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ARC. A R D. ARE.

peuvent éclaircir la difficulté. La longueur de cet article est néceílàire,parce que fi vous faites un plan exact & étendu d’un Art ou Science ,vous préparez à la facile intelligence de tous les termes & de toutesles parties singulières de cet Art ou Science. Ce qu’est la Mappemon-de terrestre à f égard des Provinces particulières, a lavoir le flambeau& la clef > c’est cela même que sera ce plan Sc description de l’archi-recture en général à 1 égard des termes particuliers ; c’est ce qui nousfait espérer de donner des idées assez claires des choses & termes par-ticuliers , par le foin que nous prendrons à ces mot particuliers , defaire ressouvenir le Lecteur de revenir íbuvent à la lecture de cet arti-cle. Dans se même esprit de clarté & de méthode , il fembleroit quenous devrions ici annoncer les noms de toutes les ef; eces de báci-mens , & le nom de toutes ses pie ces, afin qu’on vit retendue de ectArt > mais pour ne pas allonger davantage ce préient article , nouspouvons admet que l'on ne trouvera dans ses lectures aucun mot d’ar-chicecture qui arrête . dont on ne puistc lavoir l’explication par ceSupplément. On fera de pareils plans & discours au mot peinture,sculpture , & à tous les mots Sc termes généraux , pour être com-me le guide de 1 esprit du curieux dans tous les mots subalternes &du détail On s’est déja précautionné dans la préface contre le repro-che qu’on pourroit faire > que l'on fait de trop grandes excursionsdans cc Dictionnaire (Economique fur les dissérens Arcs & Sciences ,j'ajoûterai seulement ici,en faveur de cet article,qu’il n’y en a aucunqui feit plus conforme du dessein d’un (Econome , tant parce qu'rl,importe au perc de famille d; connoítre tout ce qui regarde la bâtissede ses maiions, tant à la Ville qu'aux champs, que parce que le motmême d œconome & d'œconomie ne signifie autre chose que con-noiíìance dVne maison , tout comme le mot de politique n’est que laconnoifiance de ce bâtiment composé Sc muré, qu’on appelle uneVrlle.II n’y a donc que l’ignorance qui puisse produire un pareil reproche.Voyez , Bâtiment, Édifice, Palais.

ARCHITRAVE, venant de Arches, principal. & trops , en La-tin, poutre, signifie à la lettre une poutre considérable St fort remar-quable ; savoir , cette poutre Sc premierc partie de l’entablement,qui porte íur plusieurs colomnes , & qui est faite d’un ssul sommier ,comme il fe voit à la plupart des bâtimens antiques , ou- de plusieurspieces qu’on appelle clavaux , comme Pont pratiqué les Modernes. 11est différent selon les ordres dissérens ; dans l’o d e Toscan il n’a qu’u-ne bande couronnée d’un filet ; il a deux faces à Perdre d Orique &Composite, & trois faces ou bandes dans l’ordre Jonique & au Corin-thien : pour avoir l’intelligence de ce qui est dit id, voyez Colom-N e, dont l’architrave fait le plus haut, & Ordre ou vous verrez cescinq ordres clairement expliquez dins ce'te fuite, Perdre Toscan , led’Orique , le Jonique , le Corinthien & le Composite , nous ajoute-rons encore l’ordre des Caryatides Sc Perdre Persiquc. L’architravechez les Anciens s’appelloit épistile epistilium , de epi ser, & stylos colorr,-ne , comme qui diroit sur colomne , ou partie pelée sur les colom-nes. On dit architrave mutilé , architrave coupé. Architrave mutiléest celui dont la faillie est retranchée. St qui est un avec la frise pourrecevoir une inscription , comme au porche d la Soroonne de Palis.Architrave coupé est celui qui n’est point continu , m is dont la fail-lie est retranchée dans une décoration pour faciliter l’cxhaufiementdes croisées j les Maçons prononcent arquitraves.

ARCHIVES , font les armoires ou font enfermez les anciens re-gistres publics & tous le- autre-, titres , papiers & chartres du Royau-me , comme on peur voir à la Chambre des Comptes. Nous tenonsce mot des Romains > qui appelloient autrefois de ce nom les lieuxou croient déposez les vases sacrez St les registres publics.

A R D.

[ARDENT. Pierre ardente, ou qui s’enflâme avec Peau. Ce motfe dit aussi de certains feux follets qui sautelcnc autour des eaux &des lieux marécageux.

ARDENT. Terme de blason , qtíi se dit d’un charbon allumé.

ARDILLON. C’est une petite pointe qui est au milieu de laboucle , & qui sert à la tenir ferme.

ARDOISE. Pierre tendre & brune qui se léve par feuilles , Stqui lert à couvrir les belles maisons.

ARDOISE. Sç dit des oiseaux , Sc particulièrement des pigeons,dont la couleur tient de celle de l’ardoise.

ARDOISIERE. Carrière d’ou l’on tire l’ardoise.

ARE.

ARECIUM. Plante propre contre la rétention d'urine & le malde dent.

AREC A. Eípece de noisette qui croît aux Indes fur certains pal-miers. ]

ARÈNE, du Latin arena du fable ; c’étoit dans un amphythéâtre chezles Anciens le champ du milieu où combattoient les Lutt urs St fisGladiateurs , de la vient que combattre fe difoit en Latin dejeendere marmant , descendre sur Patène, venir au lieu du combat. Quelquefoisle mot d’arénefc prend pour tout l’amphythéâire , comme celui quisc voit en Languedoc dans la Ville de Nymes.qui est un des plus an-cien amphythéâtre St le plus entier de ceux qui restent de l’antiquiréjc’est une pieee surprenante d’architccture , toute composée de pier-res dures comme le caillou, d’une grosseur St longueur prodigieuse jon y voit des voûtes & des galeries qui subsistent composées de cesfeules pierres énormes, posées l’une fur 1 autre lans chaux ni ciment,si juste qu’on ne voit rien entr’elles tant elles se joignent de près.

ARÉOSTYLE, signifie un édifice dont les colomnes font loinà loin : ce mot vient du Grec aratos rare St stylos colomne. Selon Vi-rruve la plus grande distance qui peut être encre ses colomnes de cetteforte d’édisice est de huit modules ou quatre diamètres.

ARE. A R G. 29

ARÉOSYSTYLES. C’est, selon Vitruve", une disposition de co -lomnes dont ses espaces sont aréosstyles St lystyles dc quarte modulesentre deux fuíls de colomnes , c’cíl-á-dire , qu’il y a deux sortes dedistance, l une est de huit modules entre deux fusts, puis de quarte mo-dules dc distance entre les deux luiva. tes colorants, c’cst-à dire , queses intervalcs des colomnes ne font pas égaux > mais font doubles P unde l’autre, Sc cela alternativement.

[ A R É O T EC T O NIQU E. Terme de fortification. Partie dePaichitccturc militaire , q i concerne Patraque Sc 1e combat.

,ARÉOTIQUE. Soi ce de médicament qui facilite ia transpira-tion en ouvrant Tes pores.

ARER. Se dit d’un vaisseau qui chasse fur ses ancres ; c’cst-à dire,qui les trame.]

A R E S T E S, ce font ses angles de quelque corps que ce soit, ainsion dit d’une poutre ou de quelqu’autre pieces esc bois , qu’clle est àvive areste, quand ses angles en iont bien marquez & qu’clle est bienéquarrie. On dit Parcelle ou le bord d’une enclume.

A R G.

[ARGANEAU. Terme de marine. Gros anneau de fer où l’onattache le; cordages.

ARGÉMONE. Pavot sauvage qui sert à guérir les argémons ,c’eíl-a-díre , certains petits ulcères qui viennent aux yeux. ]

ARGENT monnoyé.estde l’argent qu’on a mis en.morceauxronds Sc plats , que l’on nomme flaons , qu on a frappé ensuite fouslc balancier dans les lieux destinez à cet esse t, St qui est marqué de Pi-mage des Princes ou des armes des États, qui comme Souverains ontpouvoir dc faire battre mon noyé ; la va'eur n’est point réglée, ellehausse ou baisse suivant que les Souverains le déifient, par rapport àla nécellìté de leurs États ou de leurs peuples ; de sorte que d.ins l'ar-gent , St tout métal monnoyé, il y a deux choses a considéra. savoir,l’argent Sc tout autre métal qui peut être considéré comme 1e corpsde la monnoye , St lame de la monnoye, qui est la volonté du Prin-ce signifiée dans la forme St empreinte du Prince. Sans cette volonsté du Prince le métal na que‘fa valeur propre & in.rinlèquc ; maiscette volonté clairement marquée élève cette matière pat une cfpecede multiplication aussi haut qu'il voudra. St qui donne bien à connaî-tre lapuislance des Princes St des Conducteurs de peuple:car ils mar-quent pat là que leur seule volonté fait le vrai pr.x des choses , jus-qu’à tel point qu’en certaines occasions cette volonté est indépendantede la valeur même propre de la matière, puifqu'ils ne peuvent notifierleur puislance fur la matière la moins précieuse, enivre cu autre ; c’estcc qui arrive même en fe servant du papier 81 des billets : mais ce n’estque dans des cas extraordinaines ou la puislance royale ou publique scsert de son pouvoir comme immédiat & indépendant r rar cette varié-té de matières plus ou moins r res St ainsi plus ou moins précieusespar elles-mêmes , font d une très glande convenance pour plusieursraisons : car il est bien juste St raisonnable que les volontez des Prin-ces , tant plus elles sont favorables St plus utiles aux sujets , soientmarquées fur dts matières les plus nobles St les plus parfaites. Aur.ste rnn de plus propre peur rendre les monnoye s d’une plus lon-gue durée &. usage . que 1e choix qu’on fait des métaux. De plus sise Prince vouloir négliger les divers.s valeurs des métaux, il arrive-roit b.en que les sujets pourroient commercer ensemble'.ouchant tousles biens de la vie civ.se dans lanccinte St district de leur Royaume jmais es sujets ne pourroient ni commercer, ni avoir les besoins dela vie chez les aunes peuples, & les étrangers ne pourroient avoir decommerce avec eux. Ainsi cette distinction des matières Sc le choixdes plus ou moins préci uses est absolument néceílàire pour faciliterle commerce des Nations. II est défendu pat plusieurs Ordonnancesdc nos Rois a toute sorte de personne , d’acheter de l’argent mon-noyé , soit du coin de France ou autres, pour le fondre , d.fformcr& transformer , fous peine de confiscation & d’amendc , même depunition corporelle. On appelle argent blanc la monnoye qui est vé-ritablement a argent, qui est blanc de fa propre couleur , commeécus , pieces de trente fols, de quinze sols , &c. Argent battu ouen lame c’est lc même ; c’est un argent trait qu’on a applati entredeux peces d’acier poli. pour le disposer a être filé sur la soie, oupour être employé tout plat dans ia com, ofition de certains ouvra-cs , comme broderie, dentelles , étoffes, & pour les rendre pluscillantes & plus riches : rl y en a dc sin, Sc dc faux qua-.d on necherche que l'apparence. L’argent trait est celui qu’on a tiré á traversles trous dune filière , & q u'on a réduit par ce moyen a n erre pasplus gros qu'un cheveu. L’argent filé ou filet d’atgent , c’est dc l’ar-gent cn lame, dont on a couvert un long brin dc (oie , en le touil-lant dessus par le moyen d un rouer. L’argent battu ou en feuille estcelui que les Batteurs d’or ont réduit en feuilles très-minces Sc très-déliées à l'ulàge des Doreurs, qui dorent en bois, en fer , Sc c. VoyezOr en feuille.

Cependant il y a ici occasion d’admîrer la ductilité des métaux,furtouc de l’asgcnt & dc l’or ; ce qui fait voir que ks atomes ou partiesde ces métaux est comme d’une diviíibilité & d’une petitesse infinie ,car lans certe supposition il seroit impossible que ces matières peuventsi fort s’étendre & comme descendre les uns dc dessus les autres ,pour se poser à côté & immédiatement sens que la matière métalli-que aye quasi aucune hauteur ou profondeur imaginable -, c’est ce quiptouve même sensiblement l'existence des infinimens petits points ouatomes dont le continu est composé C’est cette subtilité & petitessequasi infinie qui est propre aux métaux parfaits s car les communs ,Sc fur tout ses minéraux , ne font pas ductiles & souples sous lc mar-teau , ce qui vient de ce que leurs dernieres parties physiques ne fontjioinr des points de cette grande & quasi infinie petitesse > mais, desatomes grossiers & molécules , qui ne peuvent se diviser Sc relucmicqu’avec effort & violence , ce qui rend ces corps cabans , non cu ti-

D iij les,