U F E N
cédèrent, qni tinrent plusieurs congrégations. Sans compter pres-que autant d’aflémblées particulières. Enfin le livre des maximesdes saints fut condamné le 12 mars i6$g , par Inn cent Xit , avecvingt-trois propositions qu’on en avoir extraites. Les principalesfont les suivantes. „ Il y a , dit M. de Cambray , un état babi-»> tuel d’amour de Dieu , qui est une charité pure & fans aucun
>> mélange de motif de l’interét propre. Ni la crainte des châ-
„ timens , ni le désir des récompenses , n’ont plus départ à cet„ amour. On n’aime plus Dieu ni pour le mérite , ni pour la„ perfecton , ni pour le bonheur qu’on doit trouver en l’ai-„ mant. En l'état de vie contemplative ou unitive , on perd tout„ motif intéresié de crainte 8c d'efpérance. Dans les dernieres,, épreuves l’ame peut être invinciblement persuadée d’une per-,> siiasicn réfléchie , 8c q ji n est pas dans îe fond intime de la„ conscience > qu'elle est justement réprouvée de Dieu. C'est,, alors que l’ame divisée d’avec elle-même expire fur la croix„ avec J. C en disant : 0 Dieu , mon Dieu : pourquoi m avetL-vous,, abanaonné i Dans cette impiession involontaire de délefpoir ,„ elle fait le sacrifice absolu de son intérêt propre pour l’eter-„ nitè Les âmes contemplatives font privées de la vue distincte ,„ sensible Sc réfléchie de J. C. en deux temps diff’rens.... pre-„ miéremenr dans la ferveur naissante de leur contemplation....,, secondement une ame perd de vue J. C. dans les dernieres„ épreuves. Dans l’état passif..... on exerce toutes les vertus„ dinstinstes , fans penser qu’elles fonr vertus.... on ne pense à„ chaque moment qu’à faire ce que Dieu veut , & l’amour ja-„ loux fait rout ensemble qu’on ne peut plus être vertueux , 8i„ que l’on ne Test jamais tant que quand on v est plus attache eo,, l’etre. On peut dire en ce sens, que l’ame passive 8c définie-„ reíïce ne veut plus même l’arncur , en tant qu’i! est ja terfec-„ eion & son bonheur , mais seulement en tant qu'il est ce que,„ Dieu veut de nous. Les âmes transformées, en fe confessant,„ doivent détester leurs fautes , lé condamner Sc désirer la remis-,, sion de leurs péchés , non comme leur propre purification & de-„ lion-ance , mais comme chose que Dieu veut. " L’cloquent évê-que de Meaux avoir le premier sonné le tocsin contre penelondans un recueil intitulé : Divers écrits ou mémoires concernent lelivre de l'cxplicatien des maximes. L’avertissement qui précedece recueil, est lui-même un ouvrage très-folide contre les fen-timens de M. de Cambray. M. de Meaux y réduit toute la ma-tière du livre de ce prélat à quatre questions principales. II de-mande x'.S'il est permis de lé livrer au deiespoir & de faire lesacrifice de son salut éternel. 2 °. S’il est permis en général , & s'ilest même possible , non-seulement d’avoir uti amour d’on l'ondétache le motif du salut 8c le désir de sa propre béatitude > maisencore si l’on peut regarder cet amour comme le seul parfait 8cle seul qui soit pur. j a . S’il-est permis d’établir un certainétat, où l’on soit presque toujours guidé par instinct , en élt>i-