Hoettana. JJÏvius, dont j’ai parlé dans Fan^cle pré-cédent, avoit peut-être un esprit de cegenre. Sa longue persévérance dans l’é-tude des Mathématiques , fa médita-tion assidue 8c continue lui en avoit ac-quis une profonde intelligence. Maisj’appelle un grand esprit,celui, qui,quel-que matière qu’il entreprenne , se sentavoir Faptitude & la capacité nécessairepour la comprendre , & ne la trouvepoint au-dessus de fa portée. Cela nepeut venir que d’une vaste étendue, d’unegrande élévation , d’une force insurmon-table aux difficultez, 8c d’une vivacitéinfatigable. Quand un esprit de cettetrempe se renferme dans les bornes d’unefeule science, il va bien plus loin que Fau-ne , & il la pénétre jusqu’à une bien plusgrande profondeur. Je juge par la ma-niéré dont A'rchimede a traité les Ma-thématiques, 8c par les choses qu’il a in-ventées 5c exécutées, qu’il y avoit ap-porté un esprit supérieur, 8c capable desautres sciences. Mais il est rare qu’unesprit de cette volée se puisse conte-nir dans les bornes étroites d’une mêmescience. Il en entamera plusieurs, 8cpourra réiistlr dans quelques-unes. Maisétant partagé en tant d’obj ets , son ap-
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