G U f.
3 99
G U E.
te sur cet article qu’à donner l’étymologic dit mot guet appens , qoeMr. dcFurctiere exprime fort bien quand il dit , que c’cst le même |que guet appenfé, ou après y avoir pensé, & non par accident, mais ide dessein formé:nous avons fait aussi mention du mot dont on sesert cn Languedoc & Provence, pour marquer le Commandant du guetvtguier j il vient selon Nitod de l’Icaiicn veggia veille, à la bonne heure :niais veggia vient de vigilia , donc à primo ad uitttr.um , viguier vient de >vtgiliarius , abrégé ( qui tenet vtgiheu ntftu. )
G U E U L E en Architecture. C’cít un membre d’une figure compo-sée , savoir d’une avance concave Sc d’une retraite convexe ; de lotteque le contour de ce membre d’Architecture représente une S. retour-née j il y a deux fortes dc gueule, la gueule droite & la gueule renver-se , qui sont deux patries dc la Cimaiíè ou Simaife ; la partie la plusavancée des deux Sc qui est concave s'appclle gueule droite autrementdouane , & celle qui se retirant & reculant, Sc qui pourtant a la figureconvexe & en boise s’appclle gueule renversée ( autrement talon ) voicila situation dc la double gueule. II faut imaginer d’abord le chapiteaudc la colomne, duquel chapiteau la pairie haute se nomme abaque outailloir , fur lequel abaque est polé l’architrave, qui va d’une colomneà l'aucre : la frise est par dessus, fur laquelle est le cavetou cimaise Do-rique, plus haut se trouvent les deux parties de la gueule .celle qui esten retraite est pourtant convexe, & celle qui est en avance est pourtantconcave. Mr. deFuretierc a rapporté ou posé de lui-même l’étymolo-gie de ce mot en cette forte : quelques-uns croyenr, dit-il, que ce motest revenu de l’ancienne manière des habit;, qu’on farlbit dc plusieursbandes, qui étoient alternativement de fourrure & d'ítoíFes dc diver-ses couleurs, dont les entre deux se nommaient gueules, goules ou g».
/es,I aree qu’elles représentoient un canal enfoncé fous cette fourrure,qu’on appelloit tngoulées , ce qui a une efpece dc ressemblance aux or-nerr.ens des cimaises, qui leur a pû faire appliquer le même nom. Voi-là l’étymologic de Mr. Furetierc, voici celle que j’imagine, qui paeottaflèz naturelle, qui explique la figure composée de cette gueule. Lalèvre inférieure de la gueule des bêtes ( comme du lion ) est avancée:fous celte avance on peut d’abord remarquer une figure courbe pt con-cave , qui fiftit en une courbe & convexe vers lc menton du Lion, Cet-te courbe cn deux façons sems la sevré de cette gueule , qui a conca-vité & convexité est,& rexpreslion de la double gueule cn Architectu-re, & dont l’originc de ce mot gueule cn place de levre de gueule s jecrois avoir imaginé assez heureusement dans cette supposition, i ». par-ce que la cimaise effectivement ressemble à la levre avancée d’unegiíeuìe ,1°. parce qu’il saur aller bien peu loin, quand on pâlie de la se-vré à la gueule dont elle fait partie, 3 ®. parce que les parties d’Architec-ture font plus anciennes que ces modes d’habits,& enfin que les chosesqu’on appelle en Latin dsjparata ne doivent être que rarement ( & mêmejamais ) comparées, parce qu’íln’est pas naturel a i’cfp rit humais de fai-re de si grands écarts, pour s’aider dans la nomination des choses. Deplus ses Architectes font en possession de prendre des animaux Sc deleurs parties beaucoup de mots, pour exprimer les parties d'un bâti-ment > St pour exprimer leurs machines, bélier, chèvre, grue, &c.
GU EU SE. Terme de serrurier & dc fondeur ,c’est une grosse pie cede fer qui dans fa première, fonte couse dans des canaux ou moulestriangulaires, & sc sonne en gros lingots du po ds ( dit Mr.DeFure-ticre") dc trois, cinq , & jusques à six mille livres ; mais seulement desisec ou dix-huit cens livres selonMr.Félibien très bon connoisleur cntous les arts méchaniqucs. Le même Félibien dit que ces grandes pié-tés de fer ont ordinairement dix ou douze pieds dc long fut dix oudouze pouces dc large en chaque face. On porte de là ses gueuses oubarres de fer à la forge ou a la fonderie, où on les forge & on 1e fendavec l’aide des moulins.qui remuent un puissant marteau. La gueuse,tire fon nom du moule on on la jetté,qu’on appel:e£e«/í > qui est faiteen forme d’une goutiere. Ce moule s’appell efforça triangularis en La-tin. Si on donnoit raison pourquoi ce moules'appeilc'^ew/'e,on pour.roit tomber d’accord que le fer fondu & durci de rechcf, qui est con-tenu dans le moule, pourroit s’appellcr du nom de la chose contenan-te: mais comme on n’a pas donné ci-dessus l’étymologic du mot mê-me geufe , qu’on s’est contenté de dire que ce mot íign fioit deux cho-ses: II faut aller un peu plus loin, Sc dire que cette barre de (etgueusea trois faces vient apparemment de fa telsemblance avec !a queux,longue piece de pierre à aiguiser . & que gueuse signifiant moule dccette barre, étant cn forme dc canal & goutieiV . vient <ju mot Hol-sendois gent de même signification : au reste queux mot François vientvisiblement de eos , cotis Latin, qui a la même signification : Sc cos vientde lapis adacuencbtm , pierre à aiguiser : de l'arurc côté à lavoir geufe,que nous pensons venir de geut . pourroit encore aussi plausibsemcncêtre imaginé venir de giettn fondu . cn langue Hollandoisc , de forteque geufe (e roit défini par Ton étymologie canal dc fondeur ou dc son-derie.
[GUEUX. Pauvre qui mendie. Les gueux se servent de plusieursmoiens pour se déguiser, & pour exciter la compassion. Les uns scfervent de la fumée de cumin ou dc fouphre pour se rendre pâles,ou se frottent de fleurs de genêt pilées, ou dc semence de cariame poursc rendre le teint jaune.
Les autres se noircissent d'huile «c de fuie pour paroîrre comme frap-pés de la foudre. Pour enlever ces couleurs artificielles , il Vi’y a qu’àleur frotter le visage avec du savon.
II y en a qui Rappliquent sur la chair des racines de renoncules dansde la laine ou de la filasse, pour y contrefaire lc charbon,
D’autres se font souffler entre chair & peau, par un trou qu’ils sc fontiuprès de l’oreille ou ailleurs, pour se faire croire hydropiques.
Un Casman de Flandre se faiíoit boucher le siégé tous les matins fortexactement,avaloit demi-livre dc beurre,& de l’argent vif ensuite;cequi lui faisoit faire des roouvemens si extraordinaires , que chacun lecroyoit possédé ;& le soir venu, se débouchant, il vidoit ion esprit ma-lin par lc derrière.
Les gueux se fervent aussi de la flammule, de la vigne blanche, duturbiíh, du suc de tjrimale, & de plusieurs autres simples caustiques,pour se faire des ulcérés, qu’il cû aisé de discerner.}
Tome I,
' G tl 1.
GUIGHETS. Terme de menuiserie. On nomme ainsi les petitesportes qui font aux grandes portes des Vides ou des prisons. C’estaussi une petite porte auprès d’unc grande, qui sert pour palier lesgen»de pied; c’est aussi dans un ventail de porte cochete unt petite porte,pour palier ordinairement. afin de n'étte pas obligé d'ouvrir trop sou-vent la grande porte ; en Latin un guichet est appellé ojìiolttm. Guithetde crotjée . c’cst 1 assemblage qui porte le châssis d* verre dans une croi-sée. On donne aussi ce nom aux volets qui le ferme par dedans, Dc\>\ns guichet signifie le volet qui ferme une armoire, félon laqiclic si-gnification on dit acheter une armoire à trois ou quatre guichets. C'estencore une petite ouverture ou une petite fenêtre à la porte des caba-ret pour donner du vin la nuir,quand on ne veut pas ouvr r la portedu cabaret ; c’est aussi un autre petit ouvrage de menuiserie ou fortede petit volet, qui sc ferme fur la jalousie du confcssional du côté duConfesseur. Guichet, sc dit aussi d’un petit passage dans une Ville ; leguichet du Louvre est assez large pour y palier des harnois. A l’cearcíde l’étymologic, du Cange dérive guichet Aewykettum, qu! selon lui .1signifié une petite porte dans le bas Latin. Bord dit mieux,le dérivantde hutchit diminutif de huis. La raison pourquoi cela me paroit mieux,c’est que de huis vient huiffeau en vieux langage François petite mai-son à petite porte; de plus Huissier est le norn de celui qui garde & dé-fend l’entrée de la porte, lur-cout dans k sSa’es & Chambres de Justice.Nous ajouterons á ce que dessus les suivantes considérations fur l’éty-mologie dc ce mot, 1 que huis , qu’on a dit hofi , d’où vient hofte,ressemble fort au met ofiium Latin, entrée d’unc masson & ensuite lamaison méme . dc forte que l’ouvermce dite guichet pourroit venir dcofiium,Sc celui-ci de os oris ouverture de la bouche ou embouchure»parmi ces disserentes étymologies la meilleure pour le soulagement& soutien de la mémor-e, c’cst celle que chacun juge la plus utile, Sca plus de rapport à ce qui lui est plus familier Sc plus connu ; mais ilfatidroit donner la préférence òc la palme à cellçs qui viennent de laLangue mere, comme de faire venir rantqu’on peut les morsFrançoi*& Italiens de la Langue Latine, les mots de toutes les Largues duNord,de !a Langue Teutone ou Germ.ruque. Les mots desLairgues Bohême,Polonoiíe & Ruflicnne, de la Langue Eselavone, . L'Elpagnoì > e peu*
venir que de l'Arabe.dtt Latin & du Celtique ; c’ell dans ces bornes queles Étymologistes raisonnables Sc ferses doivent se fixer , or pour Jemoins faire leurs premiers efforts;car c’est une choie extravagante dcsot tir, par exemple du François pour courir a î Arabe, au Syriaque & Hé-breu >tl est bien vrai que la derniere, à savoir Langue Sainte est la véri-table & originelle Langue matrice de toutes les Langues; mais il est cer-tain que les Langue s modernes Françaises & Italiennes ne viennent pa*si clairement.fi facilement Sc immédiatement dc l’Hébreu, comme el-les dérivent clairement Sc immédiatement du Latin : tout comme uaqgrenade composée de grande quantité de grains ne vient pas si immé-diatement des racines ou du tronc du grenadier, qu’elle vient de la ti-ge qui porte ce fruit, & par cette tige du rameau qui porte la tige,&c. La science de 1 etymologse la plus spirituelle portion de l’éruJi-tion après la Grammaire, a grandement besoin dc réfomution, les ma.térinix en foi* aflèz abondamment fournis dans ce Dictionnaire ; maiscc qu’on en peut dire dans i’ordre alphabétique doit erre ramassé tìiun nouveau système, do»t la plupart des principes & des régies sepeuvent trouver dans cet ouvrage. L’Académie Françoise avoir eu grandsoin d’artacher presque tous les mots, dérivés aux mots primitifs ; mai*la plûpart des Lettrés n’or.t pas cû du goût pour ce bel ordre & pourcette méthode très-utile, pour éterniser la signification des mots : ilsont refondu cet ouvrage ou plutôt corrompu , Sc l’ont réduit cn putalphabet. C’est cc qui a donné apparemment occasion au Dictionnairede Mr. De Furetierc, qui s’est accommodé à ce goût commun, aisé, fa-cile , mais trop décousu & désuni, peut pouvoir unir les idées auxidées, comme les mots font unis aux mots : ce que peut procurer engrande partie lc Dictionnaire par racines de l’Acajémie Françoise. L’A-cadémie delaCrufcaa suivi cette méthode,en nous donnant le trésorde cette belle Langue. Les Dictionnaires Grecs, comme celui de Scapul*observent le même ordre ; mais fur-tout la Langue Sainte réduit tousles mots à des racines très simples Sc très fécondes.
GUIDE. Les Menuisiers nomment ainsi un morceau de bois , quis’applique contre un rabot ou autre outil á fust, loríqu’ils veulent re-caler ou pouffer quelque feuillure. II y en a d’ordinaire aux bouvets,lesquels sc reculent & Rapprochent dtt bouvet tant & si peu qu’on veut ;lc bouvet a diverses façons, savoir, à raincures Sc à languettes, pourfaire Sc pousser des raincures & faire des languettes , quand on veutembpettr & assembler d s ais. I! y a aussi des bouvets à enfourche,mentree sont ceux qui font en méme-tems les deux jouéas & la lan-. guette qui entrent dans la rainure. Cercc piece dc fer est dite guide,parce qu’étant guidée par le Menuisier en la poussant ou reculant se-lon 1e besoin , elle sert a la condsite du rabot ou autre outil à fust,pour faire divers effets fur le bois.
[GUIGNARD. C’cst un oiícau qui contient les mémos princi-pes que l’Orrolan. Voytx. Ortolan.]
GUIGNAUX. Pie ces de bois qui s’assemblent entre les chevronsd’un comble,pour faire le passage d’une souche dc cheminée, & rete-nir les chevrons plus courts que les autres. Ces guignaux font dan*les couvertures le même effet que les chevrettes dans les planchers. Lesguignaux & les chevrettes font deux especesdequadtes ou châssis dis-tans en hauteur l’un de l’autre,qui sont arrêtés Sc fixés, Sk au traversdefquch , comme par deux grands trous au passages, le coffre & canalde la cheminée passe au travers des plancher;, pour s’élever au-deflu#de la couverture fans danger de feu, pour le bâtiment Sc la charpente.Les Étymologistes ni Mr. Dc Furetiere ne font point de tentative éty-mologique sor cc mot ; & ainsi nous avons nos coudées franches pour*inventer : comme ces ouvertures dans la charpente sont pour conduireSc guider le feu Sc la fumée au travers des divers étages au-dessus dutoit sons danger, il se pourroit bien faire que ses ouvrier* unt conom-
H pu