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paient les rr.arclundtsts’qu’on charge au Levant dans les Villes oit il y ades Consuls François. On remet ces droits entre les mains des Députezde chaque Echelle; & ces Députez (ont obligés d'en rendre compte aMeilleurs du Commerce de Marseille. La Cour nomme à présent lesConíirls François dans le Levant, & la Chambre de Marseille ne juge desadjures du Commette qu’autant que le lui permet le Ministre qui a laSurintendance du Commerce.

On ne trouve des Marchands de Corail qu’à Marseille & à Genncs ;ceux deMaríeille en font le plus grand débit dans le Levant où l’on nevoit .que colliers & brallêkts de Corail de Marseille. Cette Ville cít en-core considérable par les magiiïns des Droguistes, les Rafintrics de Su-cre , & les Manufactures d’or, de foie, & de savon. Les Savonneriesconsomment non-leulement les huiles de Provence, mais encore cellesqu'on tire de Candie & de Grece.

On trouve encore iur le port deMaríeille toutes les drogues les plusprécieuses qu’on apporte de l’Orient & de l’Occident. Celles de l’O-rient iònc principalement la Caste, laRhubaibe, seScamonée, leSco-rax liquide, le Storac en larmes, la Myrrhe, l’Enccns, le Bdellium,les Tamarins, le Galbanum, l'Opponax, le Sagapenum, le Baumeblanc, le Pcivie, la Canelle, le Sel Ammoniac. Toutes ces drogues& une infinité dautres íont apportéesdeSmyrne. Cette Ville du Levantest lì marchande qu’il ne celle d’arriver des Caravanes de Perle depuis laTouíseints julqu'en Mai & en Juin. Les Persans y portent quelquefoisjuíques a deux mrlle balles de loïc par an, lans compter les drogues Siles tories.

Outre toutes ces marchandises, les foies d c Perse & !e Fil d Chevred’Angora & dcPecbazar, qui ibnt les plus riches du Levant, les Mar-chands François sont venir ae Smyrne le Coton filé ou Caragach , le Co-ton en rame, Us Laines fines, les Laines bâtardes, & celles de Metelin,les Noix de Gale, la Cire, l’Opiuni, l’Aioës, laTutie, la GommeArabique, la Gomme Ammoniac, le Semen Centra ., la Zedoaria & desTapis grands Si communs.

On dira en paísenrque le Commerce de Marseille anx Indes Occiden-tales le Fait en droiture ou par la voie de Cadis. On apporte dans cetteVille l'Ipecaeuana , 1 e Quinquina, le Gingembre, la Galle des Illes,l’Indigo, leRocou, le Baume sec, celui du Pérou, celui deCopaive,& plulìeurs autres drogues que fournit l’Amerique.

Les François portent au Levar c par la voie de Smyrne de la Cochenille,de l’Indigo’, de laSalse-Parcille; du Bois deBreltl ScdeCampech, duVerd-de-Gr;s > des Amandes , du Tartre, du Poivre, de la Canelle,duGérofie > du Gingembre, de la Muscade. Les Draps de Languedoc,les Serges deBeauvais, les Cadis de Niíìnes, les Pinchinats, les Satinsde Florence, le Papier, l’Etain lin , 1 e bon Acier, Si ks Emaux de Ne-vers y sont d’un grand débit.

Avant que notre Commerce y fût bien établi, les Marchands des au-tres Nations appelloient les Marchands François, Mercanti diBaretti,parce qu’ils ne portoient alors que des bonnets & des calotes de lainesuans le Levant ; on y portoit encote de la faïance, mais la plus gran-de quantité à présent est envolée jd'Ancone.

On fait un cas particulier a Smyr ne des Fouines de France, & particu-lièrement de celles de Dauphiné, dont on se sert pour les fout turcs.Une fourrure de veste s’y vend depuis f o jusqu’a 8 o. écus. On mêle lesplus foncées en couleur avec lc Samour qui est la Marte zibeline ou laFouine de Moscovie. Les peaux desFouines qui viennent par la Sicile, fontbien plus emploiécs que celles de France, mais elles y font moins cheres,parce que celles de France sont auíb estimées que celles d'Arme nie & dcGéorgie.

Le"Commerce des François en Orient depuis 1700. êctiyorestplusconsidérable qu’il n’a jamais été, il égaie & íurpaslè méme celui des au-tres Nations , Si leurs marchandses y font uès-bien reçues lorlqu’elìesont lesquulitez requises. Mais tout ce Commerce se fait par l’entremisedes Juifs, fans lelqucls on ne lauroit rien vendre ni acheter, toutes lesaffaires palìent par leurs mains, il faut que les Marchands leur confientleurs esters, les vendent suivant leurs avis, achetent les marchandises duLevant & tn faffent ks échanges selon que ces Juifs le jugent à propos.Ce font eux qui concluent tous les marchez, &on en eítquitte en leurpaiant leurs vacations. II semble dcnc qu’ii ne Faille pas grand geniepour gagner du bien au Levant, mais beaucoup de droiture , de probité

& de segclse; il faut fur tout éviter le commerce des Giecqucs qui sent

les plus dangereuses Femmes du monde.

LesJu.Fs vivent à Smyrne d'une maniéré aisée, i's y sont une dépensehonorable ; & lì on veut leur rendre justice on conviendra qu’rls on: plusd'habikté que les autres Marchands. Les Marchands étrangers y v.ventaussi entre eux avec beaucoup de polrteíïe, & ils ne manquent a aucunevisite de cérémonie ou de bien-scance. Les Turcs ne se montr ent gueresdans la rue des Francs, qui est de touce la longueur de la Ville; on n’yparle qn’Italien, Anglois, François &Holsendois: Tout le monde sedécouvre en se saluant.

Commerce de Blés en Barbarie. Voiez Barbarie.

COMMIS. Des obligations des Commis des Gabelles , Grenetiers ,Mesureurs , (sc.

Les Commis de Gabelle conserveront leurs biens & les augmenteront,s’ils iont tìdeks aux obligations servantes ; car le Prophète Lzechiel allu-re de ia part L ordre de Dieu, que celui qui fera ses volontcz, trouveradequoi subsister, & dc quoi augmenter lòn temporel : Fr&cepta qiucumsecerit homo , vive t in illis. Ezech. 10. zï.

I. Si les Melurcurs ont laiílé prendre, ou pris pour leur salaire, plusque ks Ordonnances ne leur permettent, leur étant défendu iur pe neo erre privez de leurs salaires, & condamnez à l’amand.. arbitraire, &atn faire restitution. Louis XII. 1308 .Art. 7. Franc. 1 .1 y 11. Art. 4 s.

II. Si étant Grenetiers, & Controlleurs, Gardes, ou contre Gardes,ils ont exigé aucun nouveau dro.t, ou profit fur les bateaux & fur le selpallanc, qu’ils n’avoknt pas droit de prendre, leur étant défendu, Siétant obligez d’en faire restitution. Brans. I. ibid , Art. 49 •

III. Si les Grenetiers, & Çontrolkurs, 04 autres Officiers desGa-Teme L

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belles'ont eu aucune association directement ou indirectement avec lesMarchands fournissent leídirs greniers à sel-, ou s’ils sont en part de quel-que ferme dudit sel, il leur est dcfetjdu iur diverses peines. François T.

1 f 5 f- Art. 31.

IV. S’ils ont fait registre, lors dc 1 a vente, troc, échange, & prisedu sel fur les marais, contenant le nom, qualité du vendeur, ou bail-leur: le nom, qualité, Si demeure de l’achctcur, ou preneur: & s’ilssent Facteurs; le nom. qualité, Sc demeure de leurs maîtres, le lieu,ou ils veulent transporter le sel : ainsi qu’il leur est ordonné. François I.Art. z 9.

V. Si erant Commis, ou Gardes des Gabelles, ils ont mis, fait met-tre, ou consenti qu’on ait mis du sel défendu dans quelque maison,pour k-s obliger de leur donner quelque chose ; c’fft une gr ande malice,& ils íont obligez de rendre ce qu’rls ont pris, & de réparer les dom-mages & intérêts. S. Thom. z. z. q. 69. Art. 1. in corp , Art. 1. ad1. & z.

VI. S’ils ont mis, ou fait mettre en justice des Innocens, ou contri-bué a leur vexation : il y a grand péché, & obligation d’en réparer tousles frais, & dommages. S. Thom.ubtjupr.t.

VII. S’ils ont pris dc l’argcnt pour ne pas découvrir les coupables,ou s’ils ont été d’intelligence avec les fiiux-seunieis pour avoir parc a leurCommerce , ils font ooiigcs solidairement à restituer tout le gain injustequ ils ont fait, Si qu’ils íbnt caute que ks faux-sauniers ont soit. S. Tnom.ubi supra y q. 77. in corp. Charles VII. 13 88. Art. 108. François I. 1517.Art. 47.

Commis ou Facleurs, dans le Commerce en gros pour s'acqttiter de leursdevoirs (spour faire fortune.

La premiere chose que doivent faire les Garçons, Facteurs > ou Com-mis, tels que Ion voiïdia appelle: ; car on :cur donne toust.es noms àprésent ; 1 a plûpart des Banqu.ers & Marchands en gros les appellentCommis; ainsi dans se serre de cet Ouvrage, jusques à cc qu’iìs loientreçus Marchands > on ks appellera tantôt d’une seçon , tantôt de Faunepour ne choquer personne. La premiere choie donc qu’ils doivent faire,est de chciíir un Négociant qui fasse 1 e commerce cn gros, non-senie-menc des marchandises qui se fabriquent & manufacturent dans le Xoiau-me, mais qui íê font encore da"s les Pais étrangers , parce qu’ils y ap-prendront la difference de l’un Sc de Faune : c'cst de quoi on traitera auílìen son lieu pour ceux qui voudront faire le gros, lorfqu’ils seront re-çus Marchands.

La seconde est de s’apliqucr& voir quel ordre tiennent leurs Maîtresen 1a conduite de leurs affaires pour s’y conformer : carksNégocianstiennent l’ordre en leurs affaires disscrremmenc, les m s d'une maniéré»les autres de Faune > qui pourtant vont tous à une même fin, qui clfcd’éviter se confusion, Sc de tenir toujours leurs affaites en bon état : cecordre consiste à tenir des livres en parrie doubles, mixtes, ou (impies,ceux des Manufactures, & autres servant au commerce, defquels onparlera aussi en Ion Leu.

La troisième est de s’apliquer à se vente, & pour cela il faut savoirqu’clle se fait autrement dans le gros que dans le détail; car dans le grosl'on a affaire à des Marchands avec qui rl faut traiter d’une autre "ma-niéré que l'on ne fait pas avec se noblesse Sc le public ; parce que lesMarchands en détail connoiffent la marchandise, Sc enlèvent k prix àpeu près; ainsi il ne faut pas surfaire, ni user de paroles pour lesper-luader : au contraire leur dire en un mot le prix qu’on la veut vendre 1pour que l’on ait de la confiance, il f,u: parler franchement : ce qui est:seulement neceíseire d’oblcrvcr, est la d fference des personnes a quìl’on vend, en préférant toujours ceux qui parent bien , & qui prennentbeaucoup de marchandises, a ceux qui paient mal, & qm ne font quepieceter.

II se faut bien donner de garde de dire, & de faire vmr fur les li-vres le prix que l’on a vendu la marchandise à d’autres Marchands,pour deux raisons. La premiere, parce que cela fait soupçonner ceuxqui marchandent, que la marchandise est de rebut » ainlr cela les dé-goûte > & fait qu’ils ne veillent pas affréter. La seconde > parce queJeur donnant 1a mar chandise à meilleur marché qu’à ceux à qui ils ontdit lavoir vendue à plus haut prix: c’est faire un extrême tort a ceuxqui ont acheté cher : en ce que cela fait qu’on juge mal de tcur c en-duire, & que l’on pourrait croire qu’ils n’onr pas crédit par tout,pttiíqu’ils achetent plus cher qu’ils nepourroient avoir ailleurs; íì pour-tant un Marchand offre d'tn palet le même prix qu’en a paié u r»autre, l’on peut montrer le prix, cela étant sens conséquence, pour-vu que ce soit au comptant, ou pour le même teins que l’on donnepour paier.

Il faut encore considérer cn vendant 1a marchandise, les faisonsorron la demande : car par exemple, íì cette marchandise n’est propre quepour l’Hivtr, & qu’on se demande a acheter fur 1a fin de cette saison,rl faut en faire meilleur marché qu’au commencement, afin qu’clle nereste par pour l’Hhrer prochain; parce que 1 amoden’eníèrapeut-êtreplus, & qu’il y auroit à perdre de l’áchat a la vente; cette résolutionde vendre dans le déclin d’une saison à meilleur marché qu’au commen-cement est encore très-considerable, parce que ce íéroit un fond morequi ne produiroit rien: au contraire la marchandise produit de l’argencdans son teins, fur lequel on peut faire fonds, quand rl survient une ren-contre d'acheier d’at.rte ma-clundilè à bon marché.

La quatrième chose est de tenir la marchandise proprement, !a re-nouvelle: de rems à autre de Papier : car quand les Marchands voient dela marchandise mal-propre & négligée, ils opt raison décrotté qu’elleest vieille, & qu’il y a quelque déraut: cc qui fait que l'on ne 1a regardepas: enfin, elle devient pictrerie, &onne lapeut vcndiequ’avec perteconsidérable.

La cinquième chose est d’aller chez les Marchands à qui les Marchan-dises ont été vendues pour ancre r le compte avec eux le plûrót que l’onpourra, afin d’éviter les difficultés qui se rencontrent ordinairement,soit pour le prix, toit pour saunage : car fi l’on est trop long-tems, lamémoire s’cn perd facilement; en arrêtant ks comptes, ses Facteurs

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