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GUI.

pu dans nne prononciation négligée le mot guldaux ou pieces de gui-de en guignauxik l’égard de chevetre , qui cil cette ouverture de char-pente dans les planchers , & qui contient & embrasse ie canon ou ca-nal de la cheminée ; il ne fera pas mal-à-prepos de supposer qu’il vientdu mot Latin d’ufage capifirum du verbe castre , prendre, tenir ^conte-nir > de forte que le sens & l’ufagc de ces deux mots feroit plausible,diiant que le chevêtre contient & embrasse dans les planchers le canalde la famée Sc du feu , que les guignsux ou g uidiux guident Sc con-duisent au travers *!e la charpente de la couverture au delà ou au dét-ins du toit. De plus on dit des borgnes qu ils guident, c’ést-à-dire ,qu’ils ne voient que d’un œil , fur ceia je veux m'imaginer que gui-gnait x vient de guigner, parte que c'ell un cul, trou Sc ouverture a lacharpente réservé pour faction Sc mouvement de la fumée & du feuau travers de la maison fans danger.

GUILLAUME. C’eit un outil servant aux Menuisiers. II y ena de diverses sortes & grandeurs,auíqaels ils donnent differens noms,ct ni pie guillaumede bout, guillaume a recaler. Cet outil cil une efpe-ce de rabot > les disserenres tortes de ces rabots ou guillaumcs dépen-dent des diveríès matières plus ou moins dures, fur Ieiquclks f ouvrierdoit travailler, & des differens ouvrages,figures St modifications qu’ildoit hgurer & former cn disserenres Façons fur k sujet qu'il travaille ádivers deíkins. Les figures diverse s du tranchant de ces outils serventtout d’un coup à figurer une forme ou figu:e composée, où il fau-droit travailler à plusieurs reprises, avec un outil dont le tranchant (è-ro;t égal, simple Sc uniforme : par où l’on peut voir que les instrumensdes divers Arts font pour operer & travailler en abrégé & compcndieu-ftment, Sc pour épargner k teins. Chaque profession , des adrcllespeur agir par ks voies les plus courtes fur íbn fujét. En Arithméti-que il y a des maniérés abrégées de faire les opérations vulgaires,ccs maniérés abrégées s'appellent pratiques. Les artisans & ouvriers teíont pris d’abord a kurs ouvrages avec les ínltrumens naturels, quilont ks mains ; mais comme leur mollesse & délicateílè ne peut agirfur les matières dures.il s'est servi de quelques corps durs, façonnesd’abotd grossièrement, pour faire céder la matière à faction de fa main,garnie & aidée d’instruraent, & dirigée par l'efprit & fimagination,fiour un certain but Sc forme propoíce. Bien tôt après on rendit cesmstiumens plus commodes à la main,& plus efficaces pour trancher,couper, figurer, unir, dés unir diversement les parties d’un ouvrageentrepris pour futilité. Parmi ce-; outils est k Rabot ou Guillaume.Voyez. Rabot Sc Instrument, où on fera voir la réduction desinstrumens Sc outils des ouvriers & gens de métiers aux principesscientifiques & méchaniques. Présentement à f occasion du guillaume ,voici sa description St quelques efpeces ; k guillaume est un instrumentá fuit ( qui est une piece de bois plus ou moins long Sc beaucoupmoins large,qui est quarté , percé au milieu par une fente quarréc Scnette,laquelle pénétré toute fépaisseur dudit fust ) pour recevoir unfer plat,quarré,oblong, tranchant p.ir le bout, & affermi dans le fuitpar un coin de bois, fortement fiché, pour empêcher le fer tranchantde reculer par la résillencc de la matière dure trava liée par fourrier.Tout outil à fust ou rabot est compote de ces trois pieces, c’est a-di-re,du fust,du fei,Lt du coin de bois,qui tient le fer dans la lumièreou fente & trou du fust. Voi i la diveríité des gutUaumes , íl y cn apour commencer d'ébaucher la marbre > & lui donner la premièremain ou maniéré. II y a k guillaume à plttte bande pour ks panneaux,il y a 1e guillaume k recalés ou reculés , celui-ci á moins de jour dans lalumière que les aurres. Le gtuVaume dt bout est ainiì appelle , à causeque le fer est de bout > c’est-à-dire > fiché perpendiculairement & àplomb dans son fust de bois ì quand ccs outils ont un fust un peulong Sc maffif > alors comme ils font plus pefans que de simples ra-bots. Sc qu’il faut ks pousler avec force contre la surface raboteuse dubois de charpente , il y a deux appuis dessus , l’un devant Sc foutreaprès k fer pour ks deux mains,dont la gauche dirige kmouvementdu fust, & la droite le pousse avec force , à f égard des petits outils àfust,comme font ks petits rabots,il n’est pas besoin de ces deux ap-puis des mains, puifqu’on ks peut cmpaiuner ou tenir dans la mainen les poussant. Le rijiard a un grand fust avec deux appuis des mainsou manivelles. La varlope est encore plus longue & aussi forte en bois.

Le rabot cil fort petit, & on k tient & poulie avec la paume & poignetde la main droite jprclquc tous ces outils ont le fer fiché obliquementplus ou moins,& enlèvent plus ou moins facilement des écailles plusou moins épaisses ,qu‘on appelle coupeaux. Le mot ou norndu gutlUu-rwe peut venir d’une origine ou grosliere,ou d’érudirion. L’originegrossière est la plus vraiíemblable > car comme par pain de gros guil-îatmie, on lignifie le pain grossier destiné dans les maisons de campa-gne , pour la nourriture des valet» de cour: tout de méme ks artilàns& ouvriers, en riant entre eux onr nomme un rabot gros & maffif grosgu.'daume, Sípuis pour faire court guillaume. Donnés-moi ont-ils dit, 1c jguillaume de bout, 1e guillaume à plâtre bande, &c. à l’égatd de f origined audition il ne feroit pas inutile, pour retenir la signification de cccoutil appelle guillaume ou villaume , de dire qu'il vient du mot Latinvellcrc , evellere , enlever, ccorcher, parce qu’avec ccs instrumens à fust& à fer tranchant, on enkve & écorche la surface du bois , qu’on ra-bote St applanit , & on tire des coupeaux ; Sc l’on peut supposer ana-logiquement, que comme du verbe regere vient regimtn , de arguert ar-gumen ( puis argumtntum ) ainsi de vellere vellimeH , action Sc instrumentpour arracher Sc écorcher : pour la justification de toutes ks étymolo-gies, qui me leront patticuliucs dans cet ouvrage, parmi tantd'aunesque je rapporte ; je dirai ici, que je ne regarde ks étymologies quecomme des stratagèmes de fart dc mémoire, pour 1e soulagement despersonnes d’efpric,qui auroienr la louable curiosité,dt vouloir entrerdans le détail de la connoissance des arts Sc métiers > pour ks perfection-ner , après s’y erre fait une entrée ailée par la méthode dont je me fsets,Sc servirai dans ce livre fur le sujet des étymologies. * f.

GUILLOCHIS. On nomme ainsi certains entreses dc filet quar- ,ré » dont l’on fait des ornemens à limitation des anciens. Ces orne-Oicns consistent cn deux régies parallèles, qui fe taillent fur ks faces,

G U I.

platebates & fossiles d’architravc,&qui font plusieurs retours d’équer»re l’un fur l’autre.sc coupans ordinairement & régulièrement à anglesdroits , laissant des espaces cgaux*a leur largeur, lesquels espaces nesont autre chose que le fond même , qui reste découvert, & où ksguillochis n’ont pas été tracés. Il peut s’en faire de plusieurs sortes,lavoir,de quartés & de ronds,de simples & de doubles a angles plusou moins aigus > droits ou obtus » il y en a qui enferment dans kutsentrelas des roses & fleurons dans le milieu & espace, qui n’est pointcouvert & chargé de guillochis. Daviller , Architecte du Roi, dit sé-rieusement ces paroles : cet ornement ejl antique , puisqu il s’en voit auplatfond du Temple de Mars le vengeur de Rome. Faut-il aller á Rome auTemple de Mars, pour apprendre à fairç des guillochis, prestes deuxcouples séparées de lignes parallèles , paiscz les unes fur les autres,pour faire des intersections de diverses façons Sc à plusieurs tours &retours : vous aurez la cn croisent ces lignes l’une fur l’autre les pre-miers principes de tous ks guillochis du monde. Les ferpens entortil-lés & noués plusieurs fois le long du caducée de Mercure font des guil-lochis, deux peignes enclavés l’Un dans l’autre font des guillochis. Com-binez fur ce pied, deujf lignes ou deux ou trois petits rubans ensem-ble fur un plan, ou papier, ou étoffe, vous ferez des guillochis : despareils entrelas ou figures peintes dans un parterre avec des petits buissont des guillochis , & fo t appelles ainiì dans l’usege; guillochis desparterres sont, dit Mr. de ,uretiere,des comparcimcns quartés de buisou de gazon dans ks p'srt rrcs,qu’on entrelalìe en plusieurs maniérés,dont on forme plusieurs quartés ou autres ligures de toutes fortes îlesVitriers fur-touc savent conduire k plomb dan» leur vitrage en plusieursfaçons & figures irès-agi cables à voir > coupant pour cet effet kurs car-reaux en des figures convenables, pour 1e même effet St la même fin.Les Étymologistes ont oublié de travailler & étymologifer fur le , guil-lochis : peut-ctre parce qu’ils ignoroient k mot & 1 a hgnification.°Mr.deFureticre n’a point ignoré ce mot, il i’a méme allez bien défini iedécrit d’une manière facile & intelligible, íelon fa bonne coûtmne;mais il ne dit rien des étymologies du mot, parce que ks Auteurs dela plupart des Dictionnaires n’en font point mention ; c'est pourquoije prendrai plaisir à en inventer quelqu’une pour retenir,& le mot Sc1a signification de guillochis. Comme ccs ornemens fe font par des li-gnes ou bandelettes, qui se croisent & combinent diversement ; je diraique ks guillochis de ces lignes ton r diverse linearum & taniarum decusjatarum coìlocationes ; & lorsque ks guiUechis laissent fur k plan des es-paces & lieux de diverses figures, je rendrai guillochis > comme qui di-roic dtverjs loculationes , & en meilleur Latin loculamenta. Ce derniermot est pour exprimer ks cadettes des Apoticaires ou des Droguistes,qui iontdiviíées par des compartimens, Sc distinctions de petits casesou autres figures, où sont placées ks disserenres drogues : on appelleces boites divisées Sc distinguées par ccs compartimens diversementsigillés loculamenta, qui cil le méme que loculationes substantif verbalr> gulier > mais qui n’eit pas d’ufage > si vous voulics nommer guillochisl'entreladunent de deux íerpens ou de bandelettes tondes, j* voudroisavoir recours a amuicules , anguhulatio, d’où je rirerois aveeadreílc Scun peu de licence k mot guillochis ; si vous vouhés vous souvenir desfigures de divers angles , qui fe trouvent dans 'es- croiícmcns cks guil-lochis , je vous conseilierois de dire que guillc chis est , comme qui di-roit angulatum opm. Un traité pareil d’ctymologies utiles, Lt plus oumoins ingénieuses , feroit ce me semble fort dive:ti.ssant & foie utilepour ceux qui savent feulement 1c Latin Sc k François. Si quelqu’unvouloir ramasser tout ce qui fe trouve dans ce Dictionnaire fur ks éty-mologies ,& qu’il manquât de titre pour son livre, je lui conseil,’cioisde piendre celui-ci amsnitates étymologies ., par imitation du titre d’unexcellent livre fur le Droit, composé par Mr. Ménage, intitulé amsnitatisjurés; i[ auroit bien pu, en abrégeant & tempérant son érudition, écrirefur les étymologies de la Langue Françoise sous le titre if amsr.it ates;mais il n'a pas eu le loisir de faire u n agréable Sc ingénieux abreg édsson gros volume. Mon dessein se trouve dans k I.vre de Mr. Ménage;mais il s’y trouve comme k buste de Cicéron ou d’Aléxandie se trouventdans un bloc de marbre,qu’on ne peut rechercher Sc trouver pénible >ment, Sc avec k ciseau d’une continuelle critique. Ce qu’il y a de bonSc méme descellent dans cet Auteur, est un traité fort estimable de senature des lettres, & dc leur affinité & rapport. Dans 1a derniere édi-tion on y a inféré un discours préliminaire fur l’usege des étymolo-gies, fait par un habile Jcíuite , qui n’est pas bien loin de mon destin& de mes pensées ; mais il n’a rien fait de plus que cette efpecc de pré»

I face qu’il a enté contre ks préceptes de l'Art Poétique fur k corpstrès-bigarré des étymologies de Mr. Ménage , qu’on pourroit appellcrnon amsnitates je d asfentates & rudera erudttìonis menagians , en Fran-çois rudes, plairas Sc décombres de 1 érudition:!! me vicnc encore dans1 imagination une fort bonne étymologie fur guillochis , ou qui n’eílpas 1a moins sensée. Mr. de Furetiere lait mention dans son Diction-naire du mot guille, qu’il dit être vieux mot signifiant tromperie , ilajoute qu’on a dit guidon pour trompeur, S: guider pour tromper : ap-puyé fur la bonne foi dc ïs relation & histoire de ce tnor > je dis q.,eces guillochis & figures embarrallëcs, qui font dans k plan d’un laby-rinthe ,( qu’on pourroit appellcr guillochis, trompeur,) ont pour origi-ne 1c mot guide > tromperie & occasion d’erret ; k mot Flamand pourexprimer les guillochis tours & retours , dès traits du plan d’un laby-rinthe, inc ísetrtroir dans mon invention & mon impromptu ; car iìsappellent le labyrinthe embarrassé dans ses traits Sc figures, doolhof lieud’errcur & de tromperie. Ce que j'ajourerai encore ici fur ce mot, estque k propre du guillochis, consiste en trois ou quarte choses ou inten-tions. i. Qu’il soit embarrassé dans ses traits,comme 1e labyrinthe, i.Qu’on ne découvre aucun trait ou figure inégulierc. }, Qu'il n’y aitpoint dc trait solitaire > mais qu’il soit en parallèle ou proportion avecquelque autre trait. Enfin 4 , que dans ks guillochis ks mieux travail-lés on ne puiíse découtrir qu’avec peine ks comtnencemens & ks finsde ccs traits, ni suivre leur cours , fans épuiser l’atcention des yeux fcde Fimagination, Les Figuristes, Brodeurs, Faiseurs de patrons & desdesseins pour des orne mens, cherchent à épuiser ks yeux Sc l’imagi-

nanon ,