B R A.
dons polies ou Barbares, qui toutes par une idée & imagination pres-que universelle , se sor,t afez aviser d’ajoûrer ap corps humain des.appendices Sc embclliil'euuns avec des corps étrangers qui ont quel-que air de beauté ou de brillant , ou de rate Sc précieux. îl est arrivénaturellement par un même instinct a fhomme Sc a la lemme pours embellir , d’attaclicr à leurs mains , pour les voir continuellement,ces fortes d'oenetnens: Si comme la nécessité d'ugir ne leur a pas per-mis de les tenir toujours en main, ils ont entoure ieur poignet toutprès au-dclïus de la main > de ces choses rares , brillantes ou précieu-ses. Le bracelet, pour le dire en peu de mots, est un ornement qu’on.Met autour du poignet. Les peuples polis en Europe Sc en Alîe , íèfervent de bracelets laits d’or , d'argent, en. forme de ciiainc:tes ouautre forme. Ils cn font avec des talus de fil d’or, d’argent, de sois,de rubans figurez, ornez & enrichis de perles > de dû.nans . des por-traits en miniature. Par le même instinct les .habitons de Madagascarfont des bracelets & des carcans avec des méniîles de métal ; les Sau-vages de l’Amérique en font de ratlade 6 c de venoteae. Les Noirs descôtes de Guinée,en font avec de ces coquillages qu’on nomme caurisen Ahe , Se bouges en Astiquez Se à st pour avoir de ecs ornemensfrivoles Sc puérils qu’i's donnent les uns & les autres leurs plus richesniarchandiiiíS, & même quelquefois la liberté de leurs peres, dc leursfemmes Sc de leurs enfans.
BRANCARD. Machine qui se fait par assemblage de plusieurssortes de pieces de charpente. Elle sert a transi.01 ter des fardeauxdune pesanteur extraordinaire, & sur tout des pierres que l’on em-pêche par là de se eaíser ou de s écorner. On appelle aullì brancard ,deux pieces de bois pliantes qui joignent le train de derrière d’unechaise roulante , au train de devant, Sc qui aboutissant à un arc,fontl'office de la flèche d'un carrofie. On pote quelquefois la chaise dessus,& on la suspend quelquefois fur des consoles. L’Auteur du Diction-naire du Commerce , ne s’exy rime pas aussi bien que le Dictionnai-re des Arts & Sciences ', quand il dit que le brancard est une longuepiece de bois , faisant patrie du train d’une chaise roulante , ajoutantqu’il faut deux brancards pour cette voiture. II est manifeste par ladéfinition du Dictionnaire de l'Académie, qu t le brancard est le com-pose dc deux pieces de bois > & que cet aflemblage dc ces deux piè-ces de bois s appelle brancard. Savati parle a propos , quand il ditqne le brancard est un grand chafhs. Or le châssis est un atìembla-ge & non une feule piece dc bois ; dans le même endroit il dit > par-lant de la machine avec laquelle on éleva les deux pierres du frontondu Louvre , que c'étoit une típece de brancard , ayant cette capacitéd’enfermer , nc peut pas être une feulé piece de bois, mais un assem-blage.
BRANCHES d’ogire, ce font les arcs en diagonales des voûtesGothiques ; il y a dc ces branches détachées qui cn rachètent Sc ren-contrent d’autres suspendues, d’où pend quelque cuide lampe cu cou-ronne ; on voit un ouvrage considérable de cette forte dans une Cha-pelle derrière le chœur de S. Gervais à Paris.
BRANCHE ou Branchage, se dit quand on compare laparenté à un arbre , on appelle le premier ascendant souche commu-ne, & ceux qui en descendent, branches.
[BRANCHE-URSINE. Plante ainsi nommée parce que sesfeuilles ont quelque ressemblance aux pieds d’un ours. Les tiges fontgrades - canelées , anguleuses , vu ides 8 c hautes de quatre ou cinqpieds. Ses feuilles sont oblongues , gralles , dentelées & difposeesdeux à deux fur une core terminée par une seule feuille. Ses fleurssont compostes de cinq feuilles b anches dilpofé s en rose. Toute laplante a une odeur de bitume , cbe croie aux.lieux aquatiques ; clicCMitíent beaucoup de sel essentiel , d’hude & dc phlegme. Elle estappéritive,propre pour la pierre & la gravelle , pour [accouchement,le scorbut , la dissenterie , le flux des femmes : on la prend en décoc-
tion.
La branche-ursinc bâtarde , qu’on nomme communément cn Fran-çois berce , & en Latin Jponiblium , carjopUlata , & benedicìa, a unetige droite , nouée , velue , eareíéc & haute de u eux ou trois pieds.Ses feuilles font larges , découpées , couvertes clcllus Se dclîous d’unpetit poil lanugineux. Ses fleurs sont blanches & rarement rouges ,disposées cn forme de fleurs de lys. Elle croît aux lieux humides , Scfleurit cn Mai ou cn Juin ;- elle contient beaucoup d'huilc Sc de selessentiel & fixe. On ,íe sert de ses feuilles dans les décoctions des la-vemens , Sc dans les cataplâtncs. Elles font émollitntcs,appéririves&résolutives. Sa graine qui est grande , applarie Sc rayée sor le dos,est propre pour exciter Burine Sc le flux des femmes , pour l’astmeSc l’épilepfie. Sa racine pilée Sc appliquée fut les callositez & durillons,les amollit Sc les diiîìpe.J
BRANDONS, font des marques apparentes que l’on met furles héritages saisis. En certaines Coutumes on ic sert de pierres quel'on enfonce en terre , Se en d’auircs d c bouchons de paille.
[BRANLOIRE. Terme de Fauconnerie. On dit , le faucon està la branloire , lorfqu’il se tient luut Sc qu’il tourne en branlant. ]
BRAS Séculier > est la puissance que ie Juge Laïque employé en«onséquence du renvoi qui lui est fait d’un criminel par lc Juge d’E-glise.
BRASSERIE. Grand bâtiment qui consiste cn cours,puits,ger-moirs , grandes salles baíles , avec moulin à cheval , cuves 8c chau-dières pour faire la bière , celliers pour la garder , angar pour lesfutailles, greniers pour íètru forge & l'houblon , autres logemenspour l’habîtation des personnes, & écuries.
BRASSEUR- C’est celui qui fait & brasse la bière > & la vend engros. Le Brasseur fait la bière en agitant Sc remuant sottement lesgrains , houblon » Sc autres ingrediens dont la biéic doit être com-poste ; Sc il remue ces drogues mêlées, dans une grande chaudièrede cuivre remplie d’eau bouillante , ou ce mélange le cuit ; mais au-paravant il a laissé fermenter ce mélange dans une cuve à j art durantquatie ou cinq jours. Cette fermentation préalable est nécessaire
B R A. B R n
pour dégâget les principes spiritueux du grain qui doivent rcsidre labière nourrissante Sc fortifiante. La Communauté des Maîtres Brasseursde la Ville Sc Fauxboutgs de Pans , est ttcs-anciennc. Les Statuts dc12.68. dressez ou approuvez par Étienne Boileau, alors Ptévôt.de Paris,ont servi de modèle a tous les autres Réglemens pour tous les autresPrévôts qui ont succédé au sieur Boileau. Voyez ie Traité dc Policedc la Marre. Au reste f instrument dent le Brasseur sc sert pour brasser,est une perche dé six ou sept pieds de longueur, q u'on nomme bras-sent > qui a un morceau de bois ou une douve au bout , dont i! sesert pour remuer dans la cuve Sc dans la chaudière la matière de b»bicrc.
B R A Y , est une matière résineuse , ou cspccc de poix , dent on scsert pour calfater les vaisseaux , Sc les garantir de seau qui s’iníìnuëpar les fentes des ais,ou au travers les jointures des planchts» II y cna de deux fortes , tïrn se fait avec le galseot ou encens madré , en lefailànt cuite jusqu’à ce qu’il fort presque bouté , c’est le bray sec quevendent ks Droguistes de Pans , Sc qui vient de Bourdcaux Sc deRayonne > Sc celul-ci n’est autre clíofe que cc qui est resté dans lesalambics après qu’on en a tiré l’built. il doit être sec, transparent Sifoncé en couleur. L’autre forte de bray eit le bray liquide,qui est uneliqueur grasse qui découle des vieux pins. Voici comme on tire desvieux pins le bray donc nous parlons. Lorsque des arbres font fur Icretour Sc qu’ils ne peuvent plus servir qu a brûler. on en coupe l'é-corce tout autour en forme dc couronne , par ces inc íions il couleaísez long-tems une liqueur noirâtre , Sc quand dk cesse de couler ,c’est marque que k pin est tout-à fait mort Sç «qu’il n’slt plus proprequ’au feu , comme ii un animal avoir perdu tout son sang. Cette lot-te de bray liquide nous vient particulièrement de Suede Sc de No> ve-ge. Le choix qu’on en doit faire , c’est qu’il lbit bien net, bien natu-rel , véritable Sco.kolme s’il se peut. On k saisine avec des selles oulies d’huile mêlées avec la poix noire. On appelle aussi bray , maisimproprement, une composition de gomme, de résine Sc d’autres ma-tières gluantes, qui font un corps dur, sec Sc noiiâtre. Ils tiennentcette composition au lieu du véritable bray sec > & ils mettent cn placedu bray liquide , une composition faite írmplem.n: dc poix liquidenréléc avec de l’hurle de poisson. Toutes ces matières font pourtantpropres aux calfàts des bádmcns de tn.tr. La connoilfancc Sc diílèrne ■ment que nous en faisons ici n’vst que pour ne pas acheter par igno ■rance trop cher ce qui est commun Sc facile a trouver, Sc éviter ainsila tromperie des Marchands qui savent contrefaire ces drogues Sc ksdonnent sure pour l’autre.
[BRAY sec. Voyez Colophone.
B R E.
BRÉAND. Voyez Oiseau de voiibïf,
BRÉ AUNE. C’est une forte dc toile de lin blanche Sc assez clai-re , qui fc fabrique en Normandie , particulièrement à Baumont Sc àB.mai. Ces toiles se vendent à faune courante ; il y en a de différen-tes qualicez. Les unes fines, ks autres moyennes, Sc ks autres plusgrosses qui s’ernploicnt ordinairement à faire des rideaux dc fenêtre.On nc laissé pas cependant de s’en servir quelquefois à faire des che-mises Sc d’aurre forte de lingerie.
BRÈCHE. Ouverture causée à un mur de clôture , par violence,mal façon > ou caducité; ce mot vient de f Allemand brèche , qui si-gnifie rompre , comme étant une rupture du mur.
BREF, est un écrit court & succinct , parlant proprement. Maisce mot a dégénéré , comme quand on s’en sert pour dite bref du Pa-pe ; on dit dans son vrai usage , bref état de compte , entendant parla un compte en abrégé , qu’on n’a pas eu encore 1e loisir de dresseren forme. Voyez. C o m p t e. Le mot bref se joint ordinairement à unde ces trois mots , Duveté > conduite Sc victuailles. Ainít on dit,brefdc fauveté, qui se donne pour être exempt du droit de btis, parlanten fait de navigation. Bref de conduite , cn vertu duquel vous êtesconduit hors des dangers de la côte ; Sc le troisième , c’est k bref dcvictuaille , par lequel vous avez droit Sc liberté d’acheter des vivres.On appelle aussi mieux, ces fortes de brefs qui ont tous cn Bretagnela même signification ; savoir , un congé ou permission de naviger.
BREFS du Pape. En France i! y a deffcnces de publier Sc d'cxécu-ter aucuns brefs ou bulles du Pape , qu’en conséquence des LettresPatentes enregistrées cn la Cour.
BRELUCHE. Étoffe mêlée de fil Sc de laine. Les breluches ontla tréme de laine Sc la chaîne de fil;elles ont demi-aune de large, (sirvingt-cinq aunes jusqu'a soixante sept aunes de longueur. Ces brclu-ches approchent fort , pour la qualité Sc le prix, de certair.s droguetsqui sc font à Verneuil au Perche , qui sont aussi dc demi aune de lar-ge, fur quarante-deux à soixante-cinq aunes de longueur; la chaîne est demême comme les breluches de fil, & la tréme est de laine du Pais très-grolfe : ces sortes d’étofses sont de fort bas prix , ne valant tout auplus que treize á quatorze sols faune; la consomption s’en fait parti-culièrement parmi les Faisans, qui cn font des vétemens. A l’occaliondc nos breluches dont la tréme est de laine Sc la chaîne de fil , je fe-rai ici mention de ce qui íè trouve dans Ie Parfait Négociant de M.S.ivary ,ch. 6 . Lov. z. de la seconde partie, où il rapporte qu’il avoirinventé > pendant qu’il étoit encore dans le commerce, deux tortes d’é»rosses. Les unes façonnées , dont la chaîne étoit de fil Sc la tréme dclaine , qui se faíloient à bassé lisse à la marge dc l’ouvrier. Et les au-tres précieuses d'or Sc d’argent, figurez , dont la chaîne étoit en par-tie de fil d’or Sc quelquefois d’argent, Sc en partie de soie , Sc la tré-me tout de poil de chevre : par ou l’on peut voir qu’il n’y a pas feu-lement un art de composition cn musique ; mais aussi dans les objetsde tous les arts , couleurs , teintuies & tout k secret pour plaire ,c’est d’avoir du goût pour concevoir Sc imaginer les combinaisons desmatières qui doivent faire ici un effet agréable , Sc qui puillè deveniren mode, Ic ici un ester Sc un ouvrage d'un usage bon & utile. Cr-ié iij pendant