens Romains, ainsi que les Grecs, ne portoient pas des culottes, & qu’ils trai-