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5ft® F O s. FOU.
«ratures qui n’en ont pas & qu'on appelle secs. Ces deux fortes ostchacun leurs avantages. Comme ia hauteur du rempart & celle duparapet empêchent que le toile ne soit bien deffendu de front , ilfaut que chacune de ses parties soit vùë & ddFendu'e de flanc par ladisposition des lignes & de l’enccinte. Sa largeur Sc fa profondeur,dépendent de la nature des terres gralfcs ou sablonneuses , maréca-geuses ou de roche vive j ce qui demande plus ou moins de talus pourl’escarpe & pour la contrescarpe. En général les foliés peuvent avoirdepuis seize toises jusques à vingt & deux de largeur, Sc de profondeurdepuis quinze pieds jusques à vingt cinq. La profondeur des foliéspleins d’eau est toujours moindre que celle des foliés socs. Les foliéspleins ont l’avantage d'empêcher les surprises , d’óter au mineur lafacilité de se couler le long du bastion, pour s'arracher à un endroitquand il a cté chassé d’un autre ; mais ces avantages cedenr à plu-sieurs autres qui rendent les foliés secs préférables à ceux qui sontpleins j car aux folles socs les sorties & les retraites de la garnilon sontailées , la communication & le se.ours des ouvrages détachés est fa-cile, la sujettion de rompre la glace en Hiver contre les surprises n'aaucun lieu, on peur contreminer a loisir leurs contrescarpes lans crain-dre ['inondation, enfin on dispute pied à pied le paílàge du folié secar des caponicres, traverses Sc divers retranchemens qu'on y préparee longue main. Que si en faveur des foliés pleins on allégué la nc-ceflité Sc l’embarrasac les saigner, on réplique que cette peine né-gale pas le danger Sc les difficultés de forcer avec mille chicanes lesretranchemens du folié soc, quand il est bien deffendu.
S O U.
í O U ou F o t. En terme de Pratique se dit eníquclques occasionsrarement de l'homme, mais avec les mots appel, intimation, enchè-re. Fol appel est un appel mal fondé j quand la sentence de laquelle®n a formé appel est confirmée, on paye lamende de fol appel ; ondit folle intimation, & on entend pat là une prise à partie d’un Ju-ge qui a jugé dans l'ordre & fans prévarication, on condamne tou-jours aux dépens d’une folle intimation. On a raison d’appelìer un telappel & une telle intimation fou Sc folle , puiíque c’est une actionvaine, fans succès ; folle parce qu’elle est fans fondement & íàns raisonvalable. & cette foire est puniflàblc parce quelle trouble l’ordre éta-bli parmi & dans les astàires humaines. Par exemple l'ordre demandeque le coûts de la justice se fade 1e plus promptement qu’il est pol-fibse) & qu'on n’examine point deux fois une méme question & affairequand elle a été très-bien examinée. La confirmation de la sentenceprouve la sagesse, la fidélité & justice du premier Juge, du Juge enpremiere instance, & prouve la folie de celui qui a interjettâ appelíàns raison , & est punilïàble pour avoir vainement interrompu lecours expeditif de la justice: cet appellant est aussi fou > puis qu’iln’est pas capable de connoitte le critérium Sc les lignes du juste & dubien jugé. Par la même raison les deux autres procédés sont appellésfous, Sc ceux qui les tiennent sont réputés fous , parce que dans lafolle intimation il y a une directe ou indirecte accusation contre le Ju-ge , d'avoir prevanqué dans ['exercice de là charge , & dans la folleenchère de meme. Voyez, Enchère.
L’écymologie du mot fol ou son est diversement assignée par 'di-verses p.rfonnes dérudition. Icques croît que 1c nom de fou ou fol aété pris de la langue des Cimbres, c'est à-dire, de la langue qu’onpa loir autrefois dans la Jutlande, dans laquelle le mot fol lignifie laméme chose. Skinner le dérive àefaul: ce mot dans la langue Tu-defque signifie pareíîèux, négligent, lâche, c’est ce que font ordinai-rement les insensés. Les Bas-Bretons disent foll pour fol. Le MédecinBon dérive le mot fou du mot Grec phoxos , qui signifie tête aiguë,à cause que cette conformation de tête est la pire dc toutes pour lesfonctions organiques de l’amc raisonnable. Ménage dérive ce motdes ftllus » mot de même signification dans la balle Latinité. Commetoutes ces étymologies ne disent rien d'utile, & sont des pures & vai-nes rapsodies de Babel, j'en proposerai íàns détour & tout simple-ment, qui seront plus analogiques & plus significatives. Et premiè-rement, si je disois qu efol, vient d e follis un soufflet ou balondecuirplein de vent, je ne dirois rien qui ne fût ressemblant au son du mot& à fa signification; car que signifie tête folle, que tête pleine de ventou tête vulde de pensées Sc d’idées justes & raisonnables. Seconde-ment, je supposerai que de fabula, est venu fabulas ou fabulofus, celuiqui ne se repaît que de fables, qu’il récité comme de belles choses.Un diseur de fariboles Sc de fadaises: remarqués en pallànt que lemot faribole, est le méme que parole , mais paroles dans un sensodieux comme un mauva s usage de la parole > pour le mot fadetijê ilvient de fatuitas fatuité. Enfin pour montrer que fol est celui qui fcplaie aux fables & aux autres déréglemens de la parole, c'est que lemot de fou vient du Latin fatum lignifiant fou , qui abuse de la pa-role, car fatuus vient du supin dc for, sari, fatusfum ,/â-vr. Je potir-rois encore prolonger ce jeu d’allulìons, si je ne craigríois que l’onáppelleroit fatuité Sc fadaise, ce que je potirrois ajouter de plus. Siquelques personnes ont plus de goût pour les étymologies rares &venues de très loin, ils poutront lé satisfaire : car j ai ramasse avecbeaucoup de dégoût ce qui peut leur faire plaisir.
F O U D R E en termes de pratique fe dit de l’exhérédation. Fou-dre de îexhérédation fc dit pour montrer que comme la foudre sé-paré les choses qui sont ses plus unies, ainsi ses parens par une Or-donnance de derniere volonté séparent & retranchent les enfans deleur famille, à l’effet de les empêcher de succéder à leurs biens. Onappelle aussi figurément les foudres du Vatican ses excommunica-tions qui viennent de la Cour dc Rome, Sc les foudres de l'Eglise engénéral toutes les excommunications. On dit aussi les foudres descensures Ecclésiastiques, bien des personnes en France pensent queces foudres peuvent être souvent lancés mal-à-propos, & alors ils nes’épouvautent point du bruit de ces foudres.
FOUET. Terme dc Droit 8: de justice criminelle, est une peinedont la condamnation emporte infamie, lorsque ['exécution «’en fait
FOU.
en publie, car quand lc jugement porte que l’acCufè fera fouetté fou*la custode, c'est-à-dire, dans la prison, c’est plûtôt une simple correc-tion qu’une peine infamante ; la peine du fouet étoit en usage cherles Juifs. La Loi du Deuteronomc ij. vs. j. bornoit lc châtiment dufouet à quarante coups. Ils n’en donnoient ordinairement quetrente-neuf, asin de ne pas cxceder & d'être sûrs qu’ils n’avoient pas été au-delà dc ce que la Loi permet, mais il y a plus d'apparcncc que celavenoit de la forme de leur fouet qui avoir trois ccourgées. C’eitpourquoi chaque coup étoit compté pour trois, ainsi en fiappant trei-ze fois ils donnoient trente neuf coups, & s’ils cuisent frappé quator-ze sois ils auroient donné quarante deux coups, Sc auroit été au-delàdc ce que la Loi permettoit; au reste ce supplice n’entrainoicm infamieni diminutions de dignité. Tout le monde y étoit soumis jusques auSouverain Sacrificateur. A l’égard de ['étymologie, Borcl dérive foueîde fujlis » qui signifie bâton, baguette , verge par deux ou trois di-minutions. Mr. Huer dit que fouet est un diminutif dc fau fagui, lesfouets se faiíant autrefois d’une branche de fouteau, comme houssineest le diminutif de houx, comme qui diroit petite branche de houx.Ces étymologies sont allez plausibles ; cependant j'aurois bien incli-nation á dire que fouet vient de seau par diminution , comme quidiroit petit fléau, Sc ôtant L feauët. Au reste seau vient d e fiagellum tqui signifie proprement fléau & fouet.
FOUGERE. Voyez, cet Article dans le Dictionnaire (Economi-que , & y ajoutez ce qui soit.
[ L’cau distillée de cette racine est un spécifique pour produire 1*même effet. Un gros dc la racine pris dans quelque liqueur appro-priée, poulie les urines, & désopile le soye & la ratte. Lc mucilagequ’on tire des racines fraîches pilées, est un excellent remede pourla brûlure. La décoction de fougère est très-utile dans k gonflementde la ratte. On pile aussi cette racine, Sc on ['applique fur la ratte enforme dc catapláme. Le sel de fougère est un grand sondant ; on s'ensert pour faire le verre. On peut substituer les feuilles dc fougère aucapillaire dans les maladies de la poitrine.
Observation fur les fougères.
Cette efpece de fougère qui porte des graines en forme de bouquetau sommée de les feuilles, fe nomme fougère fleurie ou ofmondc;la cifanne & la décoction dc fa racine, ou la racine des jeunes pouf.ses, os l’eau distillée de leurs racines, à deux onces par jour pendantquelques tems, sont un remede très-propre pour les enfans noués; iln’est point inconnu aux gens de la campagne ; car ils ont coutumede faire coucher leurs enfans noués fur des paillasses remplies de feuil-les dc fougère.
La racine de l’ofmonde s’employe aussi pour guérir les descentes,pour la colique , Sc pour les maladies du soye Sc de la ratte, dont el-le est propre á lever les obstructions. Le milieu de cette racine lequelest d’une substance qui tire sur lc blanc, est en usage pour les blcflìi-res, les chutes, les contusions, & même pour la colique. On enprend la décoction, ou après savoir broyée, on la fait infuser dan»une liqueur appropriée.
FOUILLES du jardin. Voyez. Jardin.
FOULE. C'est une préparation des draps, & autres étoffés dc lai-ne , qui le fait avec de l’eau chaude où l'on a fait dissoudre du sa-von. 11 scroit à souhaiter qu’on ne fit la foule que dc cette maniéré;mais la plupart des foulons qui veulent épargner le savon, parce qu'ilcoure de l’argent, y employeur d’abord surine , & enluite la terregrade. Ce dernier ingrédient peut ctre fort utile pour dégraisser le»draps; mais il est á craindre qu’il ne s’y trouve de petites pierres,ou graviers qui peuvent ses trotter, Sc les dégrader considérable nenr-C’est pourquoi les foulons doivent bien préparer la terre avanttksVnícrvir, en la délayant, Sc la maniant Iong-tcms dans l’eau pour enôter jusou’aux moindres duretés. Pour ce qui est dc l’utine , elle rendles étoffes lèches, rudes & puantes, Sc l’on ne dcvroit point du touss’en servit.
Maniéré de faire la foule des draps , ér autres étoffes delaine, avec le Savon.
Je suppose que vous ayez une piece de drap de couleur de qurrt-ze marques, ou enseignes ; c’est à-dire, de quarante cinq aunes , o<íenviron. Pour la fouler il faut prendre quinze livres de la von , Xn’en faire fondte d’abord que huit livres dans deux liteaux d’eau dc ri-vière, ou de fontaine, qm soit bien chaude, eníorte pourtant qu'ony puisse souftr r les mains: puis aiant mis votie piece démise dansle pot, ou pile du modin, vous jettez peu à peu l’eau de lavon sorl’étosse , & sous la laissez fouler par les pilons pendant deux heures.Après quoi vous la retirez de la pile pour la lizer, ce qui étant fait,vous la remettez une seconde sois, fans ajouter de nouvelle eau Jesavon, Sc vous la faites encore fouler pendant deux heutes. Ensuitevous la retirez pour la tordre à la cheville, Sc pour en taire sortir !»graisse & l'ordure. Quand cela est fait vous la mettez à la pile pourla troisième fois, Sc aiant fait fondre les f pt livres dc sovon qui resctoient, de la maniéré que nous venons de marquer, vous jettez seausor l’étoffè à quatre fois différentes, & peu-à-peu, aiant soin de !»retirer de deux heures en deux heures, pour la lizer dc nouveau > Scquand vous vous apperccvrez qu’elle aura assez de force > suivant laqualité, vous la ferez dégorger tout à fait à l’eau chaude pure Sclunple , en la 1 aillant dans la pile jufqu’à ce quelle soit bien nette.
R E m A r c^U h.
II ne faut point tremper ni laver les draps de "couleur dans l’eatïavant de ses rouler; quoique cette pratique soit très-bonne à 1 égarddes draps blancs. La foule de ceux-ci est plus facile, lé fait cnmoinsde tems, & coure beaucoup moins, car on peut retrancher un gontiers de savon qu’on use à la foule des étoffes de couleur. Les dr «psqui 1e foulent a l’eau seule de íivon, se foulent en beaucoup mo^nsde tems, ne sont pas si sujets à íè trouer, & à fc casier dans la pi es