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penser à leurs affaires, & prendre leurs mesures, pour prévenir la con-damnation & sentence de Juge pour la vente des biens gagés , c'est-à-dire, saisis, mais non transportés. Par cette disposition de gager & sai-sir , qui n’a point d’édat, les locataires ne font pas exposés a des avanies& des affrons sanglans, ils peuvent trouver des gardiens 4c gatens,par lesquels ils peuvent attendre quelque bonne ou meilleure difposi--rions de leurs .affaires, mais cela fans danger pour le propriétaire.
GAGEURE, est une espece de convention sur une chose dou-teuse ou incertaine; deux personnes font d’une opinion contraire, ilsconviennent que celui qui aura raison recevra une somme de Fautre,& parcc que cette somme est ordinairement déposée en main tiercepour futété, ou pour gagne du gain, que doit faire celui qui seravainqueur, une telle convention s’appelle gageure. Voyez Depeiffe, tomepremier , partie première , titre dixième. Loifiau'du déguerpijfiment , chapi-tre troisième , & M. Expilly , plaidoyè 4 . folio quarante. Les gageures nesont permises que'sur des choses honnêtes, & elles ne produilcnt d’ac-tion au-deflùs de cent livres, que lorsqu'c Iles sont ecrites, Sc pourquelque somme que ce soit, lorlque les gages sont consignés. Gageu-re ( qu’il faut prononcer gajure ) est le méme que pari, c’est largeurou gages qu’on a parié sor quelque contestation. 11 y a des Juustesqui pensent qu’on ne doit j oint recevoir d’action en justice; il y ena d’autres ( comme d’Expi ly, quatrième plaidoyers soutiennent qu’cllessont licites & obligatoires, pourvu,comme nous avons dit , qu’ellesne soient pas illicites. Gillet cite plusieurs Jurilconsolres qui sontd’opinion , qu’il est de l’imerét public de bannir d’un Étai les ga-geures.
Pour décider cette grande controverse , entre deux sortes de Juris-consultes, dont les uns tolèrent les gageures dans la pratique & ju-gement, & les autres ne les croycnt pas dignes d’y être apportées &décidées II faut auparavant parler uc la nature des gageures; car cen’est que par la contemplation de la nature de ces actes alscz frequens,qu’on peur trouver cette bien séance ou messéance , ce décorum ou in-dteorum, qui fondent dans ces deux sortes d’Auteurs leurs opinionsdifférentes & même opposées. La gageure est une convention ; Lcertainement en foi la convention est permise; mais comme dans cetteconvention qui n’est qu’à l'égard d u seul prix & gain de la gageure ,il y a une véritable controverse & discorde d’opinions & de íentimensSc volontés : la gageure comme controverse Sc discorde n’a rien quisoit digne d’applaudiflèmcnc & d’approbation. Ce n’est que par acci-dent que le sage Magistrat doit accepter & permettre certaines con-troverses ; savoir , dans les occasions où l’interct juste des particuliersbien fondés ou innocens demandent l’int.rvenrion des Juges, connueil arrive dans les procès & controverses, qui font à l’égard du Règle-ment du mtum Sc tuum , je veux dire a l’égard dc la distribution Scattribution de ce qui appartient a un chacun. Or dans les gageuresentre particuliers, il ne s’agit pas d’un mtum & tuum , d’une eípece siimportante & si bien fondée, que dans le meum Sc tuum, qui est ré-glé déja , Sc qui est réglé par & sous l’autôrité publique. Ainsi il n’estpas ici évident que les Loix& les Magistrats doivent favot ícr un telmeum Sc tuum, purement arbitraire, fa itasque Sc accidentel, qui setrouve dans les-gageures, dont le bien solide du public Sc des parti-culiers se peut palier; Sc qui ne donne point d avantage au bien com-mun. De plus, l’objer de la gageure & son but, ejest un gain qui estfondé sur un événement incertain, & sur des moyens.de gagner, quine sont point du nombre des moyens civils ordinaires, & qui exer-cent la diligence Sc l'adteflè de ces gageurs. Ce sont des Commerçansfur des objets qui n’ont ni certitude ni dignité, & l’cxercice surtouthabitué Sc habituel de ce commerce supposent des gens oiseux, desgens peu occupés, & peu habiles même dans les talens utiles Sc ci-vils, Sc ils n’ont aucun rapport qui puisse contribuera faire fleurir lesarts & les sciences. Par cette considération, il paioît que les Magistrats& chefs de Justice, aussi bien que ceux de Police, ne peuvent avoiraucun motif de favorser ces bizarres commerces , non plus que lesjeux dc cartes, de dez. Sc autres hazards, où l’on se propose aussi du gain.Cependant comme dans le déniement du prix des gageures connéles mutuelles conventions, il pourioit arriver des dangereuses querel-les, combats & mutuelles violences, il semble nécessaire seulement paraccident , <Jue le; Magistrats décident dans ces sottes d’occasinns , ensuivant les régies déja établies fut ks conventions en général, pour-víì pourtant que les conventions ne roulent que fur des choses in-différentes , & non pas à l’égard des objets illégitimes, illicites & ab-solument défendus pat les Loix dc la société , & par IcsLoix de la dé-cence & les bonnes mœurs. Nonobstant ces considérations, ceux quine veulent point faire cet honneur aux gageurs, de soumettre lentsintérêts sous l’inspection Sc connoiffancc des Juges , disent qu’il nesaiit point charger des Magistrats Sc Juges occupés à des choses im-portantes Sc essentielles áu bien & à la tranquilité publique, des soinssuperflus > fa,tiguans, Sc qui sc peuvent multiplier à l'infini. lis ajoutentqu’a l’égard des susdits inconvénicns dc combats, violences, blessu-res , & injustices qui en peuvent arriver, les Loix & les Magistratsy ont pourvu & remédié depuis long-tcmspar les peines & punitionsétablies contre ces violens; pour conclusion, il faut savoir que quoiqueles gageures ne soient point permises que fur des choses honnêtes,&quelles ne produisent d’action au deflus de cent livres; cependant or-dìna.remeiK ’jorsqu'elles sont écrites, elles valent pour quelque som-me que ce soit, lorsque les gages sont consignés. A l’égard de l'éty-mologic de ce'mot ; gageure vient du gage qu’on mer en main tier-ce , pour marquer non une velléité ou volonté pallàgere ; mais unevolonté fixe & arrêtée; car quand on s’cxpoíè à une peine pécuniai-re, c’elHe cemier iceau & marque d’une volonté déterminée ( nul nevoulant 'exposer son argent en vain, ) mais bien sérieusement en vûëde l’avantage qu’il en attend par une certitude imaginée, comme plusvraisemblable, & cette imagination Sc présomption d’un plus grandfondement de son espcrance d’un éyenement favorable, est manifes-te par la position en main dc la gageure. La gageure s’appelle un pari ,
GAG. GAI.
soir parce que les gageures sont ordinairement de pareilles sommes,qu’on expose réciproquement á perdre, soit parce que dans la gageu-re, comme dans tout combat, on apparie Sc appareille les combat-tans, soit enfin que les deux parieurs veulent bien courir le même péril deperdre une pareille ou double somme, &c. de sotte que je veux pa-rier , significroit •vélo exptriri meo fumptu quid fortuna ferat & feret ,je veux courir tel risque Sc tel péril pour savoir & éprouver la faveurdu sort, que je me persuade & présumé certainement ou moralementcomme favorable. Sans parler des Juges & Magistrats, niais seulemencpar rapport aux témoins de la gageure & du dépositaire, si lune despatries n’est pas heureux, il perd deux choses, & son argent ou gageu-re & fa réputation, car ou on le raillera ou blâmera, comme un hommede peu de jugement, téméraire, Sc comme un homme qui n’a pointla force d’efprit nécessaire pour conjecturer aussi juste que son adver-saire , qui aura par la raison des contraires deux profits, l’atgent 4c lenom d’un homme de bon jugement, 4c de sûre conjecture; de ceci il pa-role que le mot dc pan vient en dernier lieu de periculum ou de experirì.
GAGNAGES. Terme dc Droit, s entendent des fruits pendanspar les racines; c’est pourquoi l’article k A. de la Coûiume de Parisporte : & fi le vassal avoit baillé fin fief à vente fans démijfion defoi , éf le Seigneur le met en fa main par faute d homme , droits &devoirs non faits , s'il y a des terres emblavées , ledit Seigneur petit fi benlui semble prendre les gagnages de ladite terre , en vendant les feurt , la-bours dr semences , & *eji tenu ledit Seigneur fi contenter de prendre Urente. Ce terme sc dit donc parlant des fruits des terres emblavées ,que le Seigneur peut prendre dans les terres par lui saisies, moyen-nant les conditions susdites. Boutiller a appelle terres gagnables , cel-les qui se labourent 4c se cultivent avec grande peine, & ce mot, ditle même Auteur, est venu par corruption de ahanables , qui sont fortes,Sc qu’on laboure avec ahan, essore Sc sueur. Du C ange dit que c*mot vient de gagnagium , gain ou gaing. II répond au Latin lucrum ,profit, d’où vient qu’on a appejJé terra lucrabiles, les terres laboura-bles, parce qu’elks sont alors en état à nous apporter du lucre ou pro-fit. La comparaison qu’on peut faire entre le mot gagnage ou gainavec le mot d’usagc. regain , dont on use pour marquer l’érat d’un,terre-au pré déja fauché, qui pousse derechef 4c regagne le dt-slus .ensorte qu’il pourra bientôt être refaúché, on estimera que le motgagnage on gain, íont les productions da la terre, lorsqu’elle poufledehors Sc gagne le dessus. On appelle , aussi gaignage la récolté Sc1 automne, parce que c’est un tems dc gain 4cprofit, auquel le Paysanrecueille le fruit de les peines, selon cette ordonnance divine in fitdorevultus tui vefieris pane tuo. Gagnages ou gaignage, sc dit des terreschaigées de grains où les bétes fauves vont au viandis. Ainsi on ditpariant en termes de Vénerie : ce cerf a fair fa nuit aux gaignages,il y est allé viander pendant le mois de Janvier, pendant Te mois dejanvier les ceifs Sc les chevreuils vont au gagnage, c’est-à-dire. auxblés verds, Sc au mois "d'Avril se retint dans les a.cuk du Pays.
GAI.
G AIA C. Voyez cet Article dans 1e factionnaire (Economique ,& y ajoutez ce qui soit. ^
* Propriétez.
[I! faut choisir le bois de gaïac en grosses piéce,, de couleur tannée,tirant sor le noir, recenc, gommeux, pesant Sc de bonne odeur, avecune saveur acre, Sc un peu motdicante, Sc une écorce fort adhérant*au bois.
II faut choisir l’écorce unie, pesante, difficile à rompre, grise par-dessus , blanchâtre du dedans, d’un goût amer Sc assez désagréable.
Quand on veur employer le bois de gaïac, soit en décoction, soitautrement, il faut en ôter tout le blanc, &n’en hacher, ou râper quela substance la plus dure Sc la plus pesante, laquelle est noire Sc soirrésineuse.
II y a des Chirurgiens qui depuis quelques années ont eu la har-diesse de substituer le buis au gaïac. Je ne lai pas fi l’expérience a bienautôrilé cet usage.
On tire du gaïac un phlegme , un esprit, un sel, un extraie, unerésine, & une huile noire, épaisse Sc puante.]
GAGNER. Faire quelque gain, en voici les usages principaux,par rapport à la marchandise police, II a gagné suc cette ferme dixmille florins tous frais faits; il a gagné tant sor l’achat de fa masson;un bon Ouvrier gagne tant par jour; à Lowangoil saur que les fem-mes gagneur la vie dc leurs maris , ainsi que sont toutes íes autresfemmes de la côte d’Afriquçion dit gagner fa vie á filer. Gagner, sodir particulièrement du bien qui s’acquiert par le commerce; ainsi ondit j’ai gagné cenr pour cent sor mes marchandises; d'ec hommen’en-tend pas le négoce, il y perd plus qu’il a’y gagne. De gagner vientgagne-pain, qui fe dit de tour négoce, commerce > métier , ouvra-ge, artifice ou travail, qui servent auxho’mmes à gagner leur vie damles différentes professions qu’ils embrassent. L’étymologic de ce motvient, dic-on, dc l’Italien guadagnare , que le Monoftni dérive du Grec,kerdainein , profiter, gagner, & en vieux François guet, donner;G»-jet le dérive de vas vadis , en cette manière bien violente, vas vaditproduit vadium, de vadtim vient vadanum guadagnum , d’autres ledérivent plus vraisemblablement de l’Allemand ou Flamand, w'w»»,ou del’Anglois win , qui signifie le même; mais il ne faut rien 'antici-per , gagner, c’est faire Sc acquérir du gain. Voyez Gain.
GAGNE DENIER, c’est un Officier de (fille qui est créé pourtaxer Sc mesurer le bois dans Ics membrures en présence de Jurés; le*Gagnes deniers Charbonniers, qui aident á mésorer le charbon, íontappctiés Garpon de la pelle t & les valets des Porteurs font appelles plu-mets. Gagne denier est aussi en général un homme de peine ou Cro-chètent , qui sert à porter des fardeaux par la Ville.
GAIN. Terme de Droit & de Pratique, d’ufajp cn plusiesirs may\nieres. Gajjns Sc épargnes des en fans de famille, sont U même choie