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G A L

(j.jns un ordre ^'Architecture & un lambris magnifique > comme lagrande galerie du Louvre, qui a 143 toises de long íurcinqde large.

Galerte 'de peinture , est celle qui renferme des tableaux dans lespanneanx d’an lambris, comme la galerie du Luxembourg à Paris;peinte par Pierre-PaulRubens, ou celle qui est ornée de tableaux lut*ine tapisserie d’étoffè, comme la petite galerie de Versailles dont laVôute est peinte pat Mr. Mignard.

Qderit de sculpture, est celle qui est ornée de statues > bustes & basreliefs antiques Sc modernes, comme la galerie du Palais Justiniani àRome, & celle des antiques du Roi au Palais Brion à Pans.

Galerie magnifique, celle qui est décorée d'Architecture, de peintu*ie , de sculpture, des lambris, des membres de glaces & de meublesprécieux, comme la grande galerie da Roi à Versailles, peinte parMr. le Brun.

Galerie deau.tíi un espace en longueur, renfermé dans un bosquet& brodé de jets d’eau dans un bassin contenu, ou dans plusieurs sépa-rés fur deux lignes parallèles , comme la galerie d’eau de Versailles,qu’on nomme aussi la galerie des antiques , à cautc qu’elle a plusieursRamés antiques entre ses jets d’eau; en Latin xijlum hydraulicum.

Remarques & additions. Un appartement Roïal doit être composéde salle, antichambre, chambre, cabinet & galerie. Savot dans sonArchitecture dit que la galerie est appellée du nom des anciens Gau-lois, parce que ee font eux qui en ont été les premiers Auteurs &qui en ont donné le modèle, aux autres Nations. Nicod dérive cémot d 'aller , comme qui diroic allerie ; du Gange le dérive de galeria,qui signifioit un appartement propre & bien orné. Peur-étre que cevieux mot gakria vient du Latin colere , cultiver, orner, honorer »comme qui diroic un lieu de parade & fort orné ou enjolivé : je re-marque un passant &par occasion, que du même mot colere , dont leparticipe est colères , pourroit peut-être être venu se mot de galant,homme & galanterie; d’autres, mais fans fondement, prétendent quegalerie vient de galere, a cause que la galerie, disent ils, lui ressemblea cause de fa longueur ; mais l’opinion & proposition inverse seroitplus plausible pour la même raison ; mais si on vouloir dite que sesdeux mots galerie & galere viennent du mot aller, allerie , j’y con-sentirois volontiers. donnant au mot allerie , qui n’est pas en ulage semême sens qiie allée ambulatio ambitlacrum. Pour fournir entièrementnotre carrière d’crudition étymologique fur cet Article , métrons icil’Hébreu par lequel il faudroit avoir commencé; quelques-uns pen-sent qu’on pourroit dériver & trier le mot galerie de l'Hébreu gba-lal, monter, parce qu’on plaçoit ordinairement chez les Anciens lesgaleries au plus haut de l’édifice , comme upe cfpcce de belvedereélevé. Outre les espèces de galerie ci-delfus mentionnées, ajoûtez-yencore galerie de tripot qui est une allée couverte & qui est de lalongueur du tripot ; césl le lieu par où l’on regarde jouer, Sc quelque-fois les joueurs consultent. comme témoins Sc comme juges , ceuxqui font dans la galerie ; on a pour cela une façon de parler : il fautdit-on faire juger ce coup íòus la galerie.

Galerie est aussi une petite allée de charpente dans l’Architectutemilitaire, qu’on fait pour passer un foslé, donc ses pièces de bois fontjiofécs dans le fond du folié Sc couvertes de planches , chargées deïerre ou gazon posées en angle aigu, pour mieux résister aux pierres& aux feux d’artificc que l'ennenu jette dellus, pour faciliter au mi-neur se moïen de s’attacher au bastion. Le mot de traverse est misquelquefois pour celui de galerie , on appelle aussi ainsi le conduitd’une mine qui est un chemin fous terre, qui va jusques fous le ter-rain des ouviages qu'on veut faire saucer, II arrive iouvenc que sesaffiégeans Sc les assiégés poussent fous terre chacun de l’on côté desgaleries, qui se rencontrent souvent & se détruisent les unes ses ao-rtes, ou du moins demeurent par là inutiles. On rappelle aussi arai-gnée, rameau, branche, canal, retour de la mine.

On appelle aussi galerie les balcons couverts ou découverts dans lesvaisseaux aïant des“appuis avec,qui font faillie hors du bordage versl’arriere du vaisseau. Ces balcons ne le font pas feulement pour l’or-rement, mais encore pour la commodité de la chambre du Capitai-ne. Les galeries servent à prendre l’air, à fe promener, à mettre dtsarmoiries, des petits lits & des aifemens > les Hoilandois les placentà côté de la chambre du Capitaine, & elles font d’un giand ornementaux navires de guerres quelquefois on fait aussi de ces loties de ga-lerie à l’arriere,fur tout aux vaisseaux mar.hands ; il y a des naviresqui en ont deux l’une fur faune. Les navires Anglois ont de grandes4 c superbes galeries, ses Hoilandois n'en ont que de petites tellesqu’il le faut pour le besoin. Les vaisseaux destines pour la mer Balti-que n’en ont point du tout, autrefois on faifoit deux galeries par de-hors. En 1673. 1 e Roi de Fr&nce ordonna que les vaisseaux de cin-quante canons Sc au dessous n’auroient plus de galeries ni balconsderrière. On appelle fausses galeries des otnemensde sculpture placésaux cotez du vaisseau a l’arriere, pour lui faire avoir plus d’agrément.On appelle aussi galerie un passage dans le fond de cale, lai ge de troispieds, pratiqué le long du ferrage de savant à 1 arriéré des vaisseaux,qui íont au dessus de cinquante pieces de canon. Cette galerie donnemoïen aux Charpentiers de remédier aux voyes d’eau que causentles coups de canon donnés à seau. Ceux qui lans ordre vont aux ga-leries qui joignent ses soutes, doivent être condamnés aux galèressuivant l’Ordonnance de 1689.

GALÉRIEN. Forçat condamné aux galères, qui est enchaînéLctire la rame. Ondifoit autrefois galié. Espalier de galere est celui quiest le premier d’un banc, qui tient le bout de la rame & qui donne lcbranle aux autres.

GALETAS, étage pris dans un comble. Grenier ou lieu quitouche à la couverture du logis,chambre cn galetas est celle dont 1 eplancher nefs pas quarté , mais lambrissé pour couvrir les chevronsSc les tuiles. Ce mot selon quelques-uns peut venir de l’Hébreu ga-lijat chambre haute, e’est l’opinion de Mr. Huer. Mais Mr. Ménagenous en donne une autre bien plus dure a digérer , prétendant quegaletas vient du mot vaUjietapum) demeure des valets. Car valetas,

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eotttìnifë-t-il, signifie valet, & siafìut» ou fiafion mot Gïec, signifie «se»meure. Doncques galetas valestotafinm est la demeure des valets, Scvice versa la demeure des valets doit s’appeller galetas. Puilqu’J fal-loir rapporter Sc débiter une telle étymologie , il auroit mieux été dedite, que galetas ou voletas venoit de ces deux mots François étagedes valets, dont on auroit fait voletas ou galetas. Nous aurions parlà fait honneur á la langue Françoise d'une si belle étymologie íánsrecourir au Grec. Si Mr. Ménage nous propose cette étymologie très»sérieusement, j oserai bien proposer une autre étymologit, qu’unami me suggéra comme en riant: il diíòir que galetas ccoir venu duLatin aculeata (subaudiendo ) conttgnatio » le dernier étage d’une mai-son qui va en pointe , la figure conique du haut d'une maison favo-rise cette allusion ; & comme le haut de la maison en est comme kbaume Sc le casque, on pourroit dire pat surcroît que galetas est unabrègement de galeata contignatio , étage du comble.

[GALETTE. Sorte de piéce de four composée de pâte «tendue& piatte, en forme de gâteau.

Pour faire Une bonne galette .

Paîtriísez deux litrons de belle farine, avec trois quarterons de beur-re frais, Sc quantité suffisante d’eau & de sel -, la pâte étant bien ma-niée, &bien faite, applatillez-Ia avec le rouleau, &donnez-luifeule-ment un bon pouce d’cpailseur ; & aiant donné à votre four unechaleur convenable, laissez-y votre galette pendant tiois bons quartsd’heure. Si vous voulez que votte galette soit feuilletée , vous n’a-vcz qu’à la plier Sc replier plusieurs fois en f appétissant.

G ALI P OT. Gomme liquide, épaisse Sc blanchâtre, qui coulepar les incisions qu’on fait au pin. Le bon galipot doit être blanc,bien net Sc bien sec. On eh fait la grosse tbéréDentine commune »dont la plus claire fe vend quelquefois pour thérébentine dc Venise 5inais on peut la reconnoitre à fa couleur qui est roussâtre & différen-te de celle de la véritable thérébentine. Elle entre dans la composi-tion de l’encte des Imprimeurs,dans les ongusns,& autres remèdesdes Maréchaux, Sc dans diffèrent vernis.

II faut choisir cette thérébentine, claire & blanche comme de l’cau,

Sc d’une odeur forte Sc pénétrante.

La poix de Bourgogne n’est aucr» chose que du galipot fondu aveede la thérébentine commune. La meilleure se tire & Strasbourg,celle dc France est plus blanchâtre, plus molle, Sc d’une odeur plusforte. 11 faut choisit celle qui est la plus blonde Sc la plus sèche.On l’epiploye dans plusieurs emplâtres.

La poix lésine est aussi une espèce de galipot, auquel on adonnéplus de consistance , aussi bien que l'arcanson qui n’est autre chosequ’un galipot préparé, Sc presque brûlé. La poix noire se fait avec kgalipot Sc le goudron, qui est une terre noire, mêlés ensemble.

GALON. Pour remettre le galon d’or & d'argent. Voyez, Pas-sement.

G A N.

GANGRÈNE ouCangrêne. Voyez cet Article dans le Dic-tionnaire (Economique, Sc y ajoutez ce qui fuit.

Poudre pour arrêter la gangrène.

Mêlez parties égales de chaux vive en poudre , & d’alun de rochecalciné, Sc réduit aussi en poudre. Mettez de ce mélange fur l’ouver-ture de la playe; s’ïl n’y avoir point d’ouverturc, il en faudroit faireune a {'épaisseur d’un écu au dellus dc la gangrène, & y appliqué lapoudre.

GANTELÉE. Voyez cet Article dans lc Dictionnaire (Economi-que , & y ajoûte ce qui fuir.

La poudre de fa racine apprise la colique néphrétique ; la dose estd’un gros dans un verre de vin. On la prend de la même manièrepour 1a jaunisse. On fait de sa semence concassée & bouillie dans dal’eau d’orge, des gargatifmes pour le scorbut des gencives > & pourles ulceies del'cíquinaneie. La teinture de se-s fleurs tirée avec l’ef-prit de vin, est très-propre pour affermir les gencives.

GANTS. Lest ['habillement de la main. On en fait pour hom-mes & pour femmes , dc peau , de tìl, de laine , de lòye , Sc dedifférentes étoffes. On difoit autrefois que pour avoir un gant depeau, qui fût bon & bien fait, il Falloir que trois Roïaumes y con-tribuassent. L’Eípagne, en préparant la peau, la France pour le tail-ler , Lc l’Angieterre pour I» coudre. Mais la France s’est appropriéedepuis longtcms ses fonctions des deux autres ; l'on peut dire fans laflatter, que ses gants remportent fut ceux des autres Roïaumes, tantpour la qualité , que pour la façon.

G A R.

GARANCE. Voyez Garencî.]

GARANTIE, vient du vieux mot garer, qui signifie mettre ensûreté, or gâter est dérivé de curare soigner, avoir soin de conservesquelque chose que ce soit en bon état & en son entier. Loiseau trai-te de la garencie dans un livre intitulé, «se la garentie des rentes, chap.1. C’est pourquoi ainsi qu’il est remarqué par 1 e même Auteur, ungarent est celui qui allure un autre cn promettant de l’arquiter dequelque action ou procès, ou comme on dit ordinairement pont userdes termes de Notaires, de cous troubles & cmpéchemens quelcon-ques.

Or garenrir, est promettre de réparer le dommage en cas que legarenti soit évincé ; maïs il y a deux fortes de garenties, l'uhe de droit,fautre de lait, Lc il y a aussi deux sortes de Garens, les uns qu’on ap-pelle formels Lc ses autres simples ; par la garentie de droit, le gâtentest obligé de faire jouit le garenti de la chose vendue , échangée outransportée, parce que selon le droit, il est juste que celui qui livreune chose dont il se dit le maître » fasse voir qu’elic subsiste, qu’ellelui appartient > Scqu’clle n’est point engagée. Vous me transportés unetente inoïennaiu uu certain prix que vous recevés par le contrat, il n’y

Yv iij a aucune