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Tome premier.
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A R N 97

n timides ; d’un foible ami ne se faire jamais un ennemi ; excuser» les foibleil'es , &c. « Dès que l’on fut à Rome la mort de cegrand homme , dit le même historien , le savant cardinal d’ Aguirredit en plein consistoire , qu’il reinpliísoit dans le sacré collegeune place que le pape Innocent XI son bienfaiteur avoit d’abordeu dessein de donner à M, Arnauld. II l’auroit, ajouta-t-il, remplieplus dignement que moi. Le cardinal Cafanate dit auffi dans leconsistoire , que Ion canonifoit des saints qui ri’avoìent pas vécudans une plus grande innocence de moeurs que M. Arnauld .Voulez-vous voir le contraste de ce tableau ? lisez le diQionnairsdes livres jansénistes. Voici de quelles couleurs on charge le por-trait de M. Arnauld. II n’est point d’hérésiarque que l’on airreprésenté avec des traits plus noirs , qu’il l’a été par lesJésuites. Non feulement c’étoit un ennemi de Dieu & de ré-gisse ; mais il eu vouloir encore à l’état. » M. de Lomenie , dansn son histoire sécrété du jansénisme , l’a peint d’après nature.» M. Arnauld , dit-il , a le corps petit & n’cut jamais les grâces« en partage. II n'a de vif que les yeux. Tous les autres traits,

n de son visage ne marquent que de la stupidité . 11 a la

n ne q ajseq gros , & d'une forme peu agréable , les dents fort» laides , les levres pales ; nul embompoint ; les mains forts» petites , les jambes grêles , les pieds de pigmée ; mais fa tête» est fort grosse , ses épaules fort larges , & fa poitrine â pro->» portion. . . . Quand une fois il a chaujsé quelque chose dans:n fa forte tête , il revient difficilement de fes premiers préjugés ,n (s trouve toujours des raisons pour les défendre. Tel étoit ce sa-li meux chef du parti. Sa passion fut d’être l’idole d’une granden faction. II fut dans l’église , ce qu’étoit le cardinal de Ret%n dans l’état ; ne cherchant dans la rébellion que le personnagen de rebelle. Luther comte Rome & Versailles , contre les» Papes & le Roi ; c’étoit le point de vue dans lequel il vouloirn être envisagé avec un caractère fi vain , on est bien éloignén de la limplicité chrétienne. Audi la seule idée de se rétracter ,n d’avoir tort , le faisoit frémir. Ce naturel dur & altier len brouilloit souvent avec se S amis. On l’a vu aux prises avecn Nicole & Malebratiche ; Pascal , quelque temps avant den mourir , éprouva auffi fa mauvaise humeur. C’est que dansn Arnauld le cœur n’avoit pas de moindres défauts que l’esprit.n Si l’un étoit rempli de suffisance , Vautre étoi ; pétri de hainen & de colere ; sa bouche & sa plume distilloient également len fiel. Jamais les injures ne lui parurent allez fortes , ni les» invectives allez violentes. II fit même un livre pour prouvéen géométriquement , que les écrivains en peuvent user sans» lcrupule contre ceux qui combattent leurs sentimens. On» fait que dans le cours de fa vie il eut un grand nombren d’adverfaires ; mais ceux qu’il a le plus fortement haï , 8c» si l’on peut parler de la forte le plus folemnellement , ce font» les Jésuites. II avoit hérité de toute l’averíion de fou petsTome I. N