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C H E.

Des motens de rendre les Chevres abondantes en Ifiì,

les chevres pour abonder en lait, doivent être nourries d une herbequ'on appelle quinte-feuille, ou bien il les saut mener paître en unheu où le dictamen est fort fréquent; avec cela on les fera brouter lelong des haies, & on aura lo:n de les abreuver loir & matin : ce foinn'est pas íì extraordinaire qu'on ne puiífe le prendre lâchement.

On les traite deux fois le jour > jusqu’à ce que les froidures tarissentleur lait ; & on commencera à les traire quinze jours après quellesauront fait leurs petits.

’ Une chevre quelquefois fait deux chevreaux d’une ventrée, quel-quefois aussi elle n’en produit qu’un ; cela dépend de la terri lité de fanature, & du bon temperamment du bouc.

Avertiss e m e n t.

On a parlé assez amplement de la nature delever les agneauxloríqu’ils lònt nouvellement nez , & de la façon dc les gouvernerpour lors; les chevreaux demandent les mêmes foins : qu'on y aitrecours, aussi-bien qu a ce qui regarde leurs maladies, afin de sc ser-vir pour eux & pour leurs meres, des remèdes qui y font marquez,au cas que quelque incommodité leur arrive.

Pour engraijfer les Chevres.

Comme on ne parle ici que de ceux qui ne nourrissent des chevresque pour avoir -du lait, & qui par conséquent n’en ont qu’en très-petit nombre, à carde de l’abondance de pâturages qui leur manque;on n’cnfcignera la maniéré de les engraisser que par rapport à cesfortes de terroirs, laissant aux Païs qui en peuvent beaucoup nourrir,la méthode de leur faire prendre du gras à leur guise.

On avertit donc que pour engraiíler les chevres - il leur faut ôterleurs petits un mois après qu'ils font frits, & suivre la méthode qu’ona enseignée pour engraisser les moutons : outre cette peine, on n’enfrit gueres qui soient considérables, & que les chevres puissent de-mander de nous, puiíqu’elles font contentes pourvuqu’cllesbroutent,qu’elles ne manquent point d’eau , & qu’eîles forent tenues cliaude-anent en Hiver, ayant l'ouverturc de leur toit au midi.

Des Chevreaux.

Le premier profit que les chevres portent, font les chevreaux,qu’on laisse croître pour multiplier, ou qu'on vend aux Rôtisseurs.

Un chevreau pour être bon à manger, ne doit pas avoir plus dequinze jours ou trois semaines; car lì l’on attend plus tard , & qu’ilait brouté, toute la délicatesse de la chair en est perdue.

Des Chevres grasses.

On engraisse les chevres ou îcs boucs en partie à cause de la graissequ'on en tire, qui étant convertie en fuis, rend un profit considéra-ble; car pour leur chair elle est d’un goût fort médiocre, & peuagréable á bien des gens ; c’est ce qui fait qu’on ne la destine que pourle commun de la masson, après lavoir salée.

Du lait.

Le lait de chevres ne fert qu’à faire des fromages qui font excel-Icns ; car c’est abus d’en vouloir tirer dc la crème p aur en faire dubemre, il n’est pas aíîez gras pour en produire suffisamment pour ce-la, & de plus c’est que le beurre de chevre est toujours blanc, Sc atoujours le goût dc fuis.

Les pauvres gens fe fervent encore dc ce lait pour leur nourriture,tandis qu’ils font argent du lait qui provient dc leurs vaches.

Des maladies des Chevres,

La nature des chevres est tellement conforme à celles des brebis,que les maladies de celles-ci ne diffèrent en rien des infirmitez de cel-les-là; ce font les mêmes remèdes qu’il y faut apporter, à la réservetoutefois dc la fièvre, pour la guérison de laquelle on ne lui donnepas les mêmes secours > & de trois autres maladies qu’clles ont de plusque les brebis, tels font l’hydropiíìc , 1 endure qui leur provientaprès avoir produit leur fruit, & le mal sec.

De la fièvre.

On dit que les chevres ne font jamais fans fièvre, & qu’cllcs meu-rent du moment qu’elles ne l’ont plus : il est difficile de croire que cemal les tienne toujours, à cause d’une continuelle fermentation deshumeurs, qui ne fauroient manquer de corrompre la masse du sang ;car si cela étoit, un animal, de quelque nature qu’il pût être, poùr-roit-il résister à la malignité dc cette corruption ? une chevre attaquéede la fièvre pendant toute 1a vie, broutcroit-elle avec autant d’apétitqu’elle fait? aiuoit-eîlc l’œil fì alerte ? en un mot, seroit-elle sus-ceptible d'embonpoint? car il me semble, généralement parlant,qui dit fièvre, dit un mal capable d’altérer entièrement un corps, &de le détruire cn peu de rems si l’on n’y apporte du remède; c’est cequi fait qu’on ne sautoir être du sentiment de ceux qui disent, queces signes que donne au dehors une chevre , semblables à ceux quenous remarquons dans une brebis lorfqu’elle a k fièvre ; que cessignes, dit-on, font dans cette chevre de véritables signes de fièvre,& d’une fièvre à laquelle il n’y a point de remède; on aimeroit mieux,pour ôter des esprits cette abfurdité-là, qu’on dit que k chevre deson naturel fait voir au dehors des marques pareilles à celles qu’ellepourroit avoir lï elle avoir k fièvre, mais pourtant que ce ne l’cstpas, & que ce n’est que ion temperamment qui l’excite naturellementa donner ces lignes ; & par ce détour on donneroit à connoítre qu’onfait ce que c’est que k fièvre, & qu’il n’est aisé d’en imposer là-deílùsqu a des gens qui en ignore k nature.

De [hydropisie.

L’hydroptsie survient aux chèvres pour avoir bû trop d’eau ; &pour les cn guérir avant qu’elle soit formée , il leur faut faire uneincision au-dellous de l'épaule, afin d’attirer par là toute l’humiditésuperflue ; puis guérir cette plaie ayee un emplâtre fait de poix deBourgogne & de sain-doux.

Tome I.

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De tènflttre qui leur survient après avoir produit leur fruit.

Après que les chevres ont mit leurs chevreaux au monde, quel*q trésors à cause du grand travail qu’elles ont eu, leur matrice devientenflée, ou l’arrierc-íaix n’est pas bien venu, ce qui leur cause au de-dans un terrible désordre, íì l’on n’y remédie promptement, en leurfailánt avaler un verre de bon vin.

Du mal sec.

On reconnoìt que les chevres font attaquées de ce mal , lorsquependant les grandes chaleurs elles ont les mammelles tellement dt sic*chées, qu’il n’y a plus 1a moindre petite goûte de kit: on les guérit:de ce mal cn les menant tous les jours pairie à k rosée , & en leurfrottant les mammelles avec du kit bien gras.

CHEVREUIL. C’est une bête fauve & sauvage qui ressem-ble au cerf, mais il est plus petit, & de k grandeur d’unc chevre.Sa femelle est appellée chevrette ou chevrellc. Le mot de chevreuilfait voir qu’on le prend pour une chevre ou bouc sauvage.

Le chevreuil n’entre en rut que dans le mois d’Octobre , pendantquinze jours feulement; il ne quitte point fa semelle, qui porte deuxou trois petits : on dit cependant que quand k chevrette veut mettrebas, ce qui arrive au mois de Mai, elle le fait à l’infçu de son mâle;mais elle revient avec lui > & ils habitent toujours ensemble.

Les chevreuils quittent ordinairement leur tête au mois d’Avril,qui est le rems où ils brunissent comme les cerfs ; il arrive néanmoinsqu’ils la quittent quelquefois vers la fin d’Octoctrc, ou au commen-cement de Novembre. On nomme bosses ou enflures a l’égard du che-vreuil , ce qu’on appelle la mente à l’égard du cerf.

Chajfe du Chevreuil.

Les chevreuils font leurs viandisen divers lieux, selon les différen-tes faisons de l’année. Au Printems on les trouve dans les seigles oudans les taillis nouvellement coupés, lorsqu’ils ont commencé à pouf-fer de nouvelles branches. C’est là qu’ils vont viander & fasse leurnuit ; mais en Eté c’est aux gagnages. En Automne il faut les cher-cher dans les buissons des gagnages, dont ils ne sortent que quand ilssont chassez. Enfin pendant THiver ils fe retirent dans les forêts , ilsfont leur nuit dans les endroits les plus nouvellement coupez, & ilsviandent près des fontaines.

On ne chasse point le chevreuil avec les chiens corneaux & ck-bauts, on sc sert des chiens courants derme deux tailles, bien tablez& pourvus de routes les qualitez convenables.

C’est vers k fin de l’Eté qu’on doit aller quêter les chevreuils dansles buiflons, où Ton a déja dit qu’ils saisissent leur viandis. II faut ,autant qu’on le peut > ne s’attacher qu’au mâle ; on le distingue en ccqu’il a plus de pied devant que k femelle, le tour des pinces plus rond,le pied plus plein, le talon & k jambe plus larges, les os plus gros& tournez en dedans.

Chevreuil en civê.

Après avoir coupé le chevreuil en gros morceaux, il faut les larderdc gros lard, & les passer à k poêle avec du persil & du lard fondu.On les fait cuire ensuite avec un bouquet d’herbes fines , du sel,du poivre , du laurier & du citron verd , dans du bouillon ou de l’eau,& du vin rouge. Quand tout cela est bien cuit, il faut lier k fausseavec de k farine frite, un filet de vinaigre, une poignée de câpres ,& quelques olives désossées. Ce mecs sert d’entrée.

CHEVROTIN. Pour préparer la peau de Chevrotin. Il faut pren-dre six onces de térébenthine de Venise , & six onces de panne deporc mâle , & une once & demie de cire vierge; vous ferez fondredans un petit pot vernis, en premier lieu k cire, après k graisseblanche ; & lorsque cela sera fondu vous y mettrez k térébenthinequ’il faut faite chausser doucement, de crainte que le feu n’y prenne;quand cela est bien incorporé & bien chaud, vous aurez une peau dechevrotin bien passée & aprêtée comme les gans » vous la banderezfur un châssis, puis vous la présenterez au feu du côté du poil, &ducôté de la chair vous l’imbiberez avec un pinceau que vous tremperezdans k composition chaude, & la tiendrez toujours près du feu,mais il ne faut pas que k chaleur sisst trop grande ; lorsque k peausera bien pénétrée vous Tôterez du feu > & quand elle sera froide vousôterez doucement avec un couteau ce qui sera de surplus fur k peaude la composition.

Cette peau sert à toutes douleurs, fur-tout aux rhumatismes & dou-leurs des pieds; on fait des chaussons de cette peau, qui attire beaucoupde sérosité, & fait aussi son effet par Tinsensible transpiration.

C H I.

CHICORE’E, en latin Chicorium. II y en a deux espèces, kcultivée ou franche, & k sauvage.

Dejcription. La cultivée qu’on voit dans les Jardins , fort de terreavec des feuilles semblables à celles de Tendive, quoique plus étroites,plus courtes & moins découpées tout autour, ayant la tige & les fleurssemblables. Sa racine est longue d’un pied, blanche au dedans, ten-dre & un peu amere.

Lien. Elle croît dans les Jardins, & fleurit au milieu de l’Eté.

La chicorée étant cuite dans du vin, elle purge la bile & les hu-meurs visqueuses. L’eau distillée est admirable dans l’ardeur de lafièvre & de Testomac, & mangée crue elle est très-utile à Testomac& au foie; étant cuite elle perd fa vertu apéritive. Elle est fort bon-ne dans les intempéries chaudes de Testomac Sc au foie > & n’est pasnuisible dans les froides. Les feuilles appliquées par dehors ferventaux tumeurs, aux ulcérés & aux inflammations.

Chacun fait combien k décoction de k chicorée bûë en formed’aposcme, est utile à ceux qui ont la jaunisse ou chaleur de foie. Lejus de chicorée bû de deux jours l’un à jeun, appasse le crachementdc sang. La chicorée pilée & misé fous ie tetin gauche , guérit kdouleur du cœur. L'on dit que la décoction de 1a chicorée des champs,bûë souvent, rend le teint des femmes plus blanc.

U y a plusieurs espèces de chicorées franches, qui font différentesen feuillages & en grandeur ; mais. pourtant semblables au goût, &qui fe gouvernent tontes d’uijc même façon-' Z ii Oa