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grément augmente à proportion de l'attention qu’on fait fur les at-traits d’un objet aimable. Horreur est quelque chose d’inteníè, de for»& de profond : l'agrément est quelque chose de leger & de superfi-ciel. Après cela cet habile Auteur de la Pathologie Morale ajoute:Ce qu'il y a ici de plus remarquable , c'est que ces postions d,'agrément &d horreur ont coutume d'être plus 'violentes que les autres efpeces d amourcu de haine , farce que , dit-il, ce qui vient à l’ame par les sens la tou-ehe plus fort que celui qui lui est représenté par sa raison , quoiqu’elles ayentordinairement moins de vérité ; ensorte que de toutes les postions ce font cel-les-ci qui trompent k plus , & dont on doit plus soigneusement je garder.Mettons ce que M. Descartes dit dans un exemple qui en salle voir lavérité. L'amour de la beauté qu’il plaît à M. Descartes d’appellcr agré-ment , fait plus d’impreífion très-lòuvent dans Pâme d’un jeune hom-me adultère, que l’amour de la justice. La cause de cela en est, paiceque ce qui vient à lame pat 1 e sens , la touche plus que ce qui lui estreprésenté par son intelligence & par sa raison. C’est une triste expé-rience qui nous apprend cette vérité spéculative & de fait. Le reste dela moralité par où M. Descartes finit cet article, est digne de cet hom-me d’honneur Sc de probité , & doit nous être comme un préserva-tif contre cous les attraits trompeurs & les faux agrémens des plaisirssensibles.

A 1 égard de l’étymologie de ce mot, horreur vient du Latin horror,du verbe horrere frémir, frisonner, trembler de tout le corps, qui estun son touc propre pour exprimer par ces trois rrr les vibrations Scfrémiilemens de Thorreur, dans la frayeur & dans les paroximes de lafìcvre, dans 1 e froid»

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HOSPITALITÉ, se dit aulïì d’une maniéré (inguliere, & cettehospitalité étoit sur tout en uláge parmi les anciens Grecs & Romains,lesquels par un droit réciproque ou par une convention entre les fa-roiliis éloignées, Rengagement d’en recevoir & loger les particuliersqui venoient dans leur Pais & dans leur Ville.

HOSTE, HOSTESSE ou Hôte, Hôtesse , se dit égale-ment de ceux qui logent & de ceux qui sont logez. La raison pour-quoi ce terme est relatif Sc réciproque , & signifie directement aussibien l'un que l’autre > ce qui le pourroit faire nommer un lubstatif ac-tif i lavoir, l'hôte qui loge , & un substantif passif; savoir, f'hóte quiest logé ; la raison, dis-je, de cela vient de l’étymologie de ce mot, quiemporte avec foi cette relation : car hôte vient de Tablatif Latin, hos-pice omnis qui ostium petit, tout homme qui vient fur le seuil d’une por-te ou maison pour y parler & contracter. Oftium , seuil de l’ouvercurede la porte, s’écrivoit autrefois par une h -, voici fur ce point la coutu-me des Anciens : quand quelque étranger demandoit à loger , le maî-tre d u logis & l’étranger mectoient chacun de leur côté un pied fur leseuil de la porte , & là ils juroient de ne se porter aucun préjudice l’unà l'autre ; c’ctoit une cérémonie qui donnoit tant d’horreur contre ceuxqui violoient le droit de Thospitalité , car ils étoient regardez commeparjures. Ce seuil éroit vénérable & sacré, & on y touchoit des deuxcotez du pied, dans la même signification comme si en jurant sur unautel on y eut touché chacun de la main ; ils avoient une fantaisie fortsublime fur ce seuil, qu’ils regardoient comme un lieu limitrophe, quiscparoit la campagne ( qui appartient à l’étranger & au voyageur) de íamaison qui appartenoit au bourgeois ou maure ; l'étranger avançantun pied fur k* seuil, ostium petebat , & remarquez que petere signifie 'également venir & demander ; il venoit donc fur k seuil, & indiquoitavec le pied ce qu’il demandoit ; savoir l’hospiralité; Sc l'hôte ou maî-tre en mettant son pied sur le même seuil, montroit qn’il convenoit ,& après 1 e jurement,la convention & k contrat généreuxd’hofpitalitéétoit complet Sc confirme plus que par un contrat devant Notaire. Onvoit bien que l’hofpitalité est un contrat très-volontaire , mais de bon-''ne foi, & de la meilleure foi, puisque c’est généreusement , libre-ment, & sous la caution Sc garenne de la Divinité; il saut avouer queles Anciens avoient des sentimens & opinions de la présence de leursDieux bien particuliers, bien exquis & recherchez de bien loin & debien profond. A l’égard de l’étymologie de ce mot hôte , ho/f es > motLatin, a été synonyme avec hostis , Sc fe difoit l’un pour l'autre , &quoiqu’il y ait lieu d'abord d’en être surpris , néanmoins l’ennemi &l’hôte voyageur ont cela de commun, que l’cnnemi , petit oflium,feuostium impetit, attaque ou veut attaquer la maison d’autrui, & y veutentrer avec violence : & que le voyageur, petit ostium jure amiettia nonjure belli & per vim , & est prêt dentier si le maître consent à sa re-quête ou se retire paisiblement & aimablement ailleurs si le maître n’apas alors la commodité ou volonté. Il me semble que d.ms cette cé-rémonie, fur laquelle j’ai quelque plaisir à raisonner allez longtems, ilintervient l’efpece de contrat particulier d’emprunt & de prêt volon-taire, qu’on appelle mutuum , quasi meum tuum.vel tuum meum. L’é-traneer en indiquant ce qu’il demande semble former cette question ,an ostium tuum potefl fieri meum ; & le consentement de l’autre est com-me cette rcponíe, meum oftium tuum est : cela s’entend, non pour lapropriété > mais pour un usage limité ; cette réflexion est fort plausi-ble, car on dit tous les jours hôte pour k locataire & le propriétaired’unc maison; ainsi celui qui prend un logis á louage dit qu’il a unbon hôte , en parlant du propriétaire > & réciproquement k proprié-taire dit qu’il est bien satisfait de ses hôtes , en parlant de ses locatai-res. En termes de fiefs ,hôte se dit des sujets d’un Seigneur Féodal, Cenf.ul ou Rentier, des manans ou habitans de fa Justice , que les Coûtu-mes appellent ses hôtes & justiciables. La raison de cette significationde hôtehojpes, vient de ce que les sujets d’un Seigneur sent dépendansde 1 hô-el ou maison du Seigneur dont ils relèvent.

HOSTEL ou Hôtel. Tern\e d’ccconomie chez les Grands Sei-gneurs , á raison des fonctions de plusieurs Officiers de ces grandesmaisons , donc les fonctions font partagées à une grande quantité depersonnes dans l’œconomie Royale, pendant que les mêmes fonctions

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font réunies en très peu de personnes dans les familles particulières.Car toute famille ou íoeieté humaine est en paix , ou dans le troubleou désordre. Toute famille doit pourvoir ou prévenir ce trouble patk bon ordre dans tous ks membres , dans tous les devoirs , dans tousles besoins de la vie naturelle , civile, ou occonorciquc. La ressourcepour cette administration en général est la même , la fageflè > la pru-dence , la prévoyance , ks mêmes arrangemens fous la direction de Izmême lumière naturelle, appellée raison. Ce mot s’applique en plu-sieurs occasions , fur tour on appelle hôtel le logis des Princes &Grands Seigneurs : pat excellence il s’est dit de la maison du Roi, &cette signification subsiste en plusieurs façons de parler. On dit Hôtelde Ville , Hôtel-Dieu , Hôtel des Ambaslàdeurs ; mais la significa-tion étymologique est bien différente & est bien plus étendue, car elleconvient à toute habitation , non - seulement des Grands Seigneurs ,mais des plus pauvres , non-seulement des hommes , mais des bêtesfur tout domestiques & utiles ; car ce mot hôtel, selon toute appa-rence , vient de stabulum étable, lieu ou station ou demeure ou unanimal reste & repose , locus in quo animalstat vel manet , de flare estvenu fiat lo Sc stabulum, de manere est venu mansto maison. La preuvefamilier? de cette étymologie de hôtel stabulum , est k mot Gasconoustal pour maison sans h. Car cette langue est comme dépositaire despremiers changemens qui se font faits lorsque les mots Latins se sontfrancisez. Les François ont poli ensuite la langue Gasconne , Proven-çale & Languedocienne , Sc Pont rendue plus coulante . plus douce Scplus agréable aux organes de l’oreille & de la prononciation : ordinai-rement on lit dans les Étymologistes, que k mot hôtel vient de hof-pitalis locus ; mais la langue Gasconne ne donne point sa garentie , carelle a un mot à part pour signifier hôpital-, savoit, hespitau ou htsptttl-,mais voyons en détail quelques usages de ce mot hôtel , fur tout patrapport à la Juriiprudence & (Economie : par rapport á la Jurispruden-ce , & dans les pro.ès-vcrbaux, on le dit du logis & maison d’un Con-seiller , Juge & Officier de Justice; cette affaire n’est pas d’Audiance ,elle est renvoyée à l’Hôtcl. Le Commissaire a fait appcller ks témoins,pour déposer en fort Hôtel , sis en telle rue, Sec. Le Grand Prévôt del’Hôtel c’est 1 e premier Juge des Officiers de la maison du Roi. IIprétend ctre k seul en droit de se qualifier Grand Prévôt de France jc’est un Officier de robbe courte,il commande la Compagnie des centGardes de l’Hôtel. La Prévôté de l’Hôrel est fa Juridiction , & est laJustice ordinaire de la maison du Roi. Le Grand Prévôt de l’Hôteljuge’dc toutes ks affaires civiles & criminelles entre les Officiers deladite maison du Roi. II appose les scellez > fait ks inventaires & cousles autres actes de Justice dans k Louvre & ks galeries, & ks mai-sons Royales , dans la distance de 14 lieues de Paris , ainsi qu’il a étcjugé par Arrêt du Conseil en iíf'o. Le Grand Prévôt de l’Hôtel con-noìt encore de toutes les causes, rant civiles que criminelles,des Mar-chands privilégiez qui suivent la Cour. II a quatre Lieutenans de rob-be courte, scrvans par quartiers , outre un autre Lieutenant qui sertauprès du Chancelier de France ; de plus il a pour le civil Sc pour Iccriminel deux Lieutenans de robbe longue , qui exercent alternative-ment fa Juridiction contentieuse & jugent le procès. Ceux-ci tiennentleur audiance dans la sale baffe du Grand Conseil, & les appellationsdc leurs Sentences se relèvent au Grand Conseil ; il ne faut point dccommittimus pour donner assignation à la Prévôté de l’Hôtel ; à Tégardides Maîtres des Requêtes de l'Hôte! du Roi , voyez Requête. Lopremier Maître d’Hôtel du Roi a juridiction sot les sept Offices sansdisposer des charges. C’est lui qui reçoit Tordre pour le boire & iemanger du Roi : il y a après lui un Maître d’Hôtel ordinaire , qui ertTablcence du premier Maître d’Hôtel en fait les fonctions » & fait seshonneurs de fa table ; il prête le serment de fidélité entre ses mainsdu Grand Maître. Au dessous il y a douze Maîtres d’Hôtel servans patquartiers, fixez en 1654. Les Maîtres d’H< 3 !el de quartier sont servisavec un bâton de Maître d’Hôtcl. Chez les Princes 011 Grands Sei-gneurs le Maître d’Hôtel sert l’épée au côté & la scrviete fur l’épaule.Le luxe est devenu ii grand, qu’il y a des Bourgeois qui ont des Mar-tres d’Hôtel.

HOSTEL-DE-VILLE est le lieu public où se tient le Conseilde la Ville, où s’aflèmblent les Officiers de la Ville pour délibérer furles affaires de la Ville & les réjou issances publiques. Les rentes fur THô-tel-de-Vi!le sont des rentes aliénées par le Roi au Prévôt des MarchandsSc Échevins, qui sc payent au bureau de la Ville. L’Hôtel-de-Ville deParis fut commencé sous François I. & achevé sous Henri I I.

HOSTEL-DIEU est k nom qu’on a donné au Grand Hôpitaloù on reçoit tous ks malades dans la plupart des Villes de France, ksAdministrateurs de í’Hôcel Dieu ont leurs commises au Parlementer»compte dans THôtel-Dieu de Paris plus de mille lits pour ks pauvresmalades : par un acte Capitulaire dc TÉglisc de Paris de Tan r 1 68 . àla mort de chaque Chanoine 1 e lit du deffunt appartient à THôtel-Dieu. Cet Hôpital fut fondé, à ce qu’on croit, par S. Landry , Évê-que de Paris, vers Tan 660.

HOSTEL DES AM B ASSADEURS,étoit autrefois celui duMaréchal d’Ancre ; c’est dans cette maison que logent ks Ambassadeursextraordinaires’ après leur entrée > ils y sont traitez pendant trois joursaux dépens du Roi,mais ceux qui viennent dc Moscovie , de Maroc,de Siam , y sont logez 8 c régalez pendant tout leur séjour à Paris.

HOSTEL ROYAL DES INVALIDES. C’est un azyle queLouis XIV. a fondé pour ks Officiers ou Soldats estropiez : on Tap-pelle aussi l'Hôtel de Mars.

HOSTEL DES COMÉDIENS , autrefois l’Hôtel dc Bour-gogne étoit k lieu destiné aux Comédies Italiennes. Les premiers Co-médiens François représentèrent des Pieces Saintes à S. Maur des Fos-sez. Le Magistrat leur ayant deffendu en 1398. toute représentation,ils eurent recours au Roi ; Sc pour sc le rendre plus favorable , ilsérigèrent leur troupe en confrairie fous le nom de la Passion de no-tre S igneur. Cet expédient leur réussit & ils obtinrent des lettresdu 4 Décembre. Apres avoir obtenu secte permission ils estèrent éta-