Band 
Tome second.
JPEG-Download
 

n F. EN

archevêque de Cambray , qui n’avoit nulle envie d’être hérétique !je ne sais pas, dit un homme d'esprit ,^'il avoir raison de vouloirqu on aimât Dieu pour lui-même , mais M. de Fenélon méritoitd'étre aimé ainsi. Comment peut-on souffrir que M- Philips eauxtraite si mal ce grand homme dans la préface de fa relation duametijme. „ Il le peint comme un esprit vif, artificieux , souple,r, flatteur, 8c dissimulé s’il n'en fut jamais, qui, séduit pat une„ femme, ne songeoit qu'à établir par-tout la íéduction. Il,, joignoit à la politesse ôc h ['élégance du discours , un air mo-„ deste 6c de régularité qui le rendoit aimable. Il parloir de,, spiritualité avec les expressions Sc ['enthousiasme des prophètes.„ Avec de tels talens , il se flatta que rien ne pouvoit lui résister.,, 11 s étoit fait à la cour de puiffans amis par ses maniérés in-,, filmantes. 11 avoit su gagner par ses complaisances les dames„ les plus accréditées, & par leur moyen il étoit de toutes les„ intrigues, fans paroître y avoir aucune part. Le poste où il se,, trouvoit auprès de M. le duc de Bourgogne , Sc les liaisons qu’il,, avoit avec les principales personnes de la cour , lui avoient,, acquis beaucoup de créatures qui le regardoient comme un„ homme qui pouvoit prétendre aux plus hautes dignités. Il„ s'étoit tellement insinué dans les bonnes grâces de madame,, de Maint entm , alors toute puissante à la cour , qu’il étoit en„ état de tout espérer Sc dq tout obtenir. Quoiqu’avant d’êtte„ précepteur de M. de Bourgogne , il n’estimâr guere les Jésui-„ tes , il le lia par intérêt avec eux , Sc se mit même sous la,, direction du P. Valois, alors supérieur du noviciat. Les Jésuites,„ connoiffant son génie Sc son crédit , se flattèrent de trouver,, en lui un puissant protecteur. Ils ne pouvoient souffrir qu'avec„ peine la réputation de M. l'évêque de Mcaux , dont la vaste„ érudition obscurcissent tous Jeurs écrivains. Ils redoutoient„ le crédit de M. ['archevêque de Paris , en qui ils trouvoient,, plus de piété & de fermeté qu’ils n’auroient souhaité- L’union„ intime de ces deux prélats leur faifoit prévoir de fâcheu-„ ses suites. Us se crurent donc obligés de profiter de l’oc-„ casion qui se présentoir , Sc d’oppofér 1 archevêque de Cam-„ bray à ces deux prélats qu’ils regardoient comme contraires,, à leur doctrine Sc à lents intérêts. La société prit donc avec„ zele la défense du quietifme. “ Qui ne voit dans ce tableau lepinceau d’un fatytique, qui empoisonne tout, & qui ne pouvantimputer des crimes attribue des intentions ; qui s’érigeant enscrutateur des coeurs accuse de cabale le plus pacifique des hom-mes î On ne relèvera aucun de ces traits odieux; il suffit de lesavoir rapportés. Le public est aujourd'hui éclairé fur cette dispu-te , 6c en admirant le grand Bossuet , il chérir , il aime ['estimable6c le sage Féntlon. Ce prélat, retiré dans son diocèse , y vécutcomme les évêques des premiers siécles. Les œuvres de piété 6cde charité saisissent son occupation - Sc la littérature 8c l'amirteion délassement. Le duc d 'Orléans, depuis régent du royaume ,

prenoit