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imparfaite pour la grande partie ; mais autorisé, approuvé est í’ob-jet de la complaisance de la Loi & du Législateur , objet dírccte-ìncnc prétendu . Sc non simplement permis ou toléré, i. II paroìtun peu dur , qu’il soit vrai de dire en quelque rencontre . qu'unechose autorisée ne sera pas innocente > & également dur d’insinuetque !a Loi autorise ce qui n’est point innocent. On pourroit íè pas-ícr du merveilleux agréable & surprenant, qui se trouve dans toutparadoxe , & ordinairement les dislèrtations publiques paroislèntfades > si elles ne font pas animées par le sel attique , Sc piquant duparadoxe > qui étant enfin expliqué , comble les esprits ingénieuxdes lecteurs & auditeurs d’un plaisir délicat & exquis. Voilà maméditation scrupuleuse. J'ai encore scrupule d'avoir dit currente cala-mo , que le Christianisme étoit à l'honnêteté philosophique , ce quela vertu héroïque étoit selon Aristote , a lcgard de la vertu com-mune j ce n’est pas allez, car le Christianisme est d’un ordre supé-rieur Sc surnaturel. D’ailleurs non-seulemenc les principes font d’uneel'pecc différente Sc supérieure j mais auílì les motifs Sc les fins sur-naturelles.

HONNÊTETÉ. C’est la qualité de tout ce qui est honnête.Le mot d'honnêteté vient de l’aajectíf honeflus , mot Latin, dont jevoudrois percer 1 origine, & trouver une étymologie digne d’un sigrand mot, auquel ré..ond une idée si excellente, comme on la pûvoir dans l'article précédent. Pour y réussir, je veux me permettrede changer une lettre en une autre h en b, ic dire que bonneflumesttlíud quodfiat m bono , quafi bonestum in bono fions & flabile , de forteque virhonestus, scroitun homme habitué aubien, stable dans le bien,dont la volonté Sc l’efprit font habitués & fixés au bien : ma penséequi patenta peut-être arbitraire .quoique heureuse & édifiante, estconfirmée par une autre idée de même espcce » parcc que probusest quasi synonyme à honeflus , or probus vir est vir qui fiat pro bo-no ; la probité est la qualité de cet homme , qui tient toujours pourle bien & le juste , qui fiat semper pro tquo & bono. II me sembleque cette permission & licence à former des idées étymologiques decette façon ne font point abusif, & rendent les deux mots favora-bles à la mémoire , Sc à l'intelligence des idées précieuses. De plusj’aurois eu de la peine à supposer que probus & honeflus fussent danscet article des non plus ultra , j’ai une opinion plus grande de la sa-gesse de la langue Romaine.

Sous cette idée réelle Sc nominale de l’honnêteté , je ne puism’em-péchcr de me donner le plaisir de cirer, après Mr. de Furetiere , lesbelles phrases de plusieurs excellens Auteurs ; par exemple , il riy apoint de parfaite honnêteté , que celle qui est: conforme à la Loi deDieu , (j? cette honnêteté n'tfl point dtfiérente de la bienséance Chré-tienne , qui consiste a ■vivre selon les régies de [Evangile. La raisonq..e j’en voudrois donner, c’est que sous l’Évcngise . les hommes sontp’uséJairés , & qu’il ne faut négliger aiuun dég.é du bien, à mesu-re qu il se manifeste à nous de plus en plus; ma.s l'honnêteté & pro-bité des anciens a été ailéz completcc, par rapport à la lumière de lapure raison naturelle, Sc pat rapport à leurs siécles. Quand nous nevoulons être heureux qu’à condition que les autres le soient aussi ,tout le monde nous prête la main, c’est le ménagement de bonheurpour nous Sc pour les autres, que l’on appelle honnêteté, qui n’est au-tre chose que l’amour propre bien réglé. Mr. Ni.oie nepiroîr pasêtre d’un tel sentiment, quoique trcs-raiíònnable & équitable; car ildit sévèrement : le Christianisme détruit & annéantit [amour propre ,& l honnêteté le cache & le supprime. Mr. L Évêque de Meaux dans lésdissertations fut le put amour, a reconnu un amour propre très-per-mis Sc três-louable, & méme un amour intéressé. Voyez, les livres decet Auteur. Voici une phrase de la façon du mime Mr. Nicole ,[honnêteté humaine n est qu’une ambition fine & délicate : je ne sai pasquel objet avoir alors dans son idée Mr. Nicole; mais je fuis bien cer-tain qu’il ne pensoit pas alors à la défin.non de l’honnéte , que Ci-ceion en a ci-Jellus donné; en place de cette façon de parler, il fauty substituer celle ci qui ne sera pas moins Françoise,/V hypocrisie n estqu’une ambition fine efi délicate. Mr. la Roches a défini ainsi l'hon-nêteté des femmes , l'honnêteté dr s femmes est la chasteté, la mo-destie , la pudeur, la retenue. Un autre définit l’honnc eré des hom-mes, ainsi l’honnêteté des hommes est une maniéré d’agir juste, sin-cère, dioitc , bicnléance , obligeante Sc civile. Ce ne sont par desdéfinitions exactes. parcc quelles ne sont ç>as des dénombremens par-faits, mais ce font des descriptions à la hâte. où l’on ne prétend quebriller : si ces deux Auteurs s’écoienc consultés , ils auroient servi decomplément l’un à l’autte ; car dans cette vivacité & promptituded’éloquencc, à quolibets, on nc prétend pas dispenser les femmes de lamaniéré d’agir juste , íìncere , droite & civile , ni on ne prétendpas dispenser les hommes de la retenue , de la chasteté Sc de lapudeur.

HONNEUR. Chez les Anciens, ils faisoient de l’honneur une,Divinité. Ils verdoient marquer que l’honneur n’étoit directement &primitivement dû , Sc ne convcnoit proprement qu’à la Divinité , Scá ceux qui imitant autant qu’il est en l’homme mortel, les attri-buts de la nature Divine , s'en approchant déplus en plus, & représen-tent plus ou moins expressément quelqu’un de ces attributs, commel’honneur ne différé point dans son origine Sc principe , de la véné-ration : n ’y ayant rien de vénérable parmi les hommes, & entre eux( vû légalité de leur nature ) il s’ensuit que l'honneur, la gloire & lavénération n’appartiennent proprement qu’à Dieu & à la suprêmeDivinité, de quelque nom qu’on l’aye délignée chez le* différentesNations. Les Rois Sc les Princes étant revêtus d’une grande puissan-ce, & étant les arbitres du bonheur Sc du malheur des hommes par-ticuliers > Sc des Peuples entiers, étant maîtres de la vie Se délainort,s’ils font du bien, ils sc rendent à des hommes foibles& timides, non-seulem*nt vénérables selon certaines mesures, mais quasi adorables. Lessages Législateurs , Juges & Savans hommes, qui sont la lumière deshommes , font l’objet d’une vénération plus réglée , parce que cessages éclairant notre esprit, nous Istffem 4 liberté de notre jugement,

HON.

& comme par leur instruction ils ont la magnanimité de nous amener'à la source commune de cette lumière, la raison immanente Sc innéedans tous les hommes : cette vénération est accompagnée d’une dou-ceur extrême , qui se trouve dans la juste reconnoillànce que nousleur rendons. Les Héros en valeur Sc courage, qui exposent la plusprécieuse vie Sc personne qui soit entre le Peuple, pour sauver lePeuple, ou le pere du Peuple qui est le Prince, excitent en nous biennaturellement, & avec un grand agrément nos respects , il n’y apoint d’obsemtion de considération d’amour , que le Peuple & lesautres Citoïens ne croient lui devoir, par un droit incontestable Scirrévocable : on honore non-seulement leur propre personne , maisaussi tous ceux qui ont relation à leur personne & a leurs familles,qui depuis ce tems-la sont nobles. Voilà les fondemens de l’honneur queles hommes rendent raisonnablement Se équitablement : en l’exhibitiondcces honneurs, nous remplissons deux parties de la justice, nous leurrendons ce qu’ils ont voulu acheter de nous au prix de leuríàng , c'est-à-dire , les justes louanges, ou plûtot les justes & coníblans témoigna-ges qu’ils nous demandent , pour avoir plus de certitude qu’ils oncfait leur devoir à l’égard de la patrie. Sc de tous ceux qui la compo-sent, Sc l’autre devoir de la justice , c’est de leur procurer dans la mé-moire de la postérité , cette place avantageuse dansl’eípric Sc le cœurdes hommes, qui est l’objet de leur désir Sc de leur complaisance Scfélicité. La Divinité appeìlée honneur étoit toujours dépeinte avecla vertu, aussi lui avoir on bâti a Rome un Temple, où l’on ne pou-voir entrer que par celui de la vertu, les Anciens voulant nous mar-quer par là que l’honneur ne vient que de la vertu , & n’est dûëqu’à la venu Sc au mérite. L est ce que Mr. Marcellus donna a enten-dre aux Romains, en faisant construire deux Temples quartés jointsensemble , l’un à la vertu, & l’autte à l’honneur. F.n effet les vérita-bles honneurs naissent d’une solide vertu ; il y a cette différence entrela vertu, le mérite, la gloire & l’honneur, que la vertu est le mémequcJa perfection Sc force de lame généreuse, qui persiste constam-ment dans 1e meilleur état où elle puille être. Le mérite est la va-leur, Sc 1e prix intrinsèque personnel du vertueux & de la vertu, ceprix est l'cstime des hommes, 1e haut rang où les hommes eux-mê-mes estimables, les placent dans icut elprit & dans leur cœur. Lagloire est l’ctat avantageux , ou ils sont dans l'esprit Sc le cœur desgrands hommes, fur tout de leur hécle, & des siécles voisins. La gloi-re est entre ses grands hommes , comme 1e brillant d’un astre danstous les autres, Sc de chacun de tous les autres réciproquement Sctour à tour : c’est un commerce non-seulement réciproque , mais si-multanée de lumière Sc de claitc; car la gloire rire son origine de^/curia Sc claritas. La gloire consiste dans les jugemens avantageux ,qu’on porte du dégre plus ou moins élevé de la vertu des hommesillustres : se dégre de gloire dépend de celui de la vertu. L'honneurest l’exhibition & lhommage qu’on rend a la vertu, non-sculemenrpar la publication Sc ressentiment de ces louanges, Sc jugemensavantageux, mais encore par l’exhibition du cuire, qui consiste à sou-haiter 6c à procurer la conservation de leur étie Sc de leur bien être .si cela dépend de nous, Sc à ses congratuler íi leur être & bien êtreest indépendant de nous > & immuaole. J'entends toujours que cesmots sont pris en deux manières ; car comme nous avons ci devantobservé le culte suprême , l’honneur Sc la gloire éminente n’appar-tient qu’à Dieu originairement. Le mérite des Héros quoiqu’il leurappartienne, ne reste pas d’ctre des présens des Dieux selon l’opiniondes Anciens; à l’égard de ces deux Divinités , on en trouve des imagescurieuses dans des médailles de Vice’lius. On y trouve deux figuresgravées, l’une au côté droit à demi-nuë, tenant d’une main une de-mi pique > de l’autre une corne d’abondance, Sc qui porte son pieddroit sor un casque; l’autre qui est a gauche a un casque en tête, Scrient de sa main droite un sceptre, & de la gauche une javeline, ayantIc pied droit sur une tortue, avec certe inscription honos éovirtutes.L’étymologie de ce mot honneur , vient de honor ou honos Latin , ouivient du Grec onos , qui signifie 1e prix qu’on vend une chose , en-sorte que l’honneur est le prix, ou haute estime que nous faisons dela vertu bienfaisante des hommes généreux, Sc héroïques; voici enquoi consiste le commerce délicat, donc il est ici question; les hom-mes vertueux Sc héroïques sc sacrifient pour le bien du public, & lepublic Sc les particuliers réfèrent a leur bonté Si générosité, leur con-servation , publient qu’ils n’ont conservé le bien ctre civ.I que pareux. Pour cela ils payent bien pour bien, prix pour prix, hostie Scvictime de la part des Héros, culte & hommage & mémoire honora-ble de la part des hommes reconnoissans. C’est la signification princi-pale du mot honneur, il signifie conséquemment plusieurs autres cho-ses; ainsi on entend par honneur la vertu & probité, ainsi on ditc’estun homme d’honneur, pour dire un homme qui ayant la vertu, a sefondement de l’honneur qu’on lui fait. Honneur signifie aussi lacharge, la dignité, qui attire ses respects Sc les soumissions des autres smais en ce sens il n’est d’usage qu’au plurier. Dans ce sens on dit, ilest parvenu aux plus grands honneurs par tous ses dégrés. On appelleConseillers d’Honneur > ceux qui onc droit d’entrer dans ses Compigtiiespour y juger ou y avoir séance, & qui n’ont que les honneurs de laCharge. II y a des Éccléíìastiques, des Gens d’épéc, qui entrent auConseil d’État, comme Conseillers d’Honncur; la plûpatc des Gou-verneurs , beaucoup d’Evéques sonr Conseillers d Honneur dans lesParlemens, dans les Sièges des lieux de leur résidence. Ceux qui ontservi vingt-ans dans une Compagnie, Sc qui ont des lettres de vétéran,y ont entrée & séance, quoiqu’ils aïent vendu leut Charge, & ils sontConseillers d’Honneur ou Honoraires. Dans le commerce on dit fai-re honneur à une lettre de change quand on l’accepte. Honneurs auplurier se dit non-seulement dans les significations précédentes ; maisencore dans les exemples suivans ; comme sont ses honneurs du Lou-vre , les honneurs d’une maison. les honneurs dans les cérémonies,comme les Sacres des Rois ou des Prélats, obsèques- Les honneurs duLoutre sont certains privilèges affectés à quelques Dignités ou Char-ges, particulièrement à cellesdsDuc Sc Pair,dcChancelier, Scc, com-me