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fct les passages des Provinces où l’on craint le commerce du íaux-fel.II y a aussi des Jurez Mesureurs de sel fie des Porteurs, les uns & les au-tres pourvus, en titre d'Ostìces, des Manœuvriers , Magasiniers , Re-mueurs, Briseurs Se enfin les Voituriers tant par terre que par eau,qui rous sont entretenus aux dépens de la ferme , & donc plusieurstont souvent des fortunes immenses dans les commissions fie emploisqui leur font donnés par les fermiers généraux du sel, qui les parta-gent & Ionisent entre eux. Le produit de cette ferme des gabellescil si considérable, qu’il fait seul presque le quart des revenus du Roi ;fie l’on peut dite que le sel est pont la France, ce que sont pour l’Es-pagne les riches mines du Chilly , du Potoíì & du reste de l’Amcri-que, avec cette différence toutes fois, que les autres Nations de t’Eu-rope partagent avec les Espagnols ( quoique sous les noms de ces der-a.ert ) ces précieuses dépouilles des Indes, & qu’il n’y a que les Fran-çois, Sc particulièrement l'État, qui jouisse du trésor inépuisable de lagabtl.e. Bien des personnes ont cru que ce commerce Roïal du selpouvoir se faire à moins de frais . & d’une manière moins composée,mais plus simple j l’on a souvent présenté de nouveaux fystemes pourprocurer ces deux choses, savoir la regie œconomique des Gabelles,Si la jurifdiction contentieuse des mêmes, qui ont beaucoup de vrai-semblance & du plausible. Ces projets ont paru à des Connoisscursassez bien imaginés, & qui peut ctre pourroient réussir : mais apparemment qu’une longue expérience a fait voir que la forme de ré-gie ctablie depuis si long-tems est meilleure dans la pratique, quoiqueces plans théoriques soient plus réguliers Si mieux entendus. La meil-leure raison pour conserver cette ancienne manière de regie & de ju-ridiction dans les finances, c’est qu’il scroit difficile fie dangereuxd’y rien changer. II y a long-tems qu’on dit à l’égard de ces plans Sifystemes de police Se politique, formés dans le cabinet , ce que l’ondit de la République de Platon, qu’elle est curieuse mais que la plu-part de ses parties sont impaiticablcs. La prudence politique ue con-siste pas à faire de ces plans , mais bien a mettre k meilleur ordrequ’il est possible, pour faciliter l’exercice Se la pratique de ce qui estdéja en usage, fans s’informer trop du mieux spéculatif . 6e sans re-monter trop haut dans l’origine des choses: car quand les peuples son taccoutumés à certaines maniérés , toute nouveauté les troubles , lesembarrasse fie leur paroít suspecte.
Cet article des Gabelles est assez ample pour donner au pere de fa-mille des connoissances fort utiles fur ce lùjrt ; car il importe nonfeulement fur 1c sel Si les Gabelles, mais encore fur toutes les denréesque les œconomes sachent ce que les Princes & Magistrats en ont dé-cerné, afin que dans l’usage domestique de ces choses ils ne pèchentpoint contre les Ordonnances "publiques, & en proficent légitimementlans se rendre rcpreheníibles : ces connoiílances sont encore utiles auxpères de famille tant pour eux que pour leurs enfans, afin qu’ilspuilléntfaire leur fourme en entrant dans les finances d’une maniéré seure &irréprochable; c’est pourquoi j’ai voulu entrer dans tout ce détail ,afin que 1 homme de fortune prenne mieux ses mesures Se ne fasseaucun faux pas ni chute. La fable d I.arc doit être toujours devantles yeux Se en la mémoire de l’ŒEconome, qui veut volet dans l’airde fortune, fie qui Veut apprendre a ses enfans à s élever sens dangerdans le même élement. Tout ce que l’on a dit ici des Gabelles , n estque pat rapporta l’état où elles íont présentement depuis lan 16zo.Si fur tout depuis l’an 1645. ou 1644. sons le regne de Louis XIV.mais nous n’avons rien dit de l’etat des Gabelles sous Louis XIII, HenriIV, Henri III. Charles IX. Lee. la raison de nôtre silence sur cela est,1. Que le pere de famille n’a besoin pour son regime œconomiqued aune connoissance que du siécle où il vit. 1. C est que les Ordon-nances de Louis XIV. sont si sages fie lì complettcs, qu’elles tiennentlieu de tour c c qui a été établi avant lui fur cette matière, & que ce-lui qui seura ce qui a été fait sous son regne fur ce sujet , entendrafort bien touc ce qu’il pourroît lire touchant les siécles précedens : at-tendu que depuis l an I-.-4- â savoir depuis Philippe k Bel jusques àCharles IX. en l’année if6o. tout ce qui a été statué fur les Gabellesn’a été que pat parties ; cependant on pourroit faire un ouvrage parti-culier ou l’on feroit l’Histoire Chronologique complettc des Gabelles,ce que nous omettrons à présent pour les raisons susdites.
GABION en Architecture militaire, paniers seivans dans les for-tifications.
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GACHE, Gâchette, c’est une des pièces qui sert pour uneferrure & pour le ressort de la serrure. II y a aussi des ga.hcs cn plâ-tre & en bois, où entrent les penes des serrures. Gâches fervent àtenir ferme contre les murs les descentes de plomb par ou l’eau com-be des chefneaux Sc des goutiercs. La gâche est une piece dc ferquarrée ou contournée en rond, qui reçoit le penc ou brin de ferqui avance hors de la serrure sur le côté ; or cette gâche est ou scel-lée en plâtre ce qui n’est pas bien seur, ou est cncloisonnéc , c’csl-à-ssire, attachée sur le bois ou dans le bois des montans ou pieces àcôté, qui sont perpendiculairement posées Sc font patrie du bois fie«ladre de l’ouverture dc la= porte: les gâches le long d’un mur sontdes petits cercles de fer cramponnés dans le mur, dont plusieurs fontscellés Se fermés d’efpace cn espace, Se qui soutiennent les tuyaux dcdescente , qu’ils ne tombent pat leur propre poids , ou ne sc déta-chent de la muraille. Il y a de ces sortes de gâches qui s’ouvrent àcharnière fie se ferment à clavette » enforte qu’on peut démonter fieréparer 1c tuyau quand il est besoin sens les desceller. Gâche est aussiun vieux mot qui signifie aviron, qui est encore en usage dans son*verbe dérivé gâchet » donc les batcillcrs sc fervent pour dire tirer unbateau avec des avirons ou rames.
GACHER ou Gascher signifie aujourd’hui jetter de l’eau furquelque matière pulvérisée, pour en faire un ciment ou liaison despierres d’un bâtiment; à Paris il sc dit plus ordinairement du plâtre,a cause que c’est la matière donc les maçons sc servent 1c plus.
A l’égard de l’étymologic le mot de gâche signifiant le trou de fer,d»bois ou de plâtre, où le penc s’engage pour tenir la porte bien fermée ;
GAG GAG
je donnerai faute d’autre celle ci de mon chef > ou qu’il vient du ver-be engager , parce que !e pene de la (émue s’y engage Se y est reçu»ou de captio du verbe castre contenir. A l'égard de gascher verbe si-gnifiant ramer, on dit allez bien quand on le fait venir de Wajfer Al-lemand, qui signifie de l’eau, parce qu’on agite l’eau avec la rame ìfie lors qu’il signifie gâcher le plâtre, on conçoit que c’est dilayer léplâtre avec de l’eau appellée cn Allemand Wajfer. Nicod fie Borel fanelùr cette dérivation du même sentiment. Comme je fuis en possessiondc mettre en œuvre fie proposer des allusions ou jeux de mots, je di-rai que gâcher^ du plâtre , l'arroíser d’eau , c’est hacher , couper SCbrouiller le plâtre avec la cruelle. Lc principe de cette licence n’estpas mal fondé. 1. L’utilité immédiate pour retenir se signification -sesmors par le mojen des sons semblables, qui participent un peu a unememe idee, Sc 1. quêtant qu’il est possible , j’attribuë au Latin la sourcedu François, asin que l’on n’oblige que rarement les amateurs de lalangue Françoise, a sevoir lHebreu, Grec, Allemand, Saxon, Gothi-que. Dans cet Ouvrage j’ai été assez soigneux de marquer aulli cesétymologies d érudition, quoi qu elle ne serve de rien pour faciliter lamémoire.
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GAGE. Ge mot a plusieurs significations. 1. II signifie engage-ment dans un emprunt, c’est ce que ['emprunteur donne pour ]a lut-té de l'on créancier qui lui a prêté. 1. 11 signifie consignation en maintierce, z. Gage ou gages signifie les salaires des domestiques fie les ap-poinremens des Officiers. 4. Se dit aulli dans lc même sens que pari.Faction de parier, gages. Le mot gage entre aussi en compositioncn ccs trois mors gage-plege, mote-gage, courre gage, fie dans tousces cas on peut çlire que gage donne toujours une rdóe d’engagemencfie d’obligation, fie même de nécessité, fie 1. Gage dans l’empiunc fiele prêt, le gage qu’on donne est un engagement a payer; car ce ga-ge est un aveu qu’on doit. r. Gage en main tierce çngage la par-tie adverse à des dommages, s’il n accepte ce qui est mis cn gage, 04oblige celui qui mec lc gage à faire indifpcnseblcment ce qu’il au-roic peu le dispenser de taire sens aucun dommage aussi considérable,que celui où il s’est constitué par le gage mis en main tierce, j.Ga-ge, salaire est le prix d’un engagement pour sertir, fie les gages’ desOfficiers íont des rentes fie appointemens, par lesquels lc Roi enga-ge les Officiers fur tout de Jultice á servir le Roi, cn administrant anpeuple d’une maniéré pure, lans corruption, puisque se Roi leur don-ne ric quoi vivre honnêtement, ce qui sc fait par le Roi immédia-tement ou med atement, par les droits utiles qui font attribués àces Officiers, ou en vue seulement de leur fournir une pension pourleurs peines fie assiduités dans l’exercice de leur charge, ou en vertu dessommes fournies au Roi, pour lesquelles comme par un prix ilsont comme acheté le droit de percevoir ccs gages ou augmentationsde gages, pour eux ou á perpétuité en saveur de leurs héritiers. 4.Lors que le gage signifie pari, c’est aussi un engagement par lequelon engage (a parole à faire une chose difficile ou qui paroìc telle,sous des grievos peines qu’on s’imposc íoi-même, ou qu’on accepte,comme est de passer pour malhonnête homme, dc perdre les bon-nes grâces ou faveur d un ou plusieurs personnes qu’on respecte fiequi peuvent punir le manque dc respect fie la mauvaise foi qui setrouveroit dans leur parti ou gageure violée , fie méme perdre unargent considérable consigné en main tierce, fiée. II est clair quelemosgage en tous ces sens signifie ou montre un engagement ; il s'enfuicque pour connoitre Iss divers usages du mot que nous considérons,il faut préalablement savoir ce que c’est qu’engagemenr , ce qui estallez facile, puisqu’on entend pat engagement l’obligation où se trou-ve quelqu’un a faire quelque chose. faute- dequoi il y feroit contraintpat justice ou force majeure , ou par peine fie dommage qui soienaturellement de ['inobservation de son engagement. Après cctrcpréparation préliminaire pour ['intelligence des divers sens du moigage , il sera facile d’entendre touc ce que nous avons à dire en par-ticulier fur chacune des significations du gage propôfées fie expliquéessuccinctement.
1. Gage, qui arrive dans ['emprunt, est un nantissement on furetéque l’on donne pour quelque prêt ou pour quelque dette. II ne se ditproprement que des meubles, si 1e gage périt celui qui la reçu n’estpoint tenu du cas fortuit ; il ne répond que du doi ou d’une extrê-me négligence; ainsi lorsque des voleurs font fraction de mes portes,fenêtres ou coffres, par quai perds mon bien fie le vôtre, je ne soispoint tenu de vous rendre votre gage, ni de vous le fa te bon, par-ce que cette perte n'est arrivée ni par mon tiol, ni par ma nég igen-ce, puilqu’il a été perdu avec mon bien ; à l’égard duquel je ne puisêtre foubçonné de dol ni de négligence, d’aillcurs c’est pour vous sou-lager ou dans [intention dc vous soulager fie favoriser, que je vous aiprété fie accepté votre, gage, en attendant le parement fans vous for-cer en justice, comme j'aurois peu faire. A l’égard d’un tel gage , lccréancier nc peu le retenir, il le faut vendre. Nota, gage entre Mar-chands font par exemple marchandises » argenterie, bijoux 011 autre*esters mobiliers, que l'on donne cn nantilseuient d’une somme qu’ondoit, ou qu'on emprunte. Quoique les prêts fur gage soit distendupar les Ordonnances, il est néanmoins permis aux Marchands fie Né.gocians dc prendre des nantistèmens ou gages de leurs débiteurs pourlureté de leur dû, pourvu qu’ils n’en exigent aucun incerct. Les Ar-ticles 8 fie 9. du titre 6. de ['Ordonnance du mois de Mars 1673.prêt«rivent la manière dont les prêts fur gages doivent ctre faits entreMarchands fie Négocians, en voici les dispositions. Aucun prêt n»fera fait sor gage qu’il n’y en ait un acte par devant Notaire, doncsera tenu minute, fie qui contiendra la somme prêtée fie les gagesqui auront été délivrés, à peine de restitution de» gages, à laquellele Préteur (celui qui a prété) sera contraint par corps , fans qui!puifl’e prétendre de privilège sor les gages, sauf à exécuter les au-tres actions. Les gages qui ne pourront être exprimés dans robligi»tion seront énoncés dans une facture ou inventaire , dont sera taitmention d*ans l’obligation fie fa facture «u inventaire contiendra U
quantité