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les enchaînant les uns avec les autres ) vous en formeriez une péfantcchaîne , de mcme ( selon le P. Bouhours ) si ces pensées & ces idéesingénieuses ne font point libres & isolées , ( ce sont des termes decet Arc nouveau ) ils perdent roue leur avantage. Si suivant le dicta-men de la Logique, vous voulez enchaîner en tissu ces anneaux d’or,ce ne seront que dea chaînons & crochets d'une pétante chaîne , c’est-à-dire , d’un discours & d’un style grave Sc pétant, qui accablera l’i-magination de ces beaux esprits. Je ne veux point pousser cette anti-thèses plus loin ; & par la raison des contraires, je pourrois passerpour être une personne de sens réprouvé Sc d’un goût dépravé : onpourroit me reprocher aussi que je m’écarte bien souvent de ma Lo-gique dans cet Ouvrage ; mais je consens fort volontiers qu’on me cen-iiire. On ne dira rien en ce cas qui me soit inconnu , pourvu que jecritique en moi-même & dans les écrits des autres, cc que je trouved’antilogique, cela me suffira pour mon principal but , qui est deconserver dans mon cœur Sc dans mon esprit l'amour de l’ordrc cngénéral , & conserver & fortifier cn moi le goût spéculatif de la rai-son. Les taures que les autres font Sc que je puis avoir faites dans lapratique , ne sont que des péchez véniels Sc passagers , qu’on doit cri-tiquer , mais ne pas appellcr essentiels, puisqu’iis ne le ibnt pas tou-jours ,& que Ton peur se corriger soi-même par une seconde & troisiè-me lecture si on en ale loisir. C’cst écrire raisonnablement que d’écrirecomme on parle , & de parler toûjours avec la mcme attention, com-me si on pensoit. C’est ce que je puis dite de tout ce que j’ai écritdans ce Dictionnaire. Si on recueilloic par ordre les matières de mc-me espece , Sc qu’on les tirât de Tordre alphabétique pour cn faire unTraité régulier, certainement on feroit un Ouvrage plus clair & pluslumineux. Que lavis vous serve , curieux Lecteur , disent les Mar-chands dans leur style épistolaire.
JEUX des Anciens dans le Paganisme Grec Sc Romain. On lesappelloit Ludt , ( les jeux au pluriel ) ils sc disoient des spectacles Scdes représentations publiques qui sc faisoient chez les Anciens , com-me étoient chez les Grecs les jeux Olympiques, Pythiques, Istìupi-ques & Néméaques, & chez les Romains les jeux du Cirque. Ausonea observé cette différence entre les quatre jeux célébrés de la Grece ,qu’il y en avoir deux dédiez aux Dieux & deux aux Héros. Le PereThomassin, dan* fa méthode pour étudier chrétiennement les Poètes& leuts fables , a remarqué souvent, Sc a beaucoup péfé & appuyé íàconsidération fur cc sublime, qui paroîc dans Homere Sc dans les au-tres Poètes , qui mettent Sc trouvent les Dieux par tout , qui avoilì-nent les grands hommes des Dieux, par les divers dégrez d’intcrvalle,qu’on appelle Htroismt , & qui font descendre les Dieux par bonté &condescendance vers les hommes . aux affaires desquels , soir militai-res , soit pacifiques , ils se mêlent & s’intéressent : comme si les Poè-tes , ces Enthousiastes naturels > avoient senti intérieurement & d’unemanière confuse, ce que Salomon a dit expressément de la Sagesse di-vine , quelle sc plaît à converser avec les en fans des hommes. Delicitttneu elfe cum filiit hominum. 11 est très-curieux de voir le Traite Je M.Huer > appellé , §uœstionet Alnetane , Sc celui de PiFannerus, System aHistologie Gentilis puriorit. Voyez Idolâtrie.
Les anciens Auteurs reconnoissoient trois sortes de jeux, qu’ilsnommoient courses . combats & spectacles. Les premiers s'appel-loient Ludi equestret (ive curules, qui étoient des courses qui se faisoientdans le Cirque , dédiées au Soleil & à Neptune. Les seconds s’appcl-loienc Agonaltt ou Gymminici , qui étoient les combats & les luttes ,ranc des hommes que des bêtes , qui sc faisoient .dans TAmphitéâtreen l'honneur de Mars & de Diane. Les troisièmes s’appclloicnt Scenìci ,Poëtici & Musici, c’étoient les Tragédies, les Comédies Sc les Bal f r s,qui sc représentoient fur les Théâtres en l’honneur de Vénus, de Bac-chus , d’Apollon & de Minerve. Ceci me paroît remarquable; lavoir,qu’il y avoir un ancien décret du Sénat de Rome . .jui vouloir que lesjeux publics fussent consacrez Sc unis au setv' . ues Dieux, comme sicc que S. Paul a dit à l'égard des Chrétiens, que quelque chose qu’ilsfaslent ils doivent le faite comme s’ils étoient sous les yeux de Dieu ,avoit été dans le cœnt des Payens d'une maniéré grossière & initiale.On peut ici appliquer la comparaison de deux oliviers Sc de deux sor-tes d'olivessl’olivier franc,qui est le Christianisme, & Toiivier sauvage& inculte,qui est ce cœur humain dans lequel apparaissent des fruits &des ser.timens de pieté , mais amers , & d’un goût bizarre & sauvage.En fait de pieté le goût Payen étoic cn comparaison du goût Chré-tien , comme cn Architecture est le goûc Gothique , & les rinceauxou ornemens Barbares & Arabiques , comparé avac le goût des orne-mens , & de TArchitecture régulière & moderne. Quoique commeon vient de le rapporter assez au long , l’esprit de religion eût beau-coup de part dans Tinslitution de ces jeux;la politique s’en mêla aussipour plusieurs desseins , & par plusieurs motifs. On vouloir de rems-cn-tems raísemblcr dans un même lieu » Sc réunir par des Sacrificescommuns divers peuples tous indépendans , & la plupart moins éloi-gnez par la distance des lieux , que par la diversité des intérêts. Cesfortes de jeux fans exciter la haine , entretenoient une noble émula-tion ; chacun y diíputoic le prix avec ardeur .Sc les vaincus étoient lespremiers à couronner le vainqueur, & à partager fa gloire. Ge n’estpas fans raison qu’un Peuple croyoit ne pouvoir pendant la paix s’a-donner à des exercices ni plus honnêtes, ni plus utiles. Outre qu’ilsaugmentoient dans le corps Tagilccé , la souplesse & la force, ilsaccoutumoient encore l’esprit au désir de vaincre. Quelques uns deces jeux étoient une espece d’école & d’apprentiísege militaire , pourempêcher que le courage ne se rouillât en aucun rems, & que le re-pos ne dégradât la profession qui pourvoir à la fureté de toutes lesautres.
En France & en Espagne sc trouvent encore des jeux d’adresse & desmilitaires. On appelle aussi en France jeux . les Tragédies des Collè-ges , les jeux de prix d'arbalctre & d’strqucbusc. Les jeux du papegai.
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de Tare 8c de l’arbalérre durent encore en plusieurs Villes de France,Cet usage fut établi dans le rems qu’on ne sc scrvoit que de ces ar-mes , & avant l’invention de Tartillerie. Ccr exercice aguerrissait lespeuples, les rendoit adroits dans le maniement des armes , Sc lesobligeoit de les tenir en bon état.
A Toulouse on appelle encore jeux floraux , des jeux instituez enl'honneur de la Déesse des fleurs ; mais la pieté des Toulousains aaboli les anciens jeux floraux , & il n’y a que ceux où Ton donnedes prix à ceux qui ont fait mieux des vers fur un sujet qu’on leura donné. Leur nom vient dc cc que les prix étoient des fleurs d’ar-gent.
En Espagne il y a encore des jeux de cannes & des courses des Tau-reaux , qu’ils ont imité des Maures , & qui sont des especcs de jeuxpublics , comme étoient autrefois les joûtes & les tournois. AvantConstantin il y avoit des jeux , qui étoient des combats où Ton s’cn-tretuoit. Constantin fut le premier qui deffendit les jeux sanglans del’Amphithéâtre après son baptême, comme Sozoménc & Euíèbe l’oncremarqué , & comme on voir au titre, 12 du livre is du Code Théo-dofisn.
A l’égard de Tétymologie dc ce mot il faut suivre Ménage, qui ditque jeu vient de jocus , comme feu de focus. Du Cange dit que le morde jeu de dez , ne vient point de jocus , raillerie , badinage , mais dejuis de Dieu , vieux mot François qui signifioit ‘jugement de Dieu , fit-dicium Dei , parce qu’ils mettoient les jeux de hazard au nombre desjugemens de Dieu. Dans ce sens les guerres entreprises pour déciderpar le sort des armes les différends des Princes, seraient aussi ( parceque les armes sont journalières ) des jeux de hazard , fait de Dieu ,ou Jugement dc Dieu. Cette manière de décider de la vie des hom-mes par le sort , est damnable à mon avis ; car les guerres sont bienautre chose qu’unc consultation de la volonté de Dieu ; elles sont laplupart du tems un effet des passions, dc la haine, de l’envi, deî’ambition & de l’orgueil , qui sacrifie la vie de plusieurs milliersd’hommes impitoyablement. Mais nous parlons ailleurs de la guerre.
. Voyez Guerrb & Paix.
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IGNORANCE , chez les Romains êtoit regardée comme uncrime cn la personne de celui qui devoir être savant dans fa profes-sion. C’étoir pour cela que si un Médecin avoit fait mourir un cC-; clave , pour lui avoir donné des remèdes qui ne íulsenr pas salutai-res > ou pour lui en avoir fait prendre mal-à-propos, il ctoir tenude réparer la perte que faisoit le maître , en lui restituant le prix dcl'esclave. Sciendum est imperitiam ad culpam refsrri, veluti cum fe Me-dicum quifpìam profiteretur , per imperitmm fervum tuum occidtt, quiaaut tune Medìcamentum , cum nibil opus effet , ei dederit , aut non fuotempore dederit. ThcophíL in lnfle lié, 4. tit. 3. de lege aquilïa. §. 7.Ces régies ne s’observent cn France ni contre les Médecins , ni con-tre les Avocats ; mais on a un grand foin dans les Univeriìtez dc Mé-decine & de Jurisprudence , de n’admettre au grade de Docteur , &au pouvoir & licence d’exercer ces deux Professions , sor-tout la pre-mière , qu’après plusieurs examens rigoureux , ce qui est la preuvecourte & universelle de la capacité & science convenable des Méde-cins & Avocats. D’ailleurs on demande aussi dans ces deux ordres depersonnes la probité , ainsi tous les fondemens d’aíîurance Sc deconfiance du public pour telles personnes , sont appuyez autant quefaire s’est pû , selon la prudence civile & bonne police. Ainsi c’cstblâmer le Magisoat , Sc révoquer en doute la probité des vénérables& savans Professeurs des Univeriìtez de Tune & l’autre Faculté , dedouter de la sincérité de leur examen , & de Thabileté reconnue derels Praticiens. L’ignorance de fait sert d’excuse , mais celle de droitne fe couvre point > principalement dans les lieux où on n’est pasdépourvu de tour conseil : jurts ignorantia non excusât quando quis ha.-huit copìam ‘Jurìsconfultorum. Bald. in L. jurit ignorantia , cap. de jur.même dans les lieux où il n’y auroit pas des gens à consulter, la rusti-cité nc scroit pas considérée comme une excuse > si le droit qu’on sup-poseroit avoir été ignoré, étoic conforme aux Loix de la nature. Trra j.TraB. de remitt. ptm. gl. 4. n. 7. d’où vient qu’un Païsan qui dérourne-roit les effets d’une fucéession, ne laisseroit pas d'être puni tout de mê-me que s’it étoir fort habile homme, à cause que personne n'ignoreque de ravir le bien d’aurrui ne soit un crime, ptzna ergo ablationis hi-reditatis . non exeufantur rustici allegantes imperitiam. Ainsi 1 "Écriturenous enseigne , que celui qui veut ignorer ce que la nature apprend àtous les hommes, n’est reconnu ni de Dieu , ni de la Loi, ni des Ma-gistrats. Ignorant ignorabìtur 1. Corintb. 14. 3 S. ignorant jus nature, Igno-rabitur à Deo , Lege & Miniftro ejus Magistratu 37, dist, cap. penult. infine. Remarquez fur cet Article de l’ignorance, que comme c’est la vo-lonté qui fait le crime , & que cette volonté s’excitc ou se retient àla vûë, ou par la connoissance ou ignorance des choses qui la peuventou exciter ou retenir; il est fans doute que Ton doit particulièrementconsidérer dans un crime, les différens dégrez dc certe connoissanceou de certe ignorance , puisque ce sont ces différens dégrez qui ren-dent une action plus ou moins volontaire. C’est pour cela que dansl’École on établit trois especes d’ignorance. 1. L’ignorance qui ac-compagne Taction, lorsque nous ignorons une chose qui ne nous em-pêcherait pas d’agir quand nous la saurions , comme quand ayant> tué un homme, pensent sincèrement que ce fut une bête ; il fe ren-contre que c’est notte ennemi. 1. L’ignorant surmontable , lorsquenous voulons bien ignorer ce que nous ignorons, c'est-à-dire, lorsque; nous ignorons ce qu’il nous scroir facile, ou ce que même nous de-j vrions savoir, comme si nous tirons fur quelque chose sens nous met- 'tre cn peine , fi c'cst un homme ou une bête. Cette ignorance s’ap-
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