Se ct. VI.
EN ESPAGNE.
2.2.7
TaciteHift. ILCk. aa.
toient même de barbares , les nations qui s’en servoient, telles que les Perses & les Gau-lois, dont'César & d’autres ont triomphé*). Ovide est indigné de trouver dans le Pont,ou il etoit en exil, des gens d’extraction grecque, avec des culottes comme les autresbarbares. Et on trouva bien étrange que Caccina le Général des troupes de Vitellius, Otm. «iit.en passant avec son armée par l’Italie, haranguât des gens habillés de toges, revetû J' lo “lui-même d’un manteau de différentes couleurs & de hauts-de-chausse, vêtement bar-bare, ainsi que s’exprime Tacite.
II paroit assez, que pendant les expéditions que les Romains firent fous les Em-pereurs en Allemagne, & dans quelques contrées aux bords du Danube, dont le climate 'toit moins doux que celui de l’Italie, ils revinrent de leurs préjugés, & que loin d«trouver cet habillement fi barbare, ils en adoptèrent quelque fois eux-mêmes l’uíage.
O'est ainsi qu’on voit dans quelques endroits de ces deux colonnes PEmpereur lui même2c ses officiers en haut - de-chausses, & il n’est pas étonnant, qu’ils ayent pareillementaccordé aux centurions & aux vétérans le privilège d’en porter. Dans la fuite on sefamiliarisa à Rome même avec les haut - de - chausses L Lampride dit d’Alexandre Seve- Lamprïdere qu’il en avoir portés de blancs, en place de rouges, qui avoient été à la mode du •A* 8 *- SeT -temps de ses prédécesseurs. Mais quoiqu’on en ait fait allez fréquemment usage dans ^ **'les temps suivans, les soldats des légions, conservèrent longtemps encore, l’ancien vê-tement, & on ne découvre pas dans les figures de P Arc de Severe que les légionairesayent pour lors déja porté des culottes. Trebellius Pulsion raconte d’un des Tyransnommés Saturninus, du temps de l’Empereur Gallienus, qu’il avoit défendu aux fol- Treb. Poli.dats, de se coucher à table autrement qu’avec leurs manteaux pour couvrir leur nudité. X ^ C ‘^ ryr '
En reflêchiílànt fur Phabillement du soldat Romain, on le trouvera lins douteétrange & bien contraire à nos moeurs. Ce fut la force de Phabitude qui les plia à avoirles bras & les piés presque mis, fans en être incommodés, & qui les mit en état de sepasser de culottes, en ne se couvrant depuis les reins jusqu’aux genoux, que desPans de leurs habits, comme le font encore les Ecoísois montagnards. Il est vraique vivant sous un beau ciel, & portant la plupart du temps leurs armes dans despays chauds, ils ne souffroient que rarement des rigueurs des faisons; mais on fait auíïïqu’ils furent employés à des expéditions d’hyver & qu’ils firent des campagnes dans despays froids, comme dans des pays chauds.
On avouera encore que des soldats destinés à joindre l’ennemi; & à ne se battrequ’à Parme blanche, ne pouvoient être ni armés plus avantageusement, ni vêtus plu*lestement qu’ils l’étoient. Les membres exposés à Pair dévoient être toujours agiles &v ’goureux. Ils l’auroient été moins, s’ils avoient été enveloppés dans des étoffes, &génés par toutes sortes de liens & de jarretières. Cette cuirasse, qui semble être sipesante, ne Pétoit pas. de la maniéré dont on l’ajustoit. D’ailleurs comme on faisoitun grand usage de ces armures, les artisans de ces temps en fabriquoient d’une légèreté
*) Galles m truimpkum Çcrsar duxit : iidem iti curia Galli braccas dcpofuerunt : clavum sumseruat.
Fsz
Succ. Cxs.C. go-lf. SI.