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544 G A L.

demande ou question. A savoir de quel jour les condamnés aux galè-res perpétuelles font réputés morts civilement, à quoi l’Ordonnancede 1670. répond que c’est du jour de la contumace ; ensorte que s’ilne se représentent dans les cinq ans, on les considère comme des gensretranchés de la société des hommes du moment de la condamnation.S'ils purgent la contumace & quils le justifient dans le tems, com-me leur état a été suspendu , le dernier jugement qui emporte abso-lution efface le premier 6c le rend nul, tout de même que sil n’avoitjamais cté'rendu, Art. 19. de la même Ordonnance. Sur ce fondementil est certain qu'un homme condamné aux galères perpétuelles , quise marierait , n’auroit pas le même avantage qu’une personne li-bre , il nuiroit même à la fortune de sa femme & des ensans qui nai-troient deux, ainsi que nous allons voit dans cet exemple:un mal-heureux convaincu d’un crime est condamné aux galères perpétuel-les, il arrive que par force & violence , ou par subtilité il sort de laprison ou se délivre de la chaîne, & se sauve dans une Province oùon ne le connoit pas. II y fait des habitudes, il y contracte commes’il étoit en état de le faire, même il se marie, & a des ensans de sonmariage. Quelque rems après il meurt, fans que fa femme ni ses en-fans aient jamais connu ce changement d’état, mais comme ils laventle lieu de fa naillhnce, ils y vont : la mere pour demander la restitutionde fa dot fut les biens de son mari, les ensans pour succéder à leurPere, on leur répond qu’on n’empcchc point qu'ils ne participent àla grâce du Sacrement, a cause de leur bonne foi : que le mariage estbon infoto conscientia, au fore intérieur pour être la femme en reposde conscience, & les ensans nez dans le mariage fans aucune cachesmais que comme cette peine selon nos Loix est semblable á la con-damnation aux métaux des Romains , paragraphe poens. mftit. ^ ufiin.quibtts modes jut pair. potejí. Jolvitur. 11 s’enluivoit qu’aïant été privéde toutes choies par la condamnation, il n’avoit peu, lui qui étoit in-capable de contracter, transmettre des droits dont la Justice l avoir ju-gé indigne. II n'en íetoit pas de méme d’un homme qui auroit étécondamné par contumace, 5 c qui se reprélenteroit dans le teins -, carencore qu’il se fut marié dans un tems où son état étoit fulpenau : ce-pendant s’il est bien justifie dans la fuite , Si qu’il soit renvoyé absousou condamné á une moindre peine. Ce jugement qui est commeune ratification du mariage, satisfait à la rigueur de la Loi.

Les galères á tems n’ont pas le même ester > c’est une condamna-tion qui emporte infamie, maisqui n’emporce confiscation ni de corpsni des biens ; ensorte que celui qui a servi comme forçat pendant untems, peut retourner en l’on Pais pour vivre en citoyen & jouir dubénéfice des Loix , si ce n'est que comme il est toûjours iníame, ilne participe jamais aux honneurs de la Cité. 11 s’enfuit de là que lapeine des galères à tems est plus douce que celle du bannifltmenc per-pétuel hors du Royaume, parce que cette derniere emporte confilca-tion & prive celui qui y est condamné, de tous effets civils 5 c coutu-miers ; ensorte que si les Juges sont partis en opinion, le parti le plusdoux devant alors être suivi, on prononce la peine des galères à temscomme la moindre. Brodeau fur Mr. Louet let. F. ». a-s. D’où vientauílì que lotfqu’ils fc trouvent partis entre la question avec réserve depreuves & les galères à perpétuité, on ne fait point de difficulté deprononcer la condamnation des galères comme la moins rigoureuse,non pas eu égard à la peine puííqu’ellc est plus gi ande, à cause qu’eileest perpétuelle, & que l’autre ne dure que quelques momtns , maiseu égard au danger de la mort, non pas pour la grandeur des tour-mens quoiqu’ils semblent insupportables , mais bien parce qu’il arrivesouvent que la gêne contraint l'accufé d’avouer son crime , doncil n’y avoir que detni-preuve, & que cette confession lui peut attirerune condamnation de mort naturelle.

Selon le Droit Canonique, il est honteux de condamner les Prêtresaux Galères, à cause de la dignité de leur caractère ; cependant onestime en France , que comme le caractère ne diminue point le cri-me, qu’au contraire il le rend plus grave , on ne peut faire trop dehonte auxClers qui s’en rendent indignes, ce sont la les régies qu’onfuit ordinairement dans le Droit Civil , bien différences des régies duDroit Canon. II est donc á observer que cette précédente condamna-tion doit être prononcée par un Juge Royal 5 c non par le Juge d’E-glife, qui n’en a pas le pouvoir. Chopp. dt facr. polit. hb. z. tit. 3. ».íz. & tit. S. n. z.

Par l’Ordonnance de Charles IX. de l’année 1564. il étoit enjointaux Juges de ne pas condamner à moins de dix ans de^aleres, & parcelle d’Henri III.dc r 579. Art. 100. il est deffendu aux Capitainesde retenir les forçats, après qu’ils ont fait leur tems;néanmoins cesLoix ne font point observées, principalement la premiere, puisquenous voions qu’on proportionne le tems à la grandeur du crime , 5 cnon pas à la raison de politique, qui semble ne demander que desesclaves, ce qui en est peut-être aussi une bonne pour se dispenser desuivre la derniere. Remarqués que la condamnation aux galères per-pétuelles ne fait pas ouverture au fidet-commk, ExpiUj plaid. zg. Onne pctK obtenir une requête civile contre un Arrêt qui condamneaux galères, l’Arrêt aiant cté exécuté. Ainsi jugé au Parlement d’Aixen 1671. Cet Arrêt est rapporté dans le Journal du Palais. Outre lesOrdonnances de Châties IX. Sc d’Henri III, nous ferons ici mentiond’une Déclaration du Roi en l’an 163 f. sous Louis XIII. pour réta-blissement de nouvelles galères, Sc injonction aux Officiers de sc sai-sir des vagabonds > donnée à Paris le 7. Mars 1633. En 1670 parutl’Ordonnance de Louis XIV. dans laquelle tit. 16. il est parlé des let-tres de rapel de ban, de galères, & de commutation de peines, faiteau mois d’Août 1670. Autre Édit du Roi portant création de deuxTrésoriers des galères ,de deux Comrolleurs Généraux desdits Tréso-riers 8c suppression d’anciens offices, donné au mois dcNovcmbie 169

Édir du Rai portant création de Trésoriers Sc Controlleurs Géné-raux triennaux des galères, donné au mois de Décembre 1695. Au-tre Déclaration du Roi, portant Règlement concernant les condam-nés aux galères, bannis & vagabonds , donnée à Paris le 8. Janvier1719, regîtrée au Parlement 1 c vingt dudic mois. A legard d# l’écy-

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mologie 1 c met de galere vient du Latin gale a > qu’on ctoit avoir étédonne aux vailleaux, à cause de la figure d’un casque , qui étoit sutla prouë, comme le témoigne Ovide dans ses Tristes. Les Grecs sesont aussi servis du même mot. C’est ici le sentiment de Ménagé.D’autres croient que les galères sont ainsi nommées, à cause que Jehaut bout de leurs mâts est ordinairement taillé en forme dc chapeau,qu’cri Italien on appelle galero ; d’autres disent que ce nom vient d’unpoillonque les Grecs nomment. Xipbet ou Galcotts, parce que ce vais-seau en a la forme Sc la figure;enfin d’autres pensent avoir la vérita-ble' étymologie , en disant que les noms de galero , galiotte . galeajfe,Sic. sont dérivés des mots Syriaques Sc Chaldaïques gaul Sc galkn, quisignifient un homme expose furies eaux. Sc des vailleaux de bois. Lesforêts en général étoient aussi appellées gaules , & un bois en particu-lier , un scuJ arbre haut Sc droic gaule , dont on uso encore à présent,pour signifier une bouffine, ou une perche par exemple dont on gauleou abat des noix hors du noter ; on peut remarquer si on veut la si-militude des deux mots galere Sc galerie , pour marquer que la galèrea beaucoup de longueur > & ainsi peut palier pour une galerie fur Peau.Voyez l’étymologic d egalerie, ces sortes de vailleaux s’appelloientenLatin biremk , trtremk , quadriremk , non pas pour avoir eu deux,trois ou quatre rangs de rames les uacs fur les autres, comme plusieurssavans ont pensé, entre autres Scaliger 5 cSnellius, car cela auroit étéimpossible. Ce n’étoit pas non plus pour n’avoir eu qae deux, troisou quatre rames, car cela n’auroit pas eu allez de force, mais parcequ’il y avoir deux, trois ou quatre rameurs attachés à chaque rame,comme les galcronsque nous avons. Ainsi que l’a fort bien expliquéle Fere d'Bjchalesséfuite dans son art de naviger. Cette erreur vient dequelques galères anciennes, qui sont représentées dans des médaillesou dans des bas reliefs avec plusieurs rangs de rameurs les uns furiesautres; mais tous les Mathématiciens, les Officiers de Marine, les Pi-lotes 6c les Architectes des vaisseaux, traitent cette vision de ridicule,d’autant plus que Pline fait mention des vailleaux qui avoient quin-ze, vingt, trente, quarante & cinquante rangs de rameurs , de sotteque s’ils avoient été les uns fur les autres, quand il n auroit fallu quequa.re pieds pour chaque pont, il auroit fallu cent soixante pieds dedistance encre les plus bas rameurs & les plus hauts : cependant leplus haut navire n’a jamais été que de cinquante trois coudées, quincsont que soixante & dix pieds de haut ; Scaliger dit que la premiere àtrois étages qu’il appelle triremk , fut fabriquée à Corinthe, 5 c croitque ce que Pline appelle navires longs, étoit te que nous appelionsGaleasses, dont la premiere suc celle des Argonautes. Végece parled une galère de cinq étages, &Memnon fait mention d’une autre quiavoir julques á huit ponts, 5 c qui n’avoit qu’un rameur à chaque ra-me. L’un des Ptolomées fit bâtir une galere qui avoit quarante rangsde rame Ôt qui pouvoir porter 3000 combatrans fur le tillac, fanscompter 400 matelots Sc quatre mille forçats, mais la masse s’en trou-va li lourde qu’il fut impossible de la mettre en mer&qu’cllc ne ser-vit jamaiS que de montre. Aujourd’hui ce bâtiment de bas bord àvingt cinq à trente bancs dc chaque côté, 5 c de quatre,cinq ou six ra-meurs à chaque banc; nos galères portent un canon allez considéra-ble, qu’on nomme coursier, deux bâtardes. Sc deux petites pieccsavec deux mâts Sc deux voiles latines. Les galères ont ordinairementvingt â vingt 5 c deux toiles de longueur, trois de large & une de p: o-foneîeur; elles vont à voile & àtame » 8c ordinairement terre à terre ;quelquefois elles font canal, c’est-à-dire, traveifenc la mer»

Le Corps des galères est également considérable en France & utilepour la íureté des côtes du Roïaume. Le Roi en emr ti.n trente àquarante commandées chacune par un Capitaine. L’Arsen .,1 des galè-res est à Marseille. Le Général des galères est à la tête de ce Cot j,s.Ce Général a sous lui un Lieutenant Général 6c cinq Chefs d’Elcadrc.La premiere galere s'appelle la lie ale , parce qu’eile porte i'ÉccnjarCRoíal, lorsque le Général va en mer il monte cette gai, te, dont sai-ntement est composé d’un Chef d’Elcadre, de deux Capttatnes-L eu-renans, des deux lous-Lieutenans 6c de deux Enseignes. La leto-deest nommée la Patrone, c’est le Lieutcnant-Général q it la comman-de. La Réale, la Patronne est celle que commande le plus ancien Chefd’Escadre, sont plus longues 6c plus grandes que les autres gale es, Jíont trois cens forçats chacune, au lieu que ses auttesnhnontquecLuxcens. En 1713.il y avoit 6710. de chiourtrte tant forçats que I ures,outre la chiourtne chaque galere a une Compagnie d’ir fantetie uesoixante hommes , qui est commandée par les Officiers.de la galere.

A Marseille il y a un Capitaine de Port pour les gahres, òc un Inten-dant des galères qui y réhdent. De plus il y a un Ma,or des galères,qui a rang 5 c commission de Capitj.ne Sc un Trésorier Général uesgalères & un Sécrerairc Général des galères. En 1313. la flotte ueLouis XII. se trouva supérieure à celle des Anglois, elle avoit étéaugmentée d’une Escadre des gai res, que le Capita nePrtjcan aménade la Méditerranée, & qui fui ent h s premières galères de la construc-tion moderne, qu’on ait vûcs fur l’CXéan Septentrional.

GALERIE. Termed’Architecture, c’est dans une masson un lienbeaucoup plus long que large, couvett & fermé de cro.fées, qui Erepour sc promener à pour communiquer & dégager les appattemens;on nomme aussi galerie, un corridor à jour, bâti de charpente en ma-niéré de méthane, á chaque étage pour dégager plusieurs chambres,comme il s’en voit dans de grandes Hôteleries; en Latin F or tic tes. Gale-rie d’Église, efpecc de Tribune continuée avec balustrade dans le pour-tour d’une Église sur les voûtes des bas côtés > laquelle sert pour con-tenir plus de monde, Sedans les Églises Grecques pour séparer les fem-mes d’avec les hommes, de même que dans quelques Temples d Héré-tiques & de Juifs.

Galerie de pourtour eípece de corridor au dedans ou au dehorsd’un bâtiment qui est souvent porté par encorbellement au deladuilmur de face, Sc qui est plus bas que l'étage dont il sert a dégager lesappattemens, pour n’en pas ôter le jour, comme la gai» rie b.anchedu Château de S. Germain en Lvy c, eni-oxin pertiews tnemana.

Galerie tCArchittííure , telle dont le principal ornement consote