C I Y. C 1 B. CID-
qu’ils ont entrepris de décomposer, & s’il y a quelques minéraux oumétaux dont ils ne tirent point tous ces principes, c’est qu’ils font tropétroitement liés lesunsavcc les autres, Sc que l’artn’apoint encore étépoulie aussi loin qu’il le peut être.
On ne doit point mettre l’efprít ou le Mercure au nombre des prin-cipes de chimie, puifqu’on fait à présent que dans les plantes ce n estqu’un loufre détrempe dans l'eau, & dans les minéraux ou métaux ,c'est un sel diílous dans le phlegme. II ne faut donc reconnoìtre queces quatre principes palpables, se sel, le soufre, le plegme&lattrrv.
Le sel est pelant & s’éleve, le dernier des corps mixtes, il est inci-sant & pénétrant, il donne la consistance aux corps, il les préserve dela pourriture & les rend capables de produire diverses faveurs, suivantqu’il est diversement mélangé avec les autres principes, particulièrementavec le souffre. II y a plusieurs sortes de sels.
Lc souffre lie les autres principes, il adoucir les sels en enveloppantleurs pointes, Sc en bouchant les porcs des corps il empêche la corrup-tion. Delà vient que les plantes qui abondent en huile coníervcnt long-tems leur verdure.
Le phlegme ne lè sépare jamais pur des corps mixtes, il retient tou-jours quelqueimprcilìon des autres principes, d’ouvient qu’il est plusdétersif que l’eau commune.
La terre est le dernier principe & celui qui reste après que les autfes ontété enlevés par la violence du feu.
On retire ces différens principes par la distillation; voïez ce mot > vousy trouverez les vailleaux dont sc fervent les chimistes, 6c plusieurs ma-niérés de distiller les végétaux.
C I B.
CIBOULE, en Latin Cepula. C’est un petit Oignon 5 on le metflans les sauces & dans les salades.
Culture des Ciboules.
Elles se multiplient de graine qu’on terne sur planche, pendant pres-que toute Tannée, excepte pendant le grand froid. Losqu’elles leventtrop drues il les faut éclaircir.
On les replante de cuiíses depuis !a plus grosse jusqu’à la civette d’An-glecerre; on en met quatre ou cinq ensemble pour en faire une touffe:& selon la grosseur de la ciboule, vous les éloignerez, n’y aïant autresoin pour les gouverner que de les bien sorcier > biner, & ii vous voulez,fumer avant l’hiver.
On les pourra laisser en leur planche tant d’années que l’on voudra, laplante grossissant toujours par les caycux qu’elle jette en abondance.
Il fera bon pourtant de trois ou quatre ans l’un de la relever ,5c de lareplanter en un autre endroit, damant que la terre s’cnnuyed’êtte char-gée dune même forte, & s efruite de la qualité la plus au gré de la plante,ne la rendant quelangoureuíe & dcoile , si elle y séjourne plus long-tems.
C I D.
CIDRE. Il n’est rien pire que de boire de l’eau, Sc c’est ce qui a obli-gé l’homme, outre lc vin, d’invcnter plusieurs autres sortes de boisions,parmi leíquelles le cidre, après cette liqueur dont je viens de parler, peutà bon droit tenir rang.
C’est des Normands, dir-on, qu’on en tient la premiere invention ;car ces Peuples voyant que la froideur de leur climat ne perxnettoit pointqu’il y crût du vin, s’aviferent pour nc point être obligés de boire del'eau pure, à moins de beaucoup de dépense pour tirer des vins de loin,ce que la plûpart n’auroicnt pas été en état de faire; s’aviserent, dis-je,déplanter des Pommiers, & par de certains moïens qu’ils trouvèrent,ils lurent du fruit qui en vient, exprimer ce jus qu’on boit aujourd’hui,& qu’on appelle cidre.
Le meilleur & le plus fort, est celui qui fe fait avec les pommes les plusdouces, qui semblent comme insipides au goût, tant elles ont de dou-ceur: telles sont les pommes de nurlieux, ou de coquerct; pour faireque le cidre acquit une bonté parfaite, il seroit à souhaiter qu’on ne selervit des pommes que lorlqu’elles font parvenues à une juste maturi-té; mais comme la tardive té de quelques années empêche qu’on ne lescue lle au point qu’il est nécessaire, on le fait telles qu’ellcs sont, lorsquela S. Michel, quiest lc ceins de les abattre, est arrivée.
A l’égard des pommes qu: sont mûres dans cette soison, on ne tardepoint de les emploïerausli-tôt à faire du cidre: Sc pour celles qui ne lelont pas encore, on attend pour en exprimer ce jus que dans quelqueendroit ou on les porte exprès, elles soient venues au point de maturitéqu’on le demande: Sc un mois suffit aux unes pour la leur faire acquérir,au lieu qu’il y en a qui vont jusqu’à Pâques, après quoi il n’y a plus à re-retarder a les emploïer à cet ulàge ; car elles nc valent rien pour cela étanttrop vertes: elles ne sont pas meilleures loríqu’elles sont trop meures;li-bien qu’il faut s’en servir â propos.
Pour parvenir à faire le cidre, on prend des pommes qu’on met dansune auge de bois qui à la forme ronde , pour les meurtrir sous une Meu-le qu’un cheval tourne, Sc pareille à celle donc se fervent les faiseursd’huilc.
Tandis que cette meule fait fi fonction, onremuëles pommes danssauge à mesure qu’elles sont pilées, en y mettant de l’eau tant & si peuqu’on souhaite que le cidre ait plus ou moins de bonté : & ce remuementfe fait avec un rateau fait exprès.
Ces pommes étant bien écachées, on les porte fur la mer du pressoir,où on les accommode a mesure qu’elles y surviennent.
Pour cela > on dresse la motte avec une longue paille qu’on ttnetlits par lits fuceíîìvement avec les pommes , de l'épaisseur de quatredoigts, afin de les mieux lier ensemble.
Cette motte pour l'ordinaire est quarrée ; & si-tôt qu’elle est achevée >on charge le pressoir à la maniéré accoutumée, après quoi on donne l’ar-bre à ces pommes poux en expaiuicr fi liqueur.
Tome I.
CID. CI G. CI M. Cl N. Cl R. 187
Ainsi que du vin, on fait de la piquette de cidre qui est la boissonordinaire du commun: Le pour y réustìr on prend le marc après qu’ila été bien pressé, qu’on met tremper dans des vaisseaux avec de l’eau»
Sc au bout de huit jours qu’on l’a ainsi mis, on lc reporte lur le greffoir,pour en tirer juiqu’à la derniere goûte.
Autre Cidre appellé Picalle.
Ce n’est pas feulement en Normandie, mais encore en biend’autrcsendroits qu’on pratique la maniéré qui fuit de faire du cidre, en pre-nant des pommé s qu’on fe contente de casier, & dont on remplit untonneau : cela -tait, on a soin que le tonneau soit bien enfoncé, puisétant en la place ou il faut quil demeure, on lc remplit d’eau julqu’àdeux doigts du bondon ; on laisse bouillir ce cidre, Sc à mesure qu’onuse de cette boillon, on le remplit d’eau juíqu’àce qn’on juge qu’ellenc veuille plus rien dire, j’cntens qu’elle sort trop foible pour pouvoissupporter de l’eau davantage. Votez Poire’.
C I G.
CIGUE. La ciguë est dangereuse aux chevaux. Quand un che.val a mangé de la ciguë, ía tête s'appesantit, de sorte qu’il chancelle Scse 1 aille tomber contre les murailles.
Remèdes.
I! saut soigner le cheval à la tête& fétuver avec une chopine de vinvieux jusqu a ce qu’il soit guéri.
C I M.
CIMENT Pour le •verre & pots de terre. II faut prendre lie blancd’un œuf, le mettre avec de la dnux-vive St de la farine de seigle, Lcdétremper le tout avec de l'eau filée.
Autre Ciment dur commt pierre.
Prenez de la chaux-vive pulvérisée, mêlez-la avec deux fois autantde brique pulvérisée, détrempez le tout avec de l’huile de noix.CIMIER. C’est la croupe du cerf, du dain & du chevreuil.
C I N.
CINABRE. On rend le cinabre ou vermillon plus beau, si on ymêle en le broyant de l’eau de gomme-gutte, avec un peu de sostran.Cda l’empêche de noircir.
C I A.
CIRCULATION. T erme de chy mie. C’est un mouvement qu’ondonne aux liqueurs dans un vailseau de rencontre, en excitant par lemoien du feu les vapeurs a monter & à descendre. Cette opération sefait pour subtiliser les liqueurs ou pour ouvrir quelque corps dur qu’ony a mêlé.
CIRE. C’est l’ouvrage des abeilles. Voïez ce qu’on en dit dansl’article des mouches à miel.
CIRE D’ESPAGNE. C’est une composition qui sert à cacheter.Cire d Espagne.
Pour faire la cire d’Espagne , il faut prendre du cinabre environdeux treseaux ; du blanc de Troïes, une once; de la graine deiacque,une once : du sang de dragons, deux tréseau ; du benjoin un demi tvé-íèau j & environ un demi quarteron de poix résine. II faut d’abord fai-re fondre la résine dans une écuelle de terre & puis y mettre le blancde Troïes, que vous passerez, dans un tamis , Sc puis après y ajourerlc sang de dragon, que vous pailcrez aussi, Lc la graine deiacque sonsla palier, & démêler le lotir sor ún réchaud de feu, puis aussi y ajou-ter le cinabre bien en poudre, Lc le broyer; puis après prendre le toutfur un bâton, le prendre peu après pour le mêler, Lc puis la polir; illa faut faire chausser quand elle est en bâton, Lc puis rouler de rcchcf.
Pour faire les bâtons, frottez la cabe d’huile d’olive , vous y ver-serez dellùs de la composition fonduë, qu’on roule avec la main; fai-tes les bâtons ; lorfqu’ils sont faits polissez - les les tenant près du feu.& les maniant tant que les creux fe remplissent, remettez-les lur la ta-ble pour les faire tenir ronds.
Les creux étant remplis, vernissez les bâtons comme s’enfurt: Onfait un vernis avec un treseau de cinabre, une once de poix résine ,qu’on fait fondre, on y trempe une plume dans ce vernis pour cn frot-ter les bâtons. Ce vernis remplit les cavitez, s’il y en a.
II y en a qui jettent la composition fondue dans des moules de fer-blanc de la grollèur qu’on veut, Lc ils fe trouvent fait Lc polis.
II y en a qui recueillent la composition fondue dans la terrine avecdeux bâtons faits comme ceux des Pâtissiers, faisant attachtrla com-position au bout de ces bâtons, que l’on tient exposez au feu ; & celuiqui fait ces bâtons, en prend fussifament pour en faire un bâton ,ainsi ils retirent jusqu’à ce qu’il n’y reste plus rien.
En les polissant fur une table avec un ais poli, avec un pollissoir dccierger ;& pour les faire luisons on fait chaufferies canons ou bâtons,on les expose au feu sut un réchaud.
Nota.
Qu’on broie fur un marbre le cinabre, le blanc de Troïes de mê„me; la gomme lacque se fond avec la poix - résine sons être pilée, leBenjoin aussi : on réduit en poudre le sang de dragon ; quelques-unsse servent de la gomme de Lacque plate parce quelle coûte moins quefautre gomme , mais la cire n’est: pas lì bonne.
Autre façon de faire belk Cire d'Efpagne,
Prenez demi-livre dc gomme adragant, un quarteron de Mastic, letout pulvérisé chacun à part , puis prenez nu plat de terre vernilìpque vous mettrez fur un réchaud à petit feu, puis prenez quatre ou.
A a ij tes