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GAZ.

véritables faits à l’égard d’un Gazettier. II peut ici prendre occasionde : faire voir son esprit Sc sa pénétration en entrant par ses exposez &abrégez dans tout ce qu'il y a de plus essentiel dans ces pieces origi-nales opposées. Ces exposez ressembleront à ces mémoires que don-nent des Avocats fans paflìon , qu’ils exposent sur le bureau ou entreles mains des Juges, lesquels prononcent avec autòrité & une sa-gesse consommée. Dans cette comparaison que je fais les Gazctticrssont des Avocats , les Princes qui sont en différend sont les Parties Scles Cliens, Sc le Public elt le Juge qui prononce avec autorité mais àhuis clos , c’est-à-diré, que chaque particulier d'cntre le public en ju-gera secrcttemcnt comme il lui plaira , jusqu a ce que le succès desarmes ou des négociations en ayent jugé en dernier ressort. La fonc-tion de Gazettier & d'Historien est la même, & ces deux Osselets dupublic devroient avoir les mêmes bonnes qualitez. Dans la pratique«ommunc il y a bien de la différence ; l’Hiftorien a quelque chose deplus noble & a plus de respect pour le public , n’écrivanc que les ac-tions & les événemens les plus illustres & les plus dignes d’oblerva-tion i au lieu que dans les gazettes ordinaires on ramasse tout ce quilé dit > soit vrai ou taux, soit d’impottance, soit de peu de valeur. Sile Gazettier se fait honneur à lui-même en-respectant le public, je di-rai de lui ce que j’en ai dit en commençant cet article , que c’est lepourvoyeur ou proviseur de l’Historien, c’est son pédaguogue, ion perenourricier, Ion sécrétasse, son notaire & son greffier, & que l'Histo-rien sera un Historien passable s’il est feulement fidèle Clerc & Copis-te du premier ; jsexccpte les Historiens d'un mérite distingué, qui sa-vent donner aux sujets qu’ils mettent en œuvre une forme autant &plus précieuse que la matière. A 1 égard de l’étymologie de ce mot,Furetiere rapporte qu’il vient de gaze»a , qui íîgnifioic originairementune esjicce de petite monnoïe de Venize, Sc quiétoic le prix ordinai-re dc cette feuille volante ou cayer des nouvelles courantes : ce noma été depuis transporté au cayer même. C’est une bien mesquine éty-mologie, puisque tout ce qui se pourroit donner pour le prix dc cet-te petite monnoyc pouttoit être appelle gazette. D’autres le dériventdu mot Hébreu corrompu Sc retourné : ce mot Hébreu véritable c’estizgad , signifie nuntius , messager Sc message, lequel se retourne engaztd, d’ou vient gazette ou gazede. Jc ne crois pas à parler franche-ment que la gazette ait une origine & étymologie si antique, & jecroirois que ce mot gazette a été dit fiat mépris de ces sortes d’ccritsqui donnent matière au bas peuple de jaser ensemble dans les lieux ouplaces publiques, & à deviser sur les assisses du teins > dont ils fontinstruits par les gazettes, à quoi ils ajoutent des réflexions & des ju-gemens à lenr fantaisie , jasent à plaisir en façon & guise dc politi-ques , Sc font ostentation de bel esprit dans des conjectures. Sc des ga-geures pour ou contre. Le mot de jaser, quoique mot de fantaisie ima-né fut le son du caquet, peut auffì répondre au mot garire Latin , quisignifie caquetter , & qui se disent des oiseaux est rendu en Françoispar gazouiller , qui se pourroit appliquer dans cette façon de parler : ily a du plaisir, pourroit-t-on dire, á entendre gazouiller ces ruillèaux,ccs petits oiseaux, ces petits enfans,& même ces artisans nouvellistes.Telle est, je crois, la baffe Sc méprisable source d’une chose dont j’airelevé le prix Sc futilité s c’est ainsi que les choses aujourd’hui fort esti-mées, comme les Romans , les pieces de théâtre ou pieces dramati-ques , ont eu des commencemens fort communs, fort imparfaits &fort grossiers. On peut lite la vérité dc ce que j’avancc dans l’histoiieSc l’origine des Romans, qu’un célébré & savant Prélat a pris la peined écrite. Furetiere est fort agréable , quand il applique figurément lemot de gazette à une forte de femme ; voici fa phrase : on appelle ga-zette une femme qui fait toutes les nouvelles de son quartier , & quiles va débiter en tous les lieux de fa connoissancc. Le même ajouteencore ces phrases - cette femme, dit-il, est dangereuse , c’est la ga-zette du quartier, c’est une vrai gazette ou caqucteuse. Un autre Auteurdit, me prenez-vous peur une gazette, que voas me demandez tou-jours des nouvelles : on peut voir en ces occasions que le mot dc ga-zette pris en mauvaise part, Sc avec «ne idée de mépris. Le fameuxLogicien , Auteur de l’Arc de penser, remarque qu’il y a dans les mê-mes mots fort souvent deux sortes d’idées ; l’une principale, qui està l’égard de ce qui est beau Sc bon en soi ; Sc l’antre accessoire, quiest souvent odieuse. C’est ce que je puis appliquer au mot gazette,dont l’idée principale nous représente Sc signifie une histoire exacte ,réglée Sc fidèle des faits Sc événemens journaliers , ou les plus nou-veaux , Sc dont l’idce accessoire nous représente l’abus que font desgens de peu dc capacité de cette fonction d’historien des nouvelles ,laquelle en soi est ttès-utile au public. Les choses les meilleures sontsujettes à ces abus ; un Chicaneur veut être appellé Praticien, Sollici-teur, même Procureur & Avocat. Un Pédant veut passer pour Docte,te même pour Docteur : un Sophiste pour un homme qui possède l’attdc penser & de raisonner : un Charlatan pour un Chimiste, Apoticaire ouMédecin : un Hypocrite plein d’orgueil & d’impicté, pour un pieuxThéologien : un Rimailleur pour un Poète; tabula fro patrono haberivult ,poetaster pro pœta, vanut declamator pro facundo oratore , Sic,

L’usege qu’un Petc de famille doit faire des gazettes par rapport âses enfans, qui font devenus capables de raison & dc curiosité ; c’estde ne pas permettre que ces jeunes personnes s’attachent à ces lectu-res, qu’ils n’ayent une teinture de Géographie,& n’ayenc vû dans descartes la situation des lieux & Pais où les choses & événemens se pas-sent de nos jours. II doit leur procurée la connoissancc des famillesdont les personnes entrent dans la scène & sur le théâtre de l’histoircprésente. Ces jeunes gens curieux des nouvelles publiques doivent se-vrait en quoi consistent les intcrcts des Princes actuellement vivans &régnans ; quelles sont leurs mutuelles prétendons, Sc quels en sontles plausibles Sc vraisemblables fondemens , qui s’appuyent ordinaire-ment fur des traitez vieux ou nouveaux, fur des mutuelles concessions,accords Sc concordats , fur les généalogies & alliance» de ces person-nes illustres. Ces jeunes gens doivent avoir une connoissancc abrégéefour le moins de Í’hiítosse du rems, M savoir cn quel état sont à pxé-

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sent les affaires qui regardent la Religion , la Police Sc la Politique dechaque Pais> Sc dans chaque Pais. 11 faut qu’ils lâchent penser, jugerSc raisonner ; qu’ils lâchent bien la langue dans laquelle ils veulent«'instruite Sc satisfaire leur curiosité ; il faut qu'ils lâchent bien les Loixde leur propre Pais ou de celui dans lequel ils font obligez dc vivre ;mais fur tout ils doivent être habituez a la vertu, & capables de mo-ralité Si bienséance. Je dis que lans ces préparations la lecture desnouvelles publiques, comme elles sont débitées dans les gazettes Sc au-tres mémoires des nouvelles , ne feront qu’un pot pourri dans leurmémoire, une confusion & cahos dans leur imagination > Sc un granddérangement dans leur esprit. II y a plusieurs maniérés de gâter l’ef-prit des jeunes gens ; les romans & les déclamations oratoires, mêmeles pieces d’cloquence ; par là ils s’acoutument á parler Phébus, mê-me dans la converíâtion familière & ordinaire, & les gazettes quandils les lilent astìduëmenc Sc fans préparation ; par quoi ils se rendentimportuns Sc ridicules en voulant parier de la politique Sc des affairesdu rems parmi les personnes sensées Sc judicieuses.

GAZON. Herbe verte déliée & touffue > qui levées d’un pré oud’une pélouse avec la bêche , pat pieces ou tranches de terre d’cnvirondeux pouces d'épais , & appliquée proprement fur un terrein d relié Scpréparé, sert à former les tapis des jardins, les massifs & compartìmensdes parterres, les bords des bassins, ses pieds de palissade, Lcc. on nom-me gazon a queue, celui qui pour revêtir un talus ou un glacis dcterre n’est pas levé pat tranches ; mais est coupé avec la bêche parmottes pointues , qu’on asseoir fur du cl ay on âge & des fascines pourl’empcchcr de s’ébouler ; en Latin cespes. On dit gazonnet pour revêtirde gazon ; la motte de terre qu’on appelle gazon doit être choisie deterre giastc & molle, afin quelle lé tienne plus long tems en état Scu’elle s’applíque facilement fur toutes sortes de surfaces de la terre oues terrasses; ces mottes dc gazon fervent à revêtir des ouvrages dansles fortifications dont on les couvtc pour empêcher que les terres nes’c-boulent. La longueur ordinaire d'un gazon est ordinairement d’un pied,se largeur d’un demi pied Sc son épaisseur égale à fa largeur. Quandon fait une traverse pour passer un folié,on la couvtc quelquefois degazon mis fur des planches contre l’tffct des feux d'artifices : quelques-uns dérivent ce mot gazon Sigazonner , du mot garda , Latin tiré de lalangue Perlanne , où il lignifie richefle : autrefois le mot gaza Sc ga-zon qui en dérive avoir une signification fort étendue ; car il íignifioicun pré tout entier, une vigne, un héritage, Sc l’on a pris depuis la pat-rie pour 1e tout. Du Gange le dérive de waso , mot de la balle latinitésignifiant la même choie; voila des grandes dépenses d’elprit Sc d’éru-dition : peut-être que gazon vient d’une étymologie plus aisée & plus àia main, Sc que ce mot Sc son íi doux & si agréable, exprime la dou-ceur Sc moleste d’un gazon velouté , fleuri Sc verdoyant. II y a biendes mots qui signifient les chosefrpar les qualitez rudes ou douces deh ut son naturel, tel est le mot gazouiller, parlant du chant des petitsoiseaux, tel est le son d e status Sc f are souffler, rumpere rompre , fran-gere fracasser , frigere frire, fricaílcr, bullire , bouillir. Ce feroit unechose bien plaisante si quelqu étymologiste entreprenoit par un goûtd'érudition , vouloir promener quelqu’un dc ccs mots par toutes leslangues d’Orienc Sc d’Occident, cela leur feroit aussi aisé qu’il leur aétc aisé de le pratiquer sur le mot de gazon > n'y ayant point dc lan-gue, même chez les Iroquois, qui n’ayent des sons semblables auxsons dc quelqu’autre langue que ce soit , SC quoiqu’il y eut encore dela difficulté á achever l’ouvtagc d’une étymologie prétendue,on aide-roit pourtant enfin cette réduction par des figures, par l'une desijud-les la patrie peut être priie pour le tout, comme nous avons vu ci-dessus.

G E A.

GÉANT,homme d’une taille grande & démesurée. L’Écriture ensait mention. Og, Roi de Baían étoit un géant qui avoit'neuf coudéesde haut : les peuples du Pérou assurent qu’il est arrivé autrefois desgéans dans leur Pais, qui depuis le genouil en bas égaloient la hauteurordinaire d’un homme;ils ont la même tradition au Brésil & a Mexi-que , Sc ils cn montrent des os d’une grandeur démesurée. On enmontre aussi dans le Château de Moulins en Boutbonnois ; les Domi-nicains de Valence en Dauphiné, font voir dans leur Cloître 1e sque-lette d’un géant nommé Buardus, qui a quinze pieds de hauteur. Maisle P. Kircher témoigne qu’il y a de certaines pierres qui ressemblentfì bien à des os, que le peuple les prend pour des os de géant. Cemot géant vient de gigas , Latin pris du Grec ; il vient de gé terre , Scgeinomai je nais, comme qui diroit fils de la terre.

GEL.

[GELÉE. Yoyez cet Article dans le Dictionnaire ŒconOmique, Pcy ajoutez ce qui fuit.

Gelée de corne de cerf , propre pour réparer lei forces , pour arrêter kcours de ventre , le flux de vômiffemens , pour résisterk la malignité des humeurs.

Prenez demi-livre de raclures de corne de cerf, & six livres d’eaucommune ; faites bouillir doucement dans un pot vernifé garni dcson couvercle , jusqu’à la consomption d’environ les deux tiers de laliqueur. Pour lots mettez-en un peu suc une assiette , & laistèz refroi-dir pourvoir si la gelce est faite ; si elle ne lest pas encore , ajoutezun peu d’eau chaude & laistèz bouillir comme ci-dcvanr ; quand vo-tre liqueur fera formée & gelée , vous la passerez pat un linge avecforte expression. Ensuite vous y jetterez un œuf battu avec quatre on-ces de vin blanc Sc une once de jus dc citron , vous y ajouterez unedemi-Iivre de sucre ; puis ayant clarifié le tout en le faisane bouillirlégèrement, vous le passerez par un Manchet , & conserverez votregelée dans des pots de fâyancc pour vous en servit dans le besoin, IIsaur la J aillée refroidir avant dc couvrir les pots.

Xx iij , Gelét