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Tome premier.
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§.8 A R N

» pour eux > & de toute celle de Jansénius & de St. Cyran s»> de sorte que , dans l’exacte vérité , s’estimer soi-raême &„ haïr les Jésuites , c’étoit Arnauld tout entier. « I.’abbé daChoisi ne le traite guere mieux dans le tome onzième de sonhisioire ecclésiastique. N M. Artiauld , dit-il, devint le chef»> des nouveaux sectaires. On l’appella parmi eux le pere« abbé : titre qui fut supprimé après fa mort : le pere Quesnel„ qui lui succéda dans la direction de leurs affaires , s’étant cou-» tenté de celui de pere prieur , qu’il se flattpit peut-être de» rendre aussi illustre. Après la paix de Clement IX , à laquelle» M. Arnauld eut beaucoup de part , il ne se crut pas en sûreté« à Paris. II iie pouvoit s’empêcher d’avoirun commerce conti-» miel avec ses amis des Pays-bas ; & ce commerce , qui sen-» toit la cabale , déplaisoit à la cour. 11 se retira en Flandre ,« & y demeura toujours caché. ... II craignoit si fort d’être„ reconnu , de peur qu’on exigeât de lui une soumission par-ai faite aux décrets de l’église , que sentant approcher sa der-» niere heure , il n’osa jamais faire appeller un prêtre approuvé« dc l’ordinaire , 8c aima mieux expirer entre les bras du pereQuesnel son disciple , qui lui administra le viatique & l’ex-a> trême - onction , quoiqu’il n’en eút pas le pouvoir. . . .j» Comme T ertulliert, il eut le malheur de s’écarter de la foi» dans des articles ellentiels ; l’imagination , le feu , l’élo-qiience > le savoir ont été à-peu-prés égaux : l’obstination ,« l’entétement ont été pareils. » 11 est impossible de ne pasleconnoître la passion dans des témoignages si peu semblablesfur le même homme. Le lecteur sensé saura les réduire & mettretout à fa place. Nous sommes pourtant forcés de convenir quedans le dernier portrait , il y a plusieurs traits manifestementfaux. Ce qui doit faire suspendre le jugement des lecteurs ,fur quelques accusations intentées contre M. Arnauld , c’est lapublication que l’on a fait long-temps après fa mort , des lettresles plus secrettes de ce grand homme. Que trouve-t-on , dit unauteur célébré , dans les neuf volumes de ces lettres ï Unîiomme qui machine contre l’église Lc contre l’état ? Non ; maistin homme éloigné par caractère de tout ce qui s’appelle intrigues& menées sécrétés. Plein d’amour pour son prince , il prend sesintérêts , jusqu’à jetter dans le dernier étonnement les étran-gers qui savent tous les sujets de mécontentement qu’on lui adonnés en France. Retiré & caché dans Bruxelles , il n’en estpas moins attaché à son Roi. En quelque lieu qu’il soit , il nelie sauroit oublier qu’il est françois. Si lés historiens se parta-gent sur la conduite & les sentimens de M. Arnauld , ils s’ac-cordent ail'ez fur la sublimité de ses taleus & de son éloquence,il savoit très-bien les langues grecque 8t latine. Le projet desbelles méthodes connues fous le nom de méthodes de Port-Royal , vient de lui , & c’est fous fa direction que M. Lan-tclot les a digérées. La grammaire générale & raisonnée est