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nàité áe paix consiste en choses positives, & q ai peuveut être patfàí-tement connues,considérées par cllcs-mêmes, & absolument, au lienque l’ídée de la guerre ne peut être traitée que par pure relation à lapaix, dont il est la négation Se destruction. Pour achever d'exprimcr& taire connoitrq mon sscrupule ( peut-être trop vétilleux ) il me vientdans l’esprit de dite, que íì j’avois a faite un traité de méchanique ,j'aimerois mieux choisir ce titre du repos & dit mouvement , que ce-íui-ci du mouvement & du repos . J’auroís mes raisons pour cela; maisc est en vain que je veux justifier mon goût, parce que les Rhétori-ciens ne considèrent pas tant les rélations Sc dépendances des idées ,que l'agrément fie la facilité des sons. II seroit rems de dire à présentquelque choie lur la guerre, c’est ce qui sera aisé à celui qui connois-lant la nature St les avantages de la paix, Sc ses aimables propriétés,uscroit de la méthode Sc raison des contraires ; car la nature de som-bre Sc des ténèbres se connoìt facilement ( par cette raiíbn des con-traires,) en les comparant avec la lumière, la nature de mille lignesobliques Sc courbes par comparaison avec la ligne droite H Sc tous lesdérangemens des parties d’un tout, ( qu’on appelle des ordres ) parcomparaiíon avec l’ordre beau , bon & parfait , qui convient à cetout pour Ion bien être Sc fa perfection. La guerre est visiblementdc cette derniere espccc , c’est un désordre , une dissolution , un dé-rangement, un mouvement, & s’il m est parmis de parler ainsi, unefermentation violente Se destruction. C’est un froissement de toutesles parties d’un çout cn foi-même , ou dans deux tous qui tendenttdtro citroque , de parc Sc d’autre à s’cntrcdétruire dans leur coût 8cleurs parties. On appelle victoire l’état de l’un de ces tours, qui avecinoindre destruction de ses parties, a causé une plus grande destruc-tion dans les parties du tout oppose fie ennemi. On peut faire plu-sieurs objections contre certe Philosophie 5c Doctrine pacifique, surtouc on dira avec raison que ceux qui sont en paix dans l'cncenate deleurs Villes, ont raison de conserver leur bien dans les teins que lesbêtes sauvages , les hommes sauvages , Sc les hommes médians Scdestructifs font prêts à les envahir fie détruire » que s’ils ont droit6 conserver leur vie, Sc qu’ils ne puissent la conserver que par ladestruction des béccs fie hommes mal faisans ; ils ont donc drisse àdétruire. Je répond, r. Qu’a Iégard des bêtes, n’étant faites quepour futilité dc l’homme < si elles deviennent dommageables , el-les doivent être détruites , parce que dans ce cas elles ne font pasdans l’ordre Sc l’état de leur naturelle institution Sc destination ; oril y a de la convenance fie bienséance d’écarter & détruire ce qui estcontre sa destination, toute opposit on auxdestinations naturelles estcontre nature , déshonore la nature , fie ne mente plus dans ce casd'étre conservé cn nature. II n’en est pas dc nseme des hommes en-nemis, qui font invasion dans nos Villes > ils ne font pas destinéscomme les bétes à nous être totalement soumis , ils ont une égaledignité d’espece & de nature à la nôtre ; nuis ils sont dans le désor-dre fie hors de raison de vouloir être heureux par notre destruction ;ainsi dans les actes dc la guerre offensive se trouve le désordre > l’actecontre nature , l’ènonnité, l’injustice , le crime , l'iniquité, Sc vio-lation du droit. Le droit qu’ils avoient écoit de rechercher notre al-liance , contre la nature írrailonnable, comme font les bétes sauva-ges , leur droit étoit de souhaiter fie de tendre à l’union avec les Ci-toyens de cette Ville , pour aller plus efficacement à leur bien, oupour se conserver plus efficacement leur bien Sc félicité pat l’union àcette autre société libre. 11 est donc clair que ces hommes ennemisfont dans le mal, se vice, l’injustice , fie font opposés au droit, parceque leur but actuel fie prétendu , c’est de procurer leur bien imagi-naire par voye dc destruction; mais les habitans de cette Ville mû-rce n’ont point dc nouveau dessein , de nouveau but, de nouvelleintention, ils persévèrent toujours dans le droit unique , général fiecommun à tour être de sc conserver la vie , la santé fie les biens fiemoyens à ce but Sc fin très naturelle , Sc conséquemment cette inten-tion est bonne, juste, droite, raiíbnnsce & raisonnable. Ils ont droitde fermer les portes de leurs Villes, d’empêcher leurs ennemis ( quiveulent directement leS détruire ) de monter lur leur., remparts Sc mu-railles , ils ont droit de ses repousser de haut en bas , & s’il constede leur résolution Sc volonté immuable au mal de cette Ville, ils ontdroit de les détruire Sc tuer comme devenus bétes par leur maliceconsommée, cependant il faut avoir du regret de sc voir obligés parle droit de conserver leur vie, à détruire des êtres de notre même na-ture. On voit que dans la défense indispensable dans la guette, sivous voulés défensive, il n’y a point de but Sc dessein positif de des-truction; mais le seul but Sc dessein de se conserver, qui est positif,édificatif & digne dc la nature, qui tend á l'ctrc fie bien être fie aug-mentation de l’être : je voudrois qu’on remarquât ici bien exprelle-ment qu’une défense de son être, n’est point une guerre , parce quele dessein de détruire n’y est point direct. Sc s’ensuit seule.uent contrenotre intention & ptétension directe. II semble que ce seroit s expri-mer assez correctement, dedirequ’il n’y a dans la nature humaine au-cun droit de guerre, ni à la guerre; mais qu’il y a un droit essentiel& naturel à le conserver en paix, à se conserver serre, la vie natu-relle & civile , méme dans les occasions où on nous veut détruire ,& on a droit de faire tous les actes efficaces, qui peuvent nous garan-tir des hommes malfaisans, Sc de route chose destructive. Nonobs-tant tout ce que je viens de dire à l’occasion de Grociu: fie de son li-vre , ce savant traité ne restera pas d erre estimé toujours, comme illa toujours été, 8c je ne crois pas avoir écrit ce que deíîus inutilement;car je m’imagine y avoir découvert la vraye origine du droit de na-ture, du droit des nations. du droit civil > du droit véritable Sc rai-sonnable de chaque Citoyen ; je crois avoir préparé les esprits des per-sonnes intelligentes à savoir ce qu’est fîtìson d’état ou du bien public,raison du particulier. Ce que j’ai avancé n’est ni pour ni contre le fa-meux politique, je parle de la nature spéculative du droit; niais iln’aprétendu parler que de la pratique actuelle fie de l’usage du droit ,comme on le pratique ordinairement dmîs sciât de nature Sc dansl’état dc société civile : il parle plutôt comme Historien sidelle de la
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Pratique & usage du Droit, parmi des hommes solides & timides , quede la nature métaphysique du droit eh foi. Ou h’a pas parlé ici dtidroit Sc de la guerre par rapport aux décisions de la Religion, onpetit même assurer que les principes ci-diffus conviendront tort bienavec la Religion Chrétienne fur ce sujet»
Ajoutés à ce que dessus les réflexions suivantes, Sc plusieurs obser-vations convenables à ce sujet. Cette définition de la guerre est dansle plausible, par laquelle oh dit que la guerre est un différend ou que-relle entre des États ou des Princes Souverains, qui ne se peut ter-miner par la justice , 5c qu’on ne vuide que par la force 5c la voyedes armes. Quelques Savans poliques fut tout Machiavel, a regardé& a fait regarder a son Prince la guerre comrhe un droit des Rois, fieun moyen légitime d’acquérir. La guerre a quelque chose de fauvá-gc & de farouche, qiri empêche que les esprits ne se polissent. Quel-que personne diíoit un jour une chose sort singulière , que la manie-re négligée & superficielle de l'éducation,qu’on donne publiquementsur tout aux personnes dequâlitc étoit délibérée, parce qu’il importeque les jeunes gens de qualité ayent un amusement qui occupe leurspremière jeunesse , mais qui nc leur puisse donher le goût des scien-ces ; car alors ils seroient partagés > Sc ils nc seroient point si potrés fiefi dévoués á l’esprit Sc à la vie militaire. La guerre, dit un excellentAuteur, épuise Un État > fit le met toujours en danger dc périr, lors mé-me qu’on remporte les plus grandes victoires ; il faut, dit le même sêtre toûjours prêt à faire la guerre, pour n’ctre jamais réduit au mal-heur dc la faire. Dans 1c même esprit Sc dans la même prudence unautre Auteur disoir, que sevrai moyen d’éloígner la guerre & de con-server une longue paix, c’est dc tenir ses Peuples exercés dans les ar-mes, d’honorerles hommesexcellens dans cette profession, c’estd’enavoir toûjours qui y soient exercés dans les Pays étrangers » qui con-noillent les forces , la discipline, la manière de faire la guerre des Peu-ples voisins , c’est d’êcrc également incapable de faire la guerre parambition, fie de la craindre pat molesse Sc lâcheté* La guerre a sespréceptes (dit la Bruyère ) comme les sciences ses plus utiles, on s'ytue méthodiquement : ceci est allés semblable á ce qui arrive au jeudes dames ou des échets, celui-là passe pour bon joueur non qui ga-gne ou perd ; mais qui joue bien selon l’ordre 8c ses loix ou maxi-mes établies & approuvées de ce jeu ; ainsi on peut dite que dans lejeu de la guerre le Prince Eugcne s’est toûjours comporté en bonfie habile joueur; un bon joueur au propre fie fans métaphore, est ce-lui qui fait des pièces de son jeu, Sc des cartes qu’il a en maist, leplus sage & 1e plus régulier usage qu’on en puisse faire I’application *est aisée au jeu métaphorique dc la guerre : je ne puis m’empêchctde dire dc la guerre comme du jeu dc hazard, qu’il est bienséant dtimoins d’évitcr le jeu fie la guerre; mais lorfqu’on est forcé de jouerou de fe détendre dans une guerre défensive, il est bon de le faireselon les préceptes quasi mathématique de l’art déja malheureusementétabli , fie alors on observe si on veut être Soldat & Capitaine Chré-tien , à nc pas faire plus de mal à jios ennemis, que ce qui suffit pourrepousser le mal qu’ils veulent nous faire, fie pour les affoiblir anpoint où ils deviennent incapables de continuer dans leur malice obs-tinée fie opiniâtre. Je fais réflexion, mais ce semble un peu trop tard «que parce que je viens d’avanccr on pourroic anéantir tout ce quisemble avoir été dit pouc censurer Grocius , qui n’entend peut-étrepar les droits de la guerre, que cette humanité qui veut être forcéepar la nécessité de la juste défense, qui est modérée, fie qui reste damles purs termes tuteU inculpât a, qui ne va point à détruire, mais à fepréserver précisément contre ceux qui ont dessein positif Sc formelde nous détruire, si on me donne garentie qtie Grotius n’entend parson droit de guerre, que ce que j'entends , je veux bien pùscr l’cx-pression en faveur de la véricé , qui seroit commune. Sc dont on au-roit la même idée quoiqu’avec des termes différehs ; ce que je veuxretenir pour moi, c’est que tout ce que j'ai dit ci-dessus, a été dit as-sez exactement, quoique moins éloquemment, fie si vous voulés dansune expression ôc syntaxe licencieuse fie négligée. Je n’ai point eû ledess in positif Sc direct de parler fie écrire régulièrement fie poliment,maïs de mettre par écrit quelque chose d'urile, fie quelquefois quelquechose d’important fie de moral. Mr. Régis Sectateur de Mr. Descar»tes , Ôc qui a écrit un Cours de Philosophie tout entier , dic dans fimorale, que l’état de la nature est un état de guerre , il fient cetteopinion de Mons. Hobbes esprit en politique original, fie qui nc doitsa doctrine qu’à sa profonde méditation sur l'expérience des affaireshumaines. On a coûtume parmi ses Savans de caractériser ainsi Hob-bes Sc Aristote ; le premier a fondé fa politique fur cc principe , queles hommes sont défians, fie se craignent mutuellement, dc là vien-nent les précautions quelquefois crueiles qu’ils prennent les uns contreses autres : Aristote au contraire, dir-on, a fondé toute fa politique, Sctoute société humaine fur l’amitié, sympathie fie sociabilité innée àtous ses hommes. Ils croyent avoir bien prouvé par là qu'il y a dansces deux Auteurs deux doctrines opposées ; mais à y bien prendre gar-de , ces deux doctrines sont également vraies ou plausibles ; car Hob-bes ne dir pas que l’homme naturellement est ennemi de Phomnie imais il dit que parce que les hommes sont libres Sc bizarres, fie chan-gent souvent des instincts naturels en des passions casuelles, les hom-mes sages font incertains les uns à l’cgard des autres » à cause qu’ilsne favenc pas au juste Sc indubitablement, si actuellement ils suiventla douceur de l’instinct de sympathie ,ou quelque passion bizarre plusdélectable , telle qu’est l’avarice ou l’ambition ; mais Aristote , con-noissanc aussi bien qu’il connoìt la nature humaine, n’est point oppo-sé à la précaution prudente que l’homme sage doit prendre , à causeqjlE la mauvaise éducation a beaucoup écarte les hommes de ces scn-timens d’amour fie de societc , qui restent cachés pourtant dans lefonds de la nature raisonnable , qui inspire l’union avec ses sem-blables.
Le mot de guerre a diverses significations,selonIes.adjcctifsdivers*qui spécifient le mot commun, ainsi il y a des guerres justes Sc injuscte. II y a des guerres civiles fie intérieures, fie ses guerres avec les écran-
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