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L XX XVÏÎ. four faire quelque figure d’or on met tiíie cou: he dor'x-n coquille y& «n sombre avec de la pierre de fiel ; l’argent tout de"même , excepté qu’il fout sombrer avec de l'inde.
L X X X VIII. J ai spécifié ainsi plusieurs petites ckoses en particu-lier pour aider les commançans, parce qiie la maniéré de faire celles'^ue j ai dictées, & les couleurs qu’on, y emploie aideront même pourcelles que je ne dis pas, en attendant la (onnoiíîànee & la facilitéqu’ont accoutumé de donner le tems & l’expéricnce à ceux qtii Rappli-quent à cet Àrt : un grand moyen d'en acquérir la perfection est decopier d’excellens originaux j on jouit avec plaisir Sc tranquilité du■'travail & de la peine des autres : il faudioic en prendre beaucoup pourén avoir de si beaux effets , & il vaut mieux être bon Copiste quemauvais Inventeur.
Les enseigne mens que j'ai donné des mélanges & des différentesfeintes dofic'il faut coloier les carnations & autres choses , peuventservir particulièrement losqu’on travaille après ides estampes , ou l’onMe voir que du blapc 2c du noir, quoiqu’il ne soir pas non plusinutile, lorsqu’on commence à çopìer des tableaux sans (avoir manierles couleurs , Sc fans connoître leur force & leurs effets : car il y a‘'cette différence entre la peinture & 1a mignatiìre à l'huite , qu'en la-peinture les couleurs y ont été prises fur la palette comme elles vousparodient fur le tableau , où elles s'appliquent ’tout d un coup > deforte qu’il n’y a qua prendre la peine de chercher un peu,pour crou-Ver Ce qui fait un tel jour & une telle ombre ; mais ce n'est pas lamême chose pour la mignature , où allez souvent la derniere coucheSqu’on applique ne conserve pas fa couleur ; mais elle prend une autredés premières dont l’on a travaillé dessous, ou plutôt les unes & les autrescn composent une derniere, qui fait l'effet qu’on prétend,& bien quece soit, si vbus voulez du blanc , du verd,du carmin ou bleu, de l’or-pin , du bistre , &e. dont ce coloris est composé , ces couleurs ne lecompoferoient pas néanmoins , si on ne les méloit ensemble ; car [cejn’eít qu’en travaillant de Vune , Sc puis de l’autre que fort y parvient;& qúand on le voir fait fans I’avolr vû faire , il faudroic être du moinssorcier pour en deviner l’ordre & la maniéré , supposé qu’on n’ait eu’nì maître hi livres ; c’est pourquoi je me fuis attaché à particulariser'dans celui-ci tant de petits eníèignemens, Sc je m’afiiire que l’expé-fience fera connoître à ceux qui font en état de s en servir , que pourctre minces ils n’en font pas moins utiles.
LXXXîX. Des passages. C’est particulièrement pour les passages ,u’il faut faire valoir l’Aitide LVlII. & les fuivans de la nature, &es diverses qualitcz des couleurs, parce que l’otdre & la distributionqVon en fait, sert beaucoup á faire paroítre ses fuites Sc ses éloigne-mens qui trompent la yùë;& les plus grands Païsegistes ost toujoursobserve de p!ac"er sur les premieres lignes de leurs passages, les cou-leurs lés plus terrestres & les plus sensibles, réservant les plus legéicspour les lointains.
Mais afin de rie me pas écarter de mon dessein >au lieu des précep-tes généraux, je m’arrêtetài à donner aux Commeriçans quelques ïrvf-tr ictions particulières pour la pratique.
XC. Premierement, après avoir ordonné l’œconomie de votre pas-sage , comme de vos autres pieces , il faut ébaucher vos tétrades lesplus proches quand elles doivent paroítre brunes , avec du verd devessie ou d’iris , de bistre & ut» peu de verd de montagne, pour don-ner du corps à votre couleur , il faut ensuite pointiller avec qe mé-lange ; mais un peu plus brun , y ajoutant quelquefois du noir.
Pour celles qui sont claires on fait une couche docte ét du blanc >puis on ombre & on finit avec du bistre ; en quelques-unes on mêleun peu de verd > particulièrement pour les ombres, & l’on finit.
II y a aussi quelquefois fur les devans de certaines terrasses rougeâ-tres , elles s’ébauchcnt avec du brun-rouge , du blanc & un peu deVerd , & fe finissent de tnême , y mettant un peu plus de verd.
Pour faire des herbes & autres feuilles fur les terrasses les pins pro-ches , il faut après qu’elles sont finies les ébaucher de verd de merou de montagne , & un peu de blanc ; & pour celles qui sont jaunâ-tres > y mêler du massicot ; ensuite on les ombres avec du verd d’i-ris ou du bistre , & de la pierre de fiel , si l’on veut qu’elles parais-sent mortes.
Les terrassés qui font un peu plus éloignées , s’ébauchent de verdde montagne > on les ombre & on les achevé avec du verd de vessie ,y ajoutant dù bistre pour donner des coups par-ci, par-là.
Celles qui s’éloignent encore davantage fe sont avec du verd de merSc un peu de bleu , & sombrent de veid de montagne.
Enfin plus elles fuyent , plus il les faut faite bhúâtres ; & les der-niers lointains doivent être d’outremer & de blanc,y mêlant en quel-ques endroùs dc petites teintes & de vermillon. .
XCÏ. On peint les eaux avec de l'inde & du blanc, on les ombrede la même couleur , mais plus forte ; & pour les finir , -au lieU depointiller . on he fait que des traits fans croiser, leur donnant le tourdes ondes quand il y cn a : il saur quelquefois mêler un peu de verddans de certains endroits, & relever les clairs avec du blanc tout put,particulièrement où l’eau bouillonne.
Les rochers s’ébauchent comme l’architecture de pierre , exceptéqu’on y mêle un peu de verd pour l’ébauche & pour les ombres. L’ony fait des teintes jaunes-bleuës, qu’il faut perdre avec le reste en fi-nissant , & loríqu’il y a de petites branches avec des feuilles, de lamoussé, ou des herbes ; quand tout est fini, on lés releve par-deslùsavec du verd & du massicot. On en peut faire de jaunes , de vertes dc' rougeâtres , pour paroítre fcches , dc même qu’aux terrassés ; onpointille les rochers comme le reste; plus ils font éloignez , plus onles fait grisâtres.
Les châteaux, les vieilles masures , Sc autres bâtimens de pierre &de bois > fe font de la maniéré que j’ai dite en parlant des architectu-res , lorfqu’ils font fur les premières lignes : mais quand on les veutfa-ire paroítre éloignez il y faut mêler dù brun-rouge Sc du veimillon,avec beaucoup de blanc,L ombrer fort tendrement avec ce mélange ;& plus il s’éloigue , moins il faut que les traits soient forts pour les
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séparations : comme les couvertures sont ordinairement tTardoise,onles fait un peu plus bleues qiïe le reste.
X CIL On ne fait les arbres qu’après que !e ciel est fini ; on peutnéanmoins é, arguer les places quand ils en tiennent beaucoup ; & deuclque façon que ce soit , il faut ébaucher ceux qui approchent avecu verd de montagne , y mêlant quelquefois de l’octe , & les ombrerdes mêmes couleurs, y ajoutant du verd d’iris- : il faut ensuite feuil-les là-delfus eh pointillant , fans croiser ; car il faut que ce soit de pe-tits points longuets d’une couleur plus brune & allez nourris, qu’il fautconduire du côté que les branches vont, par petites touffes d’une cou-leur un peu plus brune ; après on rehaussé les jours avec du verd demontagne ou de met , & du massicot , en feuillant de la même ma-niéré ;& lorfqu’il y a des branches ou des feuilles sèches, on les ébau-che de brun-rouge , ou de pierre de fiel, avec du blanc, & on lés fi-nie de pierre de fiel fans blanc, ou de bistre. /
XCIII. Desjksirs. II est agréable de peindre des fleurs, non-seule-ment par l'éclat de leurs différentes couleurs; mais aussi par le peu detems & dc peine qu’on emploie à les faire , il n’y a que du plaisir Scquasi point d’appfication ; vous estropiez un visage si vous faites un œilplus haut ou plus bas que l’autre , un petit nez avec une grand bou-che, Sc ainsi des autres parties ; mais la crainte de ces disproportions n.egêne point poúr les fleurs : car à moins qu’elles ne soient tout-à faitremarquables, elles ne gâtent rien. Aussi la plus grande patrie des per-sonnes de qualité qui fe divertissent à peindre,s’en tiennent aux fleurs;il faut néanmoins s’attacher à copier juste, & pour cette partie de lamignature comme pour le reste, je Vous renvoie au naturel, car c’estle meilleur modèle que vous puissiez vous proposer. Travaillez doncaprès les fleurs naturelles, Sc cherchez-en les'teintes & les diverses cou-leurs fur votre palette,un peu d'usage vous les fera trouver aisément;Sc pour vous les faciliter , je dirai d’abord , cn cçntinuànc mon des-sein , la maniéré d’en faire quelqûes-uhes ; aussi ne peut-on pas tou-jours avoir des fleurs naturelles, Sc l’on est souvent obligé de travail-ler d’après les estampes, où l’on ne Voit que la gravure. En ce carservez-vous de celles da Nicolas-Guillaume La Fleurs, ôc de MessieursRobert Sc Baptiste , elles sont toutes très-bonnes.
XCÏV. C’est une régie générale que les fleurs se dessinent & fecouchent comme les aurres figures ; mais la maniéré de les ébaucher& de les finir est différente : car on les ébauche seulement par de grostraits que l'on fait tourner d’abord du sens que doivent aller les petits,avec lesquels on finit , ce tour y aidant beaucoup; Sc pour les finir »au lieu d’acher ou de pointiller , on tire de petits traits fort fins 3cfort proches les uns des autres fans croiser , repassant plusieurs fois.jufqu’à ce que vos bruns Sc vos clairs ayent toute la force que vousleur voulez donner.
X C V. Des roses. Après qu’on a calqué , puis destiné avec du car-min la rose rouge, on applique une couche fort pâle de carmin & deblanc; ensuite on ébauche les ombres de la même couleur, y mettantmoins de blanc ; & enfin avec du carmin pur,mais très-clair d’abord,ie fortifiant de plus en plus à mesure que l’on traVaille & que les om-bres font brunes, cela se fait à grands coups ; ensuite on finit, travaillantdessus de la même couleur par petits traits, que l’on fait aller commeceux de la gravure , si c’est une estampe que l’on copie , ou du sensque tournent les feuilles de la rose, si c’est d’après une peinture ou lenaturel, faisant perdre les ombres fans les clairs, & rehaussant les plusgrands jours Sc le bord des feuilles les plus éclairées > avec du blanc Stdu carmin ; il faut toujours faire le cœur des roses & Je côté de l’om-bre plus biun que le reste,& mêler un peu d’indeen ombrant les pre-mieres feuilles,particulièrement quand les roses sont épanouies, pourles faire paroítre fanées. L’on ébauche la graine avec de la gommegutre ; dans laquelle on mêle un peu de verd de vessie pour sombrer.
Les roses panachées doivent être plus pâles que les autres , afii»que l’on voye mieux les panaches qui se font avec du carmin , un peuplus bruns dàns les ombres , & très-dairs dans les jours , en hachanttoujours pat traits.
Pour les blanches il faut mettre une couche de blanc , & les ébau-cher & finir comme les rouges ; mais aVec du noir , du blanc & unpeu de bistre , & en faire la graine un peu plus de jaune.
On fait les jaunes en mettant une couche pat tout de massicot, &ks ombrant de gomme gutre, de pierre de fiel & de bistre, relevantles clairs avec du massicot & du blanc.
Les queues » les feuilles & les boutons, de toutes sortes de roses,s’ébauchent de verd de montagne, dans lequel on mêle un peu demassicot & de gomme gutre ; & pour les ombrer , on y ajoûte duverd d’iris, mettant moins des autres couleurs quand les ombres sontfortes ; le verd des feuilles doit être plus bleu que le dedans ; c’estpourquoi il faut l’ébaucher de verd de mer , Sc mêler du verd d’irispour sombrer , faiseur les veines ou côtes de ce côté-lá , plus clairesque Ic fond , & celles d« [endroit plus brunes.
Les épines qui font fut les queues & Ííir les boutons des roses , sefont de petits coups de carmin, que l’on fait de tous cotez, & pourcelles qui sont aux tiges, on les ébauche de verd de montagne & dccarmin - & on les ombres de carmin & de bistre , faiseur aussi le basdes tiges pins rougeâtres que le haut, c’est-à-dire, qu’il faut mêleravec le verd , du carmin , & du bistre polit les ombrer.
XLVI. Des tulipes. Comme il y a une infinité de tulipes différen-tes les unes des autres , on ne peut pas dite de quelle couleur ellessont toutes, je toucherai seulement les plus belles qu’on appelle pana-chées , dont les panaches s’ébauchent avec du carmin fort clair en desendroits, Sc plus brun en d’autres, finissant avec 1a même couleur parpetits traits , qu’il faut conduire comme les panaches ; en d’autres onmet une premiere coujte de vermillon , puis on les ébauche en mê-lant du carmin, & on les finit de carmin pur ; en quelques-unes on metde la laque de Levant dessus le vermillon au lieu de carmin.
II s’en fait aussi de laque & de carmin mêlez ensemble > & de la-que seule , ou avec du blanc pour les ébaucher, soit de laque colonvjbine ou de Levant.
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