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.pour relever les jours de quelque draperie que ce loir.
X L. Pour une draperie blanche de laine, il faut mettre une couche‘de blanc où il y aura tant soit peu docte>d’orpin ou de pierre de fiel,àfin qu’elleparoislêunpeu jaunâtre, puis ébaucher & finir les ombresavec du bleu , un peu de noir , de blanc , de bistre , y mettant beau-■coup de ce dernier dans les brunes.
X LI. Le gris blanc s'ébauche avec du noir Sc du blanc , & l’on‘finit avec de la même couleur plus forte.
XLI1. Pour un“ draperie minime on met une couche de bistre, dublanc , & uh peu de brun rouge , & l'on ombre avec ce mélange jmais plus brun.
XLHI.il y a d’autres draperies que Fon appelle changeantes,par-'ce qúe les jours sont d’une autre couleur que les ombres, l’on s’en sertle plus souvent pour des vétemens d’ànges Sc pour des personnes jeu-nes & fluettes > pour des écharpes 8c autres habillemens legers qui sou-frent quantité de plis Sc qui doivent aller au gré des vents. Les plus■ordinaires sont la violette, Sc l’on en fait de deux sortes , l’une dontîes jours sont bleus & l’autre jaunes.
X LIV. Pour la premiere on met une couche d’outremer & du blanc‘fort pâle fur les clairs , & Fon ombie avec de carmin , de FoutremerSc du blanc , de même qu a une draperie toute violette; de sorte qu’ilii’y a que les plus grands jours qui parodient bleus, encore les faut-rl•pointiller avec du violet ou il y aura beaucoup de blanc, 8c les faneperdre inleníìblement dans les ombres.
XLV. L’autre fe fait en mettant furies jours seulement,au lieu de•bleu , une couche de massicot, faisant le reste de même qu’a la dra-perie toute violette, excepté qu’il faut pointiller Sc confondre les clairsdans les bruns , c’est-à-dire , Te jaune dans le violet avec un peu deHomme gutte, de jaune de Naples Sc de blanc mêlé avec le violet.
XLVI. Le rouge de carmin fe fait comme cette derniere , c'est-à-<dïre, que Fon fait les jours de massicot 3c les ombres de carmin > Scpour faire perdre les uns dans les autres l’on fe sert de gomme gutte.
X L V11. Lc rouge de laque , comme celle de carmin.
XLVIII. La verte de même que celle de laque , mêlant toujours■de verd de montagne avec ceux d’iris ou de vessie pou» faire les om-bres qui ne font pas soir brunes.
XLIX. L’on en peut faire encore de plusieurs fortes à discrétion ,prenant garde néanmoins à l’imion des couleurs, non-feulement d msune étoffe, mais encore dans une groupe de plusieurs figures , évitantautant que le sujet le permettra, de mettre du bleu auprès de couleurde feu , du verd contre du noir, Sc ainsi des autres qui tranchent , &•dont Funion n’est pas allez, douce.
L. L’on fait plusieurs autres draperies de couleur sole, com me brun'rouge, de bistre d’inde , Scc. Sc toutes de la même maniéré. Et d’au-tres de couleurs rompues 8c composées . entre lesquelles il faut tou-jours observer l’accord, afin que leur mélange ne salle rien dacre a lavûë ; il n’y a point de régie lá-dessiis, il faut seulement connoure parexpérience & par Fusoge , la force 8c Feffct de vos couleurs , Sc tra-vailler fur cette connoiífante.
LI. Les linges fe font ainsi : après en avoir dessine les plis commeceux d’une draperie , l’on met une couche de blanc par tout, ensuitel’on ébauche Sc Fon'finit les ombres avec un mélange d’outremer , denoir & de blanc , plus ou moins de ce dernier , selon qu’ils lont ten-dres ou forts ; Sc dans les enfoncetnens les plus br-uns on y nu t dubistre mêlé avec un pen de blanc, donnant feulement quelques Coupsde ce mélange , même de bistre tout pur , dans l’ext; entité des p'usgrandes ombres , où il faut marquer les plis Sc les faire perdre avecle reste.
LII. On le peut faire d’une autre maniéré , en faisant une couchegénérale de ce mélange d’òutremer , ne noir Sc de blanc fort pâle ,Sc ébauchant , comme j'ai dit ci-deflùs, avec la même couleur , maisun peu plus forte:Sc quand les ombres sont pointillées Sc finies > onreleve les jours avec du blanc tout pur, les faisont perdre avec le fonddu lir.u'e. Mais de quelques fortes qu’on les faste, il faut, lorfqu’ils sontachevez , y faire quelque teintes jaunâtres d’orpin Sc de blanc en deceinins endroits , les couchant legerement Sc comme une eau , Sc cequi est délions ne laisse pas de paroitre , tant les ombres que lc poin-tillage.
LIII. On fait les linges jaunes en mettant une couche dc blanc mê-lé avec un peu docte ; ensuite on ébauche Sc l’on finit les ombres debistre mêlé avec du blanc Sc de FociejSc dans le plus fort des ombresde bistre pur ; Sc avant que de finir on fait des teintes par-ci, par-là ,d’oere Sc de blanc , & d’autres de blanc Sc d’outremer , tant far lesombres que fur les jours, mais fort clairs, Sc l’on fait perdre lc tout en-semble en pointillant, ce qui fait un bel effet; en finissant on rehausse. l’extrémité des jours avec du massicot Sc slu blanc : on peut mettre àceux-là > aussi-bien quau blanc.de certaines barres d’efpace en espace,comme à ces espaces Egiptiennes, c’est-à-dire, de petites rayes bleuesSt rouges entre deux rayes bleues, soit claires fur les jours, Sc plus for-tes dans l’ombre : Fon coëffe ordinairement les Vierges de ces sortes devoiles ; l’on en fait aussi des écharpes autour des gorges ouvertes par-ce quelles fient fort bien au teint.
LIV. Quand on veut que les nuds Sc les autres tranfparans, 8c queFéroffè ou autre chose qui sera défions , parodie au travers, il faut enfaire la premiere couche fort claire , Sc mêler dans la couleur a om-brer un peu de celle qui sera dessous > particulièrement lur k fin desombres, 8c ne faire que l’extrémité des jours,feulement pour les jau-nes , de massicot Sc dc blanc ,w8c pour le blanc , lc blanc tout pur.
On lc peut encore d’une autre façon, fur tout lorfqu’on veut qu’ilssoient tout-à-fait clairs comme de la mousseline de Lion,ou de la toi-le de foie ; pour cet effet il faut ébaucher Sc finir ce qui doit être des-sous, comme si on ne vouloir rien mettre dessus, eníuite on marque-ta les plis qui sont clairs avec du blanc , du massicot > Sc on les om-brera avec du bistre ou du noir, du bleu 8c du blanc, félon 1a cou-leur que vous les voudrez Lire,salissant tant soit peu le reste;encore
M ï G. .
cela n’est-il nécessaire que pour les moins clairs.
L V. Le crêpe fe fait de même , excepté qu’on marque les plis desombres & des jours, Sc les bords,par des petits filets de noir pur, furce qui est dessous, que Fon doit avoir aussi fini.
L V I. Quand on veut tablier une étoffe,il faut faire des ondes des-sus avec uile couleur un peu plus claire ou plus brune, sor les clairs Scdans les ombres.
LVII. II y a une maniéré de toucher les draperies , qui distinguecelles de soie d’avec celles de laines : celles-ci font plus terrestres Sc plussensibles; celles-laplus legetes Sc plus fuyantes. Mais il faut remarquerque ce st un effet qui dépend en partie de l’étcfse , Sc en partie de I,couleur; Sc pour les employer d’une maniéré convenable aux sujets Scaux éloigneinens , je dirai ici un mot de leurs différentes qualitez.
L VIII. Nous n’avons point de couleur qui participe davantage dela lumière , ni qui soit plus approchante de l'air que le blanc , ce quifait vo.r quelle est legere Sc striante,on peut néanmoins la retenir sorle devant > Sc 1a faire approcher par quelqu’autre couleur voisine plu*pelante Sc sensible , ou en les mêlant ensemble.
LIX. Le bleu est la couleur la plus fuyante, 8c nous voyons atlflique le ciel est lointain de cette couleur ; mais elle deviendra d'autantpins figurée quelle sera mêlée avec du blanc.
L X, Le noir tout pur est la couleur la plus pesante & la plus terres-tre de routes , 8c plus vous en mêlerez avec les autres , plus vous lesrendrez approchantes. Néanmoins les différentes dispositions du blancSc du noir cn rendent aussi les effet différens ; car souvent le blancfait fuir le noir,Sc le noir fait approcher le blanc, comme aux refletsdes globes qu’on ve«t arrodir , ou autres figures , où il y a toujoursdes parties fuyantes qui trompent la vûë par l'artifice de l’Art,Sc fousle blanc font ici comprises toutes les couleurs legercs, comme sous lenoir toutes les couleurs pesantes.
L’outremer est donc nne couleur douce 8c legere.
L'ocre ne l’est pas tant.
Le massicot est fort leger 8c lc verd de montagne.
Le vermillon Sc le carmin approchent.
L’orpin Sc la gomme gutte un peu moins.
La laque tient un certain miheu plus doux que rude.
Le stil de grain est une couleur indifférente qui prend aisément I»qualité des autres, ainsi vous la rendrez terrestre cn la mêlant avec lescouleurs qui le font, 8c au contrait* des plus fuyantes en la joignantavec le blanc ou le bleu.
Le brun rouge, la terre d’ombrc, les vers bruns 8c le bistre , sontles plus pesantes Sc les plus terrestres après le noir.
LXI. Les habiles Peintres qui entendent la perspective & l’harmo-nie des couleurs, observent toujours de placer les couleurs sensibles &brunes fur les devans de leurs tableaux, Sc les claires Sc fuyan.es pourles lointains ; Sc quant a Funion des couleurs, les différens mélangesq«c l’on en peut faire, apprendront l’amitié ou l’antipatíe quelles pnrensemble , Sc fur cela vous prendrez vos mesures pour les placer avecun accord qui plaise à la vûë.
L X11. Pour faire des dentelles, points de France Sc autres, on metune couche de bleu , de noir Sc de blanc, comme aux linges, puis onreleve les fleurons avec du blanc pur ; ensuite on fait les ombres pardessus avec la premiere couleur , Sc on les finit de même . quand ilssont fur de la carnation ou autre chose que Fon veut faire paroìtreautravers , on finit ce qui est délions , comme íi l’on n’y vouloit rienmetue, 6c par dessus l'on fait les points ou dentelles avec du blanc pur ,les ombrant 8c finissant avec de l’autre mélange.
LXIII. Si vous voulez peindre quelque fourrure, il faut ébauchercomme une draperie , fi elle est brune, de bistre Sc de blanc,faisantles ombres de la même couleur avec moins dc blanc ; si elle est blan-che avec du bleu Sc du blanc Sc un peu de bistre ; 8c lorsque votreébauche est faite , au lieu de pointiller, il faut tirer de petits traits entournant tantôt d’une façon 8c tantôt d’une autre, du sens que va lepoil ; l’on releve les jours de la brune avec de l’oere Sc du blanc , Scde l’autre avec du blanc Sc un peu de bleu.
L XIV. Pour Faire une architecture , si c’est de pierre on prend dcl’inde, du bistre Sc du blanc donc on en fait l’ébauche, 8c pour l’om-bre r on mec de ce dernier Sc plus de bistre que d’inde, selon la cou-leur des pierres que Fon veut faire ; on y peut mêler aussi dc l’orcrcpour ébaucher Sc pour finit ; mais pour la faire plus belle > il faut, par-ci , par-là , sor tout quand c’est de vieilles masures , faire des teintesjaunes Sc bleuës, les unes o'ocre 8c les autres d'outremer , y mêlanttoujours du blanc, soit avant que d’ébauchcr , pourvu quelles parois-sent au travers de lebauche, soit par-dellùs en les failàn: perdre aveelereste lorlqu’on finit.
LXV. Quand l’architecture est de bois , comme il y en a dc plu-sieurs forces > on la fait à dísenétion ; mais la plus ordinaire est dé-baucher avec de l’ocre, du bistre Sc du blanc , Sc finir fans blanc opfoi t peu ;Sc si les ombres font fortes, avec du bistre tout pur; en d’au-tres on y ajoute tantôt du vermillon , tantôt du verd ou du noir, et*un mot selon la couleur qu’on lui veut donner, 8c l’on finit en poin-tillant comme les draperies Sc tout le reste.
LX VI. II y a dans les carnations tant de différens coloris, qu’il se-roic malifé de donner sor des sujets si particuliers des régies généra-les , aulh n’en garde-t’on point quand oa a acquis par F u sage l’habi-tude de travailler aisément ; Sc ceux qui sont arrivez à ce degré, Rat-tachent a copier les originaux , ou bien ils travaillent sot leurs idéessans savoir comment ; de sorte que les plus habiles qui lc font avecmoins de réflexion Sc de peine que les autres, cn auroient aussi da-vantage à rendre raison dc leur doctrine en fait de peinture > fi on seurdemandoit de quelles couleurs ils le servent pour faire tel ou tel co-loris , une teinte ici , Sc là une autre.
Cependant comme les commençans , à qui ce petit Tiaité est desociné,ont besoin de quelque instruction d'abord, je diraiced en géné-ral de quelle maniéré il fatit faire diverses carnations.
Lxvir.