-L-î GUE.
François I. fit un Édit portant Règlement pour le guet des Places& Villes limitrophes & frontières. La raison est plus particulière pourle guet de ces Places, que les ennemis ou les peuples voisins en semêlant parmi les sujets du Royaume habitans dans ces Places fronde-,res , peuvent être inceílimment soutenus par leurs gens qui sont toucprès des frontières dans les entreprises, donc les commencemens sontplus favorisez pendant la nuit que pendant le jour.
Henri II. donna un Édit en 1547. qui porte Règlement sut le guetqui se doit faire en la Ville de Paris ; mais il est plus ample que leprécédent, contenant en 11 articles des choses particulières sor ce su-jet. C’est ainsi que la sagesse des Rois, se servant des lumières des Roisprédécesseurs , leur donnent de jour & les augmentent facilement , cequi patoîtra fur tout sous le régné de Louis XIV. où 1 a sagesse de lapolice & de la politique est ce semble monté au plus haut point, &plus que dans les siécles précédens.
François II. en ijS 9 - donna un Édit particulier , concernant direc-tnent le Chevalier du guet de la Ville de Paris & ses archers. II futdonné au mois de Mal 1559.
Charles IX. donna un Édit portant réunion des deux guets de laVille de Paris , & réduction du nombre des archers du guet à 140hommes ; lavoir, ttente-deux à cheval & deux cens huit à pied. Voi-là l’état du guet sous Charles IX. cette réunion de deux guets à unseul fut très-avantageux , par la facilité de cemmader & distribuer cesgens dans rous les quartiers de la Ville , & faire aller les ordres avecplus de promptitude dans cette réunion. Le même Roi par fa Déclara-tion du 2 y Juillet if 61. porta confirmation de son Édit précédent ,ajoutant à cela un Règlement pour le payement dudit guet de la Vil-le de Paris. En if 61. fut donné un autre Édit du Roi, touchant cequ’il saloir observer dans la composition , règlement & payement duguet de ladite Ville de Paris, suivant les articles traitez & délibérez cnlu Cour de Parlement.
Henri III. donna une Déclaration concernant le Chevalier du guet& les archers de la Ville de Paris , & cela en exécution de l’Édit dumois de Mai tf59. & des Déclarations qui suivirent.
Henri IV. donna un Édit particulier, portant création du guet dansla Ville de Tours , donné à Tours au mois de Juin 1689. registre le10 Octobre audit an. Le même donna fa Déclaration , portant attri-bution & augmentation des gages héréditaires aux Chevaliers du guet,avec la survivance de leurs offices en faveur de leur veuves , enfans &héritiers, & confirmation de leurs privilèges & exemptions; donnée àParis le 10 Janvier 162.9. registre en la Chambre des Comptes le 19Novembre suivant.
Louis XIII. donna fur le même sujet les Édits & Déclarations quisuivent. Édit du Roi portant attribution de la qualité de Chevalier ,Lieutenant Sc Exempt du guet aux Prévôts Généraux Provinciaux &Vicc-Baillif, pour faire la garde des Villes & Fauxbourgs de leurs Ma-réchaussées ; donné au mois de Mai 1631. Autre Édit du Roi en con-séquence de celui du mois de Mai précédent, par lequel la qualité deChevalier > Lieutenant & Exempt du guet est attribuée aux PrévoisGénéraux Provinciaux & Vice-Baillif, pour faire la garde des Villes& Fauxbourgs de leurs Maréchauflèes, portant en outre création de<o offices cTExcmpts & de zoo offices d’Archers du guet ; donné aumois d’Octobre r6; 1. Deux ans après il supprima beaucoup de sonÉdit précédent, Sc fit des changemens dans le nombre des Officiers; enVoici le titre & la date. Édit du Roi portant suppression des qualitezde Chevaliers, Lieutenant & Exempts d u guet attribuées par les Éditsprécédens aux Prévôts , Vice-Baillifs , Vice-Sénéchaux , LieucenansCriminels de Robbe courte, Lieutenans & Exempts de Robbe courre,Lieutenans & Exempts des Maréchaussées, Sc au lieu d’icdles, réta-blissement & création en titre d'offices formez Sc héréditaires de 200Chevaliers du guet , 200 Lieutenans, iyo-Exempts & 300 Archers ,créez par Édit du mois d'Octobre 1631. ês Villes du Royaume du res-sort des Chambres des Comptes & Cour des Aides de Paris, Rouen ,Clermont-Ferrand, Bretagne > Dijon, Montpellier & Guienne.
Louis XIV. a donné les fui van s Édits & Déclarations fur le mêmesujet de cet article.
Déclaration du Roi en faveur des Chevaliers du guet & Officiers desMaréchaussées, pour la survivance de leufs offices,la jouissance de leursprivilèges & attribution de la Jurisdiction ordinaire ; donné à S. Déniscn France le 2 Juillet 1652. Edit du koi, en conséquence de xelui de1629. portant création de 200 Chevaliers du guet , zoo Lieutenans,200 Exempts & 600 Archets pour faire la police & patrouille > tantde jour que de nuic dans les Villes de leur établissement qui n son t étélevez > ordonne que lesiiits offices seront établis & attribuez ausditsChevaliers & Lieutenans du guet , 1 a qualité des Conseillers de Sa Ma-jesté, leur donne pouvoir & exercice des Lieutenans Criminels de Rob-be courte, portant confirmation desdits offices en la survivance d’iceux& autres attributions , moyennant finance; donné à Paris au mois deMars 16s f.registré au Parlement & en la Chambre des Compts le 20dudit mois ; vòyez le cinqu’éme Volume des Ordonnances de Louis XIV.fol. 83 , En 1678. fut un Édit du Roi, portant création en titre d’officesonnez d'un Chevalier du guet, d’un Lieutenant, de deux Exempts >d’un Commissaire aux montres , & de vingt-cislq Archers, pour íèrvirde Compagnie du guet, en la Vilse de Rouen & Fauxbourgs d'icelle,avec attribution audit Chevalier de 1200 livres de gage, & qualité deConseiller , au Lieutenant de 600 livres, à chacun des deux Exempts' 400 livres, avec la qualité d’Éc .yer ausdits Lieutenans Sc Exempts,&à chacun desdits Archers 200 livres , portant aussi Règlement pourleurs fonctions, privilèges & droits ; donné à S. Germain en Laye aumois de Janvier 1678. Arrêt du Conseil d’État, rendu sur les remon-trances du Parlement & de la Chambre des Comptes de Rouen, qui aordonné l’cxécution de l’B.dic du mois de Janvier précédent, conte-nant création des Officiers du guet à Rouen; fait au Conseil J'État te-nu à S. Germûn en Laye le 2 f Juin 1678. Voyez le Recueil de Vires ,Imprimeur a Rouen , de Vannée î683. fxg. +gó. Lettres Patentes adres-sées au Parlement de Rouen , pour tenir la main à l’exócucion dudit
GUE.
Édit du mois de Janvier audit an, portant création d’Officïers du gueten la Ville de Rouen ; données à S. Germain en Laye le 25 Juin 1678.En 1698. fut donnée Déclaration du Roi, qui ordonne que les parti-culiers qui exercent fur des provisions obtenues subrsptivement enconséquence des résignations données fur des survivances éteintes Scfur des nominations abusives , ou fans titres valables , des offices deChevaliers du guet, Lieutenans , Greffiers, Commiflaires à faire lesmontres & autres, seront confirmez dans la possession & jou issance des-dits offices , gages Sc droits, moyennant' finance , leur accorde la sur-vivance desdits offices pc ui une sois seulement, & autres Réglemens.Donnée à Fontainebleau le 4 Novembre 1698. registrée au Parlementle 21 dudit mois.
Remarques fur le tnème article du Guet.
Pour l’intelligence de la matière. Ce mot est équivoque & signifie& une personne , & son action > dans ce premier sens il fe dit d’unepersonne qui espionne & qui demeure en garde en quelque lieu pourvoir ce qui s’y passe, pour en donner avis & pour y mettre bon ordreà force. II fe dit aussi de Faction par laquelle on observe , on épie cequi se passe,ce qui se fait. II se dit aussi d’une Compagnie entiere qpifait la patrouille , ou d’un corps de garde qu’on pose sur des paflages,soit pour empêcher les surprises des ennemis , soit pour prendre lesvoleurs ou ceux qui troublent le repos de la Ville. II y a des chargesqui ont le privilège d’exemption de guet & de garde : on dit faire leguet, pour dire le tenir en sentinelle pour déccSuvrir s’il n'y a person-ne qui puisse nuire à quelque bon dessein, pour le particulier 011 pour1 e public. On appelle mot du guet k parole qui lèrt de signal pourdiscerner lami de 1 ennemi ; il fe donne par le Commandant aux Offi-ciers, ce qui empêche les surprises des ennemis,& les communicationsdes traînes & des espions : on change tous les soirs le mot Ai guet.Guet se dit chez le Roi de ceux d’entre les Gardes du Corps qai de-meurent près de fa personne pour le garder pendant 1a nuit: à l'égarddu Chevalier du guet à Paiis, c'est celui qui commande une Compa-gnie , qui fait la ronde dans les rues toute 1 a nuit. Du rems des Ro-mains celui qu’ils appelloient Frstfeêíus vigilum à Rome , obéiíloit auPréfet de la Ville : on les confond quelquefois l’un avec Faune , parccque l’on dciìgnoit le Rrsfeclus vigilum par ces lettres capitales P. V. &on désignoit de même le Pmfceìus urbis. On appelle en Languedoc ScProvence Viguier , celui qui commande au guet ; on fait un mot com-posé avec celui de guet, disant guet-à-pens ; c’est le dessein préméditéd’assaísiner quelqu’un, ou de lui faire quelque affront, lequel pour ceteffet on prend à son avantage en quelque lieu où on le va attendre.Les assassins de guet-à-pens sont punis du supplice de k roue par l’Or-donnance. L’Oftcicr appelle à Rome Frefekus vigilum , prenoit con-noislknee des vols, des effractions, des receleurs, des incendiaires ; maisil ne pouvoir condamner au dernier supplice ; Sc si le crime étoic d'unenature a mériter k mort, il le renvoyoit au Préfet de 1 a Ville : de cemot guet vient ce semble le mot gtttter , faire le guet, dant la signifi-cation est la même que observer les actions , les démarches de quel-qu’un pour en tirer quelqu’avantage , quelqu’édaircíslèment, ou pourlui nuire. Ce mot est du bas stiie, mais il est à observer ; car quoi-qu’il semble que guetter vient du mot guet, par la maxime commune& vulgaire des Etymologistes , que les mots de plusieurs syllabesviennent des mots moindres en syllabes, cependant il faut excepter decette régie ordinairement sure quelque cas : par exemple , celui-ci,guetter qui est Forigine de ce mot guet, ce que je mon te ainsi. II estconstant que quirere signifie chercher, guetter; de plus il est questiond’avoisiner ce mot quturcre de guetter , qui semblent fort éloignez d’a-bord ; ryais si vous prenez le supin de qu&rere , qunfìtum , qusflum ,vous aurez bien-tôt le substantif verbal qustjïus, qui signifie ( en vertude k signification de son primitif quarere chercher) signifie, dis-je, re-cherche , quette, qui est trcs-semblable au mot guet , qui est la recher-che & perquisition que des gens armez font des malfaiteurs pendant1a nuit. II faut donc modifier cette réglé susdite de l’étymologie desmots , & lui laisser son universalité par tout, excepté les cas où il ar-rive des syncopes ou abrégemens de syllabes, comme il arrive da*squefitum , qttàfium , guet ; car remontant de guet à qu&fium , & en-suite à quìfitum ( évacuant toutes ces abbreviations ) il fera visibleque quafitum est trysillabe , & quârere dyssillabe , & quainsi la réglésusdite est observée, quoiqu’cn cachette a l’occasion de ces abbré-ia-tions. Cette étymologie de guet venant de qu&rere , est k plus rai-*sonnable de toutes > & k plus régulière & analogique ; cependant jene k trouve point dans aucun de nos Savans lettrez. Mais iîs en avan-cent d’autres fans faire réflexion à celle-ci : Ménage troit que guettervient d’un certain mot Latin cattare , qui, filon lui, signifie voir, re-garder , considérer > en faveur de Monsieur Ménage quelqu’un appor-toit une glose (ur le mot cattare, qu’il faisoit venir 011 sérieusement ,ou par raillerie de catus un chat, qui voir Sc regarde avec beaucoupde force & de pénétration dans les lieux obscurs , même pen-dant la nuit, dignum oUa operculum > il est vraisemblable que cette glcr-ie est une raillerie, parce que le fond & sujet cattare paraît ridicule& de nulle utilité : en place de faire venir guetter de cattare , il auroicété bien plus raisonnable de le faire venir de captare > qui signifie tâ-cher de prendre , chercher à prendre , comme le marque en bon ia-. tin captare benevolentìam ; & de plus de ce mot captare , vient capti-vas un homme captif & prisonnier, ce qui est le but des gens d y guet,qui est de prendre & emprisonner les vagabonds de nu-it : quand vien-dra-t-on à considérer que l’étymologie e(j directement faire pour fa-voriser Fintclliger.ce & la mémoire en même sems , à l’égard du sens& de k signification deí mots ; mais alons consulter quelqu’autrehomme d’érudition : le Pere Sirmon le dérive de wucìa, qu’il dit si-gnifier veille, garde. Ce mot m’est inconnu , mais je ne serai pas enpeine de fournir le mot Hotlandois wacht , qùi est connu en Hollan-
I de pour signifier la même chose que le mot François guet. Du Gan-ge dérive guet wachta ou wagt&, mots de la baffe latinité, qui signifie *k même chose à ce qu’il dit ; mais cui bono , à quoi nous servira decorrompre k mémoire par des mots barbares & inutiles au but. II ne res-te