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HOM. HON.

obligés de rendre compte, usque ad ultimum oholum utl quadrantent ,fc ou on les force à regorger le sang du Peuple, que ces sangsuesavides ont dévoré pour s’en engraisser, Les derniers font des gensde bien , qui aiment également le làbít des Peuples, Sc la gloire vé-ritable des Rois . ce font des gens en qui est la quintessence de laprobité & de la sagesse, qui exposent l’État des aftaires présentes Scavenir , & prennent des mesures d’une grande étendue, afin de nepas précipiter les Rois, & les Peuples dans des maux irréparables.Ils ont cette divine éloquence , qui charme les Princes vertueux , lesdissuade & les persuade soUs la vûë de Dieu , & de leur propre cons-cience , qu’ils savent instruire & éclairer. Ces gens d’affairc pour-roient s'appeller hommes de Dieu , hommes du Roi , & personnes nepourroit mieux remplir ces grands noms, que les Ministres de l’Égli-gliíe, respectables par leur vertu, leur grande íàgellè & leur caractèrevénérable.

HOMOLOGATION. Terme de Pratique. C’est un moyenpour rtndrc un acte de justice plus solemnel, & lui donner toue savaleur, c’est la confirmation & publication d'un acte en justice, ensor-te que homologuer c'est publier un contrat,une transaction en justi-ce, ou une sentence arbitrale, pour la faire confirmer par les Juges ,tnrégistrer au Greffe, & la rendre exécutoire. Cc mot vient de homessemblable , & de logos diction, discours, c'est-à-dire, approbation ,aveu & reconnoissance qu’un acte, chose ou action est bonne. St doitpasser pour telle dans le public, 5 c dansl’otdre judiciaire, fans préten-dre avoir droit de prouver le contraire, vû qnc la raison & sagesse pu-blique, résidente dans les Magistrats, a décidé la chose controverícc en-tre des particuliers, ^homologation d’un acte , c’est la plus grandeconfirmation Sc fermeté, qu’on puisse donner á une piéce & acte civil.

H O N.

HONGRIEUR. Mr. dc Furctierc nc fait pas mention de cemot ; mais Mr. Savary ne l’a pas oublié dans son Dictionnaire. Cequ’il en dit, fc réduit à faire savoir au lecteur, que ce sont des Ou-vriers qui favoient préparer les cuirs à la façon dc Hongrie , 8 cqu’ils n’ont pas été toujours comme ils sont aujourd’hui en Corps deJurande. On peut voir les articles de cette Compagnie, ou Corps dansledit Dictionnaire, je me contenterai de marquer plus distinctement,les Édits & Déclarations qui concernent cet établissement, qui seronttiré du Recueil de Besongut . Imprimeur k Rouen , a la pag. sss.D’abord il est fait mention d’un Édit de 167J. dont voici le titie ,Édit du Roi, portant création en Maîtrise > 8 c Jurande dans la Villede Paris, d’une Communauté particulière d’Hongrieurs, avec défen-ses à tous Bourreliers , Tanneurs, Corroyeurs » Mcgilsiers & autresde s’immisccr dans la fabrication des cuirs de Hongrie , donné aumois de Mars ií7jt En second lieu il est fait mention d'un Édit duRoi de 170s. le voici, Édit du Roi, portant création en titre d'Offi-ces, formes & héréditaires de Jurés Hongrieurs , tant pour la Ville& Fauxbourgs dc Paris > que pour les Provinces du Roïaumc ,pour par lesdits Hongrieurs Fabriquans. vendre & débiter seuls, a l’ex-clusion de tous autres, ladite marchandise de cuirs d’Hongrie, portantrèglement, donné á Vesaillcs au mois de Janvier 170s. régistré auParlement de Rouen, le 17. Février suivant, en troisième lieu est uneDéclaration du Roi , sous le titre, Édit qui a ordonné qu’en payantar les intéressés, en la manufacture des cuirs établie dans la Ville det. Denis, la finance réglée par le tôle arrêté au Conseil, ledits Offi-ces de Jurés Hongrieurs , tant pour la Ville & Fauxbeurgs de Paris,que pour les Provinces du Royaume, créés héréditaires par l’Édic dumois de Janvier 1705. scroient Sc demeur croient unis, & incorporésì toujours à leur Compagnie, pour en jouir ainsi qu’cllc avisera bonêtre, soit pour la fabrication, soit pour la vente Sc débitdesdits cuirsde Hongrie, aux prix portés par le tarif, arrêté au Conseil le }. Février170+. Cette Déclaration a été donnée à Versailles le 1 j. Mars 170s.te fut régistree au Parlement de Rouen le 1 6. Juin suivant. Cc sontlés propres termes des Édits de t«7Z. & dc 170;. plus dc jo. ansâpres, Sc de la Déclaration du 15. Mars 1705. On n’a point fait decommentaire pour s’autôriscr uniquement du texte, n’ayant pas l’au-tôricé ni la longue pratique de Mr. Savary, qui n’a pas cité les textesci dessus dans son ouvrage, en propres termes comme on en a pris icila précaution.

HONNÊTE pris fub stanti vement. Selon Cicéron est tout ce quiest conforme à la raison Sc à la vertu ; mais d’abord c'est un grandengagement, que cette sorte de définition : vù que la raison pour lemoins est de trois sortes. Raison d"Etat, raison dt famille, raison dupartiiulier, ou plûtôt tommunt à tous les particuliers ; raison politique,pour le gouvernement & administration du bien public , mis en dé-pôt sous un Roi, ou fous un corps dc sages. La raison aecanonûque,qui procure l'avanccment de l’interêt des familles considérables ouvulgaires, Sc la raison morale , consistant à bien conduire tous ses pro-pres actes, Sc actions félonies Loix intérieures d’une raison três-éclai-réc, dont le caractère court Sc positif > c'est de faire tout ce qui estcapable de nous rendre parfaits Sc heureux selon notre constitutionraisonnable, par rapport aux biens de l’esprit & de la raison, Sc parrapport aux biens sensibles , Sc tout cela nemint Uso , ahsque stllius in-juria , de là i! s’cnsuit qu’un particulier passe pour honnête-homme ,par exemple, honnête Marchand , ou honorable Marchand , commeon disait autrefois, lequel paroît homme en toute occasion, qui estjuste , raisonnable , qui juge bien dc tout cc qui regarde la natureraisonnable, Sc qui sur tout juge bien de tout ce qui regarde sa pro-fession qui y excelle, & qui a des preuves manifestes, de son excel-lence par l’acquisition de biens considérables, qui sont les marques dcson nom estimable , de son habilité reconnue , de fa fidélité au de-voir de fa profession, Sc d’ailleurs irréprochable envers tous, Sc d’unesocsetc & commerce aisé, facile, Sc cn tout juste Sc plausible. Voi-là un honnétemarticuliet, & un honnête-Marchand. Un homme dcfamille est aussi un honorable Sc honnêtc-aconomc, qui outre la qua-Time I,

HON. 4*r

lite d’honnéte moralement, agit si bien que cous ceux qui composentfa famille, y vivent selon la première efpece d'honnctecé ; enserreque lui-même, Sc fur son modèle, tous les autres sont honnêtes. Hon-nête femme qui a toutes les qualités, a une digne femme, digne mè-re , digne Sc respectable maîtresse. Les enfans sont honnêtes , rai-sonnables, bien élevés, habitués à tous leuts devoirs; enfin les mem-bres les plus humbles, ou Domestiques font honnêtes garçons , Sc Va-lets , Sc honnêtes filles ou Servantes. L'honnéte «Econome ou honnê-te chef de famille, a tout ce que l’honnéte homme particulier doitavoir; mais il a une plus grande étendue dc foins. II anon-feuicinentbesoin de former le caractère d'honnéte homme en lui.de le conser-ver Sc fortifier; mais aussi il doit avoir soin d’imprimer ce caractère,dans tout autant de sujets particuliers . qu'il y en a dans fa famille .mais c’est la même empreinte > car ce qui fait qu’on appelle un hon-nête-homme & une honnête femme, est un seul Sc même caractère*Les livres de morale , qui obligent rhonnete-homme à moins devertu que l’honnêtc-fcmnie , sc trompent, Sc déshonorent la naturehumaine, dans le sexe masculin, pendant qu’ils font honneur, com-me ils doivent au sexe féminin, !cs laissant en paisible possession d’uneparfaite honnêteté, L’honnéte fils de famille, Sc l’honnéte «Econo-me ou pere de famille . c’est un même Sc indivisible caractère. 11 ya cette leulc différence, que le seul pere doit imprimer cc caractère ,ou plutôt il se doit imprimer lui-mêmc fur son fils , ensorte qu'ilsoit un autre iui-mcrae , avec la seule différence que 1c pere clt mo-dèle , le fils copie Sc seconde empreinte vive , animée & raisonnée :que le pere est le premier informé pat son propre foin , & les autresinformés cn second lieu par lc soin de l'aconome. Que dirons-nousde l’honnéte Sc honorable Magistrat ? rien de nouveau que ce qui estdit de l’honnéte «Econome, avec cette différence, que l’œconomic dupolitique est fans comparaison plus étendue dans son sujet, qui estd’une extrême variété , quoique pourtant à considérer bien attenti-vement la chose, lc politique n’a qu’à mettre, selon les régies d’une«Economie générale, toutes les familles considérables , & ordres ouclasses d'un Roïaume dans l’harmonie ; tout le reste est déja tour saiedans lc détail des moindres familles, parcc que nous avons dit ci-de-vanr. La raison d’État, c’est-à dire » l’honneté Sc félicité publique ,demande donc qu’il y ait dans la société civile, politique, cous lesmoyens généraux d’une éducation morale, œconomique Sc politi-que. Écoles publiques , Colleges , Académies , Universités pour Uformation dc tous les âges de l'homme en toute force de sagesse »prudence, vertu & honnêteté ou probité. Tous les moyens générauxpour la resormation , principalemenc des abus Sc crimes publics, pardes Collège s des sages Sc puislàos Magistrats , qui purgent la sociétépolitique des mauvais sujets, qui sont tous ceux dont l'éducation estmanquée, négligée, malheureuse Sc irrémédiable , sur le modèle dal’œconome , qui punit, corrige , Sc enfin purge íà famille de sujetsmauvais Sc incorrigibles. Tous les moyens généraux toûjours prêts,pour préserver non-seulement dans la paix ; mais fur tout dans laguerre : un tel Magistrat est l’honnéte-homme , dont Cicéron ciré ci-dessus a parlé, Sc cn général selon le méme Cicéron , parlant autantdes personnes que des choses, l'honnéte est tout cc qui est conformeà la raison , & à la vertu. 11 est fait mention dans le Dictionnaire dcMr. de Fureticrc, cn forme de phrase ou phraséologie de ces paroles.C'efl une régit de Droit , que tout ce qtú eft permis ne ]r pas honnlte pourcela. Mr. Barbeyrac, continue Mr. de Fureciere, a fait un excellentdiscours Académique fur cette maxime , où il démontre que mis àpart, méme les engagemens du Christianisme, i! ne suffît pas qu’unechose soit permise > ou autorisée par les Loix , pour qu’eilc puisseêtre innocente. Qu’on me permette de méditer la plume à la main,sor cette phraseologie ou longue phrase, Sc période de Mr. de Furetie-re : ce qui me faute d’abord aux yeux est la grande, & haute idéequ’à ce célébré Jurisconsulte de l’honnétcté. Je n’ai pas lû fa Disser-tation ; mais les bons connaisseurs verront bien par la lecture de ccque j’aî écrit, que cette opinion §st très-conforine à mes principes.Mr. Barbeyrac est dans lc sentiment de Cicéron , il donne à l'honné-te fa méme grande , vaste Sc noble étendue , que je lui donne avecCicéron ; j’agrée beaucoup cette expression hardie, mais véritable, quemis à part les engagemens du Christianisme, la raison dont parle Ci-céron avoir tant dc Jumierc, Sc dc force chez lui &chez les sages dcson tems, & des siécles précédens , qu’ellc pouvoir déterminer très-positivement, l'honnéte, Lc conséquemment le juste; mais un honnê-te réel intérieur ,à parte m,différent de ce qu’on appelle juffitm. C’estcet honnête & ce juste > qu’il semble que Mr. Hobbes n’a pas connu ,cc juste réel , cet honnête que détermine la triple raison, dont j’aîparlé, ou plûtôt afin de ne pas blâmer un si grand homme , il n’apas prétendu en parler ; mais parler seulement dc la pratique deshommes ordinaires, soit privés ou publics. La seconde considérationqui m’occupe , est que cette derniere expression dc mettre le Chris-tianisme à patt, quand on parle ki de l'honnéte & du raisonnable,ne doit scandaliser personne. parcc que la probité Chrétienne auratoûjours fa supériorité ; à l’égard de la vertu humaine , au plushaut point de son honnêteté, comme la vertu héroïque est à l’égarffde la vertu humaine. Sc ordinaire selon Aristote; ce n’est pas pour di-minuer le don divin & íureminent de la foi. & des hauts Sc sublimesmotifs du Christianisme ; mais pour relever le premier don du créa-tcur ; la raison ( lumière qui éclaire tout homme venant en cc mon-de , & le dispose Sc prépare à respecter le don & lumière de la révé-lation) avant la révélation derniere » faite en Jesus-Christ, le juste Scl’injustc écoit connu aux aines raisonnables Sc éclairées, aux Cicérons,Sencques, Aristotes, Plaçons, aux Grands Législateurs, Mais en troi-sième lieu j’hésicc fur cette façon de parier de Mr. de Fureciere ,il ne suffit pas qu une chose soit permise ou autorisée pour qu'elle pus-se itre jugée innocente, t. je souhaiterais qu’on n'eût pas fait (y-nonime permis ou autôriíé , permis me paraissant avoir plus dcrapport à toléré qu’à autorisé ; permis 8 c toléré est l’objer de l’in-dulgsnc* de la Lei saint? Sc parfaite à fégard dc la multitude,

GSS à