îtji
COM. COM.
0 u les Commis doivent bien prendre garde à ce qu’ils font, c’est-à-dire,de ne pas accoider des tares fur les pièces des marchandises qu’ils ne lesaient aunécs eux-mêmes pour voir iì elles iont véritables ; Sc n’en pas•donner par complaiiànce , parce que cela va contre l’rntcrét de leursMaîtres.
Pour arrêter un compte dans Tordre, il faut tirer de fur le journal unmémoire du nombre des pièces contenant le numéro, Tannage, &leprix que la marchandise a été vendue; pour bien fane le compte, iltant confronter le mémoire que Ton porte, avec celui qui a été donnélors de la livraison de lamarchandise pour voir s’il est conforme, &furchaque Article marquer les tares lì aucune y a, la somme a quoi elle mon-te : & étant d. raourau magasin, le palier lurlc livre de mèmeafinquela conformité fe rencontre mue le livre de leur Maître, & celui du Mar-chand avec lequel ils auront arrêté le compte ; cette exactitude entretientla bonne corrdpondance qu’il doit y avoir entre les Marchands cn gros,L ceux en détail.
La sixième est de visiter souvent les Marchands en détail pour quatreraisons. La premiere, parce que Ton apprend, soit avec les Marnes•ou leurs Facteurs, si la vente est bonne ou mauvaise: quell ■ fo,tc demarchandise est plus de demande; air n de le bien régler lurlc plus ou1e moins de Marchandises que Ton doit commeuie dans le» Manefàctu-res, toit de France ou étrangères. La seconde, est que cette vilite■donne occasion de leur oftnr de la marchandise, de leur faire íàvo rqu'il y en a en chemin, ou de nouvelle que Ton commence a fabri-quer dans les Manufactures: cela lait reílòuvenir les Marchands de cd-les dont ils ont besoin, ainsi ils procurent la vente de la marchandisede leurs marnes. La troisième, c’est que Ton appiend tout ce qui lepasse dans le -ommerxe ; cat comme c’est le soir que roc s les Marchandsen gros vont à la rccepte, ou pour arrêter des comptes chez les M.r-chands en détail, Ton fe trouve plusieurs ensemble, & Ton ne manquejamais d’entrer en propos des choies qui se patient dans le commerce;Tun dira qu’iì est arrivé ces banqueroutes en telle ville : Tautre diraqu’un Marchand aura obtenu des Lettres de répit ou des défenses gé-nérales contre ses créanciers : quelqn'autré, qu'il est revenu des Let-tres à protêts à des Négocians pour le paieme-nc defquclles ils ont étéassignez „ux Conseils: qu’il est arrivé la perte de quelque vailicau, outels Sc tels font ir.re.esiez; Tautre dua que Ton aaeiapeine de 1c fairepalet de tels Sc tels Marchands cn détail : F.ntín tout ce qui le pâliedans 1c commerce: Sc ce font choses de conséquence à lavoir, leursMaîtres pouvant être intéressez en quelques-unes: c’est pourquoi ils neseront pas négligens a leur faire de sideles raports de ce qu'ils jugerontnecellàire à leurs allaites, asin qu’ils y piiiíknt donner ordre, 6c se ré-gler en la vente de leur marchandise, & en la disposition de leur ai-gent. La quatrième est Tavantage qu’ils se procurent d’eux-mémes,parce qu'ils acquièrent la ìe^utat.on d’ètre di.igens Sc habiles dans les■allaites ; de là les Marchands tirent une coníéquence infaillible que pre-nant de grands foins dans les affaires de leurs Maîtres, qu'ils en a. ront■encore davantage quand ils feront le commerce pour leur compte par-ticulier ; de forte que la haute estime que Ton a pour eux, fait queleurs Maîtres les considèrent de telle maniéré pour les services qu’ilsreçoivent d’eux , & dont ils ne se peuvent palier : que cela leur faitprendre des résolutions de les allocier avec eux, & bien souvent deleur donner leurs filles en mariage, quoi qu’ils n’aientpasdc grandsbiens, Sc qu’ils ne soient pas dc ii grande famille queux, aininiséta-/blilsent leur fortune par leur vertu. Tout ce qui a été dit ci-dellus estfondé fur Texperiencc ; car si Ton jette ses yeux iur toutes les familles desNégocians, & celles qui sont lorries du commerce pour entrer dans laRobbe, Ton trouvera que ces giands établillemens ont pris commence-ment dans leurs, ayeuls qui n’avoient point dc biens de naillànce, maisbeaucoup de vertu > qu’ils le sont aquile en exerçant le commerce lous lesrum es Marchands qu-, contens de leur conuuite, ses ont par une néceílitéindilpenlable de leurs affaires, associez avec eux, d’aboid pour un sixiè-me ou douzième, ne portant autre chose da is la société que leur feu!ei:>dustrie ; & ainsi peu a peu ils ic sont avancés de telle sorte par la fui e dutems, qu’ils sont restez seuls maîtres de la boutique, ou du magasin deleurs Maures, Sc ont conservé par la les habitudes qui les onr rendus en-fin riches, Scopusens.
II faut remarquer en cet endroit qu’il n’y a point de fortune plusaffurée que celle qui sc commente de la maniéré qui vient d’etre dite :la raison en est qu’un Négociant lé rencontre tout d'un coup dans uneboutique, ou un magahn bien achalandé, dans lequel il s’eit fait debonnes habitudes, qu’il a la connoillànce des bons, Sc des mauvaisdébiteurs, Sc que bien souvent ceux qui lui ont abandonné leurs fonds,laissent leuis deniers entre ses mains poi r es faite valoir, n’en pouvantdisposer plus sûrement autre parc, par la connoiùanee de la bonne con-duite qu’ils ont de lui; ainsi il eítroûjours aulaige, & peut entretenirson commerce du fonds qui lui est confié, íàns qu’il soir beioin d’emprun-ter autre part.
Enfin le. Commis & les Facteurs doivent Rappliquer à lavoir routesles choses neccllaiies au Commerce. Ils doivent consulter les Articlesou il est traité des poses & des mesures, de la différence quil y a des unsaux autres j des réglés pour faire les réductions des aun:ges& des poidsdu plus au moins, &du moins au plus; des o rigueurs & largeurs de tou-tes sortes de marchandises, tant dc Laine que de Soie > ik autre s matièresque Ton emploie dans les Manufactures comme aulfi des reiitures. Onne pan trop les exhorter à s’instiuire de toutes ces choses pendant le temsde leur apprentillàge.
On traite dans leur ordre des Lettres & des billets de Change, de leurorigine: des billets palables à ordre, &au porteur : de combien de qua-litez il y en a, des changes: de la différence qu’il y a du. hange avec.lesintérêts, des réglés dcchanges & d’eseompte ; on donnera des formu-laires conformes a la derniere Ordonnance, & on exj.liquei a les Articlesselon les occasions > asin qu’il ne reste aux Facteurs aucun doute dansl’eíprit pour la Négociation des affaires qu’ils feront pour leurs Mairies,Sc qu'ils puiilent se rendre capables de toutcsccscholès, avant que defair e le Commerce pour leur compte particulier.
C O M MISSIONNAIRES & Corpejfondans de deux sortes.
Maxime. Il faut remarquer qu’il y a deux sortes de Correfpondansou Commissionnaires ; les uns sont des Négocians Sc Banquiers qui fontdes commissions respectives pour les truites & remises, chacun pour leurccinptc particulierjde lotte que ii Tun remet a Tautre des Lettres ae Chan-ge pour son compte particulier, il lui paye Un demi, un quart, ou untiers pour cent pour fa Commission, plus ou moins, selon qu’ils en con-viennent ensemble, pour la peine qu’ilsont defaire accepter les Letties,cn procurer le paiement al’cchéance, & en faire les remises, ou ind’au-tres lieux par Ion ordre, ou bien si Tun tire Lettres de Change iur Issutrc,qu’il n’ait po nt de ■ rovilìon en main loir qu’il les acquitte & les paie deses deniers, soit qu’il prenne de T agent fur la place pour cet estât : 11 luipaie encore la Commission, outre Tinterét des sommes fourn.es ou em-pruntées, & ce qu’il en a conté pour le couitage des Agens de banque,par le ministère, acíquels les emprunts oncétéía,ts, ou que les Lettresont été fouîmes.
Les autres sont d.s Négocians , ou autres personnes qui ne for.tpoint 1eCommerce pour leur compte particulier, qui font seulementsimples Commissionnaires d’autres Négocians, & Banquiers pour rece- .voir leurs traites, Sc celles qui leur iont faites d’autres endroits, luivantTordre des Commettans > pour ensuite en faire leurs remises, foie à eux,ou en d’autres lieux, ainsi qu’ií leur est ordonné; de sorte que toutes lestraites & remises , regardent pmement Sc limplement les Commet-tans , & lous les j rosit» & pertes qui lé Iont, pour leur compte , íànsque les Commissionnaires y aient aucune parc que leur simple commis-sion.
Comme il n’y a rien de si chatouilleux Si périlleux pour ceux quis’adonnent a cette profession, Sc particulièrement pour les Commis-sionnaires, que quand i.s s’engagcnt inconsidérément avec les Com-mettans, tort pas des avances d’argent qu’ils leur font, pour lesquellesils tirent des mtercts, outre leur droit de commission, soit pat des ac-ceptations de Lettres de Change, fans avoir provilion en main, soitenfin pour le inique qu'ils courent quand ils font neglsoens à ne pasfaire protesta les Lettres de Change > & autres diligences dans les ten sport-z par les Ordonnances, pour en être relponlables en leur propreSc privé nom envers les Commettans; il est neccllkire de traiter desprincipales maximes que doivent avoir ces lortes.de Commissionnaires,asin que ceux qui s’adonneront a cette profession, en soient informezpours’y bien conduire ; car ce sont des choses qui ne s’apprennent qu’avc;beaucoup de tems, Sc bien souvent par la propre expérience des Com-missionnaires, qur se ruinent quelquefois par une seule faute qu’ils au-ront faite.
La premiere maxime que doit avoir un bon & sage Commissionnai-re, est de bien connoitre son Commettant, soit pour ses mœurs, soitpour ses facilitez > soit pour là conduite dans les affaires ; car çe sonttrois choses tiés-.mpcrtant.s a lavoir avant que de s’engager aveclui. Le» maiuis d’un Commettant sc connoiífent en là maniéré de vi-vre, c’est-a-uire, s’il ne 1-porte point trop haut, s’il est bon ménagerSc œconome dans la iié r cnlè de là maison, s’il n’est point joueur &débauché, s’iì aime plus lès affaires que son divertissement, s’il a la ré-putation detre homme de parole, s’il a toutes les bonnes qualitez quedoit avoir un homme d’honneur; car il y a beaucoup d’exemples deMarchands Banquiers qui ont mal-fait leurs affaires pour avoir routesie» mauva.se» qualitez ci dessus représentées, quoiqu’ils fussent de fa-ìmsie, qu'.ls eussent beaucoup de biens de naissance, qu’ils Cuisent saieoe très-bonnes affaires, & qu’ils n cuisent fait aucunes pertesconfide-ruDies; la raison de te a est, que les dépenses excessives, la débau-che, le jeu & les procez, font des torrens qui emportent Sc consomrment tout.
A l’égard des facilitez d’un Commettant, il est bien difficile dc lesconnoitre; cat bien souvent tout ce que Ton volt de grand & de bril-lant en lui, n’est qu’une belle apparence ; & tel que Ton croit extrê-mement riche, est mal dan» ses affaires, & ne les fait subsister que par-le credic qu’il s'est acquis de longue-main; maïs, dira quelqu’un, ceMarchand Banquier a cent mille livres de bien de famille , il en a euautant de íà femme, il a encore hérité de soixante m.llelivresdeíòuoncle, ou d’un autre paient, il a trois ou quatre maisons a Paris, &une à la campagne, ii y a quinze à vingt ansqu'd fait le commerce demarchandise , aussi-bien que celui d’argent, ou il a beaucoup gagné,parce que son Commerce étok avantageux; outre cela, il eii hommed’honneur, & palìè pour tel parmi les gens de commerce, tant Fran-çois quetrangers ; ainsi je ne puis pas mieux faire que detre son Com-missionnaire , accepter ses Lettres de change, lui fà re des remises, en-fin de le servir dc tout mon crédit : Ce raisonnement paioit extrême-ment sage & judicieux en un jeune homme qui n'a point tncoie d’expe-ricnce na.,s les aftà.res du monde, & qui ne longeant qu’a son établisse-ment , prend toutes ces apj a:ances peur des ve.itez ; ir.ais íic’étoitunNégociant expérimenté dans le commerce pendant trente-einq ou qua-rante ans pour y avoir fait beaucoup d’affànes, & en avoir vû quantitépar le moien des arbitrages qui onr pallé j >ar ses mains dans plusieurs ren-contres de banqueroute & faillite, il ne selaillcroitpas íiirpr.ndie à tou-tes ces .apparences exteric ures, pour engag; r tout ion bien & celui de sesamis, par des acceptations, Sc par de» avances d’argent à ce Commet-tant; j.arceque ce lige Négociant feroit toujours dans le doute, siseschoie» qui paroiísent exte.ieurement Iont vraies, ounou, enrepaflanrciai s .on clprit toutes les faillites arrivées de son tems a plusieurs person-nes qui pat cuisent avoir tous ces avantages, auíquels lissé sont trouvezengagez, eux ou leurs amis, & qui onr perdu avec eux la moitié,&iestrois quarts de leur dû.
Et en effet, h Ton fait un peu de réflexion fur toutes les faillites quifont arrivées depuis vingt ans à Paris, Tours, Lyon, Bourde aux,Rouen , & autres bonnes Villes du Roiaume , Ton vera que la plû-pa.t ont été laitespardcsMachandsBanquier» quiavoiem eu des biensconsidérables, tant de leurs peies & mere», que de leurs femmes, &qui leur for, t Céhûs par le aroien de grandes successions, &quiavoicnc
mua