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seaux. Les grains d’orgs chez les Tourneurs, font des sets comme lospiéccdens, qui ne font pas engagez dans le fût d un rabot; mais ons’en sert á la faveur d’iin manche, fur lequel le Tourneur appuyé; ila fa pointe terminée en forme d'un triangle. Les Serruriers appellentgrain d’orge un fer quarté, pour percer toute matière dure, lorsquele ciseau n’y peut entrer : à proprement parler , le mot de grain d’orge»e devroit être applique qu’a cette sorte de fer long, qui est figuré enain d’orge ; mais les artisans retiennent la premiere nomination pourde semblables fers longs , qui gravent & incisent la matière sujette ,quoique leurs bouts soient autrement figurés : dans la Sculpture onappelle grain d'orgc, une petite cavité faite Sc creusée dans le bois ouautre matière, prenant son nom du rabot nommé grain d’orge, aveclequel l’attisan l’a creusée : elle se pratique Sc se creuse entre les mou-lures ou ornemens & façons de ménuiferie > pour les dégager Sc 'dis-tinguer d’une maniéré plus remarquable. 11 y a donc deux fortes degrain d’orge; les uns sont à fût ou en bois de rabot; les autres déga-gés & libres, & seulement emmanchés.

[Grains. Voyez. Blé.

Grains. Pour les multiplier. Voyez à la fin du mot Blé. Mul-tiplication,

GRAINES. Leur fécondité, leur âge , leur anatomie. VoyezVéoìtation. Gardes des graines, différence des graines. VoyezPlante. Végétation. Pour les conserver en terre. VoyezJardin. Pour en avancer la germination. Voyez Potager» lafin. Pour les multiplier. Voyez Multiplication.

Graine d’Avignon. Voyez Profits.]

G R AIS ou G R E z. Espece de roche, formée par la combinaison& allemblage de plusieurs grains de fable ou fablon,, condensés & ag-glutinés enlêmble ; il y a du gtais dur qui sert pour paver, & du ten-dre pour bâtir. On employé ce dernier par gros quartiers , qu’il fautha het dans les joints pour liaííònncr. Le mortier fait avec de la pou-dre de grais est de nulle valeur, Sc n’est point d'un bon usage > & estdéfendu aussi bien que de mêler des quartiers de grais avec de la ma-

Í sonnerie de moilon. En Latin le grais s’appcllc jìlex , par antiphra-é de seijplis lapis , pierre facile à fendre, ( lapis qut facile fcinditur ; )mais le silex ou caillou est tout au contraire d.fficile à fendre. Lemot François grais vient de gravis lapis, parce que le caillou ou graisest très-pdant même dans un volume ou malle médiocre. Le motmême caillou, selon mon imagination > peut venir de coagulatis lapis ,ou coagulum lapidis , parce que Te caillou est comme un limon forte-ment coagulé & condensé. Les étymologies peuvent ctre dites heu-reuses , quand la Philosophie ou notions Physiques n’y répugnentpoint, mais les confirment. On pourtoit appeller ces étymologies,'platoniques ; car chacun fait que Platon dans fa langue Grecque aprétendu qu’on pouvoir ainsi étymologifcr phylosophiqucment ; ain-si j’efpere que sous une si considérable garentie, on excusera les tenta-tives que je fait allez souvent pat ci par là pour imiter la méthode dePlaton. Car c’est encore mieux que fi je faisois venir le mot caillou ourais de trois mots Barbares ; l’un Saxon, l’autre Arabe, ou basreton, ou ancien Celte. 11 vaudroit bien mieux fe taire que de par-ler fans utilité : les Étymologistes ordinaires sont en grand danger ,s’ilsdoïvent rendre compte de tant de paroles oiseuses, frivoles & plei-nes d’une vaine ostentation. Du mot grais vient graijferie, qui se ditautant de la roche, d’où l’on tire le grais , que de l’ouvrage d’Archi-tecture ou de Sculpture fait de cette matière : l’un des plus considé-rables morceaux ou piéce de cette sorte d’ouvrage appellé graijjerie ,est la grote de la tête du canal de Vaux du dessin de Mr. le Pautre.Mr. de Furetiere préféré en ortogtaphe^m: à. grais ; mais si le motgrais , pierre fort pesante vient de gravis, il est clair qu’il faut é tiregrais. Le grais est propre à aiguiser les outils des Ouvriers, ou à écu-rer quand il est en poudre. On fait quantité de vaiíleaux qu’on appel-le de grais, qui ne font pourtant faits que de glaise ; mais qui ontune plus forte & plus longue cuisson , étant cinquante heures dans lefourneau, au lieu que la poterie ordinaire n’y est que douze ; la raisonpourquoi il est défendu en maçonnerie de 1e servir de grais, c’est par-ce qu’il est trop dur, & n’est pas propre à bien prendre & aspirer lemortier. Je serai la clôture par une étymologie d’érutliuon ; elle estrapportée pat Mr. de Furetiere, soit de son cru, soit d’ailleurs. Cemot grez, dit cet Auteur, vient du vieux mot craig , qui est Breton ouancien Celtique, qui lignifie pierre ; mais en conséquence de cette éty-mologie de Mr. de Fuieticre, il faudroit préférer dans l’ortographegrais à grez. Le mot grais étant plus semblable à erttsg que grez; ain-si il faudroit conserver dans le mot dérivé la dipthongue ai.

[Graisse pour les robinets, II faut que cette graille ait de la con-sistance . afin qu’elle ne coule pas trop ; c’est pourquoi prenez deuxparties d’huile de lin ou d'olives, & une partie de minium , mclez-lcs ensemble, & les faites cuite en consistance d onguent.

GRAISSER les machines. Il est absolument nécessaire de grais-ser les grandes machines, telles que sont les roues des moulins , descatrolìès > chariots & charettes ; car si on négligeoit cette pratique, ilarriveroít que l’eslicu venant à frotter contre le dedans du moyen dela roué, il cnleveroit peu à peu un grand nombre de parties, particu-lièrement en tems de pluye , où le moyen se gonflant approeheroitl’essieu de plus près, Sc ensuite venant á sc reserrer pendant la cha-leur, son trou ne se trouveroit plus rempli par l’essieu, Sc le mouve-ment de la voiture en deviendroit plus irrégulier & plus difficile ,cette difficulté se trouveroit même en tout autre tems , Scie bois quicompose ces machines seroit bientôt usé par le frottement, ainsi qu’ilest ailé de s'en appercevoir dans les traîneaux de bois plat, ou auxtraîneaux de bois tranchant, quand ils ne coulent pat fur le boisgia flé.

Quoique l’hui'c & la graisse ne paroissnt pas convenir aux petitesmachines , telles que sont les montres de poche , parce qu’elle enrend le mouvement plus lent ; cej endant i! ne faut pas manquer àles faire nettoyer, & á y faire metue un peu d’huile , parce que fans«4a le mouvement n’ejï seroit pas si régulier, & les trous s'agrandi-

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roient considérablement ; ce qui seroit vatier les 'roues, & rendroîtinégal le mouvement du balancier. Les seules petites machines qu’onpourtoit sc dispenser d’huiler, ce sont celles qui n’ont que sort peu demouvement, ou qui ne sont pas d’un fréquent usage- J

G R A N D-C HAMBRE du Parlement de Paris, est composée deMonsieur le Premier Président, de plusieurs Présidens à mortier, deplusieurs Conseillers , qui y sont venus à leur rang, après avoir étéaux Enquêtes. Meilleurs les Présidens & les Conseillers , ceux desRequêtes du Palais y montent aussi à leur rang ; quand ils veulentquitter leur Commission. Les Pairs y prennent séance, & Messieurs lesMaîtres des Requêtes ont le même droit , poutvû qu’ils ne s’y trou-vent qu'au nombre de quatre ; il y a aussi des Conseillers d’Honneur& d’Écat qui ont ce privilège ; pour savoir quel est le nombre ordi-naire des Juges, il n’y a qu’a voir la liste ; quand le Roi va au Parle-ment, c’est à la Grand-Chambre où il fprend séance avec son Chance-lier.

Messieurs de la Grand-Chambre connoifl’ent en premiere instancedes causes, où Monsieur le Procureur Général est partie pour les droitsdu Roi Sc de la Couronne, connoissent aussi des terres qui font tenuescn appanage, des causes de la rcgie.de tous les Diocèses du Royaume,de celles des Ducs & des Comtes & Pairs, quand elles concernentles droits de leurs Pairies , de celles de l’Hôtel-Dieu de Paris , duGrand Bureau des Pauvres de l’Hôpital général, de Monsieur l’Ar-chevêque de Paris, de Mr. le Prévôt de Paris, du Corps de i’Univer-sité, Sc encore d’autres personnes & Communautés, qui ont le privilè-ge spécial de porter directement leurs affaires à la Grand-Chambre.On porte a la Grand-Chambre en matière civile toutes les appella-tions verbales des sentences rendues par les Juges, qui reflortissent auParlement. Les appellations des sentences des Juges & Consuls , Scdes sentences arbitiaires y sont aussi portées; os y plaide les requêtesciviles ; mais quand elles sont entérinées ou appointées, les partiesfont renvoyées aux Chambres, où les Arrêts sont intervenus pourêtre jugées. La Grand-Chambre connoît indistinctement, & à l’exdu-íion de la Tournelle civile, de toutes les causes qui concernent le do-maine & les droits de la Couronne, des appellations comme d'abus,des matières béncficiales > des causes qui concernent l’état des person-nes ; de celles où il s'agit de la qualité d’héritier ; des droits honorifi-ques , des Réglemens entre Officiers, desRéglemensde Police ,& descauses des personnes qui ont leurs causes commises à la Grand-Clum-bre : hors ces cas les appellations verbales où il ne s’agit que dc zooo. li-vres Sc au dessous, croient portées à la Tournelle civile avant fa sup-pression. Les grandes Audiances sc tiennent le matin aux jours de Lun-di , Mardi , Jeudi , & de relevée les Mardis & les Vendredis. Lescauses font plaidées fur les toiles par les Avocats : le Second Présidenttient ordinairement les Audiances de relevée,, Sc donne les Vendredis( pendant la derniere heure ) Audiance fur des placers qu’il fait appel-ler par le premier Huissier. On plaide le Vendredi matin toutes sorte»de causes fur des placers ou fur un toile que Mr. le Premier Prési-dent fait faire. Les Mercredis & Samedis on expédie les appointe-mens avisés au Parquet ou á J’Audiance, & les requêtes du petit roi-le qui sc font tous les quinze jours pour les affaires provisoires. Le*incidens qui regardent l’instruction de la procédure, les oppositions àl’exécution des Arrêts des défenses , les affaires de Police, & toutescelles qui requièrent célérité. Monsieur le Premier Président donneauíïì des Audiances depuis sept heures du matin, jufqu’à huit, quandil 1e juge à propos, pour l’expédition des affaires legeres; pour lavoircomment les Audiances sont réglées, & quelles causes doivent être ap-pointées, il faut voir la Déclaration du Roi d u mois de Mars 1675.l'Édit du mois de Juin 1685.Ia Déclaration du 1 y. Novembre 1689.& un Arrêt du Parlement du z y. du même mois de Novembre U8?.

G R AjND CONSEIL, fut ainsi appelle dans son institution, àcause qu’il succéda au Parlement pour être le Conseil du Roi, com-me le Conseil d’État lui a succédé. Voilà comme les premières ins-titutions sc changent cn des secondes , ou donnent occasion à dosecondes & troisièmes institutions : les premieres & secondes sosolf-ient avec leurs noms propres anciens : mais leurs fonctions font oupartagées ou altérées, ou entiercmenr transmuées sous les anciens noms ,qui persévèrent toujours, pour ne pas faire connoícre manifestemencles changemens & innovations réelles, lesquelles sont quelquefois pourle mieux, & quelquefois moins bonnes pour les Peuples, pour lesPrinces, & quelquefois meilleures & plus avantageuses pour les uns,pour les autres, & quelquefois également avantageuses pour les Rois& pour les Peuples conjointement : tous ces changemens arrivent Scsont aï rivés selon les divers dégrés de lumière, dont les Princes ou leursMinistres sont doués, & ont cté pourvus : le plus ou le moins d’am-bition , le plus ou le moins d’amour & de zélé pour le bien de l’État,& de toute la société civile Sc politique, opère encore plus ces chan-gemens de diverses efpeces. La grande fageflè Sc vertu des politiquesconsiste à user ( en la maniéré possible ) de l’état présent des chose*établies, & ausqu’elles les Peuples & les Princes sont accoutumés avecune espece de consentement tacite. Voilà la vraie prudence politique,qu’on appelle raison d’État, qui n’est autre chose que le plan de gou-vernement Sc de ministère, qui est le plus conforme à l’état où setrouvent les choses, les personnes Sc les usages ou coutumes présen-tes.

Présentement c’est une Compagnie Souveraine & ordinaire de justi-ce, où l’on procède comme dans toutes les autres Jufisdictions réglées.Les personnes qui composent cette Compagnie, sont Monsieur le Chan-celier qui en est le Premier Président ; maïs il est rare que le Chance-lier y aille plus d’une sois en íá vie, pour y prendre ícance en cettequalité. Ce Grand Conseil est composé de deux semestres, à chacundeíquels il y a quarre Présidens, qui sont Maîtres des Requêtes, &vingr-scpt Conseillers. Le Parquet est composé d’un Procureur Géneial

S iui sert toute l’annéc, de deux Avocats Généraux, qui servent paremestres, Sc de douze Substituts ; les Avocats Généraux n’ont pointd? sanction hors de leur semestre : s’ils sont récusés malades, absens

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