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G A R.

mufle de bêtes, ft dcí têtes de lion en pierre. Le mot dc gurgtdìo sem-ble venir de gulguUo de gula gosier , ou de gurges gouffre , & de gulala gueule joints ensemble. Les Italiens appellent le mot François gar-gouille , en leur langue gargaseglio , les Espagnols garguero , les Alle-mands & Flamands gorgelpyp . les Grecs gorgura-, mais je crois que Ni-cod est a préférer à toute cette érudition des diverses langues ; car ilpense que gargouille a été fait du bruit que fair l’eau en coulant parces gargouilles. En effet, souvent on fcroit mieux dc considérer le sonnaturel des choses pour connoìtre la vraie raison & origine de plu-sieurs mots : car vous pouvez assigner l'origine des mots de diverseslangues dans cette occasion , au seul son que fait la choie méme,ainh gorgulio Latin, gargstioglio Italien , garguero Espagnol . gorgtl Fla-mand , gorgura Grec, nc sont chez les diverlès Nations que des imita-tions de ion naturel d’une eau qui fort par un canal avec bruit. C’estdonc une niaiserie & puérilité, d'aller imaginer que le mot, par exem-ple, de guargero, vient de YhWzmmà gorgel, Scc. & le partage des iia-vans fut cette matière étymologique est ridicule , lorsque les uns op-tent avec préférence que garguero vient dc gargatoglio ; & les autres soitsérieusement disent que garguero vient plus vrailémblablcmcnt de gorgelou de gmgura. Ne voïent-iis pas que toutes ces Nations lans se consul-ta l’une Faune ont formé chacune leur mot sur le son naturel dc lachose. Cette fausse & badine érudition a rendu ridicule jusqu’à pré-sent un art fort ingénieux & fort utile; fur le mot de gargariser & degargarisme ils ont fait les mêmes excursions dans plusieurs diverseslangues , fur tout Grec , Hébreu , Espagnol Sc autres , tant du vieuxque du nouveau inonde; mais en vain, jmilque Faction de gargariserchez toutes les Nations polies ou sauvages , sc fait en la méme ma-nière & avec le même son de la gorge ou gosier.

GARNI ou Remplissage. S’enr-cnd de la maçonnerie qui estcuire les carreaux & les bousillés d’un gros mur. II y en a de moiton,de brique , &c. il y en a auffi dc caillou . de blocage employé à sec ,qui sert derrière les murs de terrasse pour les conserver contre l’humi-dité > comme il a été pratiqué á Isoraogetic de Versatile. Ce remplis-sage s’appclle chez Vitruvc fariturt.

GARNITURE dc comble, s’entend no»-seuIement des lattes ,tuiles ou ardoises ; mais auffi du plomb > comme eníaitement > amor-tissement qui sert à garnir un comble. En général garniture se dit desentier appareil pour accompagner une personne ou chose de tout cequi est dc la convenance » qui rend la personne & la chose plus pro-pre à la fin à laquelle elle est destinée. II íe dit des assortislemens dcplusieurs choses pour s’en servir ou pour les orner: ainsi une garniturede chambre comprend une tapisserie . un lit , des sièges , des tables.Une garniture de lit comprend le matelas , traversin , couverture &rideaux. Une garniture de chaises est la bourre, le crin , la toise &les housses : une garniture de tapisserie , sc dit des bandes dc toilesqui servent à la doubler. Une garniture de bas > sc dit des pieccs Sc se-melles q tison y applique pour les sottisier: une garniture u épée, se ditde la garde Sc dc la poignée qni fervent à la monter : une garnituredc baudrier, sc dit des boucles d’argent ou de cuivre quson y mec parornement. On dit aussi garniture de cheminée , garniture de toilette ;garniture sc dit aussi des rubans quson met fur les habits pour les or-ner. Les femmes appellent garnitures de tctc, certaine q*atité de ru-bans dont elles parent leur tête ; elles appellent auffi garniture uneroessurc complcttc. L’'étymologie dn mot garnir me paroi t aslèz plau-sible, si l’on dit que garnir vient dc ornare orner; il faut supposer quesouvent,pour appuyer davantage un son de voyelle initiale,on ajoureauparavant un g. ou quelqu’autre consonne,comme en fournir venantde ernare , on a ajoíté une/. pour fortifier la voyelle. Ce* deux mot*uoique d’abord différons par la différence du g à f, viennent pourtantsorner ornare, ( fournir. gainir, orner) dans l’usage de ces trois mots,quoique venans d’une méme source , il y a ( outre une idée commu-ne à tous les trois ) des idées accessoires particulières ; car orner Sc or-nement , outre l’ídée commune à cette idée particulière de procurerquelque beauté à la chose à laquelle est appliqué Sc uni lsorncmencgarnir Sc garniture, n’a point l'idfée de beauté dans son concept,quoi-qu’^ nc l’exdu'é pas ; mais particulièrement garnir , c’est accompagnerlin sujet de tout ce qui peut contribuer à le rendre plus fort & plusliche , en ce qui peut servir à son intégrité Sc bon état ; fournir , c’estunir ou appliquer quelque chose ( aux personnes fur tout), qui lesmet en état de ne manquer d’aucun moyen pour bien faire certainouvrage ou certaine action. Je serois fort porté ay reste à penser queernatus participe, pour pouvoir signifier tant dc choses, devroit êtreici conçû dans le même sens général de pr&ditus, affectas , & ornaredans le sens de afficere douer. Je n’entre dans cette idée que pour évi-ter pire, en accusant l’une Sc l’aurre langue Françoise & Latine , dcmanquer dans l’usage commun d’un mot pareil à celui que les Philo-sophes employeur , disant affectas Ittitia vel trtstitia., maie vel bentaffectas , praditsts & dotatus, sont des mots déja déterminez au seulbien . ainsi ou il faut accuser la langue de manquer d’un mot fort im-portant , ou accepter mon hypothèse Grammaticale,f GARNITURESrif potager. Voyez, Potagçr. JGARNIR. Terme de Palais. Dans ce style on d^t garnit la maindc justice, est déposci la somme entre les mains du Sergent, en s’op-pofant à la délivrance. Pour éclaircir ceci je suppose ce cas ; dans unematière provisoire j’ai obtenu Sentence portant condamnation ; j’encharge un Huissier , lequel après la signification Sc le commandementfe met cn état de saisir & d’exécutct : ou bien j’ai un contrat «n bonneforme portant exécution parée, le débiteur prétend avoir des moyenspour -'exempter de payer » il s’oppose à l’exécurion : son oppositionpeur être bien fondée , mai» s*il veut empêcher lc Sergent de passeroutre , il faut qu’il garnisse la main de justice, c’est-à-dire, qu’il con-signe les deniers entre les mains du Sergent > & s’opposc à la déli-vrance. Cette maxime est écrite dans les Institutes de Maître AntoineLoisel, lin. 6 . tit. s. régi. 3 . fur coutume & usance gardée m Cour Laie,garnison fe fait èt marne du Sergent porteur des Lettm paféet fous ftiTpme I,-

G A R. G A U.

Royal , nonobstant oppofition . voire nonobstant appel, par i’Ordonnancedu Roi Charles VIII. de Fan 1484. Voyez Imbert liv. 1. chap. 36. de •fa Pratique , & en jon P.nchiridtoti fur le 11101 detteur. Garnison est po-sée dans la maison d’un homme d’aftàire, pour le contraindre dsobéïraux ordres du Roi ou de la Justice , Sc pour veiller sor fa conduite ,par exemple , un Comptable nc présente point ses comptes , & on alieu dc craindre qu’il nc divertisse ses effets. On envoyé chez lui desSergens, qui n’en sortent point qu’il n'aic satisfait. C'eft-là ce qui s’ap-pelle poser ou établir garnison : l’Huissier pose auffi garnison Faute doGardien : Voyez ci-devant Gardien. De là on peut voir, par rap-port au stile du Palais , que garnir signifie donner assurance , payerpar provision ; ainsi il saur, dit-on, garnir la main du Roi quand onplaide contre lui. Lc Roi plaide toujours main garnie : pn dit aussi laCour garnie de Pairs, pour dire les Ducs & Pairs y étant prélens.Cela vient de ce que garni s’employoit autrefois pour accompagner ,scion que le porte ces mots ; puis vient Monsieur le Chancelier garni deMaîtres de Requêtes ; je mi plairois bien a dire que le mot garni vientde eoronatus cinctus > circumdatus, pour le moins cn cet endroit , SCquel mal y auroit il de supposer que garnir vient de corenare ou de or-nare , en Flamand vtreierea. Cependant il faut faire place aux autresÉtymologistes , dont les uns disent que garni & garnir, viennent dewarnitus Sc warnire , dont l’uíàge sc trouve dans les Capitulaires doCharlemagne. II est dérivé, disent-iso, dc warcn , btwaren , garder ,conserver. Du Cange Sc d’autres expliquent l’origine dc ce mot garnirSc garnison , en le faisant venir de garnicio , mot ( sans doute ) dc laballe latinité , par lequel ( selon qu'ils l’aslurent) on signifìoit tous lesvivres , armes Sc munitions nécessaire* pour deftendre une place 8csoutenir un siège. Le même Du Cange & ses adherans, disent que cemot garnicio fut ensuite du depuis appliqué aux Soldats, même à ceuxqui étoknv dans des campemens. Le ryême dit quson a auffi appellegarnicio , garnison, les lieux où l'on serroit tour ce qui éroit néceslai-re pour la Maison du Roi , comme les habits , la vaisselle d’argent,

& cependant jc conseillerois à ceux qui ne savent pas la langue Fran-çoise , & qui veulent facilement retenir dans leur mémoire le mocgarni , fur tout à ceux qui íàuroient le Latn , dc faire cas de moaétymologie , & de supposer fort utilement , que garni c’est le mêmeque ornatus ou pnditus , dotatus : qu’au reste orner ornare, seroit com-me si on disoit auro donare. Le premier & le plus brillant ornementdes choses sc faisant avec de Foi aurum , comme étant un corps quiest très brillant Sc préenux entre tous les autres.

GARNISON. Voyez i'Article précédent, à quoi ajoûtez encor»que lc mot garnison signifie un Corps dc Soldats quson met dans unePlace forte ou frontière pour la dessendre contre les ennemis, ou pourcontenir les peuples dans ^obéissance , ou pour subsister pendant le*quartiers d’hiver ; fur quoi remarquez que dans les Places de guerre lagarnison doit être plys forte que les Bourgeois , Sc que le tiers de lagarnison doit toujours être en garde Sc en fonction, suivant un Règle-ment de 1 666 . On a ci devant parlé d’une seconde signification, qui estcelle quson avoir particulièrement en vûë ; savoir, celle par laquelle onentend par garnison , les Archers ft Sergens quson envoyé dans unemaison pour obliger les maîtres à payer quelque taxe , ou dénieraRoyaux ; ou pour être gardiens d’un seelc , ou des meubles saisis.Dans les anciens titres on les appelle comestores à cemedendo : car c’é-toienc des gens qui croient envoyez par le Juge dans la maison d’undébiteur, pour y vivre aux dépens de ce débiteur jusqu’à ce qu’il euepayé la dette. Dans la Coutume de Tournai 01 les appelle encoremetngum.

G A U.

GAUCHE en maçonnerie. On dit que le parement d’une pierreest gauche,lorsqu’en le bornoyant ses angles-ft ses côrez ne paroiíìèncpas fur une même ligne. On áit aussi qu’une piece de bois est gauche,lorsqu’clle n’est pas bien équarrie: ce mot adjectif, terme d'art en ma-çonnerie > vient dc l'adjectif gauche , d’uíàge dans la langue commu-ne , pour marquer cn général ce qui est opp'ofé au droit. Ce font deuxmots relatifs appliquez d’abord aux deux mains , la droite Sc la gau-che. II est facile de montrer la main droit* Sc la main gauche, mais iln’est pas facile dc dire, cn guise de définition exacte, ce que c’est quela droite & la gauche. Par provision je dirai que la main droite estcelle dont presque tous les hommes se servent pour faire ouelqu’ou-vrage que ce soit ; cn principal la main quson appelle gauche agît &travaille, mais non fi souvent ni si fortement; elle sert ordinairement àappuyer le sujet que la droite travaille avec beaucoup d’acticm & domouvement; ft lorsque la gauche agir,elle agit comme force auxiliai-re ft non principale : telle est la constitution universelle de fresquetoutes les Nations, fur tout polies. C’est comme une convention uni-verselle & tacite , soit que la feule nature air part à cette détermina-tion , comme elle seule a part à l’Oricnt ou droite du inonde , & àrOccid«nt ou gauche du monde, soit que ['éducation y ait contribué,en corrigeant les enfans qni feroient autrement ; comme le mouve-ment de'Ja main gaucnc est fort difficile & embarrassé, 8 c que celui dela main droite est aisé, juste & décent, il est arrivé de (à que l’on adonné au mot gauche & gauchir des significations fort odieuses; ainsion dit dans ce sens odieux ces façons dc parler : la taille de cet hom-me est assez gauche ; cet homme a l’cfprit gauche. Ce bâtiment estgauche ; cet homme a les maniérés gauches, c’est-à-dire, ne sc prendpas avec adresse , avec facilité à faire ce qu’il fait ; il n’a point cettesouplesse d’action & de mouvement ; il est gauche en un mot à toucce qu’il fait. On dit aussi des choses inanimées la même chose que dcl’homme : on dit du bois qu’il est gauche, quand íl n’est pas droit Scbien équarri; on le dit ( comme nous l’avons dit d’abord ) d’une pier-re qui n’est pas droite, dont les paremens & côtcz opposez ne se bor-noyent pas, à cause qu’ils ne font pas parallèles.

L’étymologie de cc mot est assez difficile & obscure aussi bien queíà définition , que nous avons pourtant assez bien dégrossi. Scion Bo-

Xx ij r*l,