CAL C A M.
articles passez ou allouez , font mises & additionnées eníèmbìe pouren faire un total.
CALOMNIE en Justice , c’est l’accufation à faux que quelqu’unfait a un autre , en lui imputant un crime qu’il H a pas commis , &dont il est entierement innocent. Loijeatt dans son Iraité des Offices ,Leu. i. Chap. 14, & imbert dans fa Pratique, Ltv. 3. Chap . 7, nousapprennent que cette eípece d'injurone íe pouvoit autrefois réparer quepar la peine du Talion; c’est-à-dire, qu’il falloit que l’aecufaceur foufntla même punition que l'acculéauroit meritee s il avoit ete convaincu:présentement comme les peines font arbitraires, il dépend de la pru-dence des Juives de condamner les Calomniateurs selon les circonstan-ces qui rendent l’injure plus ou moins grave.
CAL QJJ E R, de l'Italien calcare , contrttirer. C’est copier un destintrait pour trait ; ce qui fc fait ou en frottant le destin par derrière aesanguine ou de pierre de mine pour le tracer fur un papier blanc avecune pointe, ou en le posant lùr un autre papier pour le destiner à la* vitre. Décalquer, c’est tirer une contrcprcuve d’un destin, cxpolant unpapia- blanc delìus > Sc le frottant avec quelque choie de dur, commemanche ác canif, pour lui faire recevoir 1 impression.
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CAMAYEU. C’est une peinture dune seule couleur où les jours& les ombres íont observez lur un fond d or ou d azur. On appellegrisaille un camayeu peint de gris, & cirage celui qui est peint de jau-ne. Les plus riches camayeux font rehauslës d’or ou de bronze parhachures. C’est cette peinture en camayeu que Pline appelle Mtnochro-tna.
[CAMAYEU. Sorte de petite pierre, où, par un jeu de la Na-ture, te trouvent plusieurs figures, Villes, paysages, têtes d hommes,& autres choses qui parodient imitées de l’Art. J
CAMBISTE. Mot qui, quoiqu’un peu vieux, nc laisse pas d’ctrede quelqu’ulage parmi les Marchands négocians & Banquiers. Quel-ques-uns le font dériver du mot Latin cambium, doit est venu le motItalien cambio , doit cambiare changer ; enlorte que le cambiste signifiechangeur, ou exerceant le change. Les aunes étymologies de ce motfont trop forcées & retombent dans celle-ci. Cambiste est en vertu deson origine , celui qui se mêle du négoce des lettres & billets de chan-ge , qui vont régulièrement fur la Place ou fur la Bourse pours’instrui-re du cours de l’argenr, Sc fur quel pied il est par rapport au changedes disserentes Places étrangères . afin de pouvoir faire a propos destraites & remises, ou des négociations d’argent, ou de lettres & billetsde change. Quoique le mot cambio fort purement Italien, & point dutout François, qui disent le change en place de cambio, ce endant ons’en stn assez communément en Provence & chez quelques Nations,entr’auttes la Nation Hollandoife fe lest appropriée, quoiqu’ils aientleur propre mot Wtjsel, pour exprimer la même chose.
[ C A M B O UI S. Graislè noire qui est au moyeu des roues des car-relles & charrettes. Pour en ôter les taches. Voyez Tache. Pourl’ôter des mains. Voyez. M a.J n s.]
CAMBRASINES. Toiles fines d'Égypte, dont il fe fait un assezgrand négoce au Caire , à Alexandr.e & a Roíette ; leur prix est de ypiastres la piece. L’origine du mot vient de leur ressemblance avec lestoiles de Cambray, dont on a fait un adjectif, qui est cambrafine.
CAMBRAY ou Cambresiîje; c’est-à-dire, toile cambrefincou de cambray. C’est une lone de toile blanche, claire & fine, faitede lin. Leur nom vient à la vérité du Cambresis, & de la Ville de Cam-bray ; mais à présent la plupart de celles qu’on voit aujourd'hui le ma-nufacturent à Pcronne, & aux environs de cette Ville de Picardie. Cet-te toile a quelque rapport pour la qualité aux quintins clairs & fins deEr.tagne , quoique d’une qualité qui leur est beaucoup) supérieure.Leur usage le plus ordinaire est pour faire des garnitures de têtes pourles femmes, & dès rabas & manchettes pour les hommes.
[CAMÉLÉON. On dit que c’est un animal qui rellemble fortau lézard ordinaire, & qui n’eít pas plus grand ; il tient toujours lagueule ouverte pour fe nourrir de Pair & des ratons du Soleil. Sa peauqui est toute couverte de petites taches , est si polie Sc si luisante,qu’elle réfléchit toutes les couleurs des objets qui en liant prochent.
CAMÉLÉOPARD. Animal de l’Abissinie, ayant la tête & lecou comme le Chameau, & la peau toute tachetée comme le Léopard.CAMELOT. Sorte d’étoífe de poil & de laine. ]
CAMISOLE ou CHEMISETTE. C’est un petit vêtementfait de toile, basin, futaine, molleton, flanelle, ratine & autres étoffes ;on met ce vêtement soit la nuit, soit le jour entre la chemise & la ve-ste > pour se garantir du froid. On fait aussi des camiíoles d’ouvrageau tricot de foye, de fil ou de coton. II y a trois Métiers différenspour les camisoles selon la diversité de leur matière ; car les Maîtresdu Corps de la Bonneterie font & débitent des camisoles au tricot, lesPeaussiers font leur com m, r ce des camisoles de chamois, & les Tail-leurs & Couturiers s’occupcnt des autres fortes.
CAMP à SIAM. C’cff un lieu que quelques Peuples d’Orient,fur tout les Siamois, assgnent hors de leurs Villes aux Marchandsétrangers, de quelques Pais qu’ils viennent vers eux pour faire com-merce, vente, troc ou échange,. & où non-feulement ces étrangersd’Furope & d’Afìe & d’autres endroits y dressent leurs boutiques, maisaulïi y ont leurs magasins & y habitent avec toutes leurs familles,enfans, femmes, valets, serviteurs de contoirs, commis ; ce qui estfans doute une grande sujétion & incommodité , qui rend leur traficb en pénible & peu commode. Cette maniéré d’agir ne provient qued'orgueil de ne vouloir point honorer les étrangers & les inconnus decette familiarité domestique, & l’on pourroit dire urbanité ou droitd'habiter avec eux dans leurs Villes ; c’est encore un effet de leur crain-te & de leur jalousie, de ne vouloir pas faire connoitre l'intérieur dekur gouvernement, de leurs mœurs & Religion, &laillèr prendre auxEuropéens des connoistànces trop particulières, donc les Siamois,Japonois, Chinois, craignent que les étrangerspourreientabuíer : «-
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peîicîaHt ces peuples jaloux & réservés n'ont pis iMe égale deffîancepour toutes les Nations de l’Europe; car les uns se conhent plus auxHollandais, les autres á d’autres Nations, félon qu’ils ont ou expéri-menté ou présumé favorablement en leur faveur. Pour revenir à cesCamps ou efpeces de Campetnens, chaque Nation forme comme uneVille particulière dans son quartier ou terrain désigné. On comment ecependant à tè familiariser davantage avec les Européens & aimer lesFrançois. Car les Européens font a présent plus libres & exempts deces sujétions, & il leur est allez libre d’habiter dans leurs Villes, oupour le moins dans leurs Fauxbourgs.
CAMPANE. Ce mot fe dit de deux ouvrages : d’une forte dedentelle, & d’une maniéré de franche ou crépine. La dentelle qu’onappelle campane » est une petite dentelle balle , iegere & fine. Cesdentelles font de deux efpeces à raison de leur matière qui est ou defil ou de foye; celles de fil fe cousent à d’autres qui ont plus de hau-teur , de même fabrique & façon ; ce qu’on fait a trois desseins , oupour en augmenter encore plus la hauteur , ou pour les orner patcette addition, ou pour en rétablir le picot uíë. Les femmes en met-te..t aussi à leurs manches, cornettes, fichus & autres semblables aju-ste mens, au lieu d’autres dentelles. A l’égard de celles de foye el esRappliquent ordina.rement à des mantilles, à des fichus & à d’autrespareilles bardes des femmes. Les unes & les autres font de la dépen-dance du négoce des Marchands Merciers. Les Lingcres mêmes en ven-dent aussi, nuis ce ne font que de celles de fil de lin b'anc.
CAMPANE, FRANGE, ou maniéré de frange & crépine, estfaite de fil d’or, d’argent & même de foye, qui fe termine par en basen petites houpes qui reílèmblent á des petites cloches. On l’emploïepour garnir toutes fortes d’ouvrages > loit pour ornemer.s d'Église ,ou pour emnieublemcns. II nefs permis à Paris qu aux seuls Pastc-menticrs Boutonnieis de faire lefditcs campanes & houpes. Mais quoi-que les Ouvriers soient en droit, ce semble, de vendre les campanesqu’ils fabriquent, les Marchands Merciers ne laissent pas cependant d’enfaire une portion de leur commerce. A 1 égard des campanes de lapremière forte dont nous avons d’abord parle. qui font des dentellesou de fil & de loyc, leur fabrique est de la même maniéré; elles fefont fui l'oreiller avec des fuseaux & des épeingles, de même que lesautres dentelles.
[CAMPHRE. Voyez cet article dans le Dictionnaire (Economi-que, & y ajoutez ce qui fuit.
Le camphre est difficile à éteindre quand il a pris feu, il brûle mê-me dans l'eau. II est d’une odeur forte & pénétrante qui fe dissipe àl’air. Le camphre rafiné doit être choisi le plus blanc , le plus clair,k moins taché Sc le moins brisé qu’il se pourra. On ne peut pointfalsifier cette drogue. Pour empêcher qu’clle ne s’évapore, il faut laconserver dans du son, ou dans de la graine de lin ; niais malgré cet-te précaution, elle ne laisse pas de diminuer , parce qu’elle est corti-poiée d’un fouphr c & d’un íel fi volatil, qu a peine le peut-on garderquelque rems. Le camphre le dissout également dans l’eau-de-vicf Scdans l’efjirit de vin. Le camphre allumé & éteint plusieurs fois dansquelque liqueur appropriée, est excellent contre la passion histéri-que : on en fait aussi des lavemens en ieteignant dans l’eau simple.Quand on a fait dissoudre cette drogue dans l’eau-de-vic , on verselur cette dissolution de l’eau commune, & en remuant bien le tout,il s’amalle à la superficie une elpc-ce de crème ou de pédicule blan-che, dont on amasse trois cuillerées. Le camphre fe donne aussi enbol avec la conserve de fleurs de souci , depuis dix jufqu’a qurnzegrains. L’eau de vie camphrée, ou l’elprit de vin camphré, est un ex-cellent remède contre la gangrené ; on les employé dans les gargaris-me s antsteorbutiques. Étant dissout dans l’huilc de térébenthine, c’estun bon topique dans la sidatique, 8c dans les rhumatismes. Le cam-phre qu’on pend au col de celui qui a la fièvre intermittente , est ca-pable de la guérit , parce que Ion íel fulphureux s’cnlinuë aisémentpar les pores, & chaste {'humeur qui met le désordre dans la malledu sang. La dissolution du camphre lè fait de quatre dragmes de cet-te drogue > dans quatre onces d’esprit de vin, ou dans demi livre d’eaude vie. On en fait prendre pour k scorbut & l'apoplcxie ; la dose estdepuis six goûtes jufqu’á quinze dans quelque liqueur appropriée dela maladie. On en nonne la même doíè pour la maladie histérique.Un petit coton imbibé de cette liqueur , Sc mis fur la dent , en ap-parie la douleur.
Préparation de Chuile de Camphre.
Mettez dans un marras de verre double , dont le co! ne soir pas troplong, mais assez large, deux livres d’esprit de nitre bien put Sc biendéfkgmé, ajoûtez-y deux livres de camphre concassé menu. Aprèsavoir bouché légèrement votre marras, mettez-le au bain marie àune chaleur fi douce que vous y puissiez tenir aisément la main ; laissfez votre marras jufqu’a ce que le camphre loit entièrement distbut Scréduit en huile. Alors prenez un entonnoir de verre, bouchez-le paren bas avec le doigt, versez la liqueur dedans, & attendez quelquesminutes que l’huile ait pris le dessus. Cela fait, laistèz couler lelpritde nitre ; & lorsque l’huile fêta desienduë , & voudra couler à sontour , vous l’en empêcherez en bouchant de nouveau l’entonnoir avecle doigt; vous verserez votre huile dans une bouteille de verre quevous boucherez bien avec du liège qui aura bouilli dans la cire , Scla recouvrirez avec un parchemin trempé & amolli dansl’hnikd'olivc.
L’huíle de camphre naturelle qu’on apporte des Indes, est préfé-rable a celle que nous venons de décrite. ]
CANAL, du Latin candis, tuyau ; c’eit dans un aqueduc de pier-re, la partie par où pastè l’eau, qui fe trouve dans ks aqueducs anti-ques, revêtu d’un coutroy de mastic de certaine compolttion, com-me on voit au Pont du Gard en Languedoc.
CANAL de Communication, c’est un canal d’eau fait par artifi-ce, 1 e plus souvent avec des éclulès, & soutenu de levées pour abre-ger k ch tarin d’uii lieu à w autre far le secours de la navigation.
L iíj CANAL