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m C H L

Coups des yeux des CbevAux ; remède.

Prenez myrrhe un® once , safran une obole , pilez avec eau miel-lée ; il la faut faire bouillir avec trois onces de miel.

2 roubles ou fujfufions des yeux des Chevaux ; remède .

II faut prendre un nid d'hirondelle, le mètre tremper dans de Peau,

‘le bien remuer Sc donner à boire au cheval > ou bien lui faire avaler«vec le corner ; il faut le tenir chaudement , le nourrir feulement deraille & de Ion; puis prenez de la farine de froment une demi-livre,■hydromel une chopine , un peu c.‘encens, une'once de la refîne avecdeux œufs, les faire bouillir avec du vin , & emplàtrer toute la têteI envelopper avec un linge > le matin suivant le débet & lui donner-à manger ; il faudra mêler du miel au quatrième jour.

Yeux nubiletex des Chevaux ; remède.

Prenez du suc d’épine blanche mêlée avec du vin vieux en égale por-tion, ou bien de la cendre de ladite épine mêlée avec du miel & huilepour tous maux des yeux; on peut prendre du poivre blanc , de la cen-dre d’cpínc blanche Sc du miel également mêlez ensemble, & en oindre2'œil avec une plume.

Feux larmoyant des Chevaux ; remède.

Prenez des violettes & du sel autant de l’un que de l’autre mêleznvcc du vinaigre en suffisance , huile t poivre long > sabine > encens,■ïnyrre , de chacun une once , pilez ensemble & mêlez avec demi-li-v: c de miel , jettez&n dans l'œil ; si le cheval est b sellé il faut pren-dre huile rosat Sc un blams-fcTœuf, avec de l’étoupe Pappliquet de-íses;le jour suivant il faudra l’étuver avec une décoction de fenu-grcc& y appliquer un plumaceau trempé dedans : quand il commenceraà le mieux porter , il faudra user de collyre.

Voila une partie des incommoditez des chevaux dont j’ai cru de-voir faire ici un petit détail pour en donner connoillancc au Pere-de familier & lui fournir les moyens d’y remédier, pour ne pas é.retoujours obligé d’avoir nh Maréchal à les troulìcs > la plû.-ait desMaréchaux de campagne n’en -ayant que le nom , lans en polícder laícsence requise.

Pont le surplus des maladies donc la pratique pour les guérir regar-de uniquement un Maréchal, je n'en ai voulu lien dite pour ne point en-'Ituyer le Lecteur de préceptes qu’il ne pourroit mettre en usage.

Four faire que les Mouches ne tourmentent point lesChevaux ni les Mulets.

il faut mouiller le poil des chevaux ou mulets avec du suc de feuil-les de courge en plein Eté : vous verrez qu ils lèront entièrementexempts de lennui que les mouches ont coutume de leur causer.

Setrets pour faire écumer Un Cheval & lui. faire avoir la bouche fraîche.

II faut enveloper Pembouchurc du mords de poudre de staphifagriaon estime un cheval qui a la bouche fraîche , parce que ceux quil-dnt sechc font plus dégoûtez, & font prelque demi heure avant quede manger quand ils sont arrivez à l’écurie.

Pottr faire venir la corne d un Cheval.

Prenez du vieux oing , du soif de bouc ou de mouton > de Pituited’olives , de la seconde écorce dc soreau , ou hicble avec de la ciremeuve , dont vous composerez un onguent.

CHEVELU , fe dit de certaines petites racines qui sont très-me-«ués , assez longuettes , & sortent des grolìcs ; je recommande qu’enplantant on ôte 1e chevelu le plus prés qu’on peut du lieu d’où il soit:certains Jardiniers le conservent avec un extrême foin, & ont grand tort.

CHEVILLES. Ce sont les Andom’Ilers qui sortent des perchesde la tête du cerf, du daim L du chevreuil.

CHEVRE. C’est un animal à corne & à quatre pieds , qu’onnourrit par troupeaux , principalement dans les pays montagneux.Sous le nom de chevre sont compris le bouc qui est le mâle, la chè-vre qui est îa femelle , & le bouc châtré.

On peut d stinguer ceux fores de chèvres , celles qui sont com-munes en Europe,& celles qu’on nomme chevres d’Angleterre, quoiqu’on les ait fait venir de Barbarie Sc des Indes. Après avoir dit unmot de celles-ci , nous parlerons amplement des antres.

Chevres d.'Angleterre trois fois plus utiles que celles de France.

L’Angleterre a tiré de Barbarie & des Indes la race de leurs belleschevres , qui donnent deux a trois fois plus de lait & de fromageque celles de France , & elles fournillent du poil fin, bon à faite descamelots. Les Anglois ont dilpetié cette race dans les pays maigresSc montagneux, où les pâturages n’étoient pas a Ile z bons pour lesVaches & ses brebis Barbariennes , & les Indiennes ; ils ont tenu lemême ordre qu’ils avoient tenu pour établir la race de chevaux Espa-gnols , & ses brebis Espagnoles.

Tout îe monde lait aulir que la Hollande ne produit pas le tiersdes choies ncceflàires à la vie de ses habitans , où néanmoins tousles peuples so rendent à cause de l’abondance que leur commerce yproduit , qui a pour fondement toutes sortes de Manufactures qu’ony a établi la nourriture de toute sorte d’animaux qu’on y peut éle-ver , Sc la quantité de plantes Sc de graines qu’on y peut semer ,comme graines de choux rouges, pour en tirer dc 1 huile , &c. LesHollundois ont aussi établi la race des vaches Indiennes, qu’ils ont\ ré, a-'du en Flandre , & en France dans ses marais desséchez & terresvoisines , quoique maigre , où il réussissent ; ils ont aussi établi chezeux la race de ces brebis Indiennes dont nous parlons,Sc Font trans-plantée ailleurs avec succès : pour cela ils ont tenu & tiennent enco-re le même ordre que font les Anglois.

La Fiance ne peut manquer , suivant l’exemple de ceux qui ontréussi; elle le peut plus aisément qu’eux;& ces étabîilìèmens produi-ront plus de profit que dans ks Etats voisins, parce que notre Royau-

C H E.

ire est déplus gfirr.de étendue , Sc plus fertile qr.e le leur ; mais Ííspolitiques voisins nous reprochent ce qu’on a oui dire au feu SeigneurMaréchal de la Maillerayc.

On peut établir par toute la France > la race des brebis & chevresIndicnnees ou de Barbarie ; pour cela il n’y a qu’à tenir Tordre ,comme on a dit , qu’on a tenu en Angleterre & en Hollande.Vdiex. Brebis ou Betaii.

Secret pour tirer grand profit de ce Bétail, de tout autre.

Le secret pour en tirer gros profit promptement, & aussi de tourautre bétail de France , ou d’ailleurs , c’est de le bien nourrir THivcr& l’Eté : le parquer fraîchement l’Eté , & chaudement l’Hivcr : luidonner litière fraîche tous les soirs , ou du moins paver les écuries ,

& les ctablcmens avec grande pente pour écouler leurs urines , Scles bien balayer tous les jours. Si les hommes faifoient leurs orduresdans le lit íáns le nettoyer , ils feroient bien tôt malades & couvertsde galle ; quelque bonne que fût leur nourriture , ils périroient.

Les chevres Indiennes , comme on a dit , & celles de Barbarie ,donnent deux & trois fois plus de lait , & meilleur que celles de Fran-ce > le fromage en est meilleur ; elles donnent aussi prelque toujours deuxchevreaux par an, qu’on appelle besons en Provence,&du poil fin enabondance, qui estbon pour faire des camelots. Nos chevres ne se peu-vent tondre, non-plus que nos mâtins & lévriers ;& on peut tondre leíbarbets deux fois Tan : la race en est aussi venue dc Barbarie.

Dans les pays qui ne sont pas assez gras pour les vaches ou pourses brebis Indiennes , on pourra avoir de ces chevres, qui réussirontdans les cures maigres ; leur ragoût est de brouter des brossasses : ce-pendant elles ne dédaignent pas de pâturer cn bon fonds quand onleur fait la grâce de les y mener.

Pour en établir donc la race par tout le Royaume, il n’y a qu’à faire ccqui est marqué a la lettre B. au mot de Brebis ou Bétail, touchant les bre-bis Indiennes, &lesnourrir&élever comme elles; par ce moyen on entirera un grand profit: on aura deux chevreaux par an; on les aura pri-mes ; on les engraissera, on fera que le bouc sera vigoureux, qu’il serviradeux & trois tois/plus de chevres que les nôtres ; on leur fera avoirbeaucoup de lait quand elles seront nourrices ; on les guérira de leursmaladies, si on ne peut ses en préserver entièrement.

La chevre coûte peu à nourrir , & rend bien du profit quand elleest d’une bonne eípéce : elle íympatise aísez avec les brebis pour ccqui regarde leur nourriture ; mais pour ce qui est de leur tempéra-ment , il diffère en ce que celui des brebis est fort doux , & qu’aucontraire , celui des chèvres est très-diiheile.

Au pays des montagnes, où Ton en nourrit de grands troupeaux, ilsne leur donnent pointd’étables pousses coucher, au lieu qu’en ceux oùchacun n’en éleve que très-peu, il est nécdîàire de leur en destiner , pourleà garantir pendant l’Hiver des froidures qu’elles craignent extrême-ment.

Des foins particuliers que demandent les Chevres.

On dit donc qu’il faut gouverner les chevres comme les brebis ; lesmener aux champs en même-tems, & les ramener pareillement,ainsidu reste mats voici ce qu’ii faut observer dc particulier.

On se resouviendra qu’on a dit qu’il ne falloit curer les brebis qu’un*fois Tannée, à cause que la chaleur de leur fumier leur étoit néceilàirepour coníeiver celle q i leur étoit naturelle, fur-tout en Hiver, qu’elleseva gnent beaucoup le froid ; mais on avertit ici que la chevre est d’un na-turel tout différent de cela, qu’elle aime d’être tenue ptoprement : l’humi-dité&!a fange lui sont contraires, Sc le fumier la rend malade ; ainsi onne manquer a point tous ses jours de nettoyer Tétable des chevres, & d’ymettre toujours de la litière fraîche; on entend pendant THivcr, car enEté elles couchent bien fans litière > Sc n'en valent que mieux.

La rosée qui ne vaut rien aux brebis , est fort íàlutaire aux chè-vres , & autant qu’on le peut , il ses faut mener paître avant qu’ellesoit tombée de dessus les herbes.

On ne les fera point sortir des étables pendant les pluies THivcr, laneige Sc les frimats ; Sc elles seront nourries comme les brebis.

Des marques ttune bonne Chevre.

Une chevre sera estimée bonne Inrfqu’clle fera d’une grande' taille,d’un maintien ferme & leger , qu’elle aura le poil épais Sc les retinsgros & longs , qu’elle fera large dessous la queue , & qu’elle aura lescuidés de même : elle est féconde depuis deux ans jufqu’à sept.

Pour la couleur du poil les sentimens sont partagez ; ceux qui re-cherchent Tabondance du lait sont pour les blanches ; Sc ceux qui enpréfèrent la qualité à la quantité , choisissent ou celles qui sont d’unpoil rougeâtre > ou d’un poil noir , cela dépend dc la fantaisie : Scpour les chevres qui n’ont point de cornes , elles valent toujoursbeaucoup mieux que celles qui en ont , & s’accoutument plutôt queles autres à aller aux champs avec les brebis. Voilà les véritables si-gnes d’une bonne chevre; venons au bouc.

Du Botte.

On fait cas d’un bouc qui a le corps grand , les jambes grosses, lecol charnu & court > la tête petite » 1c poil noir & fort doux à lamain, dont ses oreilles sont grandes Sc penchantes,& à qui pendraau menton une longue barbe.

Ayant donc fait choix d’un bouc & d’une chevre , tels qu’on sespeut désirerpour être bons, il n'estplus question que de les lavoir fairejoindre pour en multiplier la race.

Auparavant néanmoins de passer à cet article, on saura qu’un boucne peut servir pour engendrer que jufqu’à quatre ans.

Du tems de faire faillir les Chevres.

Elles ont encore cela de commun avec les brebis , qu’on les fartsaillir dans la même saison , afin qu’au Frimeurs, lorfqu’elles ont mis aumonde leurs petits chevreaux , elles trouvent dequoi amallèr du laitcn abondance. C’est ssonc «M Automne qu’il kur fout donner le bouc.

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