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N O I.

Culture des Noiers.

Ce setoít inutilement qu’on voudroitdonner au sloier tout autre ar-bre qui sût d’une nature contraire à la sienne, il ne le souft'riroit pas,ou J ne terderoit gucrcs à lc tousser fous l’oinbrage épais de ses bran-ches Sc de íès-feuilles de lui dérober toute la substance de la terredont il auroit besoin pour se nourrir, avec ses grandes Sc longues raci-nes dont il a coutume d’occuper un grand cípace de terre.

Mais avant qu i! toit en état de causer tels inconvéniens, il est né-cessaire qu’il art pris naissance de quelque maniéré que ce puissè être ,ou par cette nature mêtne aidée de l’air ; c est pourquoi, feulementpar ia nature, voions comme par ce moien on peut fajre venit desnoiers.

Je ne sache point de moïen plus prompt pour élever de petits noiersque de les semer en pépinières , & je crois la méthode que je vaisdécrire la meiKeure de routes.

Si-tôt qu’on a cueilli les noix il faut en choisir de la meilleure especcqu’on portera à la cave, ou en quelqu’autre endroit où il negele point,on ks plantera dans du fable, & on les laissera en cet état juíqu’aumois de Mars.

Ces noix ainsi plantées & pendant quatre mois à couvert des froi-dures, préparent merveilleusement bien leur germe à poullèr bíen-tôt,

& on ne sautoir dire combien cette préparation prise en avance Tac-croissement.

II faut observer qu’avant que de retirer ces noix de la cave on doitavoir eu foin de tenir une terre bien disposée à les recevoir ; qu’en lesotant de cette cave on doit les manier doucement crainte d’en of-fenser le germe qui pourroit être produit tn dedans ; & enfin denen pas plus tirer de cette cave qu on a destém d’en planter, courantrilque autrement de les trop altérer par le moïen du grand air quipour lors leur est contraire.

Tout Jardinier ne doit jamais garn'ir une pépinière de semences oude plantes, qu’auparavanc il n’en ait bien ameubli & bien préparé laterre : le eboix en est encore essentiel; mais comme le noiern’est pasd’une nature bien délicate, Sc qu’il n’a toujours que trop de íeve, cetteobservation nc sera point si exacte, poutvû néanmoins qu’on ne les mettepas dans un fonds qui soit trop ingrat.

Quiconque donc veut faire une pépinière de noiers , lorfqu’il auraobservé ce que je viens de dire ci-deífus, il aura soin de donner a laterre destinée pour cet ulage trois labours bien profonds, & fans. qu’ilsoit besoin d'y mettre du fumier , il pourra après cela y planter desnoix.

Sur cette pépinière ainsi préparée on plante un cordeau, le longduquel avec un plantoir on trace dts lignes d’un pied & demi de largede distance ; cela fait» on prend un plantoir avec lequel on fait destrous fur ces lignes, & éloignez l’un Sc l’autre d’un pied, Sc dans les-quels on pôle doucement les noix qu’on recouvre de même.

Le rems qu’on choisit pour s’occuper a ce travail doit toujoursêtre le mois de Mats, Sc toujours auilî par un beau jour, Sc lorsquelt-'s grandes humiditez de l’Hiver lë sont beaucoup retirées.

Les premiers soins que demandent les noiers quand ils levent, c'estd'abord d’être bien soigneux de ks larder , c aï les méchantes herbesleur font extrêmement nuisibles.

Ayrès cela, Sc auparavant que la terre vienne trop à s'endurcir, ilfaut avec une pente pioche la gratâr, pour ainsi dire, autour de cesjeunes plans, d’auunc que s’il arnvoit qu’elk les relkrrât trop, ilferoit à craindre que ces petits noiers ne líemeuraíïènt touc court, il enpériroit bien tôt aptes une bonne partie , & l’autre ne crottroit qu’aveclangueur.

Lies ils croissent, plus on doit leur approfondir ks là&ours, qui leurferont dormez, quatre fois pendant l’année, jufqu’à ce qu’ils aient at-teint l’age de six ans > qui est 1e terris aiiqud on peut les mettre enplace. J’ai déja dit ou il les faut mettre, ri est inutile de le répeter.

Je ne conseille à personne de planter des noiers dans un Jardin, àcaulë qu’íls sont capables de perdre tous les autres arbres qui y sont ;mais h l’on veut on en peut dreller de belles Sc de longues allées ti-rées cn droites lignes, & servant d’avenucs à une maison de campagne,tels desseins la rendant toûjours fort noble & fort agréable.

Peur planter ks petits noiers, on commence d'abord à faire dest«ous de trois pieds de largeur Si autant de profondeur , nonpas qu’ilfaille planter plus avant qu’un pied, ce qui luppoíe que k fond de cesnous fera rempli de bonne terre juíqu’à un pied près.

Ces trous tirez, comme j’ai dit, au cordeau, seront éloignez l’unde l’autre de cinq toiles, & avant que d'y mente ks petits no.çrsonprend foin de leur piller ks racines, puis de les y polér pour être in-continent recouverts de terre, de la même maniéré que j’ai dit qu’ilfalloit planter les autres arbres donc j’ai déja parlé.

On observera de donner à ces petits noiers chacun un b»n pieupour leur íèrvir d’appui contre les vents qui feroient capables de ksébranler.

Touc noier qu’on étête avant que d’être planté ne fait jamais belletige ; ainsi on fera averti lorfqu’on voudra en planter de ne pointtomber dans cette faute.

Les plus gros noier s ne sont pas les meilleurs pour planter, lesmoiensvalent beaucoup mieux, c’est-à-dire, ceux qui ont trois ou quatrepouces de grosseur, & doivent avoir six pieds de haut; étant d’un pa-reil échantillon ils sont en état de plus profiter en un an que 1e grosne fait en deux.

11 ne suffit pas de pieux pour ks garcncir des inconvéniens qui leurpeuvent arriver; car ces soutiens ne (ònt pas dallez foire défense pourempêcher que les animaux ne ks ébranlent ou s’y frottent ; cëlt pour-quoi il ne faut pas négliger de ks environner d’épints si l’on veutgarder ces petits noier-. de danger.

Les jeunes noiers plantez ainsi feront labourez trois fois l’année,jusqu’a ce qu’ils (oient parvenus a un accroissement, qu’on ks jugerapouvoir lë passer de semblables soins.

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Pour le faire grossir > quand il a été planté quelqu» années après > onfera une incision avec une serpette ou couteau du haut en bas dans l'écor-ce, & cette opéiation donne lieu à grossir plus promptement.

Cestdu bois de noier dont on fait ks plus beaux meubles: on le fa-çonne en poteaux , en planches & en membrures, & toutes ces piè-ces doivent être fans gerfures Sc fans roulures > car ainsi que les chê-nes les noiers sont sujets a être roulez. On donne à ces pièces de.sciage onze à douze pouces de large, Sc treize lignes d’épaífieur franclaces : ce bois fe débite encore en cables ; mais il faut pour lois que ks.noiersloient d’un bois fort sain, aient la tige grosse, Sc que ces tablesaient deux bons pouces d’épaissèur : ks ouvriers qui cn ont besoin lesemploient comme ils le jugent à propos ; Sc comme ks racines de cesarbres r.e sont point a rejetter . lur tout lorfqu’cllcs ont la couleurbrune & bien jalpce, on aura soin de les mettre cn tronçons & ledébit cn fera bon ; on en fait aussi des sabots, & son écorce fe vendaux Teinturiers.

Cet arbre, outre fa nature propre, est encore diffèrent des autres, ence qu’il ne donne point de fleurs, mais rend une certaine productionqu’on appelle chatons, Sc qui sont les marques des noix à venir.

On.tient que sombre de cet arbre est fort faine, & qu’il attire fursoi souvent le tonnerre, & la question est de lavoir comment; si testà caulë, dit-on, de (onctuosité de son bois, ou quêtant fort élevéde fa nature il est plus sujet à la foudre qu’un autre.

Les noix donnent à connoitre qu’il est tems de ks cueillir, lors-qu’elks commencent d'elks-mêmes á tomber des arbres, nuës & dé-pouillées de leur premiers écorce.

Pour les abattre on se lert de perches, fans craindre d’offenser ksbranches du noier, qui n’cn vaut que mieux, comme j’ai déja dit, Scl’on choilit pour cela un beau jour.

Si-tôt qu elles font abattues on ks porte en monceaux dans quelqu»chambre > julqu’à ce qu’on les veuille développer toutes de leur pre-micre écorce, après quoi on les porte au grenier pour y être épanchéesasin quelles en lèchent mieux; car faute de cette précaution il arrivesouvent que les noix portées encore toutes humides au grenier, & mi-les ainsi en monceaux, viennent à fe moisir en peu de tems.

Le but principal pour lequel on plante des noiers, est l'efpérancequ’on a un jour d’cxpriiner des noix, qu’on en recueille beaucoupd’huile, que tout k monde fait être d’un ulage très-grand dans un mé-nage , particulièrement à la campagne, ou on l’emploie en partie ouà brûler, ou a faire de la soupe, Sc cn composer des ragoûts pour lesdomestiques; Lt comme cette huile ne fauroit être trop bonne pourentrer dai s ccs sortes de mets. j’avercis que le plûtót qu’on en peuttirer des noix destinées á cela c’est toûjouis le meilleur, elle eri estdune «luleur plus dorée, d’une odeur plus agréable,Sc d’ungoût quiplaît davantage, que si on retardoit trop long-tems a s’acquiter de cetravail.

Mais nos économes de Village, ceux fur tout qui se piquent dcl'être au premier dégré, le vont élever ici contre moi, & me vont di-re a’ou vient que ne devant écrire que pour soûtenir le titre de ce Li-vre, je m’ingere en cet endroit dc débiter une maxime contraire, Scque puiique je me mek de donner des régies d’aeconomie, je renverseTordre que je me luis prescrit en commençant cet Ouvrage ; comme sije nc devois pas (avoir que plus ks noix lont vieilles plus elles ren-dent d’huile, Sc que la plupart des grands rafineurs en matière de mé-nage, ne fonr lc-qr huile que des noix qu’ils ont gardées d’années àautres : j’cn tombe d'accord; mais je leur répondrai, qu’en aiant be-loin pour manger il n’est pas hors de propos fur cet article de cher-cher adapter k goût de ceux qui en mangent, n’étantpasd'aiikurs uneliqueur qui de toi, & la prenant comme on fait au Village,contribueà renouveller l’appetit de ceux qui l’onc perdu ; ainsi ne pouvant êtretrop douce à emploier, comme je viens de dire, on ne fauroit l’expri-mer trop tôt. De plus , n’y a-tïl pas un milieu dont on peut fe serviten cette occasion : ces prétendus ménagers du premier ordre n’oncqu’a faire de cette huile nouvelle qu’autant qu’il leur en faut pour laprovision de leur maison, Sc laisser 1e reste à faire julqu’a Tannée sui-vante ; Sc par ce moien, fans que cela puisse en rien altérer leur œco-nomie, ils (auront contçnter leurs domestiques, Sc retirer le profit deleurs norx jusqu’à la quintessence.

Huiï-e de Norx. On ôre les coquilles Sc les ailes des noix, onpressure l’amande sous une mule pour en iaire sortir l’huile.

Usages. L’huile de noix sert a la peinture, parcequ’elleseche plutôt.On j'emploie quelquefois pour la triture Sc dans la pâtisserie. Les pas-sons en font de la loupe.

On apprête le fruit du noier de différentes façons.

Noix blanches. Prenez des noix vertes bien tendres, pçl«-lcs jul-qu’a u blanc, enserre qu’il n’y demeure point de verd, mettez-lesdansde l’eau fraîche à inclure que vous ks pclerez, percez-les de traversavec une lardoire; faites-les cuire à grand feu Sc grande eau Haillez-lcs bouillir julqu’a ce qu'en ks piquant avec une épingle elles n’y tieirnentpoint; eirez-les Sc les mettez dans de leau fraîche: piquez-lcs decanelle-, de clous de gérofle, ou decorce de citron confite : faitescuire du sucre lisse Sc les mettez dedans; faites-les cuire à grand feu >lailkz-ks refroidir Sc achcvez-ks dc cuire ; faites le sirop a perle Scks tirez.

Noix vertes. Prenez des noix vertes bien tendres, pêlez-les Sc k*percez, faites ks cuire Sc confire comme les aunes.

Noix de Cyprès, ou Galega. Diofcorïdc dit que c’est une plante quîa ks feuilles semblables au cytises ou a la lentille ; qu’elles sont ver-tes dessus Sc blanches derrière k dos ; qu’elk produit directement de làracine cinq ou six rameaux mêmes, qui lont de la hauteur d’une pal-me; que ses fleurs sont rouges Sc semblasses à celles du violier,étanttoutefois plus petites, Sc qu’enfin elle croît k long de la Mer.

MaisMatthioleassûien’avoir jamais vû du glauxìelong dela Mcr, &même n'avoir jamais en tendu qu’auc un autre en ait trouvé : quoiqu’il ensoit, il dit que la galega se trouve dans des lieux humides & aquatiques, Sclut ks bords des lofiez parmi les montagnes, Sc quasi par tout.

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