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G R U.

longs. Il n’est pas commun en France, & l’on en fait gueres d’use-.ge parmi les alimens. Cependant la chair de la grue nourrit beaucoupSí solidement, elle est même délicate quand l’oifeau est jeune & ten-dre. Elle iorcific les nerfs, éclaircit la voix, augmente la semence ,

& soulage beaucoup dans les coliques venteuses. Sa graillé mise dansles oreilles, guérit ou diminue la surdité, elle est propre aulsi a ra-mollir les duretés St les cal u s qui se forment en différentes parties ducorps. On employé avec succès > so tête , ses yeux , L son ventri-cule, dans les fistules, & dans les ulcérés variqueux des intestins.]GRUE. C’est la plus grande des machines, qui fervent dans unatrelicr pòur monter les fardeaux; elle est composée de plusieurspic-ces de bois, dont les principales sont l’atbre ou poinçon fortifié Jeses areboutans, empatemens Sc moise , roue , tambour , treuil, &c,elle est a níi appellée, parce quelle avance comme le col d’une grue.Vitruve l’appclle en Latin grus : nous nous servons aujourd’hui de cet-te machine, qui est la meme chose, félon Topinion de quelques uns

2 ue ce que les Anciens nommoient corpus corbeau, Monfr . Perrauttus jes noies fur le s chapitre du i o Uvre de Vttruve, fait une de'crip-tion rrés-exatte de nôtre grue, Sc d’une nouvelle machine qu'il a in-ventée lui mime pouf élever des fardeaux qu'on peut voir dans Tcn-droit cité. L’on trouve la suivante deseriprion dans des fameux Diction-naires > la grue est une machine pour élever des fardeaux ou despierres dans les grands bâtimens > elle est composée de plusieurs piè-ces de bois; la principale est un arbre élevé perpendiculairement, &qui se tirminc cn poinçon par le haut; cet arbre est empâté dans lemilieu de huit pieees de bois poltçs en croix , 8c soutenu de huitbras ou li-ns en contrefithes, qui s’alsembleot vers le haut de Tar-bre & y sont joints rvcc tenons & mortaise. La piecc de bois quiporte & qui sert à élever les fardeaux s’appeile échelier ou rancher. IIest garnit de chevilles ou ranches & pose fur un pivot de fçr, qui estau bout du poinçon de l’atbtc. II est allemblc avec plusieurs moisesà des liens montans, il y a des pieees de bois, que l’on nomme sou-pentes attachées à la grande moise d’en bas , Sc à l’échelier , Sc quifervent a potier & la roue Sc le treuil , autour duquel se dévide leeable, Ce cable passe dans des poulies qui sont aq bout des moises,Sca l’cxtremité haute de l’échelier. Tout le corps de la grue , c’est-à-dire l’échelier, les moises, les liens montans, les soupentes, la roué Scle treu 1 tourne fur le pivot autour dc 1 arbre, pour prendre les far-deaux où l’on veut. Quoique cette description soit exacte jusques àtel point, que ceux qui ont vû cette machine se la puissent sodk nientr r présentée, 8c la puissent derechef imaginer avec plaisir , cependantje ne resteiai pas pour le mieux d’y ajouter les explications 8c défi-nitions particulier es. Grue signifie toute la machine, mais plus par-ticulièrement cette avance ou bec élevé du rancher. Les empatemensou racinaux sont deux couples dc pieees de bois équarris Sc pesons,posés en double croix fur le plan ou fol horifontal. T arbre est ungrand p lier fort Sc quarté, élevé perpendiculairement en haut jusqueá une certaine hauteur, également fort Sc quai ré par tour. JLes brasou biens en contrefiches sont huit pièces de bois de grosseur médio-cre , qui partent tout à la fois des extrémités de la croix ou empale-ment, Sc aboutissent obliquement tout autour de 1 a tctc dc l’arbrc ,qu’ils soutiennent Sc appuyent par tout également. Poinçon est unecolomnc forte, pyramidale ou conique , qui s’cleve perpendiculaire-ment sor la tête ou haut de l’arbre. Rancher garni de ranches ou che-villes , c’est une forte Sc longue piéce de bois obliquement posée patson milieu, sur la pointe du poinçon, comme sut un pivot ferme,sur lequel elle peut pourtant se mouvoir en rond à l’entout dudit pi-vot. Liens sont des fortes Sc longues pièces de bois qui fervent desoutien à la branche supérieure du lanchoir, afin que le poids qu’ondoit élever ne sosie plier ou rompre cette partie de la machine par fapesanteur, qui est quelquefois très-grande. Moises sont Jcs pieees trans-versales, qui croisent à diverses distances fur le rancher , parmi les-quelles il y en a une qu’on appelle [a grande moise, qui est nonparal-lelle aux précédentes, mais horisontalement posée, Soupente est unepiéce semblable à la précédente, plus longue Sc plus baffe au dessousde la grande moise. Sc qui lui est parallelle. Treuil est Taxe cylindri-que horifontal de la roue, á l’entour dc laquelle on roule le cable patle mouvement de la roué. Mammûen du treuil est ('extrémité de cetaxe. Notés que les huit bras qui appuyent l’atbre sont assemblés parJes bas dans l’extremité des racinaux, & pat !e haut contre l’arbre avectenons & mortaises. II y a des poulies au bout des moises & àl’extré-mité de l’échelier, qui est garnit dc ranches ou chevilles pour y mon-ter; l’échelier, les moises, les liens, ses soupentes, la roué Sc 1e treuil,ui font les corps principal de la grue tournent fur le pivot autoure l’arbre Sc dc ion pied. II y a outre la grué qui est la plus considé-rable d’aucrcs machines, comme font ses chèvres, les engins, le gruau ,l’escoperche, les sonnettes , singe, vindas , vérins , rouleaux , qu’onpeut voir ailleurs pour éviter les répétitions. La grué est une des pluscomposées, 8c il faut que le curieux des machines usuelles & utilesaux artisans s’habituë á en faire la description cn son touc & en sesparties avec les termes propres, car cela lui procurera la facilité dedéchiffrer les autres.

GRUGER. Les Sculpteurs disent qu’ils égrugentle marbre,quandils travaillent dessus avec la marceline. Voyez. Marteline. LesSculpteurs fc servent de cet instrument dans les endroits ou ils ne peu-vent s’aider des deux mains, pour travailler avec le ciseau Sc la mas-se. Ce mot signifie généralement faction par laquelle on caste Sc ré-duit en menues parties les choses dures, lèches Sc friables : ainsi com-me le grés est dur on le gruge avec des marteaux, Le mot Françoisgruger, vient du Grec grao je mange, il ppurroit bien venir aussi duLatin rttere , ingruere, tomber & appuyer fortement fur quelque corps,pour lccraser Sc le mettre en pièces Sc petits fragmens.

[GRUME. VtyezBois.

GRURIE. Voyez B o r s. ]

GRURIE. Maison située prèsd'un bois «u d’une forêt -t com-

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posée des cours > émues, 3 c sogeraens pour quelques Officiers des chaises,où ils tiennent leur Juriídiction. Comme la grurie du bois de Boulogneprès de Paris. Veytz. Grurie terme dç Junfdiction&dc Jurisprudence.

[GRUYER. Sc dit en Fauconnerie, d’un oiseau qui vole les gtués.c’ejì un oiseau gruyer. ]

GRUYER. Terme de Jurisprudence, Cé mot vient, dir-on , duGrec qui signifie chêne, à cause que les chênes lont les principauxarbres des forêts, donc les Gruyers sont les Gardes Sc Conservateurs.

Le Gruyer a un lieu fixe où il tient Ion siège dans le district ou dé-troit de la gruyère. II connaît cn première instance des délits , doncl’amende n’est que douze livres. II renvoyé les parties pat devant leMartre Particulier, quand il échet dc prononcer une plus grande pei-ne, st n’y a des Gruyers que pour ses bois & huilions, qui sont éloi-gnés des Maîtrises. Leurs fonctions son: réglées par un titre particu-lier de l’Ordonnance dc 166- > à laquelle on peut avoir recours, pourêtre informe du devait de tous les Officiers des eaux Sc forées. Lesappellations de ces premiers Juges doivent être relevées aux Maîtrise sSc poursuivies dans la quinzaine de la condamnation . sinon les sen-tences s’executent par provision Se après le mois lans appel Sc lanspoursuites, elles passent en force dc chose jugée , de même que sielles avoienc été rendues en dernier ressort. Lorsque les appellationssont porccçs aux Maîtrises , qui font le fécond degré , elles doiventêtre jugées définitivement & fur le champ par îeManrcPaniculitr oùelles ressortiísenc; mais comme il y a des justices où des Seigneursparticuliers ont des Gruyers ®u d’autres Officiers pour le soit des, eauxSc forêts; il est bon de savoir que les appellations de ccux-laiont di-rectement portées aux Tabley de Marbre de leur ressort, Sc doiventnéanmoins être relevées Sc jugées de même que si elles avoient ctéportées a la Maîtrise. Grurie ou Gruerie, c’est la petite Junsdiction deCampagne, où se font les rapports des moindres délits, commis dansles forêts pour les juger en première instance, Sc qui est subalterne al’égard des Maîtres Particuliers des eaux Sc forêts qui sont dans les Vil-les. Cet Officier qui juge en première instance, Sc des délits Sc mal-versations qui íc commettent dans les forets, sont appelles Verdier ScForet ter . ils sont établis feulement pour ses bois Sc forêts des feuxéloignés des Maîtrises. Grurie ou Gruerie signifie aussi un droit dc moi-tié que le Roi prend en quelques forêts de son Roïaume, par exem-ple 1 c tiers Sc danger en Normandie, c’est ici Topinion dc Chanfouren son traité des eaux & forêts, mais Chopin, dit que c’est seulementune Juriídiction que le Roi a fur les bois des particuliers > dans les-quels il établit des Juges Sc des Gardes pour les conserver , ensorteque les Maîtres ne les peuvent faire couper qu’avec les (òlemnitcs ie-uilcs pour les bois, qui font en tiers Sc danger, Sc que l’amende desclits appartient au Roi qui les soit garder, quoiqu’il ne prétend, rienau fonds i quelques Auteurs, pour éviter lcquivoquc des deux signi-fications assez différentes du même mot, appellent te droit du Roidroit de gruage.

A l’égard dc l’étymologie de ce mot, voici comme je m’eu fuis ex-plicité dès le commencement de l’arciclc , ce moa vícnc , dit-on duGrec qui signifie chevre, je fuis d’avis de mieux expliquer cure façonde parler vague Sc empruntée; Sc de dire que le m ot gruyer Sc grurievient du mor non gras mais drus, qui a été ensuite altéré Sc changé otgrus, par l’inversion peut-être de so lettre g. d, or ce mot drus est posi-tivement Grec, Sc signifie chêne, fruit des forêts, de sorte qu’ilau;oitfallu dire druier Sc drueere, s’il n’écoit point arrivé d’altération dansdruï r,'comme il n’en est point arrivé au vieux mot druide , Précrçforestier des anciens Gaulois, qui vient du même mot drus. Ceuxqui n’aggieeront pas cette réflexion analogique entre druier pour gruierSc druide, Sc qui voudront une étymologie pure Sc fans licence, onta prendre parti avec ces ctymologiseurs, qui croient que gruier vientde grue oiseau de bon guet Sc de bonne garde, ce que doivent êtreces Officiers Gruyers, otj qui font la grué ou le guet avec pareillevigilance ; du Gange dit que ce nom vient de l’Allemand grue» , oude l’Hollandoîs groen qui signifie verd. Les François ont interet de sou-tenir les étymologistes Allemands, car ils appellent verdier l’Qffkiermeme qu’rls appellent gruier.

Avant dc finir cet article, nous citerons les titres Sc fuccintemencles matières contenues dans plusieurs Édits de nos Rois fur tourHenri IV, Louis XIII Sc Louis XIV, fur le soit de Gruier Sc gra-cie. En ìyjf sous Henri IV, fut un Édit du Roi pour la ventedes droits de grurie, fegrairie , Scc. donné au Camp devant la Ferele ). Décembre if9f , regître le 4- Août :s-6 ; voiez le z. vol.des Ordonnances d Henri IV. fol. 297, Sous Louis XIII. Édit du Roi,portant que tous les bois assis des forêts gardes Sc buissons du Duchéd’Orléans , & autres Provinces Sc lieux du Roïaume , qui sont cngrurie, grairie 8c fegrairie, tiers Sc dangers, feront déchargés à jamaisde tous les droits, en quittant par les propriétaires la moitié dcfìlitsbois, tant en fonds que fupetfice , qui sera baillée à titre de fiefmouvans du Rei ou à cens, donné à Paris au mois de Mats 1619.regître au Parlement le 11, Sc en la Chambre des Comptes le 30,Avril suivant, voyés le 3 vol. des Ordonnances de Louis XIII. fol. 173.Sous le Règne dc Louis XIV, Édit du Roi portant règlement pourles eaux Sc forets, contenant 31 titres , concernant les Gruyers Scautres Officiers des bois, tenus en grurie , grairie, fegrairie, tiers Scdangers, donné à Sr. Germain au mois d’Août 1669. En Tannéej 671 Édit du Roi portant création des gturies d’Alby sous le ressortde la Maîtrise de Villcmeur, d<tnandé sous le ressort dc la Maîtrisedc Montpeiller ; dc St. Giron & Arcy fous le ressort de la Maîtrise deSt, Gaudens, dc Nogaro sous le ressort de la Maîtrise dc Tarbcs; 8cconservation dc la grurie établie à Flcurance , sous le ressort de laMaîtrise de liste Jourdain, donné au mois de Mars 1671. & 1686.Arrêt du Conseil, portant deffenses à tous les Officiers des Gruriez deLorraine Sc de Bat, de couper aucuns baliveaux ni arbres de hautesiuaye dans le nombre d’arpens de bois taillis , marqués pour leuichauffage > fans une permission expresse de Sa Majesté, soit au Conseil le 6

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