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35i G A U.

tel, gauche St gauchir vient de l’ancien Gaulois gutneher , qui sigoifioictourner , se détourner , éviter ; de lá vient la façon de parler. 11 gau-chit un peu, 3c évita ainsi d’être blessé du coup.

[GAUDE. Plante qui sert à teindre les étoffes cn jaune. Elle estfort commune en France , çiais fur tout du côté de Pontoise. La cul-tivée est meilleure que la sauvage. 11 saut la semer claire , en terrelégére, aux mois de Mai ou de Septembre; elle est mûre en Juin ouJuillet, fur tout dans les Pais un peu chauds. II faut la cueillir bienlèche , & empêcher qu’ellc ne se mouille avant de s'en servit. Il fautla choisir menue , & la plus roussette qu’il est possible.

GAUDRON. Voyez, Goudron. ]

GAULOIS & Gaule, font des mots tropintéressansà l’égardde notre «Econome François pour le suprimer;vû que la comparailonde nos premiers 8c vieux Ancêtres avec leurs desccndans ( que noussommes ) peut contribuer à nous donner do la surprise 8c de la joie,de nous voir si difterens 8c dans un état bien plus parfait que n’étoientles anciens Gaulois ; touchant lesquels nous sovons par les anciens His-toriens , que c croient des peuples fort superstitieux dans leur Paga-nisme; car dans les grands dangers, soit de guerre ou de maladie, ilsíàcrifioient des hommes, ou saisissent vœu d’cn sacrifier pour obte-nir de leurs faux Dieux la paix , ou la guérison & la santé ; ce qu'ilscxécutoient par Tentremise de leurs Prêtres nommez Druides . croyantqu’auttement la divinité ne pouvoir être appaiiée, & qu’il falloir la vied’un homme pour cn racheter un autre. En quelques endroits, diícntces Auteurs de la plus reculée antiquité, il y a des Idoles d’une gran-deur extraordinaire faits d osier , qu’on remplit d'hommes, quoiqu’ilsne soient pas tous criminels , puis on y met le feu , ce qui fait unspectacle affreux. De tous les Dieux ils adorent principalement Mercu-re , comme Tïnventcur des arts , 8c le patron des Marchands & Voya-geurs , dont ils font en divers endroits > 8c presque par tout des simu-lacres ou statues. Après Mercure,les plus révérez font Apollon,Mars,Jupiter & Minerve, dont ils ont les mêmes senqmens que les autresNations : que c'eít Apollon qui chasse les maladies, que Minerve pré-side aux divers ouvrages des arts , que Mars est arbitre de la guerre ,& que Jupiter est le Souverain des Dieux. Ils vouent 8c promettent ,fur touc à Mars, les dépouilles des ennemis avant le combat, 8c luisacrifient tout le bétail après la victoire, le reste du butin est amassé8c consacré dans les Temples 8c autres lieux publics , ou l’on voie desmonceaux élevez en divers endroits , dont il est deffendu de rien enle-ver fous des peines tres-rigoureuscs, comme contre des voleurs, sacri-lèges, non plus que de rien recéler âpres la bataille. Ils sc disent des-cendus de Pluton, Dieu des enfers, qui est une tradition de leurs Drui-des ou Prêtres , douez d’un tempérament atrabilaire, qu’ils sc font for-mez par leur vie sauvage, solitaire & bocagere, car ils se plaisent á vi-vre 8c penser dans les profondes forêts dont le Pais est tout plein : ilscomptent par nuits leur postérité, Sc non point par jours,comme nomfaiíons :8c soit qu'ils commencent les mois ou les années, ou qu il:célèbrent le terns de leur naissance, la nuit est toujours comptée 8c men-tionnée la premicre. Les funérailles sont magnifiques pour le Pais, 8cl’on brûle avec le corps du défunt ce qu’il a eu dc plus cher, jusqu’auxanimaux > 8c autrefois les esclaves mêmes 8c les affranchis. Ils ont cecide particulier, que les enfans ne pgcoiffent point cn public devantleurs peres, qu’ils ne soient cn âge de porter les armes , hors de cetâge 8c de cette capacité ils ne les estiment pas encore dignes d’eqx, nide paroître avec eux en publie. On est obligé en se mariant de faireentrer dans la communauté autant de bien qu’on en reçoit de là fem-me , 8c le tout est au survivant avec les fruits qui en proviennent. Lemari, comme le plus fort 8c Ic plus agiílanr, gouverne 8c ordonnetout dans fa famille, 8c pour expédier fans retardement ce qui doitêtre fait, il a puissance de vie 8c de mort fur fa femme, toat commefur ses enfans. Voilà le caractère dc nos Peres , scrupuleusement dé-vouez à l’idée sombre 8c obscure de la Divinité, qui n’étoit alors clai-re 8c évidente que chez les Hébreux ; prêts à tout faire 8c tout sacri-fier pour se la rendre favorable, sevérts Sc fort déterminez dans leurs»œurs , prompts , vifs Sc expéditifs dans leur conduite , d’un espritmartial pendant leur vie , & magnifiques pour honorer leur mort 8cfunérailles, avec un sentiment certain , quoiqu’obscur, de l’immortali-té. Si vous ôtez de ce caractère de nos Peres la superstition énorme, 8cla puissance maritale Sc paternelle excessive , nous aurons de beaux 8ccxccllens restes qui ne font point déshonneur aux Gaulois modernes,qui font les François, 8c nous ne voyons pas que les enfans ayent enrien dégénéré de leurs peres : car les François sont encore aujourd’huipieux lans avoir cette énorme superstition ; ils sont résolus 8c fermes,d’une constitution noble 8e hardie, 8c fort prompts & expéditifs. Maisà ce fond commun aux Gaulois 8c aux François , si l’on considère 8cajoûte l’heuteuse acquisition de la vraie Religion , 8c l’avanrage de lapolitesse, qui adoucit 8c tempere ce qui ctoit crop fier 8c trop sévèredans nos ancêtres , nous trouverons que ce nouveau caractère nousrend aussi dignes hommes que le sont les autres Peuples 8c Nations.Notre (Econome ne fera point mal de copier cn. fa personne , 8c dansla famille dont il est le chef, ce caractère composite propre au corpsde la Nation. L’origine du nom Gaulois vient du nom du Pais qu’ilsonc habité, 8c que les François habitent encore, appellé anciennementla Gaule , fous lequel mot. Carfar entend ce Pais qui comprend troissortes d» peuples , les Belges, les Celtes ou Gaulois,8cles Aquitains.La Gaule se divise aussi en trois parties; celle qui est du côté de Fica-ire sc nomme Gallia Togata ; la seconde , qui est entre l’Icalie Sc l'fis-pagne s’appelle G allia Br*ceata-,8c la troisième, qui est entre le Rhin8c ì’Efpagne , 8c depuis les Alpes juíqua l’Océan, s'appelle Gallia Co -mat». Cassar divise cette derniere pareillement en trois parties, la Cel-tique , la Belgique, 1 Aquitanique ; la premicre regarde le Septentrion ;Ja seconde regarde 8c le Septentrion 8c 1 Orient ; 8c la troisième est tour-née presque toute au Couchant, Sc une partie vers le Nord. L'étymo-logie du mot Gaule 8c Gaulois est diverse ; le nom de Gaule 8c Gau-lois nous il écc dornyi par les Romains; car auparavant ils s'appeUojcnt

G A U. GAZ.

Celtes ou Gâtâtes , d’où est venu à une Colonie Gauloise á l’Oriestt lenom de Galatie. Cluvier dit que ce mot vient de l’ancien mot Celti-que galitn , qui se dit encore en Allemand , 8c s écrit wallen , 8c il pré-tend qu’on commença à leur donner ce nom , qui signifie voyager,lotsqu’ils sortirenr de leur Pais 8c qu’ils alléienc s’empaier d’une par-tie de la Germanie , de l’Itahe 8c de la Grece. Goropius, cité par Al-drovandus , dit que galli vient d’un mot cimbrique gailt , à cause queles Gaulois éroient hommes gais, 8c n’aimoient que joie 8c liesse. Cequi est pourtant tout oppose au caractère des Druides dont ils étoiencles disciples 8c les ééves. Quelqu’autris pensent qu’au lieu du motcimbrique gailt , gai > gaillard, il faut avoir recours a un mot Flamand8c Belgique jjeyé, voluptueux. Boiel dérive le mot Gaule de w alliad’ou la Principauté des Vallès ou des Galles en Angleterre a pris sonnom. Eochard prétend que 1e vieux Gaulois étoit une langue demi-Hébreu, parce que cet Auteur en dérive plusieurs mots, tomme dia-ble de chehel , chiffre de fiffra , valet dc -valtd , baudet de ladel , &c, 8íque le mot même de Gaule vient de cette même langue Hébraïque.Voila bien de la variété, mais on n’a pas tout épuise ; car je découvreune nouvelle ressource pour étymologiser, qui sera bien fondée,8c dcplus fort politique,c’elt-à-dire,propre pour fortifier Tamitié dc deuxpeuples considérables., les Gaulois 8c les Hollandois. Voici commej’aprête mon étymologie : les Hollandois disent 8c avouent eux-memesque le mot 8c nom de leur Pais Holland signifie Pais au bois, parcequ’il y auroit eû dans ce Pais des Hollandois > beaucoup de forêts 8cde bois autrefois ; le mot bols en Allemand signifiant proprement bois,forêt. Mais je remarque que Ic Pais des Gaules étoit tout plein dcbois St forêts ( comme nous avons dit au commencement de cet arti-cle parlant des Druides Prêtres des Gaules. ) II ne me resteroit pourconduite, que d’approcher le mot gaule du mot Allemand boit ; c’eítce qui me sera aise, íuretierc en ayant déja fait toute la dépense,lors-qu’tl dit dans le mot gaule baguette , ou tendre branche d’arbre, qu’ilvient de gattlt ou golt , bois ou forêt. Le tout sera adouci par cette fi-gure dans laquelle on prendra la partie pour le touc ; lavoir. une gau-le ou tendre branche d’arbre pour l'arbre même , 8c un arbre parti-culier pour l’aslèmblage d'arbres , qu’on appelle bois ou fotêr. Ainsipour finir 8c condurre je dirai que ces deux étymologies font réci-proques 8c (.onverribles l’une en l’autre.ce qui sera une nouvelle preu-ve de ma thèse étymologique ; car le Pais nommé Holland lera Paisdes bois, 8c conséquemment des Gaules, 8c l’ancien Pais des Françoissera, le Pais des Gaules, 8c conséquemment des bois.

GAZ.

GAZETTE. Cest une feuille volante, qu’on peur appeller cayerSc livre domestique ; elle contient les nouvelles de toutes sortes dePais , fur toutes sortes de sujets , fur tout politiques ; les événemenses plus récens ; Tétât des affaires 'des Princes 8c de, Républiques ; lesactions 8c quelquefois les moindres démarches 8c mouvemens des per-sonnes considérables. II faut beaucoup de prudence 8c de discernementpour faire une bonne gazette. On y doit dite les versiez de fait 8c desfaits constans autant qu’il est possible ,Sc ne pas donner au récit de eesfaits plus de certitude qu’ils n’en ont. II seroit à souhaiter que Tonécrivit avec tant d'équité 6c d’exactitude qu’on ne fut jamais obligé ásc rétracter ; il ne doit y paroître aucune partialité ; c’cst ici qu’il estnécessaire d’avoir 1c grand art de parler Sc fe taire à propos. Cet écritdoit être dirigé à la satisfaction des curieux, pour leur faire connosireTétai présent des affaires de l’Europe, ce qui rayonne 8c contribuésouvent à mettre, 8c les particuliers , 8c les Corps 8c Communautez ,fur tout de Marchands, en état de prendre mieux leurs mesures. Unegazette bien entendue est la meilleure portion de TH.stoire moderne,uisque c’est THistoire de tous les événemens journaliers, ou au moinsebdomadaires, ausquels il est plus raisonnable & plus utile de s’inté-refltr 8c de s’attacher, qu’à des histoires des siécles les plus reculez.Ce font ces récits hebdomadaires qui fournissent toute la matière desmémoires 8c mercures de chaque mois. Lesquels mémoires sont à leurtour la matière des histoires complettes les plus modernes ; mais ilfaudroit que ces gazettes 8c ces mémoires,8c enfin cette histoire mo-derne eussent du rapport ensemble. Les premiers fondemens étantdans ce qu’on appelle gazette, les faits 8c événemens devroitnt y êtreen quelque ordre uniforme, soit un ordre géographique, soit un ordrede dignité, soit un ordre des matières , soit un ordre composé oùTon voye 8c reçoivent tous ces avantages s’il est possible; je veux dire,que Ton puisse facilement recueillir en abrégé pour les mémoires dcchaque mois, tous les articles différer», non d’une gazette seulement,mais de toutes les gazettes du mois passé. Le Gazettier ou Historienjournalier , doit principalement narrer les événemens 8c les faits ; ildoit sc borner à cela 8c ne doit point s’ériger en Professeur de politi-que , ni cn protecteur de telle ou telle Nation : fa vocation n’est pas(i haute, elle n’est instituée que pour faite savoir au vrai > autant qu’ilest possible, ce qui est de fait dans tous les Pais 8c les Cours,fur toutde TEurope. II ne doit point sc mêler ni de juger pour approuverou condamner, ni de raisonner les faits en y joignant des spécula-tions qui regardent les questions de droit fur ces faits : c’est non-feu-lement prévenir le jugement des plus sages, ce qui est une cspcce d’or-gueil Sc de témérité, mais aussi s’expofer à choquer le jugement desKiiflànces diversement Sc quelquefois contradictoiretnent opposées.Les droits fur ces faits sont rrcs-cercainement des problèmes difficiles àiésoudre, 8c c’est une grande imprudence de parler en juge fans en avoirla commission 8c Taucorité. C’est ici où Ton patott partial, quelquejugement direct ou indirect qu’on porte : cependant si,par exetnpíe,les Princes dans un rems de rupture 8c de guerre font eux-mêmes desmanifestes pour soutenir leurs droits 8c pretensions, oppose à d’autresmanifestes Sc pretensions, celui qui a soin d’écrire Thistoite journaliè-re ne peut passer pour s’être émancipé , lorfqu’il fera au public desabrégez fidcles dc ces manifestes. Ces droits 8c intérêts des Princesdivisez & opposons, qu’ils onc publjqz oux-œémes, sont devenus des

véritables