6i A S P-
elles se divisent en rameaux garnis de feuilles menues, déliées , ap- 1piochantes de celles du Fenouil > & de beaucoup de petites fleurs pâ-les àsixfaiilles disposées en rose, lesquelles étant tombées, le pistillequi faisoit le milieu , devient un fruit ou une baye sphérique , molle >grosse comme un pois , rougeâtre , renfermant quelques semencesnoires » dures comme de la corne. Ses racines sont nombreuses, lon-guettes > menues , attachées à une tête dure , raboteuse , inégale, decouleur grise en dehors , blanche 'en dedans , d’un goût doux & glu-tineux, ] d’où sortent quantité de capillaires, comme à hellébore :!es asperges de montagne & de marais sont tout-à-sait semblables auxcultivées. Elles croissent dans tous les jardins.
Culture des Asperges .
Elles se sement à l’entréc du Printems, comme les autres grains,c’est-à-dire, qu’on les feme dans quelque planche bien préparée ; il lesfaut semer aile z claires j & pour les couvrir de terre , on les herse avecla fourche de fer > cela se fait un an après ; lï elles sont allez fortes ,ce qui sora si la terre est bonne & bien préparée, ou au moinsdeux ans après on les doit replanter , ce qui se fait à la fin de Mars,
Sc même pendant tout le mois d’Avril : St pour cela il faut des plan-ches larges de trois à quatre pieds , St séparées d’autant les unes desautres : si test dans les terres ordinaires, on creuse les planches d’unbon fer de bêche , mettant fur les sentiers ce qu’on enlève dc îa plan-che , Sc à I égard des terres fortes & humides , il est bon qu’on ne lescreuse aucunement, & au contraire qu’on les tienne un peu plus éle-vées que les sentiers , la grande humidité leur est fort contraire. Lesasperges ainsi semées font des tousses dc racines autour de l’oeil,c’est-à dire, autour de l’cndroit d’où doivent sortir les montans : cesracines s’étendent entre deux terres , & pour les replanter , soitcn planche creuse , ou en plante élevée , on donne un bon grand la-bour au fond de la tranchée, & si la tfcrie n’est guére bonne > on ymet un peu de fumier , ensuite on y met encore deux ou trois piedsde ce jeune plant, & on les range proprement sor la superficie de laplanche dressée , lans avoir besoin dc leur ronger les extrêmitez desracines, ou au ino ns que tiès-peu j si l’intention est de rehausser cesasperges quand elles seront assez fortes, on les espace à un pied lesunes des autres, & si elles doivent demeurer à l’ordinaire, on les es-pace à un bon pied & demi, & dans l’un & l’autre cas , on les placeen échiquier ; quand elles sont ainsi placées , on les recouvre d’cnvi-ron deux à trois pouces de terre : que si quelqu'une manque de pouf-fer , on peut un mois ou deux âpres les regarnir > ce qui se fait de lamême façon qu’on a planté les autres , prenant soin à l’égard de cesnouvelles replantées, de les arroser quelquefois pendant les grosses chaleurs , Sc de les tenir toutes en tout rems bien sarclées & bien bequil-lées , ou bien on marque avec des petits bâtons les endroits dégar-nis , & on attend au Printems ensuite pour les garnir. Tous les anson recouvre la planche entiere d’un peu de terre qu’on prend dans lecentier, parce que bien loin de s’enfoncer, elles s’élevent toujours petità petit : on les fume raisonnablement de deux en deux ans i on leslaide pousser ses trois ou quatre premières années fans en recueillir,jusqu’à ce qu’on voye qu’elles viennent grosses , & pour lors on lapeut rechausser ce qu’on en voudra ; sinon on commencera d’en re-cueillir , pour continuer de même pendant une quainzaine d’années,fans qu’il soit nécessaire de les renouveller : car tous les ans à lasaint Martin , on coupe tousses montans , chaque pied en fait plu-sieurs : on prend de la graine des plus beaux pour en semer*, si onveut, dans le rems ci-devant marqué. Pour les attacher de la planchede pepiniere , on se sert d’une fourche de fer, la bêche est trop dan-gereuse pour cette sotte d’ouvrage . parce qu’elle blesserait Sc coupe-rait les petites plantes.
11 ne faut pas manquer tous ses ans à la fin de Mats , ou au com-mencement d’Avril , c’est-à-dire , un peu devant que les aspergescommencent à pousser naturellement, il ne faut , dis-je, pas man-quer de donner un petit labour de trois à quatre pouces a chaqueplanche , ettsorte que la bêche n’adle pas juíqu’à blesser ces plantes :ce petit labour sort, tant pour faire mourir les méchantes he bes, quepour rendre la superficie de la terre meuble, Sc faciliter par ce moyen ,non-sculcmtnt Pennée des bonnes pluyes d’Avril Sc des rosées deMai qui nourrissent le pied , mais aulli faciliter la sortie des asper-ges.
L’ennemi particulier & redoutable des asperges, ce sont des petitspucerons qui s‘attachent aux montans » les font avorter & les empê-chent de profiter; c’est particul cremcnt les années sèches & fort chau-des , <xer ses autres années il n’en suroît pas, on n’a point encore trou-vé dc remède à ce mal.
Qualitez & vertus des Asperges.
Elles font abstersives , & ensuite fort bonnes contre Population du•foye Se pour ses reins ; elles lâchent le ventre , purgent la poitrine ,provoquent l’urine , augmentent la semence, Sc fur tout quand ellessont mangées chaudes dans du beurre; elles donnent une bonne sen-teur au corps ; mais rendent P urine puante ; si on en mange avec ex-cès elles causent la stérilité.
Celui qui mange des alpages en reconnoîc aussi-tôt la qualité, quiest qu’ejles font uriner , cependant si on cn mangeoit par exccs Sctrop souvent,lavaislie s’en pourrait ulcérer: elles guérissent toutefoisla jaunisse Sc appaifent les douleurs de la sidatique ; fa racine fait lamême chose, mais si on la porte sor soi > ou qu’on boive dc fa décoc-tion , elle empêchera de concevoir Sc d’cngendrer ; fa graine provoqueauílï Purine Sc les mois aux femmes > Sc arrête la dylíènterie ; que sises chiens viennent à boire de leur décoétion , ils en meurent.
L’asperge est un fruit délicat Sc sain à chacun, Sc sor-tout quand«Ile est grcíse Sc tendre, douce Sc non trop cuite , elle tend Papétit áún ma'ade, s'il en use avant le repas, fait uriner , ôte ses obstructions
A S P.
des reins & du íoie ; fa racine appliquée fur ses dents, apaise la dou-leur , lèche, Sc fichée dans les dents les déracine , mise en décoct.on,Sc beûë souvent, dissout la pierre Sc calcul, sait avoir bonne couleurau vilàge, Sc bonne odeur à touc 1e corps , sauf quelle rend Purifiépuante.
Asperges un jus.
[ Coupez vos asperges par petits morceaux , vous ses passez aveclard fondu , persil Sc cerfeuil haché menu, avec sel Sc poivre blanc ,on les laisse cuire à petit feu > enlùitc on ses déguise, puis on y metun jus de mouton, & de citron > après quoi on sert ce ragoût chau-dement. ]
Asperges en ragoât.
Pour en manger on ses met cuire à Peau , dont ob ses tire pourle* laisser égoûter , puis on a soin de ses poudrer de sel menuce-la fait on ses arrange dans un plat, on ses présente fur la table avec?une sauce au beurre , vinaigre » sel Sc muscade , 1e tout bien lié.
Asperges tn guise de petits pois.
Ayez des asperges, coupez-les en petits morceaux > faites-les blan-»chir dans de Peau bouillante , pasièz-les à la casserole avec du beurre,après cela mettez-y du lait Sc de la crème, aílkisonnez 1e tout de sel,un peu de poivre Sc de fines herbes , Sc sitôt que vous jugerez queYOtre ragoût sera cuit, délayez-y deux jaunes d’œufs,avec de la crèmede lait > jettez-les dedans vos asperges, Sc lorsque la liaison de la sau-ce sera faite > vous pourrez ses servir.
On sc sert aulli d’afperges pour garnir les potages , soit cn gras,soit en maigre.
Asperges confites.
Prenez ses plus petites , coupez-les cn plusieurs tranches , faupou-drez-les avec beaucoup de sel Sc des doux de gérasses grossièrementconcassez , Sc couchez-Ies dans un pot de terre plombé , faisant unecouche dc sel , puis une couche d’afperges jufqu’au haut du pot. Iífaut que le premier lit & le dernier soit de sel. Ensuite vous le rem-plirez de bon vinaigre Sc vous le tiendrez bien fermé. Lorsque vousen tirerez , il faut que ce soit avec une ceuiller d’argent ou de bois& non pas de fer. Prenez garde aussi que la main ne touche le vin-qrg te - .
Autre maniéré pour garder les Asperges.
On en ôte 1c dur , on ses fait bouillir un bouillon avec eau , selSc poivre , pins on les met dans Peau fraîche pour les égouter. Etantfroides > cmpottcz-les tout de leur longueur , avec sel Sc eau feule-ment ; couvrez-les de beurre fondu , avec un linge entre deux , &les tenez dans un lieu tempéré , Sc quand on veut s’en servir, on lesfait cuire comme ses autres.
[ASPHALTUM , ou BITUME DE JUDE’E. Ce bitumese tire du Lac Aíphaltique , autrement Mer Morte , dans la Judée.Ce Lac , si fameux dans PEcriture Sainte , Sc qui est encore un ter-rible monument de la juste punition de Sodome , dc Gomorre Sc desautres Villes consumées par 1c feu du Ciel, ne nourrit aucun poisson,Sc tuë même, pat l’extrême ptìanteur de lès exhalaisons, ses oiseauxqui passent par dessus ; mais fur la superficie de ces eaux nage une espe.e degraiíiè noirâtre que ses Arabes recueillent, Sc qui sert a gou-dron itr les vaisseaux au lieu du bray > du goudron Sc de la poix ,que ses Européens employeur. Ce bitume est dégorgé de tems entems en maniéré dc poix liquide, dc la terre qui eft sous cette mer ;Sc étant monté fur l’eau , comme font toutes les autres matièresgraisseuses , il y est condensé peu à peu par la chaleur du soleil, Scpar le sel qui s’y mêle.
Les habitans du pays sont obligez de l’attiter à terre , non-scule-ment: parce qu’il leur rapporte un grand profit i mais aussi parce que ceLac étant trop chargé de bitume , il s’en élève une odeur puante Scmaligne , qui se répandant dans Pair, altère beaucoup leur santé Sc abré-gé leurs jours.
Cette graillé est se véritable afphaltum dont ses Juifs sc scrvoientautrefois pour embaumer leurs morts , Sc qui est encore d’un assezgrand usage cn France, soit dans la Médecine, où il entre dans la com-position de la thériaque , sort pour faire ces beaux vernis noirs quiimitent si bien ceux dc la Chine. 1
On 1e doit choisir net, d’un beau noir luisant, compacte , plus dutque la poix, n’ayant point d’odeur que quand il est approché du feu ;prenant garde qu’il ne soit mélangé avec de la poix , ce qu’on recort-noitra par l’odeur ; c’est ce qu’on appelle Pijasphaítum artificiel.
Le bitume Judaïque fortifie , il résiste à la pourriture > il résout, ilatténue , il nettoyé Sc il cicatrise ses playes ; on s’en sert extérieurementSc intérieurement. ]
ASPHALTUM. C’est aussi une eípece de pierre ou dc matièreminérale qui se trouve dans la Vallée deSidim en Asie , près l’ancicn-ne Babylone , Sc dont depuis le commencement du dix-huitiéme sié-cle > on a découvert une mine dans le Comté dc Neufchâtel en Suis-se. Cet afphaltum minéral a diveríès propriétés
r. Préparé avec d’autres matières , on en fait un excellent cimentincorruptible a Pair, Sc impénétrable à Peau.
i. On compose avec Pbuile , qu’il est facile d’cn tirer , une e fn eccde L r ay ou de goudron, propre a calfater les vassaux Scies bâtimens
dc