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et : Voyez. Lettres de grâce. II y a des grâces qu’on appellecxpecta.ives , ainsi nommées, parce que ceux à qui elles font accor-dées , attendent la vacance ; il y en a de générales & de spéciales i parles générales le Pape veut qu'un tel soit pourvû du premier bénéficequi vaquera , & par les spéciales le Pape mande à l’Ordinaire de con-férer un certain bénéfice à un tel. Cette maniéré de conférer les bé-néfices n'écoit point pratiquée par les anciens Papes dignes successeursde S. Pierre , aussi a telle toujours été réprouvée en France > où l’onne reçoit point les nouveautez qui n’ont pour fondement que l’embi-tion fie l’intérct : Voyez Fevret en son Truite de L'abus , liv. 2. chap. 7 .On en admet feulement de deux lottes , celles des Indultaires & desGraduez: Voyez. Indultaires Sc Graduez. Grâce en d’autrestermes, & dans les deux sens susdits, font I. On entend pat grâce la ré-mission que donne le Roi pour quelque crime commis. Ce qui s ac-corde par des lettres qui font sujettes à entérinement, z. Grâce expec-tative elt un terme de Cour de Rome ; c'cst un rescrit du Pape, quiordonne au Collateur de donner le premier bénéfice vacant de sa col-ation à une personne que le rescrit désigne : Voyez Patru dans le Plai-doyer quatrième. Remarquez sur les grâces expectatives que nos Roisont porté depuis long-tems des Édits contre ces sortes de grâces , telfut en l an 1 $99. fous Charles VII. l’Édit du Roi contre les grâcesexpectatives données par les Papes ; cet Édit fut donné á Paris le 7.Mai 13??. A lcgard des grâces Sc rémissions royales, sous Louis II.en l’an i4?8. parut une Ordonnance du Roi fur le fait de la Justice ,contenant 161. articles , portant que nul autre que le Roi puisse don-ner giace, abolition , rémission ou pardon j faite á Blois au mois deMais 149S. Voyez Fontanon en fa Chronique, fag. 20.
Remarques fur divers usages du mot grâce en matière de Droit Civil(f Canonique.
Pat exemple, ce mot est quelquefois opposé à justice & à rigueur,& signifie alors pardon , remise , adoucissement d'unc peine méritée.Le Roi accorde des grâces pouf les crimes rémissibles , íur tout ceuxqui ne proviennent point d’nne disposition maligne i car ceux-là sontindignes de la clémence du Souverain , qui est le protecteur de la justice , le procurateur du bon ordre & du maintien de chaque chose dansson lieu & dans son rang ; ot le vrai lieu de l’homme malin , c'cst lapeine & le châtiment,comme le viai lieu de l’innocence Sc de la bon-té & bénignité , c’est la joyc, le bonheur naturel Sc civil. Quand lesarrangemens sont autrement dispos z, que les justes St gens de biensont’ìanguissans lans faveur , &. les méchans font favorisez , alors cespectacle est sort odieux, & choque toutes les régies dc la bienséance ;il ne faut pas que le Prince pour faire ostentation de sa puissance, puisse é ìe regardé comme fauteur Sc rémunérateur de ces désordres. LePrince est pour suppléer a l’infirmité des gens de bonne volonté i maisnon pour faciliter les voyes de la dillòlution des mœurs &des devoirs.II faut que les grâces soient conformes aux informations pour êtreentérinées ; quand le crime est involontaire & commis par cas for-tuit ou dans la nécessité d’unc juste desscncc ,.les lettres que le Roiaccorde sont des lettres de grâce Sc de rémission , elles peuvent êtreobtenues aux petites Chanccleries. II n’y a que le Roi qui en puissedonner ; le Gouverneur du Dauphiné avoir autrefois le pouvoir d’oe-ttoyer la grâce, Sc d’autres Seigneurs s'en attribuoient le droit > LouisXII. révoqua tous ces privilèges. Les Juges subalternes sont Juges deligueur ; les Souverains peuvent faire grâce quelquefois, même dansdes cas où il semble que les malfaiteurs sont indignes entiercment depardon , pour donner occasion à faire voir que dans les Rois Sc lesSouverains doit parbître quelquefois quelque vestige de la bonté infi-nie de Dieu,dont ils sont les images, &r qui absorbe tout mal; cepen-dant comme les Licutenans des Princes fur Ja terre ne doivent que ra-rement faire de ces actes qui marquent trop cxprdìêmentla souveraineté & le plein pouvoir , ainsi les Princes meme doivent rarement &pat respect pour la Sainte puissance de Dieu ,s'âbstcnir d’uíer du pleinpouvoir qu’ils ont reçu de Dieu , de peur qu’en exerçant & imi anci’attribut dc la divine puissince, ils ne choquent celui dc la sainteté &de la justice. Dieu peut toujours faire grâce au pécheur le plus malin,parée qu’il peut toujours convertir son cœur entierement, Sc le p rotéger par fa grâce dans 1 avenir. Sc le tendre digne lui-même en quelquemaniéré de la faveur déja reçue : si les Rois Sc les Juges pouvoients’aílùrer d’une parfaite conversion de cœur dans les criminels, & dcleur dévouement futur à toute vertu morale, civile Sc politique » il yaurait lieu plus souvent, & fans dommage pout lc public,à l’excrciccde cette gracieuse clémence ; mais dans cette impuissance à prévoir l’a-venir & à changer les cœurs, il est expédient d’employer les régiesexactes sse la justice.de peur dc ne rendre incertaine la paix & la tran-quillité publique. Le mot de grâce cn ce sens vient de gratus , agréable,qui fait du bien, qui cause de la )oye, Sc gratis, grâce , signifie ici éga-lement & la bonne & gracieuse dilposition du généreux bienfaiteur,qui donne la vie ou délivre de la punition, & l’état hturtux de ce-lui qui jouit de la vie , & est libéré & délivré de la mort & de la dou-leur qu’il méritoit. A l’égard du mot de grâce dans la JurisprudenceCanonique, on appelle grâces expeUatives , non-sculement sis mandats& réserves de Rome qui n’ont point de lieu en France ; mais aussi leslettres d’indult, sis brevets des sermens de fidélité , de joyeux avène-ment , nominations des graduez, & qui sont des reseiipts du Pape oudu Roi, par lesquels il donne droit à quelqu’un d’impétrer & d obte-nir le premier bénéfice vaquant , lequel est a la nomination des Col-lecteurs à qui ces lettres s’adresscnt. Par ces Mandemens les Papeslioicntlcs mains des Ordinaires , & conféroient les bénéfices à qui illeur plaisoit ; anciennement on ne connoissoït point ces réservationsdans l'Église, Lc il n’en est fait aucune mention dans tout le Décret deGrarien, Au commencement çe n’étoient que de simples prières &pour un seul bénéfice ; depuis ce furent des commandemens exprès, &on nc se contcncoit pas d une seule réserve ou grâce expectative surune même Église. Aujourd’hui on ne reçoit plus d'autres grâces expec-
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tatives que celles des ìndulraires & des Graduez. En terme de Char-celetie on intitule toutes les lettres avec cette formule : Louis par làgrâce de Dieu , Roi de France & de Navarre. Les Rois Sc les Souvcia ise qualifient tels par la grâce de Dieu, pour signifier qu’ils nc tiennentleur puissance que de Dieu & de leur épée ; mais les Princes pieuxconfessent par cette formule humble & modeste à lcgard dc Dieu*qu’ils sont des hommes comme les autres , & qu’ils n’ont point desuréminencc sur les autres hommes, étant de même nature qu’cux, &que l’éléyation où ils sc trouvent n’est duë qu’à la gratuite & bonté deDieu qui les a destinez à une naissance si illustre. Le premier motifde cette formule pourroit être fastueuse, fi elle n’étoit tempérée par laseconde interprétation j Sc de ce double concept doit résulter dans lespeuples une soumission volontaire Sc parfaite obéissance , puisque lesRois ne sont redevables qu’à Dieu & non à eux ; Sc un grand respectenvers ceux ausqucls Dieu a voulu manifestement nous soumettre Stassujettir, pour honorer Dieu & ses ordres dans lc Lieutenant de íapuissance. Le mot grâce gratta a route ridée dc gratuité, même de mi-séricorde à l’égard de Dieu, qui marque fa singulière bonté & miséri-corde envers un peuple , en élevant par une illustre naissance,, choixou élection , un bon Roi pour lc bonheur dc toute une Nation. Paice titre, Roi par la grâce de Dieu, les bons Princes font un aveu écla-tant & très édifiant, qu’à Dieu seul appartient directement se régne*la puissance & la gloire, & qu’à eux est communiqué 1e régne à toi Schommage envers Dieu, Rex regnum H- Dominus domìnationum ,1c Roides Rois & le Seigneur des Seigneurs , per me reges régnant {$• judicesjujla décernant , dit l’Écricure : par moi, dit le Seigneur , règnent lesRois, & par ma sagesse les justes Juges décernent Sc prononcent c«qui est juste; voilà la vraie Sc double étymologie dc grâce dans la for-mule royale. Le Roi fait un aveu de fa redevance à la suprême Ma-jesté divine, Sc le peuple comprend & avoue rindifpenfablc Sc justesoumission 8c obéissance aux Rois Sc aux Majcstez souveraines de laterre. que Dieu a établis pour le gouvernement des nombr.uscs socie-ter humaines, qui (ans l’autôrité des Souverains resteraient dans unetrès-malhcurcusc anarchie Sc confusion : autrefois les Ducs Sc Comtesdc France qui avoienc usurpé la Souveraineté, se disoient aussi Ducs ScComtes par la grâce dc Dieu. Lc Dauphin de France se qualifie aussi .par la grâce de Dieu,fils aîné de France & Dauphin de Viennois , commeparticipant,sinon au pouvoir absolu , du moins à l’honneur de la Sou-veraineté. Les Évêques intitulent dordinaire leurs Mandemens , Noutpar la grâce de Dieu á' du Siégé Apostolique, Fvêque de... Le motde grâces au pluriel, que l’on appclloit cn Grec charités , é oient troisDivinitcz feintes Sc imaginées par les Fabulistes; on les peignoir nuessens ornemens accessoires St empruntez,elles éroient dans (a iùitc de-venues filles de Jupiter compagnes dc Mercure, elles sc tenoient tou-jours par la main Sc ne se séparaient point. Les Poètes ont aussi feintque les grâces étoient petites Sc d’une taille fort menue : on a voulumontrer par ces circonstances, les proprietez de la bonne grâce Sc dcíagrémens. Cette nudité lans ornemens nous donne â connoitrc queFart de plaire dépend d un procédé simple , naturel & ingénu ; ellessont filles dc Jupiter, parce quedes véritables grâces Sc agrémens sonttiès-puifláns;elles sc tiennent par la main, parce que si l’on ne plaîtue par 1c sensible Sc l’extérieur bienséant fans y joindre les agrémense l'esprit & du cœur, ce loní des agrémens bien imparfaits. Le char-me de l’art de plaire dépend de l’union de toutes ces belles qualitez ,d’un esprit qui brille par des traits pleins de lumicre Sc de sublimité ,par les plus belles dilpositions Sc expressions d’un cœur plein de dou-ceur Sc d’officiolìté , & par l’extéricur le plus çompofé à la bienséan-ce, à Faisabilité, la béncficcnce, & en même rems plein de dignité. Lataille menue qu’on leur a feint & attribué marque que tout est fin dansles vrais agrémens, dans les idées de l'esprit, dans les scntimens ducœur, dans sis gestes Sc la contenance. Les idées exactes sont tropgéométriques , sis scntimens trop marquez sont trop communs, Sc sisis postures les plus séantes peuvent être copiées par un Peintre, ellessont d’un prix médiocre. Le Chevalier de Mere a fait un Traité desagrémens qui peut beaucoup aider une personne bien née 8 c bien éle-vée , qui 1e sentirait á cela du génie Sc du penchant ; mais-r'I faut êtrené pour cela , & tout le monde n’y est pas propre , aussi n’est il pasnécessaire pour être honnête-homme d’avoir ces qualitez si charman-tes , on 1 st estimé à moins. La vertu, la probité plaira suffisamment àtoutes les pe sonnes d’un esprit solide,8c sis dédommagera assez danSla , rivet on de ces qualitez extraordinaires si charmantes. On peuecomparer lc solide de la vertu Sc de la probité à des colomncs quariéc#Sc cubiques qui supportent un grand bâtiment composé de toutes sesp,.tries essentielles, cela suffit , mais personne ne peut témoigner dumé; ris pour les ornemens qu'on y peut ajoûter. On peut arrondir cescolomnes quarrées . on peut y mettre toutes les beautez des divers or-dres , fur tout du Corinthien Sc du Ccmpriíìte , jufqu’ici la solidité dcres colomnes Sc du bâtiment n’a rien souffert, mais si on vouloir fairedes candures, soit droites, soit fy ira es, trop profondes vers l’axe deces colomnes , il est fans doute que ces colomnes n’âuroicnt plus assc2dc corps pour soutenir, & seraient écachécs , c’est-à-dire, écrasées parla pésanteur de l’édificc ; il n’est pas difficile de faite en détail f appli-cation de cette comparaison à notre présent sujet. En fait de gra esou agrémens, ne qhid nimis , mais rien de si opposé que F affectation.Les jeunes personnes dc l’un ou de l’autre sexe liront dans un Auteurqui a traité ce sujet, cue Fagrément consiste souvent dans les plus pe-ntes chofcs > dans un geste , dans un souris , dans un air négligé. Envoilà assez pour leur faire prendre le dessein d’allcr à la chasse de ccsgestes, des airs négligez Sc de ces agréables souris , Sc en voilà aussiassez pour les rendre ridicules , car ces choses nc sont point l’objcc dcleur recherche , ni du désir qu’ils ont d'en venir à bout, ce sont sespurs effets qui rayonnent au dehors de causes intérieures très-réelles,qui sont la dignité de l’amc, l’habirude de la civilité , de la complai-sance Sc l’innocence des mœurs douces & sociables.
GRACE en Peinture, Sculpture , & dan* ses pieces ou ornemens
Z z iij d'Architec-