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Ï.XVII. Premierement » âpres avoir dessiné/a figure avec du car-min & ordonné fa piéce, on applique,pour les femmes, les enfans &généralement pour tous les coloris tendres, une couche de blanc mê-le avec tant soit peu de ce bleu fait pour les visages , donc j’ai dit lacomposition , mais de sorte qu'il ne parodié quasi pas.
LXVIII. Et pour les hommes.au lieu de bleu on met dans cette ■premieie couche un peu de vermillon , 8c lorfqu’ils sont vieux òn ymêle de l’ocre.
EXIX. Ensuite on recherche tous les traits avec du vermillon , ducarmin 8c du blanc mêlez ensemble, & l’on ébauche toutes les ombresde ce mélange , ajoutant du blanc à proportion qu’ils sont f cribles» &n’en mettant guéresaux plus bruns, & quasi point dans de certains en-droits où il faut donner des coups forts ; par exemple > dans les coinsdes yeux » fous le nez » aux oreilles, sous le menton , dans la sépara-tion des doigts, dans toutes les jointures , au coin des ongles > & gé-néralement par tout où l’on veut marquer quelques séparations dans desombres qui sont obscures ; il ne faut point craindre auslì de donner àcelles-là toute la force qu’elles doivent avoir dès la ptemiere ébau-che , parce qu’en travaillant deílu, avec du verd, il affoiblit toujoursle rouge que l’on y a mis.
L X X, Après avoir ébauché de rouge l’on fait des teintes bleuesavec de l’outremer & beaucoup de blanc fut les parties qui fuyent »c'est-a-dire, fur les temples,au dessous & au coin des yeux>aux deuxcotez de la bouche , dessous & dessus,un peu au milieu du front, en-tre lc nez Sc les yeux, à côté des joués, au col Si aux autres endroits,a je ne fai quel oeil bleu.
L’on fait encore des teintes jaunâtres avec de l’ocre ou de l'orpìn »
Sc un peu de vermillon mêlé de blanc au-dessus des sourcils, aux cotezdu nez vers le bas, un peu au-dessous des joues, & sot les autres par-ties qui approchent ; c'est particulièrement pour ces teintes qu’il fautobserver le naturel ,afin de le prendre;car la peinture étant une imita-tion de la nature, la perfection de l’art consiste en la justesse Sc en lanaïveté de cette représentation , fur tout pour le portrait,
LXX1. Lorsque vous avez donc fait votre premiere couche , vo-tre ébauche & vos teintes , il faut travailler fur les ombles , en poin-tillant avec du verd pour les carnations, y mêlant selon la régieque j’en ai donné pour les teintes , un peu de bleu pour les paruesfuyantes ;& au contraire faisant un peu plus jaune pour celles qui sontplus sensibles, c’est-a-dire, qui approchent ;& dans la fin des ombresdu cô é du clair, il faut confondre fa couleur imperceptiblement dansJe fond de la carnation avec du bleu , 8c puis du rouge, selon les en-droits où l’on peint ; que h ce mélange de verd ne fait pas assez brun«sabord,il saur repasser fur les ombres plusieurs fois, tantôt le rouge ,tantôt le vetd , & toûjours pointillant juíqu’à ce qu’elles soient Commeil faut. *
LXXII. Er si l'on ne peut avec ces couleurs donner aux ombrestoute la force qu’elles doivent avoir , l'on finir dans le plus obscuravec du bistre mêlé d’orpin > d’ocre ou de vermillon , Sc quelquefoistout pur , selon le coloris que vous voulez faire ; mais légèrement,métrant votre couleur fort claire.
LXXIII. II faut pointiller fur les clairs avec un peu de vermillonou de carmin,mêlé de beaucoup de blanc & de tant soit peu docte,
Î >our les faire perdre dans les ombres, & pour faire mourir les teinteses unes dans les autres imperceptiblement, tptenant garde en pointil-lant ou bâchant de faire que vos traits suivent le contour des clairs; carbien qu’il faille croiser de tous sens, celui-là doit paroître un peu da-vantage , parce qu’il arrondit les parties. Et comme ce mélange pour-roit faire un coloris trop rouge,si l’on sYn servoit toûjours , on tra-vaille aussi par tout pour confondre ses teintes & ses ombres avec dubleu , un peu de verd & de beaucoup de blanc, ensorte que ce mélan-ge soit fort pâle , excepté pourtant qu’il ne faut point mettre de cettecouleur fur ses joués,ni fur ('extrémité des clairs,non plus que de l'au-tre mélange fur ces derniers, qu’il saur laisser avec tout leur jour »comme de certains endroits du menton, du nez Si du front, & au-deífus des joués > lesquelles 8c le menton doivent néanmoins être plusrouges que se reste ; aussi-bien que ses pieds , 1e dedans des mains Scles doigts des uns Sc des autres.
Remarquez que ces deux derniers mélanges doivent être si pâles,qu'à peine en puisse-t’on voir 1e travail, n’étant que pour adoucir fou-rrage & faire l’union des teintes les unes dans ses autres, des ombresdans les clairs, Sc faire perdre les traits ; il faut prendre garde ausside ne pas trop travailler du mélange rouge fur ses teintes bleues , nidu bleu fur les autres ; mais changer de tems en rems de couleur ,quand on voit que l’on fait trop bleu ou rouge , jufqu'à ce que fouvrage soit fini.
LXXIV. II fait ombrer 1eblanc des yeux avec de ce même bleu,& un peu de couleur de chair , & faire les coins du côté du nez , avecdu vermillon & du blanc > y donnant un petit coup de carmin ; l’onadoucit cour cela avec ce mélange de vermillon , de carmin , de blanc■Sc tant soit peu docte.
Les prunelles des yeux se font avec cc mélange d’outremer Sc deblanc un peu plus fort, y faisant entrer un peu de bistre si elles fontjaunâtres , ou un peu de noir si elles font grises : on fait le petit rondnoir qui est au milieu , appelle cristallin , & on ombre les prunellesavec de l’inde , du bistre ou du noir , selon la couleur qu’elles sont ,donnant aux unes Sc aux autres un petit coup de vermillon pur àTentour du cristallin, que l’on fait perdre avec 1e reste en finiíîànt, ce-la donne de la vivacité a l’œil.
On fait de bistre & de carmin se tour des yeux , c’est-à-dire , lesfentes & paupières quand «lies sont forces, particulièrement celles dedessus qu'il faut ensuite adoucir avec les mélanges rouge ou b+eudont j-’ai parlé ci-devant, afin qu’elles sc perdent & que rien ne pa-roisse coupé.
Quand cela est, on donne un petit coup de blanc tout pur fur 1e cris.tallin du côté du jour ; ce point fait briller l’œil & lui donne la vie.On peut aussi relever se blanc de l’œil du côté du jour.
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LXXV, La bouche s’ébàhe de vermillon mêlé de blanc*& se finit de carmin , que l’on adoucit comme le reste , & lorsque 1e car,min ne fait pas allez brun, oin y mêle du bistre, celas’entend pour le,coins , dans la séparation des lèvres, Si particulièrement à de «errai,n.s bouches entrouvertes.
L X X VI. Les mains & tout se resté dune carnation > fe foht de mê-me que 1 s visages j en observant que 1e bout des doigts soit un petiplus rouge que lc reste ; après que tout votre ouvrage est ébauche Stpointillé , il faut marquer toutes les séparations des parties par dépetits coups de carmin & d’orpin mis ensemble, tant dans ses ombresque dans ses clairs ; mais plus que dans les pi emiers, Sc ses faire petdrédafis le reste de la carnation.
LXXV11. Les sourcils & la barbe s’ébauchent comme ks ombresdes carnat ons , & se baillent avec le bistre, de l’ocre ou du noir ,selon de la couleur qu’ils sont , les tirant par petits traits, comme ilsdoivent aller , c’est-à-dire > qu'il faut leur donner se tour naturel dupoil;on en releve ks jours avec de l’ocre Sc du bistre,uh peu de ver-millon Sc beaucoup de blanc.
LX XVIII. Pour ks cheveux l’on fait une couche de bistre, d o-cte & de blanc , & un peu de vermillon : quand ils sont fort bruns, ilfaut du noir au lieu d’oere , ensuite on ébauche ses ombres avec lesmêmes couleurs,y mettant moins de blanc,& l’on finit avec du bistrepur ou mêlé avec de socle ou dû noir par petits traits fort déliez , Sipiochent ses uns des autres, ses faisant aller par ondes Sc par boudes,iéloiï la frisure des cheveux ; il faut aussi relever les clairs par de pe-tits traits avec de l’ocre ou de l’orpin > du blanc Sc un peu de vermil-lon , après quoi l’on fait perdre ses jours Jans ses ombres en travail-lant , tantôt avec la couleur brune Sc tantôt avec la pâle , Sc pour leScheveux qui font autour du front ,au travers dcíquels on voit la chair,il ses faut ébaucher avec de la couleur, Sc de meme que la carnation,ombrant Sc travaillant délions , comme fi l’on n’en vouloir point fai-re , puis on les forme Sc finit avec du bistre , Sc l’on en releve se*jours comme des autres. ,
L’on ébauche les cheveux gris avec du blanc , du noir Sc du bistre ,
& on ses finit d« lá même couleur ; mais plus sotte, rehaussant le clairdes cheveux uíli bien que celui des sourcils Sc de la barbe , avec dublanc Sc du bleu fort pâle , Sc après ses avoir ébauché comme ks au-tres avec de la couleur de chair & finis de bistres.
LXXIX. Mais le plus important est d’adoucir son ouvrage, demêler lès teintes les unes dans les autres » aussi bien que la barbe Sc leîcheveux qui lont sor 1e front, avec ses autres cheveux 3c la carnation;prenant garde fur tout de ne pas faire sec Sc dur, & que les traits descontours des carnations ne soient pas coupez.
II faut aussi s’aaoùtumer a ne mettre du blanc dans vos couleurs ,qu’à proportion que vous faites clair ou brun ; car il faut que la cou-leur dont on travaille la seconde fois j soit toûjours un peu plus forteque la premiere, à moins que ce ne soit pour adoucir.
LXXX. Les différens coloris se peuvent aiíémenc faite en mettantplus ou moins de rouge , où de bleu, ou de jaune,ou de bistré, soiepour l’ébauche, soit pour finir ; celui des femmes doit être bleuâtre ,celui des enfans un peu rouge , l’un 8c l’autre fiais Sc fleuri; Sc celuides hommes plus jaune , particulièrement lorfqu’ils sont vieux.
L X X XI. Pour faire un > oloris de mort, il faut donner une pre-miere couche dc blanc Sc d’orpin ou d’oere fort pâle , ébaucher avecdu vermillon Sc de la laque, au lieu de carmin, Sc beaucoup de blanc >Sc travailler ensuite patrdeslùs avec un mélange verd, dans lequel il yaura plus de bleu que d’autre couleur , afin que la chair soit livide Sipourpre u (e; les teintes fe font de même qu’a un autre coloris; mais ilfaut qu’il y en ait beaucoup plus de bleue que de jaune, partirul ere-menc aux parties qui fuyent Sc au tour des ytux, Sc que ces dernieresne soient qu’aux parties qui approchent 1e plus: on ses fait mourir lesunes dans les autres, selon la maniéré ordinaire, tantôt avec du bleufort pâle , Sc tantôt avec de loue Sc du blanc, Sc un peu de vermil-lon , adoucillànt se tout ensimbse ; il faut arrondir les parties Sc lescontours avec les mêmes couleurs.
La bouche doit être quasi toute violette,on ne laisse pas de l’ébatt-chev avec un peu ^ de vermillon , d’oere Sc de blanc ; mais on la finitavec de la laque Sc du bleu, Sc pour y donner ses coups plus soirs, osiprend du bistre & de la laque , dont on fait aussi ceux des .yeux, dunez 8c des oreilles.
Si c’est un crucifix, ou quelque martir où l’on doive faire paroîtredu sang ; après que la carnation fera achevée , il faudra 1 ébaucher fievermillon Sc 1e finir de carmin, faiiànt aux gouttes de làng un petitreflet qui ses arrondisse.
Pour la couronne d épines, il faut faire une couche de verd de merSc de massicot, sombrer de bistre St de verd > 8c rehauílcr les clair*de massicot.
LXXX II. Le fer s’ébauche avec de l’inde , un peu de noir Sc dcblanc , Sc fe finit avec de l’inde pur , !e rehaussant avec du blanc.
LXXXIII. Pour faire du feu Sc des flammes , l’on fait ses jour*de massicot Sc d’orpin » Sc pour ses ombres on y mêle du vermillonSc du carmin.
LXXXIV.Une fumée fe fait de noir,d’indc & de blanc, & quel-quefois du bistre ; on y peut ajouter aussi du Vermillon ou de l’ocre,scion la couleur dont on la veut faire.
LXXXV. L’on peint ses perles en mettant une couche de blanc,Si un peu de bleu : on les ombre Sc on les’arrondit avec dc ia mê-me couleur plus forte ; l’on fait un pet.t point blanc presque au mi-lieu du côté du jour, & de faune côté, entre sombre Sc 1e bord dela perle , on donne un coup de massicot pouf faire la réflexion , Scsous les perses on y fait une petite ombre dé la couleur du fond sorquoi eìlev sont.
LXXXVI. Les diamans fe font de noir tout pur, puis on les re-haustè par dc petits traits de blanc du côté du jour. C’est la mêmechose pour quelques pierreries qu’ost veuille peindre , il n’y a qu’àchanger de couleur.
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