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1s* G R O.

ces grottes divertissantes, je les appelle divertissantes » non feulementparce qu’ellcs procurent du divertiílêment aux yeux & à l’imagina-tion, mais aussi parce qu’ils font diversion aux esprits de ces grandshommes trop occupés St tendus par le foin de leurs grandes affaires.Le mot de grotte , disent les étymologistes, vient du Grec, par l'en-tremilè du Latin crypta ; du Gange le fait venir du grotcefque Latiniìrotta. Mr. de Fureticre l’aime mieux tirer de l’Italien gratta : je met-trai en avant une autre étymologie que je rendrez allez pi luíîble,voici comme j’ai beíoin de m'expliquer ; en Latin terra efi vil pltna &plana, voilà le mot François plaine; vcl eava feu cavernoja , voilà lemot François cave & caverne. La terre élevée s'appuiera terra mon-tma montagne, & les roches & roch.rs escarpés ou creux , s'appdb-ront terra cenupta , qui par abrègement est dit trusta grotte . Je nedis pas que les ptemieres étymologies soient faulles Sc fans aucuneapparence; mais elles me parroissênt inutiles, ou moins utiles au vrailut de l’étymologie que je considéré comme un stiatagcmeingénieuxj our soulager la mémoire Sc préserver les savans des funestes effetste l’érudition bizarre & trop multipliée, qui accable cette faculté delame, & conséquemment accable la force du jugement avant le cems,comme on en a de tristes expériences.

G R O T E S QU E, c’est une maniéré l’inccnrieufc de représenter enpeinture ou en rffief des hommes , des hères ou autres objets qui ontquelque chose de chimérique, Sc qui d ordinaire (parlant des animaux )n'en ont que" la léte & une partie du corps, dont le reste fe termineen feuillages, rinceaux ou autrement ; on nomme ces fortes d’ouvra-gcS grotesques, à cause que l’invencion en est venue de ceux qu’ona trouvés dans les grottes & lieux souterrains, tyundalfdme (j? Mor-te da feltro , peintres Italiens ont été les premiers, qui a l imitationdes anciens ont remis en usage cette forte de travail, qui n’est qu’unpur caprice de l’efprit de l'ouvrier. (grotesques font aussi des péchs or-nemtns imaginés ou imaginaires, méics de figurines ou figures d’a-nimaux, de feuillages, de (leurs, des fruits, & comme Raphaël en apeint dans les loges du Vatican á Rome, & comme il s’en volt deMichel Ange sculpté;, au plat-fond du portique duCapitole; on les ap-pelle ainsi , parce qu’ancicnnement elles íervoirne a enrichir des grot-tes , qui renleimoient les tombaux des familles ou de quelques famil-les » comme dc celle d’Ovide, dont la grotte fut découverte prés deRome, il y a cnv.ron vingt ans. Ce mot étant pris comme adjectifle joint a figure ou représentation : figure grotesque est une figure ca-pricieuse ou figure d'ua peintre capricieux; cc ne font pas feulementles peintres, mais aussi les graveurs & sculpteurs Sc les dessinateursdes partons de broderie, qui font de c.s fortes de figures où il y alune de ces trois choses ou du ridicule, ou de l'extravagant, ou dumonstreux. 11 est pris substantivement quand on dit le grotesque estune represe-ntanon licencieuse : Callot graveur Lorrain avoir un mer-veilleux genie pour destiner des grotesques. Ce mot supplique enplusieurs occasions, comme font les suivantes ; on peignoient les Dieuxdes Païens en mille figures grotesques ce semble, mais les Jésuites ha-bitués a la Chine nous ont donné dans un livre, nommé scient ia[mi-ca in felto, de belles allégories ou explications allégoriques & mora-les des ìcntimcns & doctrines, que les Philosophes Chinois ont cachéfous ccs emblèmes prétendues monstrueuses. Autre phrase , ies ha-bits des masques & de ballets font d'autant plus est.més, qu’ilsíoitplus g.orcsqucs, Sc il y a "bien de prétendues pieccsdeloqucnce,plei-nes des ng res Sc rinceaux de rhétorique, qui font bien estimables parle même endroit; & plusieurs conduites estimées fort galantes ou soità la mode ne sont pas moms estimables par la même raison : j'ajoûteaux phrases de mes Auteurs des façons dc parler dc m'a façon, pourinsinuer que lc mot grotesque peut-être pris métaphoriquement en

Î ilusieurs manières ; nous avons touché ci dessins légèrement lctymo-ogie de grotesque, en disant qu’il vient de grotte , mais je fêtai sou-venir mon lecteur que grotte a été tiré de terra connpta , abrégée encrupta, c'cst a cette première origine de grotte qu’il plaira au ecteurde fe mettre en mémoire, pat une nouvelle lecture, que je voudraim’attacher pour philoiophcr étimologiqucment fut toutes fortes degrotesques, tant des Poètes que des Orateurs Sc Peintres , en disantque le mot dc grotejques & les chojes grotesques , tiicnt leur étymolo-gie de torruptionts ( mentis Sc judicti ) Sc que ce qui plait le plus auxgens fans étude & fans éducation intellectuelle, sont feulement deschoses & prouuctions engendrées par la corruption dc leur esprit,qi ipaioit peu en ee qu’ils diienr, pensent Sc font ; aianr dégénéré & s e-tant dégradé Sc métamorphosé cn imagination forte, bizarre & cor-rompue, qu’on peut appeller la véritable corruption du goût, le goûtdépravé & méme une espeee de sens réprouvé.

GROUPE. C'est une assemblage dc plusieurs corps, les uns au-près des autres. L’on dit un groupe de trois ou quatre figuies, lorlqu'el-les sc joignent ; on dit aussi un groupe d anhnaux , un groupe dc fruits ,ce qui s’entend des ouvrages de sculpture, comme dc ceux de peintu-re. Car la figure de Laocoon antique est une groupe de trois bellesfigures. Ce mot, dit-on, vient de l’Italicn greppo nœud, pour marqueren peinture & sculpture deux ou plusieurs figures > qui composent unsujet, Lc en Architecture celui de plusieurs colonnes accouplées ; ainsigrouper des colomncs, c’est les dilpoler par trois ou quatre piçs à picsavec peu d'intetvallc ; il faut remarquer que la groupe fe dic aussi biend une piece de sculpture, que d’un endroit de tableau où il y a plu-sieurs figures assemblées , qui ont quelque rapport ensemble , soitd’hommes, d animaux ou de fruits. 11 y a dc fort belles chofis & ma-ximes à dire fur les groupes Sc fur la crus: dc l’agrément, qui le trou-ve a les voir 5c peut être même à les faire sor la plate peinture Sc íurle relies rit la sculpture. Quoique des corps soient de différentera.ure, cependant telle chns. sait groupe avec une autre fort régulière-ment, puisque des choses de divers genre peuvenr avoir u: beaux rap-port , être dans une c rtaine harmonie, & fonder dcuès-belles, ropor-tion-- respectives. II faut, diíenc ses Peintre s savans, quedansuntaaleautoutes les figures (oient divisées en deux ou trou groupes ou bandes ;rjuandje réfléchis fur cc beau précepte, fl me semble que j’entends des

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Philosophes qui disent que quand on a à traiter un sujet fort vaste& composé, st faut le diviser d’ahord en un petit nombre de partiesfort considérables, chacune dcsquelles doit être divisée par une nou-velle Si ultérieure division ou lòudivision, en des membres plus pe-tits 5c plus nombreux dont chacun doíc être considéré comme un pe-tit tout dont les parties ou particules doivent être tymmécriqucs. Lesavant peintre doit être donc Logicien dans l'expression de íe, beauxconcepts sor la toile ou sot le marbre. La disposition 5c œconomsedc son tableau doit porter le caractère d'un esprit réglé, d'uneimagi-nation exacte 5c géométrique, ce qui paroîc extrêmement dansl'uia-ge dc ce qu’on appelle groupes. Le feu d'eípric dans le peintre , lesculpteur, aussi bien que dans les Poete 6c l’Orateur , doit être de 1»nature du feu élémentaire, de qui Aristote décrit les propriétés en di.fane : congregat homogène a A dtsgregat htterogenea , Je propre de la cha-leur du feu c’est d<t séparer les choses hétérogènes & de differencçnature, Sc conséquemment «{'assembler celles qui sont dcmcraeordreSc propriété. Cet assemblage des choses homogènes me paroìt expri-mer bien finement Sc exactement la nature du g oupe en peinture &sculpture, Sc l’on pourroit entre habiles gens s’cntendrc fort bien, iiquelqu’un d’entr’eux vouloir hazarder cecce définition, disont que grou-pe en François, Sc grappe Italien sont, congregatto homogeneorum , velAggregatio homogeneerum ; & comme le verne congregare ou aggregartviennen: degrex, assemblage de bêtes ou troupeau, ce seroit uonnerune étymologie fort heureuse & bien rencontrée , de dire que grou-pe vient du Latin grex, assemblage & uoupc. Dans ce concept quej’avouë être arbitraire, groupe autoic d’abord signifié groupe ou trouped animaux, Sc ensuite touc groupe Sc assemblage des figures, de quel-le fort* quelles fussent, pourvu qa’eljes eussent quelque rapport. Lescurieux en tableaux qui affectent un langage distingué, disent encoreque l’art de bien poser les groupes est un g.and art: ìlnen faut pointdouter, puisque ccr art tire íbn origine de l’att des proportions & dela géométrie, & qu’il est le fruit de la méthode, soit analytique, «oiesynthétique. Le peintre en peignant & composant use de la synthèse,à le. curieux qui le plaît à en juger Sc en parler, usé fur tour de l’a-nalyse pour résoudre cecce beauté totale cn toutes les beautés particu-liftes. On dit grouper pour faire d.s groupes, c’est-a-dire, metcrcplu-sieurs corps en un peloton, joindre avec adresse plusieurs corps en-semble. II faut, disent ces habiles Maures, que les membres des figu-res soient groupés, comme les figures même, c’eít a-due, a leur mo-de , ce que l’on a dit ci dessus , parlant scientifiquement : qu’il fauttraiter les part.es comme des petits tours, ainíì qu’on a traité le pre-mier & grand tout, en le résolvant Sc divisant en ces parties. Lescolomncs groupées dans l'Archicecture sont des «olomncs accoupléesqui font sor un même Sc commun pied dVstal ou socle, Sc qui y sontpat exemple ctois a tro s, Sce. Une dtrniere réflexion que j’ai a fai-re for les arts de l’Archicecture, Peinture, Sculpture & autres mécha-niques, c’est que la farce de l’efprit humain à inventer , a arrangerSc a raisonner y paroìt quelquefois autant que dans ies sciences spirituel-les. Les artisans semblent pratiquer la raison en guise d’inítinct, desentiment> Sc de direction secrette & implicite: pendant que le Phi-losophe & Théologien touche son objet Lc opéré dessus en idé-.s clai-res Sc distinctes, & par des jugements Sc raiíonnemcnsformels. L’es-prit de la divine íàgeíle remplit Ies hommes savans ou attisons , le,animaux domestiques Lc farouches, les abeilles, les fourmis sc autre,infectes: tout agit avec une espeee de raison plus ou moms évidenteSc manifeste, l’animal divin, je veux dite l’homme, touche l’objecappelié vérité , immédiatement Sc fans milieu , Sc ainsi clai'em.nc &évidemment, comme un Médecin qui touche lc pouls tout nud deson malade, juge bien mieux des qualités diverses du mouvementdes artères, que celui qui 1e tqucheroic avec un gand. Lc mondefous la direction de Dieu, semble un tableau d'un sojec, d’une éren- 'duë complcrre : il est divisé en plusieurs groupes, qui sont l«s diversos es-nei.es d’êtres animés ou inanimés, dans lesqueis en particulier .taroitla même gradation Sc proportionclle variété, qu 1 dais le grand tout,tout s’y trouve traité, peine Sc gravé scion le méme esprit d'ordrc,de sagesse, de proportion, de beauté Sc dualité.

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[GRUAU. C’est la moindre de toutes le* satines de froment, deseigle, ou de méteil, que les Boulangers employeur pour faire d upa,n.

II y a deux sottes de gruaux ; de fins , Lc de gros. Les fins gruauxfont ceux qui tombent par la derniere division du blutcau, foie dansles moulins, soit chés les Boulangers qui fonc blurter a la maison.Les gros gruaux sont ceux que produit le son que l’on teíasse. Lot seque ces gruaux se refassent aux moulins, on les appelle recoupes,Scla farine qui en provient a encore des gruaux qu’on appelle recoupec-tes. Cette derniere sorte de gruaux nc sert qu’a taire ces especes depâtés, dans lesquels les Perruquiers font cuire les cheveux. 11 est pour-tant quelquefois permis > sor touc dans les teins de disette, de mêlerles recoupettcs dans le pain.

Gruau. C’tít aussi une avoine fcchée au four, & mise engrossefarine menue par le moien de la pile, ou d’une sorte de moulin,qui en moulan' l’avoine, la coupe Sc la nectoye de la peau.

Gruau. Pace dc gruau. Voyez, Régi me de vivre pour lc en-fuis- ]

GRUAU. Engin ou machine dont on se sert pour élever les pier-res Sc Ies pieccs ae charpenterie. C’est une forte d’cngin ; cette ma-chine pour élever les pierres, ou autres fardeaux, n’est différente del’cngin qu’cn ce que ion fauconneau ou sà plus haute picce de bois »a plus dèxtenlion Sc paroìt une petite grue. parce que le faucon-neau , ou étourneau est posé de bas en haut, comme l’ccheliei de lagrue. Voiez grue. Grande machine dont le gruau est une eiplce,

Sc lc nom méme de gruau vient de grue , çomine chapeau vient dçchappe.

[GRUE, C’est un grand oiseau, donc 1» cou & les pieds sont fore

seings