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CAS. C A T.

VÌron d’un septième par cent plus foible que la livre poids de mire deParis, Le Castillan eft en uíàge aussi à Buénos-Aires > dans les minesdu Chily Si du Potoíi, Sc dans tout ie reste de l’Amérique Espagnole,Ce qu’on appelle ordinairement un poids d’or en Espagne . s’encendtoûjours du castillan ; ainíi quand on dit dix mille castillans d’or, c’estcomme si l’on difoit le poid de dix mille castillans d’or. Castillanest aussi une monnoye d’or qui a cours en Espagne , elle vaut quatorzeréales & seize deniers, ou trois livres dix fols monnoye de France,

CASUEL , ce qui est forfait & accidentel, Sc dont. lcyénement«’est pas certain, ni ne peut être prévu ; en Droit on le dit en ces rencon-tres : Droits caiùels, font des profits Sc revenus qui arrivent fortuite-ment, comme les lods & ventes à l'égard des Seigneurs particuliers,& les droits d’aubaine & de bâtardise a l’égard du Roi Sc des PrincesSouverains.

Qn dit parties casuclles » profit qui arrive au Roi casuellement &fortuitement, pour la réception deíqucls profits font établis desTréfq-iiers, qu’on appelle Trésoriers des parties casuclles. Ce mot est prisquelquefois, non comme adjectif, tel qu’il est proprement; mais iub-lfantivement, comme quand on dit, le cafuel d’un bénéfice i ce Bé-néficier a affermé son cafuel tant, Sec. On dit qu’un fermier qui auroitpromis le fermage, nonobstant tout cas fortuit,peut néanmoins de-mander remise pour tempêtes, orages Sc calamitez extraordinaires.Charondas,îtv. 10, rep. jg.

C A T.

[CATAFAL QU E. Décoration d’Architectúre > «u de Peinture »pour la représentation d’un cercueil.

C A T A LOTI QUE. Remède qu’on applique fur les cicatrices& les marques grossières qui paroilfent fur la peau > afin de la dissiper,

CATAPLASME. Voj’ez cet Article dans le Dictionnaire (Econo-mique, & y ajoûtez ce qui fuit.

Autre Cataplâme pour'résoudre íes tumeurs qui arrivent aux mammeUesCt aux player.

Envelopez dans un papier, & faites cuire fous la cendre quatre poi-gnées d’ozeille. Ensuite mcttez-la dans une terrine avec gros commeun œuf de levain de seigle , ou de levain ordinaire, Sc autant de sain-doux. Battez le tout ensemble , & faites-en un onguent que vous ap-pliquerez fur la tumeur , L renouvellerez J'emplâtre trois fois le jour.

Autre Càtaplâme pour appeifer les douleurs dans les grandes fluxions*

Battez ensemble un blanc d’œuf, de fuie de cheminée , d’eau roseSc quelque peu d’huile roíat.

Ou bien prenez de l’huile de camomille & de melilot, graine de lin,du son gris & de la biere. Battez le touc ensemble Sc faites-en un ca-taplâme.

Càtaplâme dans les fièvres oh le cerveau est attaqué d’un assoupissement(s d’une langueur extraordinaire.

Mêlez Sc battez ensemble trois onces de savon noir , quatre oncesde chair de harangs salez , une once & demie de sel marin . Sc deuxonces de racines de btione coupées très-menu Sc bien broyées. Faitesun cacaplâme & appliquez-le aux plantes des pieds.

CATARACTE. Opacité de l’humeur cristalline de l’œil, laquel-le a perdu fa transparence en tout ou en partie. ]

CATEUX , se dit des biens. Biens cateux > sont appeliez en Pi-cardie , au rapport de Boutcillcr , certains biens qui font meubles &immeubles, pat exemple , les blés font appeliez en Picardie biens ca-teux, à cause que jusqu’au r y de Mai n’étant point comptez entre lesfruits , on les met au rang des immeubles » & depuis ce tems là ilsfont réputez meubles. •

[CATHARTIQUE. Voyez. Remèdes.]

C A TIR. C’est donner le catit aux draps , aux ratines , aux ser-ges. Le cari est une sotte d’apprêt qui se donne aux étoffes de laine,par le moyen de la presse pour les rendre plus fermes, plus lustréesSc d’un plus bel œil ; c’est une science chez les Manufacturiers que desavoir bien donner le cari aux étoffes : les Bonnetiers donnent aussi tecati aux bas d’estame. Or il y a deux maniérés de catit,l’une i froid,ï’autre à chaud. Voici la maniéré dont on catit à froid. Après quel’ctoffe a eu toutes ses façons , c’est-à-dire , qu’élle a été dégraissée,foulée , dégorgée, lainée, tondue, brossée comme il faut suivant sonefpece 8 C qualité, on la plie quatrément par plis égaux , en observantde mettre entre chaque pli une feuille de vélin ou de carton bien lis-sé & bien fin, & par dessus le tout, un plateau fou planche de boisquarréc, puis on la met fous une presse que l’on ferre bien fort parle moyen d’une vis que l’on fait descendre perpendiculairement sur lemilieu du plateau à force de bras Sc de leviers. L’étoffe ayant testé untems suffisant sous la presse, on la retire , & en ayant ôté les cartonsl’on y fait quelques points d’aiguille avec du gros fil ou de la ficellemenue pour en arrêter le manteau; ciest-à-dire , le côté du chef quisert comme d’envelope ou de couverture à toute la piece , pour em*

Î lécher qu’elle nc‘ se déplie ; enfin on ('enferme dans une toilette poura mieux conserver. On peut se passer de la preste ; car on peut catità froid , se contentant de mettre Pécoffe sur une table unie & ferme,après Pavoit pliée Sc cartonnée , & par dessus le tout on met un pla-teau que l’on charge avec des poids plus Ou moins péfans , suivantqu’on le juge nécestàirc. La maniéré de catit à chaud, quoiqu’clle soitáeffendu’é par les Ordonnances > qu’elle soit fort mauvaise & domma-geable , n’ayant été inventée pat les Manufacturiers Sc ouvriers quepour couvrit les défauts des étoffes, & pour s’exempter de leur don-ner tous les lainages & teintures qui leur sont nécessaires pour lesrendre prafaites &'de bonne qualité , ne laisse pas de se pratiquer en-core ; elle se faifoit encore ainsi : l’étoffe ayant eu les apprêts préala-bles & ordinaires, on lactose avec de l’eau un peu gommée, quel’on souffle dessus avec la bouche du côté de l’endroit ; ensuite on laTom h

C A T. G A U* n

plie pâí plis égêaiïx > & entre d’eux plis on met des feuilles de car-ton , & de six en six plis & au dessus dtó tout une plaque de fer oud’airain , qu’on a bien fait chauffer dans une efpece de fourneau faitexprès, après quoi on la met fous la preste > & l’on fait descendre des-sus avec violence, pat le moyen d’une longue barre de bois, une vissemblable á celle d’un pressoir á vins On met fous cette presse en mê-me tems jusqu’à cinq & six pieces l’une fur l’aucte à la fois, toutes gar-nies de cartons & de plaques de fer ou d’airain chaudes , ainsi qu’il ,été dit > & lorsque les placjues font refroidies l’oh retire les étoffes dedessous lá preste pour en oter les cartons & les plaques, & pour l’ap-pointet, c’est-à-dire, y faire des points pour contenir & tenir en or-dre & état le manteau & les plis , & empêcher qu’ils ne sc défassent»Mais cette maniéré a été , dis-je , deffenduë; car l’Arrêt du Conseild'Étac, du } Décembre 1 697, a ordonné que les précédentes Ordon-nances prohibitives > scroient exécutées ; & fait dessense expresses auxMarchands Drapiers, Manufacturiers, Fabriqueurs, Foulons, Applai-gneurs, Tondeurs Sc autres , d’avoir chez eux aucunes presses à fer *airain & à feu , & de s’en servir pour presser les draps Sc étoffes dclaine 5 & aux Marchands de commander ni exposer en vente aucunsdraps ni étoffes dc laine qui ayent été pressées à fer , airain & à feu,le tout fous les peines & amendes portées par ledit Arrêt.

CATISSEÚR. C’est cet ouvrier qui dans les manufactures d(Slainage , travaille à presser les étoffes pour leut donner le cati. Cetteefpece d’ouvrier se nomme aussi presleur, quoique ce soit souvent dessondeurs qui faslènc cet ouvrage,

C A U.

C AUDÉBËC. Sorte de chapeau ainsi âppellé à oáufe de la Vil-le de Caudebec en Normandie, où il s’en fabrique beaucoup ; ils soncfaits de laine d’agnelins, de poil ou dUvet d’auttuche , ou de poil dechameau.

C A US E, est en Pratique proprement le motif & la raison pourlequel & pour laquelle Faction s’intente. Ainsi on devroit appelleícauses tous les différends qui naissent entre les parties, les procès & lesprocédures faites pour parvenir á terminer ces différends. Cependantdans l’uíage qu’on fait ordinairement prévaloir au dessus de la raison »Sc dc l’exactitude & régularité de l’exprcssion , on appelle causes le*contestations qui se vuident à l’Audiance , & procès ou instances cel-les qui se poursuivent en conséquence d’un appointement.

Causes & moyens d’apel , font des écritures que dressent les Avo-cats cn vertu des apppointemens audit Conseil. dans lesquelles écri-tures , après que l’on a expliqué le fait & la procédure , & déduit lesmoyens , on finit par ces mots : par toutes ces considérations , Nos Sei »gneúrs , l'apptUant persifle en ses tonclufions. On drestè de la même ma-niéré d’auttes écritures , sor tout les causes & moyens des nullitcz enmatière criminelle ; les causes & moyens d’abus , tant en matière civi-le que criminelle ; Sc les causes Sc moyens d’opposition fur des appoin-temens eh Droit»

Dans les Édits & Lettres Patentes on met ces paroles : à ces causesypour dite en considération de ce qui a cté exposé. Cause signifie aussidroit cédé ou transmis d une personne en une autre » dans cette façonde parler , ses héritiers ou ay ans cause ; enfin cause signifie le bon droitoù son contraire , c’est ce qui qualifie diversement ce droit, en l’ap-pellant bonne cause , mauvaise cause , cause douteuse , indubitable ,embrouillée.

[CAUSTIQUE. Corrosif. La plûpart des poisons font causti-ques. La pierre infernale est fort caustique.

Pour faire une liqueur caustique propre à consofnmer tes chairs íavtustiÓ* pourries , ét toutes sortes d'excroijfemens, fur toutcelles des maux vénériens.

Commencez pat bien faire chausser un mortier entre les charbon*ardens. Ensuite broyez huit onces dc sel nitre , & quatorze onces deverd de gris , qu’il faut auparavant faire détoner & bien mêler as-semble. Le tout étant broyé Sc réduit en poudre, faites-le résoudre àla cave par défaillance. ]

C A U TELE. Signifie câution ; lorqu’un Prêtre est interdit oùexcommunié par Sentence , il est obligé , s’il veut continuer dans sc»fonctions, d’obtenir des lettres d’absolution à cautele > pour obtenirpar là le tems de déduire ses causes d’appel.

[CAUTÈRE. Efpece de petit ulcère que le Chirurgien fait dâiiiquelque partie extérieure du corps, par le moyen de la pierre inferna-le ou dequelqu’autre corrosif , afin de faire sortir quelque matière dsmaladie. On doit panser le cautère soir & matin, & le bassiner de temsen tems avec du vin blanc tiédi, ou avec de l’eau de vie mêlée d’eaucommune, On met dans le cautère un pois, ou une petite boute faitede racine d’iris; il y á des personnes qui y mettent une petite boule decire. C’est pour empêcher qu’il ne sc ferme par dessus la petite boule;on met deux feuilles de lierre vertes áfirt d’âttírer plus abondammentla matière. ]

CAUTION» Du mot Latin câuíio , q«ií vient de taxera stbi , sedonner de garde, se pourvoir à fa sûreté , & à la sûreté de ses inté-rêts & de les droits pour ne pas en déchoir , les perdre & les expo-ser à quelque risque & péril. Le mot de cautio auroit donc seulementle sens général de précaution ; mais dans l’ufage le mor caution si-gnifie un moyen particulier & précis dc pourvoir à la fûíftc de ses in-térêts , en exigeant un répondant » un pleige qui (répond , qui s’o-blige de payer , par exemple, pour un âutre qui ne nous paroît pasassez assuré , que nous craignons n’être pas folvable. Ce pleige , cau-tion Sc répondant > est en effet une lureté pont le créancier j puisquec’est, pour ainsi dire , un second débiteur substitué au premier. Le*cautions se reçoivent, ou en conséquence d’un jugement, ou par le-quel le Juge oblige Sc condamne 1 e débiteur à donner caution, ou

M !j pa*